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à nous qui fondons toutes nos espérances sur l'avancement de la raison et de la philosophie , d'entrer dans l'examen de ces faits qui paraissent si fort en opposition avec nos principes ? <
Ce n'est pas , au reste , sans quelque terreur que nous pensons à la manière dont nous venons de par- 1er des Grecs. Outre la crainte que nous avons de déplaire à quelques personnes estimables dont le respect pour l'antiquité n'a point de bornes , nous avons encore celle d'être taxés de ce faux bel esprit: moderne qui tpotiye plus commode de juger que de s'instruire. Sais nous pouvons assurer que , s'il n'était question que des lettres et des arts , nous serions bien plus exposés au reproche de l'enthousiasme qu'à celui de la satire. Nous nous empressons de dire en cet endroit ce que nous aurons peut-être occasion de répéter un jour : c'est que nous ne saurions trop nous étonner de \à fausse route, si nous pouvons parler, ainsi , que nous faisons journellement dans nos études , en laissant de côté les sources de nos connaissances pour nous attacher à des imitateurs très imparfaits. On serrt que je veux parier de la préférence que nous donnons à la littérature latine sur la littérature grecque (*). Que de temps nous employons à apprendre tin langage mêlé et à demi
( ii) Et si les Romains ont mieux écrit; si toutes les métamorphoses inventées en Grèce ne peuvent être lues que dans Ovide; si les Grecs n'ont rien d'égal aux Tusculanes et à la Nature des dieux.
barbare , au lieu de nous, instruire dans une langue si métaphysique et si raisonnée , qu'on peut la considérer elle seule comme ùpe introduction à toutes les sciences ! Quelle surprise (**) serait-ce pour Cicéron lui-même, qui avait fait ses études eh Grèce, et qui depuis avait rassemblé une bibliothèque immense, toute composée de livres grecs, si, revenant dans le monde , il voyait que nos jeunes gens étudient sa propre langue de préférence à celle de ses maîtres! ,
(ÀA) Et quel plaisir!