‹ De la fcondation dans les cryptogamesChapitre 13 sur 19 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Si on jette un coup d'œil sur les différents faits que nous venons de passer en revue, en cherchant à comparer les modes de génération sexuelle observés chez les Cryptogames, on peut, il nous semble, y reconnaître chez tous le phénomène désigné sous le nom de génération alternante. Nous ne parlons pas, bien entendu, ni des Champignons ni des Lichens, chez lesquels le mode de reproduction dont nous nous occupons n'est pas encore suffisamment connu.

En observant le cycle complet de chaque espèce et laissant de côté les modes de reproduction par ïoospores, bulbilles, innovations, tubercules, qui sont en quelque sorte irréguliers, ou pour mieux dire parallèles à la génération sériale par laquelle l'espèce se perpétue normalement-, on trouve en général, à côté de la reproduction par fécondation, c'est-à-dire résultant du concours des sexes, un mode de reproduction asexuelle et la succession régulière de ces phénomènes constitue une véritable alternance» Mais en partant d'un point fixe de la

série, soit, par exemple, du développement de la spore proprement dile (nous désignons sous ce mot le corps reproducteur provenant par fécondation de la spore primordiale, développée dans le sporange des Algues ou l'arcliégone des autres plantes), on voit que la repi-oduction asexuclle se place par raj)port à ce rpi'on aj)pelle généralement le végétal parfait et que nous appellerons /;/rt«^e mère, de deux façons différentes, ou elle la précède, ou elle la suit. Le plus grand nombre des plantes dont le développement est bien connu peuvent rentrer dans l'un ou l'autre cas.

Dans les Algues, par exemple, dans le Sphœropica nnnnlinn {voij. ])1. i et explication des [)lanches), la spore })roi)rement dite donne par segmentation, c'est-à-dire génération asexuelle , des zoospores (bourgeons mobiles) , lesquels se développent en plante mère sur laquelle les anthéridies et les archégones (nous employons ce dernier mot pour exprimer l'organe qui renferme la spore primordiale) produiront les anthérozoïdes et les spores primordiales, ce qui ferme la série.

Dans les Fougères (pii ïious serviront d'exemple pour le second cas [vo[i. pi. ii et explication des planches), la spore proprement dite donne la plante mère, laquelle |)ro(luit des corps (pie nous appellerons, faute de mot meilleur, spores des auteurs; c'est la génération asexuelle. Les spores des auteurs, en se dévelo[q)ant en pro-embryons, donneront les anthéridies et les archégones, et par

suite les anthérozoïdes et les spores [triniordiales.

Au premier type se rapportent les Algues, les Hépatiques, les iMousses ; au second, les Fougères et les Equisétacées d'une part, les Characées, les Lycopodiacées, les Rhizocarpées d'autre part.

Nous divisons ces derniers en deux groupes, parce que, comme l'a fait remarquer xM. Grisebach, chez eux , les phénomènes , bien qu'au fond les mêmes, offrent une différence assez frappante. La plante mère, au lieu de fournir par la génération asexuelle une seule sorte de corps, en donne deux : les microspores, qui fourniront les anthérozoïdes et sont, si l'on veut, les anthéridies; les macrospores où se développeront les archégones. Il semble donc que la génération sexuelle ait en quelque sorte remonte d'un rang. Cette différence a une autre importance en ce qu'elle nous conduit à ce qui a lieu normalement dans les végétaux phanérogames, le pollen pouvant être comparé aux microspores, l'ovule aux macrospores, cette dernière assimilation étant donnée sous toute réserve. Cette division dans les végétaux à dévelop()ement sur le type des Fougères a été faite déjà par M. Grisebach qui désigne les uns sous le nom de Piérides Fougères, Equisétacées , les autres sous le nom dllydropiérides 'Characées, Lycopodiacées, Rhizocar[)ées^.

Le tableau suivant fera mieux saisir ces idées en les résumant :

ALGLES

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