INTRODUCTION
Parmi les points importants de l'histoire naturelle que les recherches des savants modernes ont particulièrement fait progresser, la reproduction sexuelle des cryptogames peut être citée, à juste litre.
Bien que Linné , l'auteur de la nomenclature moderne, eût, en quelque sorte, pressenti ces découvertes, comme le prouve assez le nom qu'il imposa à ces végétaux, cependant queh|ues-uns de ses successeurs ne crurent pas devoir adoi)ter cette g idée et allèrent même jusqu'à regarder ces êtres ^ comme comi>létcment agames. A la fin du siècle '^dernier et au commencement de celui-ci, le jour > 1
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commeiira ccpeiulant à se faire sur ce [)oiîit, al les travaux de Yauclicr, de Lamouroux, de Palisol de Beauvois, etc., s'ils ne jugèrent pas complètement la question, au moins portèrent les esprits dans une voie meilleure. Mais c'est surtout dans les travaux des auteurs contemporains que l'on doit rechercher les documents les plus précieux. Nous aurons l'occasion, dans le cours de ce travail, d'indiquer les patients observateurs qui ont le plus contribué à élucider ces questions, aussi ne croyons-nous pas devoir ici nous appesantir sur leur énumèration.
La marche que nous allons suivre sera plutôt analytique que synthétique, nous y sommes contraint et par la nature môme du sujet, et par la nature des travaux qui s'y rapportent. D'une part les cryptogames forment un certain nombre de classes assez distinctes pour qu'on ait cru pouvoir admettre entre elles une différence presque égale à celle qui sépare la grande division des végétaux phanérogames en dicotylédones et monocotylédones, on comprend donc a priori qu'on doive les examiner les unes après les autres. D'autre part, ces questions sont encore assez peu avancées pour que chaque travail ne puisse guère être considéré que comme une monographie d'une ou quelques espèces examinées par l'auteur, aussi aucune vue d'ensemble ne paraît-elle, jusqu'ici, avoir été tentée.
Nous examinerons donc, au point de vue de la fécondation, chacun des groupes isolément en nous
basant sur la division la plus généralement adoptée, qui partage les cryptogames en dix ordres :
1° Algues, 6^ Characées,
2" Lichens, 7" Fougères,
3° Champignons, 8° Équisétacées,
4" Hépatiques , 9° Lycopodiacées,
5^ Mousses, 10'' Rhinocarpées.
Dans chacune d'elles nous aurons un ou plusieurs types à étudier, sauf pour quelques-unes où nos connaissances sont encore fort bornées. Ce n'est qu'après ces études préparatoires que nous pourrons tenter d'établir, non pas une généralisation, mais plutôt luie comparaison entre ce que peuvent avoir de commun les phénomènes.
Nous serons souvent obligé de décrire avec les organes de la génération sexuelle les parties qui concourent à la génération asexuée, laquelle existe dans tous ces végétaux, ces questions étant parfois difficilement séparabies dans l'état actuel de la science.
Avant d'aborder notre sujet, faisons remarquer que les termes employés dans une des divisions pour désigner certains organes ne devront être regardés que comme s'appliquant à celle-ci, c'est un fait important à noter dans l'étude des végétaux inférieurs. Les cryptogamistes ont souvent non-seulement formé les mots avec une prodigalité des plus exagérées, mais, soit par suite d'interprétations fautives que la science n'a pas confirmées, soiti)ar
Il lie incurie fâcheuse, un même nom, pris dans une classe, a été transporté dans la classe voisine avec lin sens tout différent, et s'appliquant dans chacune d'elles à des organes non assimilables. Une simple révision de cette nomenclature serait sans doute fort utile, mais on ne saurait songer à l'entreprendre dans un travail de la nature de celui-ci, nous nous bornerons donc à prendre les termes usités par les auteurs en cherchant toutefois, autant que possible, à choisir ceux qui nous paraîtront propres à éviter le mieux la confusion.