‹ De la félicité publique; ou, Considerations sur le sort des hommes dans les différentes epoques de l'histoireChapitre 25 sur 49 · M DE LA FÉLICITÉ · texte numérisé non relu

M DE LA FÉLICITÉ

tomes n'étaient que la fatigue et l'impatience; mais les écrivains de ce temps «^ là n'avaient garde de le dire , dar alors un prodige valait bien mieux qu'une moralité * • Au reste , il importe si peu au triomphe de là religion chrétienne que ce miracle soit arrivé ou non , qu'on ne peut nous imputer aucune mauvaise intention dans l'examen que nous en avons fait. Nous ne sommes pas plus criminels en cette occasion que plusieurs écrivains respectables qui ont révoqué en douté les miracles de la Légion Thé* baine et du Làbarum, quelque honorables qu'ils fussent pour le christianisme. La critique saine et réfléchie sera toujours à l'avantage de la vérité : elle ajoute à son éclat, soit eh la plaçant dans son véritable jour, soit en la séparant de tout alliage impur.

Nous n'entrerons dans aucun détail sur les temps qui se sont écoulés depuis Constantin jusqu'à la destruction de l'empire d'Occident. Le despotisme , la superstition et la guerre continuèrent d'exercer leurs ravages sur les vainqueurs et les vaineas. Les

* Combien de contes de revenans n'ont eu d'autre origine que la paresse ou l'intérêt des domestiques ? Parmi les troupes mêmes y on a tu de pareilles histoires s'accréditer, et tromper jusqu'à la \igilance des chefs. Il est arrivé souvent que Ides soldata, ennuyés de monter la garde dans quelque endroit incommode » sont parvenus à persuader qu'il y parais-sait des fantômes y et qu'ils ont fini par faire abandonner PC» postes.

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anciens états furent conduits au dernier période de Vinfortune. Les nouvelles nations, ou, pour mieux dire, les Barbares encore féroces, encore enveloppes des ténèbres de l'ignorance , sans patrie et sans propifétés , guerriers ou voyageurs , conquérons ou esclaves, toujours agités, toujours accablés de misère , ou enivrés de carnage, étaient alors plus étonnés que charmés de leurs succès. Ils acquéraient sans jouir, et n'avaient de moment heureux que celui de la victoire. Si l'on en excepte Genseric , presque tous les princes barbares se détruisirent les lins par les autres , et périrent misérablement.

La guerre eut alors le motif le plus raisonnable ^i puisse la justifier : d'un côté , la défense de ses *oyers; de l'autre , le besoin de subsistance et le désir ^'une vie plus heureuse sous un climat plus doux, ^e fut plus cruelle que jamais ; car la religion , loin ^'en diminuer les hoiTcurs , avait rendu les haines plus vives, à cause de l'esprit de parti qui se joi* ^it à l'ambition et à tous les autres fléaux de l'humanité.

Une chose singulière , c'est que ces temps de Crimes et de démence ont donné naissance aux meilleures lois civiles '. Nous en trouvons de très sages faites par des princes qui ont régné parmi les ti*ou-

* Yalentinien i*' établit la tolérance dans ses états. On lit ^^ans V Histoire du Bas^Empire, que ce prince, après avoir ^^eancoup réfléchi , prit le mauvais parti. Ce livre a été écrit ^ans le dix-huitième siècle.

par le conçue de Chai pour les filles avant l'âi mit aux villes d^avoir d tecteurs qui , sous le t prendre «n main la cai opprimés ^. Les emperei à accorder des grâces e rent à la vérification dt ceux-ci de n'avoir aucun les fois qu ils ne les trou lois établies. Ces précaul paiTni nous , et qui sont ment absolu ^ , décèlent

' Us fîirent soun^is à TOrd s'ingérer dans les affaires civi des finances. Histoire du Bm

* Cette loi est de Majoriei qui forçait les veuves qui n' marier, ou i dÀn**-— '-

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finncipe moteur , un défaut dans la constitution. Les républiques ne connaissent rien de pareil : il semble <(ae l'autorité ferait mieux de se prescrire des bornes dans l'administration, que de permettre aux magis- Irais la désobéissance. Les empereurs prirent auss i des mesures pour rendre les voyages plus faciles : on accommoda les chemins ; on y plaça de distance n distance des auberges et des relais entretenus aux d^ns des provinces.

Une science bien intéressante, sur laquelle on lavait encore aucunes lumières dans ce temps-là, «est celle des finances et du commerce. On croyait alors, comme on le croyait encore îl y a cinquante «os, qu'il fallait élever un mur impénétrable sur la frontière pour empêcher l'argent de passer chez l'étranger. Constance promulgua une loi pour que le commerce ne se fît que par échange. Elle portait que «snégocians étrangers qui viendraient dans l'empire seraient tenus de déclarer la somme d'argent qu'ils apporteraient, afin qu'ils ne pussent y rien ajouter «1 s'en retournant. La même loi défendait le cliange *'p ta monnaie de l'empire contre celle de l'étranger. On ne savait pas encore que ce sont les denrées qui f^Dimandent à l'argent, et que sans liberté , il n'y a *" commerce ni richesse,

"••girtnit» d'avoir aucan égard fux leUres de juision, etc. 'oriqu'ili les trouveront contraires aux lois de la uioiiatL'Iiii: ** •uLien public.

uw grecque, lx coat en vigueur en Espagn dans les capîtuUdres un objet dont nous i détail dans les chspib la société sous une aui rons un nouvel ordre tème politique et mon droit Jeodal annonce L se soit faite sur la surfi dique lui seul les soui-ce modernes.

Il est donc temps de qui a soumis l'univers, mettre k nos observatio dre laborieusement dan»

magoe, secouer le joug AUX nations , s'enivrer à ber ensuite dans l'épuisc reprendre alors de nou l'excès de la b«a"— -'

Wissons maintenant au pouvoir d'un Goth et d'un Hérule. *

Avant de détourner nos regards de ces ruines immenses , nous gémissons , non pas de voir que tant de fortune se soit éclipsée pour ne laisser derrière elle que des traces déplorables ; mais de ce qu'un période de près de douze cents ans ne nous présente pas une époque où cette nation si puissante ait entrepris de fermer les plaies de l'humanité, en faisant régner avec elle le bonheur et la prospérité. Nous ne craignons pas de le dire : toute la longue et brillante carrière de l'empire romain ne vaut pas pour un philosophe les derniers âges de l'Angleterre, c'est-à-dire le temps qui s'est écoulé depuis la révolution jusqu'à nos jours; mais c'est ce dont nous devons^arler plus amplement dans la suite de notre ouvrige. Observons seulement que de même que , dans les révolutions célestes , les planètes ont un niouvement particulier, de même dans les révolutions poHtiques , les capitales, les grandes villes ont ^ussi une destinée , une fortune qui leur est propre , )ui avance ou qui retai*de leur ruine , qui les préci- >ite ou les soutient. Disons plus encore : il semble lUe cette marche particulière leur est plus souvent avantageuse que nuisible. I/expérience prouve que l^ns ces temps malheureux où le despotisme milf- ^^re s'est élevé sur les débris du gouvernement, les '^ndes villes ont toujours conservé une espèce de Odoacre et Théodoric.

ne fut pas même redu gie. Elle eut toujours crédit des noms est p qu'est celui de la magi pies vertueux. Un reste cette capitale du moni toujours attaché : ce qv avons dit plus haut suri l'aristocratie romaine, i que , les Prétextât, rappi des Cincinnatus. Pour l voir quelque ti*ace de dans l'indifTérence qu'il empereurs les plus red qu'il fit éprouver au fi< stance tout couvert du si dans Rome une entrée des railleries et des bro impunément suivant !'»«

jouissaient de plus de quatre millions de revenu , et C[u*on ne plaçait que dans la seconde classe ceux qu> rfcn avaient qu'un million ou un million et demi. Ces hommes oisifs et opulens ne se croyaient faits <|ue pour la volupté , et se contentaient de rester spectateurs des évënemens de la guerre , comme ils l'étaient de ceux du cirque ; à cette différence seulement , qu'ils prenaient beaucoup plus d'intérêt à ceux-ci. U y avait long-temps que les empereurs les avaient eux-m|mes accoutumés à cette mollesse, a Je «vais combattre les ennemis, leur disait Aurélien «dans un de ses édits, et je ferai en sorte que les ^ Romains n'aient pas la plus légère inquiétude. Oc- «cupez-vous des jeux, occupez-vous du cirque; c'est «notre partage de veiller aux affaires publiques; le «vôtre doit être de vous livrer aux plaisirs *. » On croira aisément qu'au milieu de tant de luxe et de Diollesse, les mœurs allèrent toujours en dégénérant. Pétrone et Lucieh nous ont assez fait connaître le ^te et la dissolution qui régnaient de leur 'temps «ans les repas : mais comme Ammien Marcellin a P**^ la peine de nous décrire les mœurs de la ville de '^ûOie dans un temps très postérieur à celui-là , puis- 9^^ c'étaient celles de l'âge où il vivait, nous croyons ***ï*e plaisir au lecteur de lui donner ici ce passage ^^t entier. Il se trouve Liv. xiv, chap. vi. .

« Ego efficiam ne sit aliqua sollicitude Romana. Vacate , vacate circensibus; nos publica nécessitas teneat^ occupent volnpfates. » Vop. in Firrn. Cap. v.

^ cA.iravagi

« homme si consid.

« avec tant d'attent

« accuser de n'être

« si bon pays. Mais

«accueil, vous ret(

« votrç cour, vous r

«connu, et qui toml

« mandera tout bas q

« A la fin cependant,

« et admis à la famil

« d'assiduité, vous v^

« même espace de tei

«pas à votre retour,

* "« s apércerera pas

« absent. Bienplusy

« ner ces grands repas « la santé, on délibère « convives d'obligation

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a expert dans toutes les subtilités du jeu. Pour les « hommes savans et vertueux, on les évite comme « des ennuyeux et des trouble*fétes , sans compter c que les nomenclateurs , accoutumés à vendre les « faveurs de leurs maîtres , ont soin de ne prier aux ff repas et aux distributions que des gens obscurs et c subalternes, dont ils tirent plus d'argent que des « autres. Je passerai légèrement sur la somptueuse « profusion des repas et sur tous les raffinemens de « volupté qu'on y emploie ^ pour arriver à ces ridi- « cales cavalcades de nos ricbes fastueux qui , se dite vertissant à courir la poste dans les rues , au c risque de se rompre le cou sur le pavé , traînent « à leur suite une si grande quantité de domestic ques, que, suivant l'expression du poète comique, « ils ne laissent pas même le bouffon pour garder la « maison : et ce divertissement ridicule , les ma- «trônes même n'ont pas craint de l'imiter, en « courant aussi la ville dans des litières découvertes. « Au reste , rien n'est négligé dans ces pompeuses «promenades: et de même que les bons tacticiens, < liMisqu'ils rangent une armée en bataille , ont cou^ c tume de placer en première ligne l'infanterie pe- « samment armée ; en seconde ligne , les armés à « la légère , et derrière ceux-ci les gens de trait ; ff ainsi le maître de cérémonie , la verge à la main , « marque ceux qui auront l'honneur de marcher de- « Tant le char triomphal , et ne manque pas de re- « jeter à Tarrière-garde la nob*e troupe des cuisiniers,

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« »>" où les science

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K liguent encore plus qu'elles-mêmes; tandis que, « mariées à d'honnêtes gens , elles auraient pu donc ner à l'état une armée d'utiles citoyens. Autrefois s Rome était un asile assuré pour quiconque y por- « tait les arts et l'industrie ; maintenant je ne sais c quelle sotte vanité fait regarder comme vil et abc ject tout ce qui est né au-delà du Pomœrium. J'en « excepte cependant les célibataires et ceux qui n'ont « pa» d'héritiers. Ceux-là sont comblés d'attentions « et de prévenances ; quoiqu'un autre raffinement c de personnalité nous évite jusqu'aux soins les plus « chers à l'humanité; car les maladies les plus cruelles

< ayant aussi choisi leur domicile dans cette capitale

< du monde , il a fallu s'interdire toute communica- « tion avec les malheureux qui en sont attaqués ; et a l'usage est venu non-$eulement de se contenter « d'envoyer quelques domestiques savoir de leurs « nouvelles , mais même de ne recevoir le commis- « sionnaire qu'après lui avoir fait subir de longues « ablutions. Voilà des hommes bien délicats ! Offrez- « leur cependant des repas ou de l'argent, vous les

< ferez courir jusqu'à Spolète. Telles sont les mœurs « des nobles : pour le menu peuple , il passe le plus « souvent la nuit dans les cabarets , ou même dans « les théâtres , à l'abri de ces toiles dont nous devons « l'invention à Catulus, qui le premier introduisit à « Rome cette recherche de commodités plus digne « de Capoue que de la ville de Romulus. La fureur du « jeu en possède un grand nombre : d'autres s'expo-

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