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PENDANT CES DERNIÈRES ANNÉES

Le Piesident WiUon.

E traite d'alliance entre les Etats- Unis et la France avait été signé en 1776. L'amitie des deux peuples éprouvée tant de fois sur les champs de bataille avait été scellée dans le sang et rien ne pouvait plus la briser. Elle grandit encore lorsque la République française est proclamée et les Etats- Unis sont les premiers à reconnaître la jeune république, comme la France avait été la première à reconnaître l'Indépendance des Etats-Unis. Toujours à cause de cette sympathie profonde et innée, les incertitudes passagères qui ont pu naitre pendant plus d'un siècle sont toujours résolues heureusement a la suite d'explications franches et loyales entre les deux peuples de liberté, qu'il s'agisse de uÏ„s dél'cltes, comme celle posée par ,'applicaUon de U Doc « de Monroe en 1823, par la guerre de Sécession en 1861 ou par la guerre du S » 1864 on trouve la solution qui s'appuie sur la sympathie des deux peuples et écarte tous les dangers.

P us recèlent, la France témoigne encore de son desir de marquer

menées ambitieuses de l'Allemagne au Maroc en 1906. apparaissent au Congres d'Algesiras pour y soutenir le point de vue français.

Par ce sentiment d'alliance fondé sur le droit, par la netteté des vues affirmées, par la franchise des concevons soutenues, ùon du sentiment d'equite et de haute justice qui va bientôt s epanou.r

1918 — Un Camp ameïKoin à Ismt-Tille.

La remise du drapeau à 1" Escadrille La Fayetle, le 7 juillet 1917.

1918 — Attaques dans la Mîuse. Infanterie américaine dans une tranchée allemande conquise.

par la bouche autorisée du Président A&ilson, a l'occasion de la guerre monstrueuse imposée par l'Allemagne â l'Univers entier. Nous sommes en juillet 1914.

Les circonstances louches par lesquelles l'Allemagne, dont la préparation militaire a frappé toutes les nations, déclare la guerre à la France et â la Russie avec la duplicité de l'Autriche qui se rue contre la Serbie, surprennent sans les étonner les chancelleries. La violation par l'Allemagne de l'acte qu'elle a signé pour assurer l'indépendance de la Belgique, les expressions mêmes de son chancelier traitant cet acte de n chiffon de

papier" pendant qu'il invoque le proverbe "nécessité fait loi" pour se donner leprétexte d'envahir la Belgique, soulèvent une émotion considérable.

L'Angleterre, peu prête à la guerre, avec une spontanéité admirable prend la décision de jeter son glaive dans la balance et ce sera pour elle le plus haut titre de gloire que l'Histoire enregistrera. C'est le Droit outrage qui la déterminera. Elle appelle à son aide ses Dominions qui arrivent de tous les coins de l'Univers et bientôt son armée, " la méprisable petite armée" que le kaiser couvre de ses sarcasmes, tient tête avec un courage indomptable aux hordes barbares qui lui sont opposées et les refoule,

pendant que sa marine, la première du Monde, maintient splendide endurance le blocus le plus formidable qui ait

La France a appelé, le 2 août 1914, tous ses enfants sous les armes. Apres une première bataille difficile, ses armées reculent d'abord, mais elles remportent, en septembre 1914, la victoire de la Marne habilement préparée par le Maréchal Joffre et refoulent les Allemands de 80 à 1 00 kilomètres sur le front, de l'Oise aux Vosges, au moment où ils croyaient entrer dans Paris.

Puis viennent la course à la mer du Nord, les Flandres, l'Yser, la Somme, Verdun, la cite d'héroique résistance qui barre la route une fois de plus a I* Allemagne.

De son côté la Belgique, dont le territoire est envahi, pille, détruit et brûlé comme celui de la France par les Huns, ne se laisse pas abattre et tient téte avec la plus énergique résolution.

Dès le début, la Russie et la Serbie luttent généreusement sur le front oriental.

L'Italie, le Portugal, le Japon, la Roumanie viennent à leur tour combattre avec nous.

Les Etats-Unis, dont l'éveil se fait peu à peu devant tant de violations et de calamités, resteront-ils indifférents a de pareils conflits ?

Dès le début de la guerre, dans un élan admirable de charité, ils ont apporte le plus généreux concours a nos blessés par la création de nombreux hôpitaux de la Croix-Rouge américaine, par l'envoi de leurs chirurgiens et de leurs infirmières, par leurs dons magnifiques. Déjà sans plus attendre, de jeunes hommes améri-

cains, élevés des grandes universités d'Amérique, saisis du désir d'apporter leur épée au service de la France, comme autrefois La Fayette pour les

1918 — Ven Saint-Mihïel. Artillerie lourde américaine en action.

Etats-Unis, cette arme

se rassemblent et viennent en France s'enrôler dans l'aviation. l'escadrille "La Fayette" avec l'appui de quelques Français qui pressentent nouvelle qui tente leur adresse et leur énergie. Ils fondent leur effort et bientôt leurs succès, que stimule encore le tribut de ceux

d'entre eux qui tombent au champ d'azur, passent

i de l'Égliie de Neuvilly-cn-Ataonne

les océans et déterminent un courant d'amour et de sympathie pour la France et pour les alliés, c'est l'indice de la collaboration féconde des deux peuples que l'on voit poindre, et petit à petit l'Allemagne va se charger d'amener, ellemême, le peuple des Etats-Unis à partir en guerre contre elle.

Elle a déjà, par une coûteuse propagande, destinée à maintenir les neutres, essayé de semer perfidement le bruit qu'elle était victime d'une agression dirigée contre elle en pleine paix, par la France, mais son hypocrisie éclate bientôt au grand jour des faits. Les massacres de Belgique, les viols, les assassinats, les déportations, les destructions barbares de Louvain, de Reims et de tant d'autres villes, les gaz meurtriers qu'elle innove, la guerre sous-marine qu'elle commence, tout démontre la férocité et la cruauté de la lutte qu'elle a entreprise. Elle se croit assurée de vaincre. Le torpillage du "Lusitania ", dans lequel des femmes et des enfants et tant d'Américains périssent lâchement, le torpillage du "Sussex", celui de grands navires hôpitaux chargés de blesses provoquent une émotion qui gagne l'esprit du peuple américain.

Un homme se lève, qui s'est fait le champion

du Droit, c'est le Président de la Republique des Etats-Unis. Le Président Wilson

sent que la Force germanique veut essayer encore de primer le Droit.

Sa conscience parlant en lui, au nom du peuple américainserévolte enfin. Il se dresse et (ait appel au droit des gens violé et piétiné par un ennemi sans conscience.

Son appel n'est pas entendu. l'Allemagne dans son ivresse de tueries qui possédait tous ses dirigeants, prend cet avertissement pour un epouvantail et repond par des crimes plus atroces encore. Le Président Wilson demande un engagement formel que l'Allemagne repousse avec dédain. C'est la guerre!

La guerre est donc déclarée et de suite la nation américaine s'enrôle en masse. Pendant que ses soldats s'équipent et s'entrainent, pendant que

ses puissantes usines préparent l'énorme matériel nécessaire l'aviation américaine veut apporter son concours personnel

Entrée de» troupe* américaine! a Sainl-Mihtel.

pendant que a la bataille

Le Généia! Pershing.

Le 1 Geoise Washington 1 quille New- York, amenant le Pieaident WiUon a la Conlëtenee de la Paix.

des airs dont l'escadrille "La Fayette" lui a montré toute l'importance, l'Amérique envoie immédiatement en France ses Etats-majors et ses ingénieurs préparer l'arrivée de ses immenses légions. C'est Bordeaux qui les reçoit. Le souvenir de l'aide apportée autrefois a l'Amérique par la France hante son esprit, car le commandant en chef de l'expédition, le général Pershing, se rend des son arrivée à Paris au tombeau de La Fayette et, se découvrant, prononce ces paroles sublimes qui sont toute une invocation : " La Fayette, nous voici !..."

Oui, à leur tour les Etats-Unis accourent pour apporter a la France.qui lutte héroïquement pour le Droit et la Liberté, l'aide qu'ils ont autrefois reçue d'elle. Toute l'Amérique, qui fête chaque année la date glorieuse du 4 juillet, le Jour de l'Indépendance, réclame l'honneur de s'enrôler. En un an à peine, plus de deux millions de combattants ont franchi l'Océan, sont en France, se dirigent sur le front et font des prodiges de valeur.

On sait le reste, l'attaque décisive, concertée, des alliés sous le commandement unique du Maréchal Foch, secondé par le Maréchal Pétain, le Général Pershing et le Maréchal Haig ; l'Allemagne et les empires centraux s'effondrent sous les coups qui les pressent, ils implorent la paix immédiate et acceptent toutes les conditions que leur dicte l'Entente, qui déchire les traités attentatoires à la liberté de Brest-Litowsk et de Bucarest. C'est une capitulation, c'est la victoire complète, vengeant le Droit méconnu et l'anéantissement de la servitude rêvée par l'Allemagne.

Les Etats-Unis, conduits avec une incomparable maîtrise par le Président Wilson, ont permis aux

Aitivée en Fiance du Piésidenl Wilson,

alliés de vaincre la force brutale allemande. Ils ont aide plus particulièrement la France, à rejeter l'ennemi qui souillait son sol. Ce concours précieux qu'ils lui ont apporté avec un desintéressement merveilleux a fait tressaillir la France, il crée un nouveau lien de reconnaissance entre la France et les Etats-Unis et démontre une fois de plus qu'un bienfait n'est jamais perdu.

Le Président Wilson a généreusement répondu, en le développant, au geste de La Fayette.

La Fayette par ses qualités bien françaises avait su toucher profondement le cœur des Américains ; il avait été 1 ame de cette belle campagne, et la fin de sa noble mission montre combien était grande sa popularité.

Lorsqu'il dut revenir en France, le Congres des Etats-Unis mit a sa disposition un de ses vaisseaux en prenant à sa charge tous les frais de voyage et, par une sorte de prédestination symbolique, ce vaisseau portait le nom de 0 L'Alliance ". Le Congrès

chargeait La Fayette d'une Défile de» Mtmièn» «ménainei de I» CtoU-Rome. lettre pour le Roi de France,

Avenue de. Champs-Elviéei. 4 loillel 1918. quj contena;t j l'égard du

messager les éloges les plus vifs et il lui remettait en même temps une Résolution prescrivant aux Représentants des Etats-Unis à l'étranger de conférer avec lui des intérêts de l'Amérique.

A l'arrivée en France, par un pli officiel le Secrétaire d'Etat à la Guerre annonçait à La Fayette, le 5 décembre 1781, que le Roi le nommait, à partir de

Le Pié.idenl Poincaié accompagne le Pi

la reddition de Yorklown. Maréchal de camp en ses armées pour y prendre rang des qu'il cesserait de compter a l'armée des Etats-Unis. Le départ contrarie de Bordeaux de "La Victoire " le 24 mars 1777 contraste avec ce retour d'apothéose et cependant il conserve sa grandeur dans l'Histoire.

Avenue du Président Wilion. Le* troupes améi

défilent devant la statue de Washington

Certes ! le vaisseau * La Victoire ', qui emportait La Fayette et ses amis en Amérique, était bien petit en comparaison de l'énorme navire, le "George Washington", qui a amené en France le Président Wilson, de même que les 6.000 hommes de Rochambeau étaient bien peu nombreux a l'égard des deux millions d'Américains du général Pershing, mais dans chacune des circonstances les forces étaient en proportion de celles des adversaires et le geste de la France d'alors comme celui de l'Amérique d'aujourd'hui étaient semblables. C'était l'aide pour la défense du Droit et la conquête de la Liberté.

Le Comité qui s'est forme pour commémorer sur le rivage de France ce grand acte, a voulu, par un monument place a l'endroit même d'où La Fayette, en 1777, est parti porter secours à l'Indépendance américaine, relier a ce même point le souvenir de l'arrivée des premiers soldats américains accourant défendre sur le sol de France le Droit outrage et la Liberté foulée aux pieds.

L'Histoire enregistrera leur admirable effort ; nous le célébrerons par l'affirmation d'une amitié encore plus étroite entre la France et les Etats-Unis.

Gaston MENIER,

Sénateur de Seine-et-Marne, Vice- Président de la Commission Sénatoriale de l'Armée, Trésorier du Comité,

Imprimerie Photographique, G G0ftC£, 19. Rue Le Fayette, Parti

Juin 1919.

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