GENRE CAPSICUM
Le genre Capsicum, établi par Tournefort, a été adopté par tous les botanistes qui l’ont suivi ; il est, en effet, peu de groupes qui présentent plus d’homogénéité. Ce sont des herbes arfnuelles ou frutescentes, à feuilles alternes, solitaires ou géminées, très-entières ou sinueuses, pétiolées ; à pédoncules florifères, dichotomes ou latéraux, solitaires ou géminés ou ternés, uniflores. La fleur, petite et presque toujours blanche, ressemble beaucoup à celle d’un Solanum, à cette différence près que les anthères s’ouvrent par des fentes longitudinales. Le fruit est une baie bi ou triloculaire, dans
, (1) Aublet, Plantes de la Guyane, 1775, 1.1, p. 217. — Dunal, dans De
Candolle, Prodromus, t. Xlll, p. 404. ’
(2) Tournefort, fiistiluliones, p. 152, pl. 66.
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laquelle les cloisons sont peu élevées, de telle sorte qu’il existe à la partie supérieure une communication libre entre les loges (1).
Ce genre est surtout caractérisé par la structure du fruit, il se compose de plus de soixante espèces, qui croissent naturellement dans l’Inde et l’Amérique tropicale, mais elles sont cultivées dans toutes les régions du globe.
Le CA.PSICÜM ANNüUM (2), appelé vulgairement Poivre long^ Poivre de Guinée, Corail des jardins, se trouve dans
les jardins potagers d’Europe. C’est une plante originaire de l’Amérique du Sud, à racines fibreuses et grisâtres, d’où
(1) t’oucliet, flistoire naturelle et médicale de la famille des Solanées, 1829, )). 16S.
(2) Liiinéj Spec,, 1^' édil., p. 270.
part une tige herbacée, haute de 30 à 35 centimètres, anguleuse, dichotome, quelquefois un peu pubescente. Les feuilles alternes, simples, elliptiques, très-effilées au sommet, sont souvent réunies deux à deux à chaque insertion. L’inflorescence est des plus curieuses, chaque axe paraît se terminer par une fleur dont le pédoncule est fortement tordu (üg. h, b). Le calice (a) est accrescent, divisé en 5 dents, petites, aiguës, qui se développent en préfloraison valvaire. La corolle (a), qui présente le même mode de préfloraison, est blanche ou jaunâtre, à limbe rotacé, découpé en 5 lobes aigus au sommet et larges à la base. Par sa forme, elle rappelle celle du Perce-neige. L’androcée se compose de 5 étamines, alternant avec les divisions de la corolle, insérées sur la gorge de cette dernière, et composées de filets libres, à anthères biloculaires introrses. L'ovaire est globuleux ‘ et présente deux loges, l’une antérieure, l’autre postérieure, il est surmonté par deux lobes stigmatifères superposés aux loges. Les ovules sont anatropes. Le fruit est une baie, allongée sèche, a surface lisse et colorée en rouge vif ou en jaune, à parois coriaces, peu épaisses; elle est vésiculeuse, et contient une certaine quantité d’air.
Cette espèce varie beaucoup. Fingerhut (1) a distingué six variétés auxquelles il a donné des noms particuliers.
Le Capsicüm frutescens (2), ou Piment de Cayenne, croît dans l’Inde et dans l’Amérique intertropicale, on le désigne souvent sous le nom de Piment enragé, à cause de son àcreté. C’est une plante frutescente, à tige droite et glabre, à feuilles solitaires, géminées, ovales, acuminées et entières.
(1) Fingerhut, Mortograplm generis Capski, 1832.
(2) Linné, Spen., 1” éJit., p. 271.
La flour est blanche ou jaunâtre, et se compose d’un calice accrescent scarieux, à 5 dents marquées de 10 cèles. La corolle est découpée en 5 lobes lancéolés et très-ouverts. L’ovaire est glabre et se transforme en une baie biloculaire, rétrécie à l’endroit du calice, qui est en forme de godet; tandis que dans l’espèce précédente, le calice est évasé en forme de plateau. Les graines sont glabres, lisses, de la grosseur d’une petite lentille.
GENRE SARACHA (1).
Les plantes dont ce genre se compose sont ou herbacées, ou frutescentes, à feuilles alternes ou géminées. Les fleurs sont portées sur des pédoncules axillaires, solitaires, ou en ombelle. Elles se composent d’un calice campanulé 5-fide, et accrescent, d’une corolle rotacée à tube très-court, à limbe plissé, quinquéfide ou quinqué-angulaire réfléchi. Les étamines, au nombre de 5 insérées à la gorge de la corolle, sont exsertes; les filets, filiformes, dilatés à la base, quelquefois poilus, supportent des anthères plus courtes que les filets, libres, à déhiscence longitudinale. L’ovaire biloculaire est surmonté d’un style simple à stigmate capité; il se transforme en une baie biloculaire, quelquefois uniloculaire, par la de.struction de la cloison.
Les espèces qui constituent ce genre sont originaires du Mexique, du Brésil ou du Pérou.
La disposition des anthères non conniventes et du fruit distingue ce genre des Capsicnm avec lesquels il présente beaucoup d’analogie.
(I) lluiz el Pavon, Prodr. (l. peruw, p. 31, pl. 34.
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Le Saracha stapeliæfolia (1), qui est cultivé couirne plante d’ornement, est un arbrisseau qui s’élève à près d’un mètre et demi ; sa tige est très-rameuse et porte des feuilles alternes à la partie inférieure, géminées au sommet; elles sont simples et d’un vert un peu glauque.
Les fleurs sont solitaires et l’inflorescence est difficile à définir-, ce serait une cyme scorpioïde si les feuilles étaient transformées en Bractées, tandis que la fleur se trouve toujours entre 2 feuilles, une grande et une petite. En examinant de plus près, on voit que les axes sont placés les uns sur les autres et que chacun se termine par une fleur, mais auparavant il donne naissance à une feuille à l’aisselle de laquelle est un deuxième axe. La petite feuille se trouve probablement sur l’axe de la première génération, car quand elle est jeune, on trouve un bourgeon àson aisselle. La fleur ffig.5, a6)se compose