L. MIINE IDWARDS
Le Lycium chinense (1) qui croît spontanément en Chine, ressemble beaucoup à notre Lycium barbarum; ce n’en est même qu’une simple variété. Les étamines ont leurs filets velus à la base, et les loges des anthères réunies par un connectif très-épais. Le fruit est généralement un peu plus allongé que dans l’espèce précédente.
Autour des Lycium viennent se grouper un certain nombre de genres peu nombreux en espèces et peu connus. Plusieurs d’entre eux sont probablement destinés à disparaître de*k science; mais, avant de les rayer des cadres botaniques, il faudrait en faire une étude approfondie, d’autant plus difficile, que toutes les plantes qui les composent sont originaires d’Amérique, et sont surtout abondantes au Chili; la plupart ont été décrites par Miers.
GENRE CODOCHONIA (2).
Ce genre ne comprend qu’une seule espèce, le 6’. Solanoides du Pérou, dont la fleur se compose d’un calice ii 6 dents larges, courtes et inégales dont 3 grandes alternant avec 3 petites ; d’une corolle à 6 divisions; de 6 étamines incluses, ii filets insérés au fond du tube de la corolle, filiformes, et 3 ou h fois plus longs que les anthères, qui sont réunies en un tube autour du style, et s’ouvrent par des fentes longitudinales. L’ovaire, à 2 loges, est surmonté par un style court, conique, 2 fois plus court que les étamines. Le fruit est une baie terminée par le style persistant.
(C Millur, Bictionn. n” 5.
(2) Dunal, De Candolle, Prodromus, t. Xlll, p. i82.
GENRE THINOGETON (1).
Le Th. maritimum, de Colombie, constitue à lui seul ce genre, dont les limites sont établies d’une manière insuffisante. Il paraît se distinguer par ses fleurs à calice S-denté, à corolle infundibuliforme, dont le limbe, à peine ouvert, est plissé et pentagonal; à étamines inégales, incluses, insérées au-dessus du milieu de la corolle, dont les anthères, droites et oblongues, s’ouvrent par des fentes longitudinales. L’ovaire est biloculaire et se transforme en une baie entourée par le calice persistant et membraneux.
GENRE DGNALU (2).
Les Dunalia sont des plantes de la Nouvelle-Grenade., du Pérou et du Mexique, caractérisées par la forme de leurs étamines. La fleur se compose d’un calice urcéolé à 5 dents, d’une corolle infundibuliforme à tube allongé, cylindrique, à limbe plissé, quinquéfide. Les étamines, au nombre de 5, sont incluses et insérées sur le tube de la corolle ; leurs filets, dilatés à la base et pubescents, sont divisés en 3 languettes, la médiane portant l’anthère, les latérales filiformes. L’ovaire, biloculaire, se transforme en une baie globuleuse entourée par le calice et renfermant des graines dont l’albumen présente, au centre, une cavité.
(1) Dcinlh., Botan. of the voy. ofSulfhur, p. 442.
(2) Humb., Bonpl. et Kunth, Gen. et spec., t. III, p. 65, pl, 194 .
Dunal, Prodromus, t, XIII, p. 483.
GENRE CHOENESTES (1).
Ce genre, très-rapproché du précédent, s’en distingue par ses étamines à filets adnés à la base, simples ou dilatés audessus de leur base, à anthères oblongues, attachées par leur partie inférieure.
GENRE IHOCROMA (2).
Les plantes qui composent ce giyire sont originaires de l’Amérique australe, ce sont des arbrisseaux tomenteux et pubescents, à feuilles entières et pétiolées. Les inflorescences sont en ombelles ou en cymes peu nombreuses; sessiles ou portées sur de courts pédoncules, d’abord terminaux puis axillaires; les fleurs sont remarquables par leur corolle à tube très-long, à limbe très-court, par leiirs étamines soudées au fond du tube et libres seulement vers leur partie moyenne.
L’Iociiroma tubulosum (3), qui croît dans les parties chaudes de l’Amérique du Sud, est un bel arbrisseau qui atteint jusqu’à 2 mètres. Les feuilles, molles, ovales et entières, sont d’un vert cendré; l’inflorescence est une cyme axillaire; la fleur (fig. 10 a, b) se compose d’un calice renflé à la base, très-grand et dépassant de beaucoup la corolle dans le bouton, à 5 dents souvent inégales (c), d’une corolle d’un violet foncé à tube très-long, se continuant insensiblement avec le limbe, qui est divisé en 5 dents très-courtes, à préfloraison
(1) Miers, dans Hooker, Lond. Journ. bot,, 4846, t, IV, p. 336.
(2) Denlh., Dot. reglu., 1 846, vol. XXX, pl. 20.
(3) Bonth., toc, cit.
contournée. L’androcée se compose de 5 étamines alternes avec les pétales et insérées à la base du tube ; les filets, larges et poilus dans la partie adhérente au tube, sont filiformes dans leur portion libre ; ils s’élèvent jusqu’à la gorge de la corolle et supportent des anthères longues, biloculaires, introrses, à déhiscence longitudinale. L’ovaire {d) est conique, entouré à sa base par un disque glanduleux; il renferme deux loges.
Le style, filiforme à la basé, s’élargit au sommet et s’élève aussi haut que la corolle; il se termine par 2 renflements stigmatiques verdâtres. Les ovules (e), anatropes, sont trèsnombreux dans chaque loge et attachés sur un gros placenta axile. Le fruit est une baie ovale biloculaire, entourée par le calice renflé et membraneux.
GENRE LYCIOPLESIUM (1).
Les espèces de ce genre, propres à l’Amérique du Nord,
(1) Miers, Contrit. Journ. bot. J. Hooker, I.ondon, 1845, t. IV, p. 330 (en note).
sont des plantes frutescentes, épineuses, à feuilles épaisses, oblongues, étroites à la base; les fleurs sont axillaires, solitaires ou géminées, à corolle violette ou pourpre ; les étamines, au nombre de 5, sont inégales et portent des anthères biloculaires, à base cordiforme et à déhiscence longitudinale; la baie est enfermée dans le calice.
GENRE PÛECILOCHROMA (1).
Ce genre, établi par Miers, se compose de 7 espèces, qui toutes ont été décrites par ce botaniste. Il se distingue par son calice persistant mais non accrescent, conique, à orifice très-resserré, découpé en 5 dents très-petites et rapprochées, à tube coriace et coloré, se fondant inégalement en 1, 2 ou 3 parties. La corolle est grande, campanulée, à tube trèscourt; les étamines, insérées au fond de la corolle, sont incluses, h filets minces et colorés, supportant des anthères oblongues, bilobées, adnées, introrses, à déhiscence longitudinale; l’ovaire est ovoïde, biloculaire, surmonté par un style grêle de la longueur des étamines.
GENRE ACNISTUS (2).
Cette division comprend des plantes frutescentes de l’Amérique tropicale, parfois pourvues d’épines. Les feuilles sont entières, oblongues, lancéolées, les plus jeunes fasciculées. Les fleurs, odorantes, se composent d’un calice campanulé, presque pentagonal et obtusément 5-denté; d’une corolle
(1) Miers, loc. cH., 18*8, t. VII, p. 354.
(2) Scholt, Wiener Zeitschrift, 1829, t. IV, p, 1180.
infundibuliforme, à limbe 5-partite, ouvert, réfléchi ; les étamines, au nombre de 5, sont insérées au-dessus de la base de la corolle; leurs ülets sont simples, filiformes et glabres; leurs anthères dressées, oblongues, arquées, à déhiscence longitudinale; l’ovaire se compose de 2 loges à placentas épais, multiovulés; la baie, entourée parle calice, est Ijiloculaire ou uniloculaire par l’oblitération de la cloison.
GENRE SICRLERA (1).
Le genre Siklera est très-voisin des Lycium, dont il diffère par sa tige herbacée, son calice tronqué et presque entier, ses étamines à filets très-courts, poilus en avant, portant des anthères à cloison incomplète et presque uniloculaires. Il ne se compose que de 2 espèces de l’Amérique du Sud.
GENRE FREGIRARDIA (2)..
Les espèces qui forment ce genre, au nombre d’une douzaine, croissent dans l'Amérique méridionale. Elles sont trèsrapprochées des Sicklera, et, par conséquent, des Lycium ; elles portent, comme caractère distinctif ; un calice à k ou 5 dents; une corolle plissée infundibuliforme, rotacée, à tube cylindrique très-court; 4 ou 5 étamines dressées, incluses, à filets filiformes, portant des anthères biloculaires à déhiscence longitudinale. Cette division générique paraît, d’ailleurs, circonscrite d’une manière assez vague, et pourrait se fondre avec avantage avec les Lycium et les Witheringia.
(1) Sendln, Flora, 1846, p. 178.
<%) Dunal, De Gan toile, Prodromus, t. XIII, p. B02.
GENRE JÜANÜLLOA (1).
Le genre Juanulloa, dans lequel se fondent les genres Vlloa (Pers.), Juanulloa et Sarcophysa, de Miers, se compose de plantes frutescentes des parties les plus chaudes de l’Amérique du Sud' Le calice, ample, coloré, renflé, ovaleo u tubuleux, charnu ou membraneux, présente 5 divisions plus ou moins longues, dressées et aiguës; la corolle, charnue ou membraneuse, est tubuleuse, à lirnbe court, à 5 lobes arrondis en préfloraison imbriquée ou quinconciale ; les étamines, au nombre de 5, dressées, plus courtes que le tiibe, sont insérées à la base de la corolle ; les filets, linéaires et villeux à la base, supportent des anthères linéaires, sagittées, à déhiscence longitudinale, introrse; l’ovaire est entouré par un disque charnu, il se compose de 2 loges multiovulées et devient une baie protégée par le calice.
Le Juanulloa aurantiaca (2), que l’on cultive dans le j{;rdin botanique du Muséum, porte dçs fleurs d’un jaune orangé. Le calice (flg. 11) est découpé en 5 grandes dents aiguës, qui se développent en préfloraison valvaire et un peu réduplicative; la corolle, en préfloraison quinconciale, préjsente 5 lobes obtus et ouverts; les 5 étamines alternent avec les pétales; elles sont incluses, à filets insérés sur la partie contractée de la corolle; les uns sont poilus, les autres glabres ; les filets supportent des anthères
(1) Ruiz etPavon, Vrodrom. gen. fl. peruv., p. 27, pl. 4.
(2) Otto et Diert., Allgem. Gart., t. XII, p. 266. — Walpers, Repcrta< Hum, t. III, p, 934.
submucronées, biloculaires, attachées au filet par un connectif linéaire; l’ovaire, entouré d’une couronne glanduleuse à la base, est supère, à style dressé, lisse, épais et fistuleux; il se termine par 2 palettes stigmatiques, superposées aux loges ; les ovules sont anatropes.
GENRE MARCKEA (1).
Les caractères de ce genre ne sont pas encore connus d’une manière suffisante, et peut-être, quand il aura été étudié d’une façon plus complète, devra-t-il rentrer dans les groupes voisins. Aujourd’hui il ne comprend que 2 espèces : le M. coccinea, qui croît à la Guyane, et le M. longifolia, qui a été rencontré, pour la première fois, à l’île de la Trinité. Ce sont des plantes à rameaux tombants, à fleurs jaunes, dont le calice tubuleux est prismatique, pentagonal, à 5 lobes aigus; la corolle, infundibuliforme, présente un tube allongé ; les étamines, au nombre de 5, sont égales, à filets filiformes et laineux à la base, portant des anthères biloculaires, s’ouvrant longitudinalement par une fente marginale ; l’ovaire est biloculaire, surmonté d’un style filiforme, de la longueur des étamines; le fruit est une baie oblongue, cylindrique, aiguë, presque circulaire, protégée par le calice persistant.
(I) Richard, i4ct. soc. kht. nal. de Paris, p. 107. — Lamarckea, Mieis, Conlrib., loc. cit., 1846, t. V, p. 161, et jlnn.and mag. ofnat. hist., 1849, t. IV, p. 188. ‘