‹ De la fausse ankylose du genouChapitre 16 sur 29 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Le point important, car c’est lui qui déterminera |

le traitement, est celui du diagnostic; il s’agit en |

effet: 1° de savoir si l’on a devant soi une ankylosé >

vraie, complète, incurable, ou bien si l’on a une an- ]

kylose incomplète, fausse et parfaitement guérissable. Dans le premier cas, ce serait en vain que le chirurgien tenterait d’obvier à la difformité : tous ses efforts seraient des insuccès qui tourneraient à son | désavantage; dans le second, il serait aussi coupable \ si, ayant une fause ankylosé, il la déclarait incurable, , j et que, par la suite, il lui fût démontré le contraire. I

Il s’agit 2® de diagnostiquer la cause déterminante, |

qui, dans certains cas, pourra être d’un grand secours pour le chirurgien. Pour cela, il faut simple- j ment remonter aux antécédents. j

Il n’est pas aussi facile qu’on pourrait le croire, au premier abord, de résoudre la question du diagnostic pour ce qui regarde la distinction entre la vraie et Ja fausse ankylosé. La conservation des mouvements est la pierre de touche à laquelle on doit s’adresser.

et toute la queslion aboutit à savoir par conséquent s’il y a encore quelques mouvements ou s’il n’y en a plus.

Rien ne paraît plus aisé et ne le serait, en effet, si l’articulation était saine ; mais rappelons-nous qu’elle est entourée de tissu cellulaire gonflé de liquides, de ligaments tordus, résistants, d’adhérences entre les surfaces articulaires, de tendons roidis, et qu’il est souvent d’une difficulté extrême de percevoir, à travers tous ces empâtements, les mouvements parfois très- limités que les os peuvent exécuter les uns sur les autres.

Le moyen le plus simple pour s’assurer qu’il y a encore des mouvements dans le genou est de chercher à les produire par des extensions et des flexions successives. Tout irait bien si les malades étaient do- . ciles; mais la plupart, ayant longtemps souffert de cette partie, sont très-craintifs, redoutent pour elle le moindre choc, la moindre douleur; et dès que le chirurgien veut opérer, ces deux mouvements rétractent, môme involontairement, leurs muscles, et rendent l’examen impossible. Mais cet examen impossible autrefois, avant la découverte du chloroforme, ne l’est plus maintenant puisque, grâce à cet agent, le malade étant soustrait à la douleur, et les contractions musculaires anéanties , le chirurgien peut se livrer, autant qu’il le croit convenable, à l’examen du genou malade et s’assurer à son aise s’il y existe ou non des mouvements. Pourtant quelquefois certains malades encore redoutent l’application du chio-

roforme, et chez eux on est obligé d’en venir aux moyens indiqués par mon père dans son Traité de la fausse ankylosé du genou. «Pour être bien certain de ce qui existe, il faut avoir l’attention de faire coucher les malades sur un canapé ou un divan, et alors mesurer la distance qui existe entre l’ischion et le talon dans l’état de repos. Quand on a pris cette mesure, il faut faire saisir le bas de la jambe par un aide, après avoir bien assujetti le bassin, la faii*e porter dans l’extension, et alors mesurer la distance entre l’ischion et le talon. Si cette distance est la meme, l’ankylose est complète; si l’angle est plus ouvert, si la ligne est plus longue, l’ankylose est incomplète ou fausse, il y a encore des mouvements entre les surfaces articulaires; alors on peut traiter * le malade, étendre la jambe et le faire marcher sans le secours d’un tuteur artificiel. » (V. Duval, p. 3G3.)

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