GENRE !S1CA>DUA
I.e genre Nicandra a été établi par Adanson pour une espèce que l’on confondait avec les Belladones, sous le nom (V/Jiropa physaloides (2). Cette division, aujourd’hui admise par tous les botanistes, .se compose uniquement de cette espèce. Elle est nettement caractérisée par le grand développement du calice et par la structure de l’ovaire qui pré.sente do 2 à 5 loges.
Le Nicandra physaloides (voy. pl. 2), qui croît spontanément au Pérou, est cultivé en France comme plante d’ornement, C’e.st nn végétal herbacé dont la tige anguleuse, inerme et très-rameuse, s’élève à près d’un mètre et porte des feuilles qui, alternes à la base, deviennent géminées plus haut. Les fleurs, très-élégantes et d’une couleur violet clair, présentent un calice 5-partite, renflé, acçrescent, ])entagonal,
('1 ) Adanson, Fam., t. 11, p. 219.
(2) Linné, Spcc t. 1, p. 2G0.
ÛO —
à angles très-marqués, se dévelopjiant en préfloi'aison valvaire, une corolle campanulée à tube très-court, à limbe plissé, divisé en cinq lobes obtus. Les pétales apparaissent en préfloraison quinconciale.
Les étamines, au nombre de 5, sont égales, les filets se touchent par leurs bases dilatées et supportent des anthères ovales, biloculaires, introrses à déhiscence longitudinale. L’ovaire présente un nombre de lo*ges variables, à placentas solitaires dans les loges (1 ) et couverts d’ovules anatropes. Le fruit est bacciforme, non succulent, enfermé dans le calice, accru, vésiculeux et pentagonal. Les graines sont réniformes, comprimées, à surface ponctuée, contenant un embryon arqué dans un albumen charnu.
GENRE PHYSALIS (2).
Le genre Physalis, ou Coqueret, se compose de plantes herbacées ou frutescentes, à feuilles alternes ou géminées, entières ou lobées, dont la fleur présente un calice 5-fide qui, après la fécondation, s'accroît considérablement et devient vésiculeux, une corolle campanulée, rotacée, divisée peu profondément en 5 lobes. Les étamines, au nombre de 5, insérées sur le tube de la corolle, sont incluses, à anthères conniventes, s’ouvrant par une fente longitudinale. L’ovaire est biloculaire à placentas épais multiovulés, il se transforme en une baie globuleuse enfermée dans le calice renflé et appliqué contre elle. L’embryon est roulé en spirale dans la graine.
(1) Quand il y a 6 loges à l’ovaire, elles sont toujours superposées aux
pétales. »
(2) Linné, Gen., n" 250.
EDWAUDS.
Les caractères fournis par le fruit suffisent pour permettre de distinguer ce genre de ceux que nous venons de passer en revue. Il comprend environ 60 espèces, dont la plupart croissent dans l’Afrique, l’Asie et l’Amérique tropicale; elles sont moins nombreuses dans l’Amérique tempérée et plus rares encore en Europe.
Le PuvsALis ALKiîKENGi (1), OU Coqueret alkékenge, est une petite plante qui croît spontanément et en abondance dans certains vignobles du midi et de l’ouest de la France ; on la rencontre aussi sur la pente des collines exposées au soleil, principalement dans les terrains calcaires. La tige herbacée, et peu rameuse, s’élève à 25 ou 30 centimètres, elle porte des rameaux arrondis, à feuilles ovales-aiguës, sinueuses sur les bords et portées par de longs pétioles. Les inflorescences sont axillaires et consistent en petites cyrnes de 3 ou h fleurs. Ces dernièi'es se composent d’un calice urcéolé dont les sépales se développent on préfloraison valvaire (fig. 6), d’une corolle en préfloraison quinconciale à limbe divisé en 5 lobes aigus rotacés, alternant avec les sépales, de 5 étamines à anthères biloculaires introrses, à déhiscence longitudinale. L’ovaire e.st ovoïde, glabre, à 2 loges, l’une antérieure, l’autre postérieure, à placentas, portant de nombreux ' ovules anatropes. Le style est simple,
terminé par 2 lobes stigmatifères superposés aux loges. Le fruit est une petite baie rouge orangé, de la grosseur d’une ceriâe, enveloppée par le calice, qui a pris un grand accrois-
(I) Linné, Spec., T” édit., p. 262.
sement, est devenu vésiculeux et a acquis une couleur rouge brillant.
GENRE WITHANIA (1).
Ce genre, établi d’abord par Pauquy, a été repris et modilié par Dunal qui y a fait rentrer plusieurs espèces, rangées avant lui dans les genres voisins, entre autres, le Coqueret somnifère {Physalis somnifera de Lamarck). Ce groupe, basé sur des caractères d’une faible importance, se compose de plantes frutescentes, à feuilles alternes, géminées ou ternées. La fleur présente un calice campanulé 5-fide ou 5-partite, à divisions aiguës, se développant après la fécondation, pour recouvrir plus ou moins le fruit. La corolle est campanulée infundibuliforme, à 5 divisions; les étamines, au nombre de 5, insérées sur le tube de la corolle, égalent ou dépassent cette dernière; les anthères s’ouvrent par une fente longitudinale; l’ovaire, entouré à sa base par un disque glanduleux, est biloculaire, multiovulé et surmonté d’un style court, et ne dépassant que peu les étamines : le fruit est une baie biloculaire , globuleuse, renfermant des graines réniforrnes, à embryon courbé dans un albumen charnu. Les espèces du genre Withania, au nombre de 23 environ, sont pour la plupart originaires de l’Amérique.
Le Withania. somnifera (2), connu vulgairement sous le nom de Coqueret somnifère, croît en abondance dans le sud de l’Europe, sur toute l’étendue de la région méditerranéenne.
(1) Pauquy, Dimrlalio de Belladonâ. Paris, 1824. — Dunal, Prodronnis, t. XllI, p. 453.
(2) Physalh somnifera, Link, Enum. hort. BcroL, 1.1, p. 180.
C’esl une plante ligneuse qui s’élève rarement à plus de 5 centimètres. La tige est divisée en rameaux droits, cotonneux et d’un blanc grisâtre; les feuilles sont entières, ovales-oblongues, pétiolées, molles et pubescentes, surtout dans le jeune âge, elles sont alternes ou géminées-, les fleurs, réunies par groupes de /i à 5 à l’aisselle des feuilles, sont d’un jaune pâle; le calice est renflé, anguleux, pubescent, 5-lobé. 11 s’accroît après la fécondation pour former autour du fruit une coque d’un vert jaunâtre ou rougeâtre; la corolle, campanulée et plissée, présente 5 lobes arrondis; les filets des étamines sont courts, et supportent des anthères ovales et conniventes; l’ovaire produit une baie globuleuse, rouge, de la grosseur d’un pois.
On distingue deux variétés de cette espèce : l’une, désignée sous le nom de ftexuosa, à rameaux plus flexueux, à fleurs un peu plus petites, se rencontre à l’îlc Maurice, dans l’Inde et en Syrie; l’autre, appelée communis, croît dans le midi de l’Europe.
GENRE MARGARANTIIUS tl)
Ce genre n’est que trèsvmal connu, et il devra probablement être réuni soit aux Physalis, soit aux Wiihania. 11 ne se compose que d’une seule espèce, le M. so/anaceus (Schluht), (lui croît au Mexique. C’est une plante herbacée à tige dichotome, très-rameuse, pubescente, portant des feuilles pétiolées, solitaires, ovales, entières ou dentées sur les bords ; la fleur se compose d’un calice campanulé, 5-lobé, se renflant après la fécondation ; d'une corolle subglobulouse, obscuré-
(() Schlechlendal, Index sem. ’iorl. Hakns., 1 838, dans Linnea, littéral. Bcrkiil, t. XIII, p. 99.
ment pentagonale à limbe divisé en dents très-courtes, poilu en dedans. Los étamines, au nombre de 5, insérées dans le tube de la corolle, sont incluses et conniventes ; les anthères s’ouvrent par des fentes longitudinales; l’ovaire est biloculaire, à placentas multiovulés, surmonté d’un stylo simple, de la longueur de la corolle, à stigmate tronqué; le fruit est une baie ne contenant que peu de graines, lenticulaires, lisses, à embryon courbé dans un albumen charnu.
On voit, d’après cette description, que les caractères distinctifs du genre Margaranthus résident simplement, dans la forme de la corolle.
ATROPEÆ.
GENRE ATROPA (1).
Le geurç yliropa, établi par Linné, fut adopté, sauf quelques modifications, par tous les botanistes : on en a peu à peu resserré les limites, et beaucoup de plantes qui en faisaient partie ont dû prendre place dans des genres voisins et particulièrement à côté des5arac/ia et des Salpickroma. Tel (ju’il est délimité aujourd’hui, il ne se compose que d’une seule espèce dont les caractères soient suffisamment connus.
L’Atropa beeladona (2 ), ou Belladone, so rencontre communément en France, quelquefois dans les bois, mais le plus souvent près des habitations, au milieu des décombres et le long des murs; sa tige s’élève à 1 mètre de hauteur ou un peu plus; elle est herbacée, trichotorne, p'ubescento dans toutes ses parties, d’une couleur rougeâtre; les feuilles sont alternes,
(1) I-inné, Généra, p. 99, n" 2i9.
(2) Linné, Spcc., t. II, r" édit., p. 260.
les supérieures géminées, toutes sont pubescentes, assez amples, entières, ovales, aiguës, d’un vert sombre et d’une consistance molle. Quand on les écrase entre les doigts, elles répandent une odeur vireuse et nauséabonde. Les fleurs (fîg. 7, a, 6, c, d) sont solitaires, à l’aisselle des feuilles,
portées sur un long pédoncule, elles se composent d’un calice divisé en 5 lobes aigus, foliacés, persistants, et qui se développent on préfloraison quinconciale ; d’une corolle présentant le môme mode de préfloraison, en forme de clochette allongée, double de la longueur du calice, <à limbe découpé en 5 dents obtuses, peu profondes et égales ; les étamines (rf), inégales, au nombre de 5, ne dépassent pas la corolle ; leurs filets, insérés au fond du tube,'sont villeux à la base et ferment ainsi la gorge de .la corolle; ils supportent des anthères petites, presque globuleuses, biloculaires, à déhiscence longitudinale et réfléchies après l’émission du pollen; l’ovaire, entouré à la base par un disque annulaire jaune et sillonné, est ovale et glabre; le style, arrondi, simple et exserle, est
terminé par un stigmate capité, comprimé et portant la trace de deux lobes; la baie, entourée à la base par le calice (e), est globuleuse ou peu aplatie, marquée d’un sillon peu profond, indiquant la position de la cloison qui la sépare intérieurement en 2 loges; à maturité, elle atteint la grosseur d’une cerise dont elle présente aussi la consistance et la couleur rouge noir.
Suivant la forme des feuilles et la taille de la plante, on distingue plusieurs variétés de Belladones très-voisines d’ailleurs les unes des autres. L’Atropa herbacea (1) que l’on a trouvé à Campèche, et 1’^. flexuosa (2) qui a été signalé dans l’Amérique du Sud, ne sont pas assez bien connus pour que l’on puisse avec certitude les ranger dans le genre Atropa proprement dit.
GENRE MANDRAGORA (3).
Le genre Mandragora, proposé par Tournefort, ne fut pas admis par Linné qui le confondit avec les Àtropa; mais, depuis cette époque, Gærtner et de Jussieu ont fait ressortir les particularités d’organisation qui distinguent ces deux groupes et qui autorisent leur séparation générique. Il suffît de citer la disposition des étamines élargies et rapprochées à leur base, celle du fruit uniloculaire, où les graines, implantées sur un placenta renflé, sont enveloppées par une matière pulpeuse, pour reconnaître que c’est avec raison que la plupart des botanistes sont aujourd’hui d’accord pour regarder les Mandragores comme le type d’un groupe particulier.
(1) Miller, Dktiom., n" 3,
(2) Reliq., Willd., Mss., Roemeret Schult., t. IV, p. 686.
(3) Tournefort, Instilutionen, 2, pl. <2.
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Les plantes qui composent ce genre sont des végétaux herbacés, vivaces, remarquables par les formes de la racine qui prend un développement énorme et forme un cône épais et charnu, souvent bifurqué en deux grosses branches à peu près égales qui lui donnent une ressemblance grossière avec les cuisses d’un homme, d’où lui vient le nom d'anlhropomorphon ou de semi-homo qu’on lui donne souvent. La tige, réduite à un axe extrêmement raccourci, porte des feuilles radicales, pointues, très-grandes, atteignant 30 centimètres et plus, entières ou ondulées sur leurs bords et disposées en touffe serrée. Les fleurs sont nombreuses et portées sur des hampes radicales.
La Mandragora. officinarum (1), Mandragore officinale, est connue sous le nom de Mandragore femelle. Elle est trèS' commune dans le midi de la France, on la rencontre en abondance sur les rivages de la Calabre, de la Sicile, de l’îlede Crète, de la Cilicie, de l’Afrique, de l’Espagne; elle se plaît dans les lieux ombragés, sur les bords des rivières, à l’entrée des cavernes. Elle fleurit en automne, quelquefois aussi au printemps. Sa racine est grosse, noirâtre extérieurement, blanche à l’intérieur, charnue ;*ses feuilles sont grandes, les plus extérieures obtuses, les plus intérieures aiguës; leur couleur est un vert bleuâtre, luisant en dessus, terne en dessous. Le péliole est long ; les hampes florales sont longues, rougeâtres, et un peu pentagonales. La fleur {^g. 8) se compose d’un calice à 5 divisions aiguës et lancéolées, d’une corolle trois fois plus longue que le calice, de couleur
(1)1,inné, Spec. pL, édil. 1, p. 181.
violette et découpée en 5 lobes obloiigs, obovés. Les filets des étamines sont fortement poilus à la base et ferment ainsi la corolle; ils supportent des anthères, qui, d’imjaune pâle avant l’émission du pollen, deviennent d’une couleur beaucoup plus foncée après. L’ovaire biloculaire se transforme en un baie jaune ovoïde, apiculée, de la longueur du calice, d’une odeur désagréable.
La Manüragora vERNALis (1), Mandragore printanière, est connue généralement sous le nom de Mandragore mâle; elle a souvent été confondue a.vec l’espèce précédente. Elle croît en eflet dans les mêmes régions, cependant elle résiste mieux au froid et, par conséquent, remonte plus au nord. Elle fleurit au printemps. Sa racine est plus volumineuse que celle de la M. officinarum et d’une couleur moins foncée à l’extérieur; les feuilles, glabres ou presque glabres, portées par des pétioles courts, sont d’un vert gai et répandent une odeur forte et désagréable. Les plus extérieures sont plus petites, arrondies, obtuses, ridées, crépues et boursouflées; l(^r taille augmente à mesure que l’on s’approche du centre de la touffe et les dernières, très-grandes, sont généralement pointues. Les fleurs, portées sur des hampes nombreuses d’un vert pâle, velues, plus courtes que les feuilles, se composeut d’un calice à 5 dents aiguës et dressées, d’une corolle courte, dépassant peu le calice, d’un blanc verdâtre, tirant quelquefois sur le jaune; les filets des anthères sont garnis à leur base de poils serrés. Le fruit est beaucoup plus gros que celui de la Mandragore oflicinale, il dépasse le ca-
(1) Rerlholoni, Virid, bononen., 18-24, p. 6, et Comment: de Mandr., p.9.
l. MILNE EDWAEDS.
lice et est jaune, globuleux, lisse, glabre et ressemblant beaucoup à une petite pomme.
La Mandragore microcarpa (1), qui croît en Sicile, en Sardaigne et en Grèce, ressemble beaucoup aux deux espèces précédentes; elle s’en distingue cependant par sa racine plus petite, par ses fleurs à corolle d’un bleu violacé, deux Ibis plus longues que le caliqe, à anthères violettes avant l’émission du pollen ; par sa baie plus petite, complètement entourée parle calice, tandis que chez les autres Mandragores les sépales sont ou beaucoup plus courts ou de la longueur du fruit.
A côté des Atropa viennent se grouper les genres suivants ;
GENRE TRECHONÆTES (2).
Les espèces de ce genre, au nombre de trois, sont originaires des Andes. Ce sont des herbes à liges couchées, à feuilles dentées. La fleur se compose d’un calice 5-p|irtite, d’une corolle largement campanulée, à limbe plissé 5-partite, à lobes larges et aigus. Les étamines, au nombre de 5, sort libres et incluses, à filets filiformes, adnés au fond du tube. Ils supportent des anthères biloculaires, sans connectif, à déhiscence longitudinale. L’ovaire, arrondi, entouré à la base par un disque charnu, présente 2 loges multiovulées; il est surmonté d’un style filiforme dont le stigmate, capité, présente 2 grandes lamelles réfléchies, rugueuses, adnées; la baie est inconnue. •
(1) Bertlioloni, Comment, de Mandr., p. 12, n” 3, pl. 3.
;2) Miers, Contributions, dans Hooker, London bol, Journ., 1846, l. IV, p. 350,
GENRE HEBECLADUS (1).
Ce groupe, démembré des ^<ro/)a, se distingue du genre précédent par sa corolle infundibuliforme, à limbe ouvert et
4- denté, par ses étamines à filets dilatés à la base, par son ovaire dépourvu de disque, et dont le stigmate subbilobé ne présente pas les lamelles des Trechonœtes. Il est composé de plantes de l’Amérique intertropicale dont on ne connaît qu’une dizaine d’espèces.
GENRE SALPICHROMA (2).
Le genre Salpichroma se compose de plantes de l’Amérique méridionale, herbacées, frutescentes ou subfrutescentes, à tiges anguleuses et flexueuses, à rameaux foliés opposés. Les feuilles sont solitaires ou géminées, attachées à un long pétiole. Les fleurs, solitaires, disposées généralement en corymbe, se composent d’un calice persistant, cupuliforme,
5- partiteou plus rarement 5-fide, d’une corolle épaisse, tubuleuse, à limbe divisé en 5 dents, réfléchies, en préfloraison induplicative; de 5 étamines égales, insérées au tube do la corolle et aussi longues qu’elle; les anthères, conniventes audessous du stigmate, présentent 3 loges parallèles, adnées, s’ouvrant par une fente longitudinale. L’ovaire, porté sur un disque charnu, se compose de 2 loges multiovulées, et devient une baie rouge, terminée en pointe par le style persistant. Ce genre, qui comprend 11 espèces, a été divisé en 2 sections, suivant que la corolle est longue et tubuleuse ou courte et
(1) ,Miers, ioc. cü , p. 321 (en note).
(2) Miers, loc.cü., 1818, t. VH, p. 333
trappue. Il se distingue facilement par la structure de ses anthères triloculaires.
GENRE LONCHESTIGMA (1).
Ce genre comprend 3 espèces, américaines à tige herbacée, à feuilles pétiolées, découpées sur les bords. Il est remarquable par ses 5 étamines insérées au tube de la corolle, se composant d’un fdet filiforme adhérent au tube, au-dessous de la gorge, et libre sur une très-petite longueur, supportant des anthères vertes, oblongues, bilobées, très-comprimées, latéralement pointues au sommet, à déhiscence longitudinale; par son stigmate grand, épais, adné au style de chaque côté. La baie entourée par le calice est biloculaire.
GENRE HILSENBERGIA (2).
Ce genre, très-voisin du précédent, ne se compose que de 2 espèces, de l’île Maurice, à calice découpé en 5 et quelquefois 6 lobes subinégaux, lancéolés, aigus et ciliés, à corolle un peu plus longue que le calice, tubuleuse, campanulée, à tube très-ample et cylindrique, à limbe court 5-fide. Les étamines, au nombre de 5, sont incluses, alternes avec les divisions de la corolle. Les filets très-courts, insérés au milieu du tube, portent des anthères oblongues, biloculaires, introrses, à déhiscence longitudinale. L’ovaire est glabre conique, surmonté d’un style droit, épais glabre, persistant après la
(1) Dorysligma, Miers, loc. cil,, 184B, t. V, p. 377. — Lonchesligma, Uunal, Prodromus, t. XIII, p. 476.
(2) Tausch,, dans Sieb., FL Maurit., t. II, n” 160. — Éndlicher, Gmra, Buppl. 2, p. 60, n» 3874.
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obule de la corolle, à stigmate large à *2 lobes. La baie est globuleuse, rugueuse, noire, à quatre loges, ne renfermant que quelques graines.
GENRE DISCOPODIUM (1).
On ne connaît encore qu’une seule espèce de Discopodium, c’est le D. Pinninerviim (Hocbst.) d’Abyssinie, qui se rapprocbe beaucoup des Jtropa, c’est une plante herbacée, trèsrameuse à rameaux arrondis et glabres, à feuilles solitaires ou géminées, pétiolées, ovales ou lancéolées, à fleurs axillaires, disposées en ombelle. Le calice, concave très-court, membraneux, est divisé en 5 dents poilues, triangulaires et aiguës, la corolle urcéolée à limbe réfléchi, quinquéflde, tomenteux intérieurement. Les étamines, au nombre de 5, sont incluses, à filets courts, insérés au milieu du tube, supportant des anthères biloculaires, introrses à déhiscence longitudinale; l’ovaire, globuleux, tantôt à 2 loges, tantôt incomplètement 5-loculaire, renferme des ovules nombreux.
GENRE RIMERANTRUS (2).
Ce genre a été établi par Endlicher pour le Jaborosa Rimcinata (3), depuis, Miers y a ajouté deux espèces. 11 se compose de plantes herbacées de l’Amérique du Sud, caractérisées par leurs fleurs à corolle campanulée, quinquefidc, à limbe plissé, à étamines insérées au fond du tube, composées d’un filet spatuliforme, attaché à la face dorsale des anthères
(1) Hoclist, dansFioro, 1844, n“ 2, p. 22.
(2) Endlicher, Généra, p. 666, n” 6860.
(3) Linck et Otto, Icônes •planlarum eelectœ horti Berolinensis, p. 103, pl. 48.
au-dessous du sommet. La baie, biloculaire, entourée par le calice, est aplatie, très-déprimée, à sillons rayonnants.
GENRE NECTOUXIA (1).
Ce genre n’est encore que très-imparfaitement caractérisé, il ne comprend, en effet, qu’une seule espèce encore mal connue, le N. formosa du Mexique, remarquable par sa corolle hypocratériforme, à tube arrondi, ventru, droit, à gorge prolongée en forme de coupe cylindrique recouverte par le limbe, ce dernier en forme de chapeau réfléchi, en contact immédiat avec le sommet du tube, simulant avec lui une couronne cyathiforme et divisé en 5 lobes aigus. La baie, oblongue et aiguë, présente 2 loges multiovulées (3)-
GENRE JABOROSA (3).
Ce groupe n’est constitué que par deux espèces américaines, il se distingue par ses fleurs dont la corolle présente un tube très-long et un limbe à 5 divisions longues et très-pointues. Les étamines, au nombre de 5, insérées sur la gorge do la corolle, sont incluses, sessiles, les fdets faisant corps avec le tube et s’unissant à la face dorsale des anthères qui sont biloculaircs, à connectif acuminé et à déhiscence longitudinale. L’ovaire présente tantôt 2 tantôt 4 loges, il est surmonté par un style simple et allongé, à 5 stigmates.
(1) Humb., lîonpl. et Kunth, Nov. gen. el spec., t. 111, p. <0, pl. IBS.
(2) Endlicher no connaissant pas la baie de cette espèce l’avait placée avec les Nicotianes.
(3) De Jussieu, Généra, p, 125. — l.amarck, Diclionn., 1.111, p. 189,
LICIEÆ.
GENRE LYCIUM (1),
Le genre Lycium établi par Linné faisait partie des Jasminoïdesde Tournefort, auxquels il ressemble en effet, jusqu’à un certain point, par l’aspect extérieur.
Il renferme aujourd’hui un grand nombre d’espèces (40 environ) qui croissent (Jans toutes les régions méditerranéennes, l’Afrique australe, l’Amérique méridionale, et quelques-unes dans les Indes orientales. Ce sont des arbrisseaux souvent épineux, à feuilles alternes, entières', fasciculées. Les fleurs sont portées sur des pédoncules extra-axillairesou terminaux, solitaires, géminés ou en ombelle, rarement en corymbe; leurs couleurs varient du blanc au pourpre et au jaune. Le calice est régulièrement 5-lobé, ou irrégulièrement 2-3-4-5-flde; la corolle, infundibuliforme ou tuberculeuse, présente un limbe découpé en 5 ou 10 dents plissées. Les étamines, au nombre de 5, insérées au milieu ou au fond du tube de la corolle, portent des anthères à déhiscence longitudinale. L’ovaire est biloculaire, terminé par un style simple à stigmate bilobé, et devient une baie entourée par le calice et renfermant des graines nombreuses à embryon courbé et périphérique.
On a groupé les Lycium eu 4 sections : celle des Eutycium, se composant des espèces dont le calice est urcéolé, irrégulièrement 3-6-ûde; la corolle infundibuliforme àdimbe 3-fide; les étamines exsertes; les fleurs en ombelles terminales pou nombreuses.
Celle des Amblymeris, à calice en forme de coupe divisée
(1) Linné, Gen., nov,, n" 262.
en 5 dents triangulaires, devenant 3-fide par déchirement, à corolle 5-partite ou 5-fide, à fleurs solitaires.
Celle des Lyciobatos, à calice urcéolo-canipanulé, à 5 dents égales, à corolle 5-fide dont les dents sont dressées, à étamines incluses, à fleurs solitaires terminales, portées sur des ïameaux axillaires.
Enlin, la section des Schistocalyx, proposée par Dunal, et qui doit peut-être former un genre à part; elle se compose de plantes à calice glanduleux, pubescent, dépassant la moitié do la corolle, profondément 5-tide ou 5-partite; cà. corolle glanduleuse au dehors, infiindibuliforme; le limbe est divsé en 5 dents triangulaires et réfléchies. L’ovaire ne présente aucune trace de disque; la baie est globuleuse, entourée parle calice fendu irrégulièrement ; les fleurs solitaires sont portées sur des pédoncules très-courts.
].e Lycium europæüm (1), qui croît spontanément en Espagiie, en Italie et dans le midi de la France, appartient à la section des EuJycium. C’est un arbrisseau à tige droite, très-rameuse et couverte de fortes épines qui le font souvent employer pour former des haies. Les rameaux .sont glabres, ronds, flexibles, et portent des fouilles lancéolées rétrécies sur leur base, un peu obtuses au sommet, presque charnues et succulentes, d’une couleur d’un vert glauque ou cendré. Sur les jeunes pousses, elles sont alternes et solitaires: sur les vieilles branches, elles se réunissent en faisceaux de 3 ou 4 à chaque insertion. Les fleurs, portées sur un court pédoncule, sont solitaires ou réunies au nombre de 2 ou 3. Le calice, très-court, subglobuleux, est irrégulièrement quadridenté, à dents ciliées. La corolle, tubuléc, de couleur pour-
(1) Linné, Sysleina plaalaram,l. I, p. 228.
pre, à base blanchâtre, présente un limbe à 5 divisions ovales. Les étamines, glabres, dépassent le tube de la corolle, mais n’atteignent pas le limbe. Les baies sont tantôt rouges, tantôt jaunâtres.
Le Lycium barbarum (1) croît dans l’Asie et l’Afrique boréale ainsi que dans l’Europe australe; il appartient également à la section des Eulycnm. C’est un arbrisseau à rameaux longs pendants, anguleux, munis d’épines courtes, faibles et axillaires. Les feuilles, alternes, solitaires, longues, lancéolées, et retenues à leur base, sont plus étroites que dans l’espèce précédente. Les fleurs (flg. 9, a, b), en général gémi¬
nées, sont portées sur des pédoncules extra-axillaires. Le calice est glabre, bilobé. La corolle est tubulée; les étamines(c,d) sont poilues à la base ; la baie est orangée, oblongue {b). Cette espèce varie beaucoup; les feuilles sont plus ou moins lancéolées, tantôt aiguës, tantôt obtuses; les épines sont plus ou moins longues ou môme manquent.
(1) Linné, Spcc. planl., édit,, p. 277.