‹ De la fausse ankylose du genouChapitre 15 sur 29 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

La fausse ankylosé du genou peut être considérée elle-même comme un symptôme des maladies que nous avons placées dans les causes déterminantes. I.es symptômes qui lui sont spéciaux sont tous des signes extérieurs, et ce que l’on a à constater surtout, c’est la difformité.

Les symptômes varieront, c’est indispensable, suivant la forme de la fausse ankylosé à laquelle on aura affaire.

1® Dans la fausse ankylosé avec extension directe, nous trouvons roideur de l’articulation, exlen.sion permanente de la jambe sur la cuisse et allongement apparent du membre , puisque le malade marche, comme on dit, en fauchant; ce qui provient non pas de ce que le membre est allongé, mais de ce que l’articulation, ne se prêtant plus Ou presque plus aux mouvements, la flexion légère du genou, qui se fait

ordinairement pendant la marche, est complètement empêchée.

2° Dans la forme angulaire par extension forcée, nous avons vu à l’observation 2 que la jambe faisait avec la cuisse un angle ouvert en avant, que le creux du jarret disparaissait, enlin qu’une ligne, tirée de la partie antérieure de la cuisse à la partie antérieure de la jambe, se trouvait au niveau de la rotule, distante de 5 centimètres de cet os.

3" Dans la fausse ankylosé angulaire avec flexion, la jambe est plus ou moins fléchie sur la cuisse, le talon plus ou moins rapproché des ischions. Aux articles Anatomie et Physiologie, nous avons essayé de faire comprendre comment les. ligaments croisés et les ligaments latéraux-, par leurs attaches, comment les muscles, par leur direction et leur action, concouraient à produire cette position vicieuse qui, nous le disions il n’y a qu’un instant, est celle que préfèrent les malades affectés de lésions du genou.

Mais cette flexion n’est pas toujours aussi simple, et, si nous considérons le malade dans le décubitus dorsal, nous voyons que, le plus souvent, ce n’est pas la flexion directe et normale que l’on rencontre chez lui. La flexion est accompagnée presque toujours d’une rotation qui se passe dans l’articulation coxo-fémorale et qui ramène le genou vers la jambe du côté opposé; ou bien, et c’est le cas le plus fréquent, porte le membre inférieur dans l’abduction; de là les deux différentes positions (jue prennent les malades. Cette rotation est produite par le poids du

membre, par celui des couvertures et par l’action des muscles abducteurs ou adducteurs de la cuisse. En outre, que le genou soit porté dans l’adduction ou dans l’abduction, il se passe un autre mouvement de rotation de la jambe sur la cuisse, du tibia sur le fémur, mouvement déterminé par l’action des muscles qui s’attachent à la patte d’oie et qui portent la pointe du pied en dedans.

On a vu dans ces cas la surface articulaire du tibia glisser en arrière et en deliors sous les condyles du fémur; on comprend alors qu’il puisse y avoir raccourcissement du membre. Mou père a vu un malade chez lequel le condyle interne du fémur avait glissé dans la cupule externe du tibia. On peut juger d’après ce fait combien parfois peuvent être grands les déplacements des deux os; on peut dire qu’il y a presque toujours un commencement de luxation en haut et en arrière; car les condyles du fémur étant atrophiés, en général, se prêtent on ne peut mieux à celte complication.

Lorsque la flexion est très-ancienne, les condyles du fémur sont atrophiés dans leur partie postérieure, et les surfaces concaves du tibia ne recouvrent plus leur partie antérieure quand on vient à opérer le redressement du membre. Alors la jambe est portée plus en arrière que dans l’état normal ; la rotule parait être plus saillante et le creux poplité moins évasé. Portée à l’extrême, on comprend comment celle disposition peut être une cause de luxation en arrière.

Nous n’avons pas cru devoir insister ici sur les i symptômes des maladies qui ont amené la fausse ankylosé; on comprendra que ce sont ceux des tumeurs blanches à tous les degrés, des arthrites, etc. etc. ^

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