‹ De la familleChapitre 12 sur 12 · LA FAMILLE IDEALE · texte numérisé non relu

LA FAMILLE IDEALE

Telle est la famille, la véritable, une petite patrie qui ne doit pas être très petite, qui doit comprendre plusieurs générations, qui doit être au moins une trinité de générations, qui exige par conséquent le mariage jeune et la collaboration des aïeuls à Toeuvre familiale ; qui est décapitée quand elle est celle

que ne dépasse plus le front blanc de l'aïeul ;

qui doit avoir ses trois ordres, comme une nation bien ordonnée :

son clergé à cheveux gris, sa noblesse à cheveux noirs et son joli peuple à cheveux blonds.

C'est ainsi que la famille est un

organisme complet ; c'est ainsi que Lamartine la comprenait quand il se rappelait ces temps

Où la maison vibrait comme un grand cœur

[de pierre

De tous ces coeurs joyeux qui battaient sous

[ses toits ;

et quand il la peignait ainsi, cette maison d'autrefois :

On eût dit que ces murs respiraient comme

[un être.

Des pampres réjouis la jeune exhalaison. La vie apparaissait, rose, à chaque fenêtre Sous les beaux traits d'enfants nichés dans

[la maison.

Et tous ces bruits du jour que l'aube fait

[renaître.

Les pas de serviteurssur les degrés de bois. Les aboiements du chien qui voit sortir son

[maître.

Le mendiant plaintif qui fait pleurer sa voix, Montaientaveclejour;etdans les intervalles. Sous des doigts de quinze ans répétantleur

[leçon.

Les claviers résonnaientainsi queles cigales Qui font tinter l'oreille au temps de la mois-

[son.

De la Tamitte 99

Quelque chose de cette idylle et ce qui en est Tessentiel, la fécondité, la concorde et la paix, peut se retrouver dans toute famille suivant les voies droites et les indications de la nature elle-même. On s'en convaincra en méditant cette parole profondedeNietzscheoùse trouvent comme ramassés les rapports intimes qui unissent la famille et la patrie et qui fondent l'une sur l'autre : « Si tu te sens grand et fécond dans la solitude, la société des hommes te rendra stérile. Inversement. Une puissante douceur comme celle d'un père. Où ce sentiment s'emparera de toi, que ce soit dans la foule grouillante ou dans le silence, c'est là qu'il faudra bâtir ta demeure.

TAbi pahr sum, ibi patria, »

Page 1