‹ De la Félicité publique, ou, Considérations sur les sort des hommes dans les différentes époques de l'histoireChapitre 24 sur 63 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Coaameneement da christianisme. État politique et moral du paganisme lors de rétablissement de la religion chrétienne.

Mais ce n'était pas assez de ces affreuses convulsions qui ébranlaient le système politique du monde,

de Scythie qui fut établi dans la Thrace. Les Gédines , le* Vandales et les Francs aie parent être fixés , et continuèrent à exercer leurs brigandages dans les endroits où on les avait établis. Il fallut les détruire par les armes. Dioclétien transporta en Pannonie les nations des Carpathiens qui habitaient près du Pont-Euatin , et Constance Chlore fit passer les Bataves dans les provinces de la Gaule les plus dépeuplées. Quant à la manière dont on faisait la guerre à ces Barbares, on peut en juger par un trait rapporté par Vopiscus, qui nous, apprend que l'empereur Probus, non content d'avoir tué dans une bataille quatre cent m.U)e Barbares, tant Bourguignons que Francs et Germains % mit à prix la tête de ceux qui restaient encore, promettant une pièce d'or à- chaque soldat qui lui en apporterait une. C'est avec bien de la satisfaction que j'opposerai à ces ordres cruels ce- que j'ai vu pratiquer dans la dernière guerre. Quelques çommandans de troupes légères , voulant épargner le sang , imaginèrent de mettre l'avarice aux prises avec la cruauté « et instituèrent un prix pour tout soldat qui amènerait un prisonnier sain et sauf. Tel est le progrès des mœurs et de la philosophie , que de nos jours on voit moins de cruautés en temps de guerre que lés anciens n'en exerçaient en temps de paix.

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une révolution mille fois plus étonnante' se préparait à renverser l'empire de l'opinion , comme si le temps était 'venu où tout changerait sur la surface de la terre ,. depuis le pouvoir qui commande , jusqu'à la persuasion qui gouverne. Une guerre tumultueuse s'éleva dans les esprits, et le contemplatif solitaire ne fut pas plus tranquille dans sa retraite que le soldat effréné ou le cultivateur timide. Quelle époque dans l'histoire que celle qui nous présente à la fois la décadence de l'empire romain, et la chute du paganisme ; qui introduit sur la scène du monde de nouveaux peuples et un culte nouveau , je dirai même une nouvelle religion ! car inutilement voudrait-on alléguer que le christianisme y enseignant pour premier dogme l'unité de Dieu , et dérivant immédiatement de la foi des Israélites , doit faire remonter son origine aussi haut que le déisme et le judaïsme : le mystère de la rédemption , ses dogmes sur la vie future, son culte , ses préceptes , tout annonce, tout déclare un ordre nouveau dans les choses spirituelles ; tout caractérise une révolution dans le système religieux.

Mais de quelque façon qu'on doive considérer cet objet, il n'en est qu'une que nous puissions nous permettre ; c'est celle qui entre nécessairement dpns le plan de notre ouvrage. Ainsi, loin de suivre l'exemple de quelques philosophes de nos jours , dont nous respectons les lumières , mais que l'amour de la discussion a peut-être égarés, nous abandon-

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nerons aux théologiens ce qui est incontestablement de leur domaine, et nous ne nous occuperons que de l'influence de la religion chrétienne sur le bon* heur des hommes, dans cette vie seulement C'est en conséquence de ee principe , qu'obligés par la suite de nos réflexions de développer l'origine et les progrès du christianisme, nous ne parlerons que des moyens humains dont la Providence s'est servie; moyens souvent avoués par les pères de l'église, et les seuls qui# soient soumis à la discussion , puisqu'il est impossible aux hommes de suivre les voies de Dieu dans les choses surnaturelles, et qu'il est aussi difficile à notre faible raison de savoir pourquoi il change quelquefois l'ordre de Ja nature , que d'expliquer pourquoi il ne le change ni plus souvent, ni d'une manière plus propre à parvenir aux fins que nous lui supposons. D'ailleurs , si dans le .cours de cet ouvrage nous n'avons jamais pris le ton de la confiance qui enseigne , mais celui de la critique qui doute et qui discute , à combien plus forte raison devons-nous conserver* cette précaution dans une matière où nous ne prétendons em- . ployer que les lumières de l'histoire aidée de la réflexion !

Lorsque les hommes ont médité sur cette grande révolution du monde moral, deux choses ont paru les frapper particulièrement; la destruction, d'une ancienne religion, et l'établissement d'une nouvelle : ou plutôt ces deux objets se confondant ensemble,

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l'esprit humain qui cherche toujours à se soulager des détails par l'abstraction , n'a voulu voir qu'une guerre établie entre deux puissances rivales , et n'a pas balancé à mettre le christianisme aux prises avec le paganisme ; mais le paganisme était-il une religion ? bien loin de là , le mot païen ne fat employé que plusieurs siècles après Jésus-Christ \ Les Phéniciens , les Égyptiens, les Grecs , les Italiens, les Celtes avaient chacun des idées différentes, tant sur la nature et l'origine des dieux que sur le culte qu'on devait leur rendre. Nulle relation d'idées , nul rapport même entre les noms des dieux , qui ne pouvaient seulement pas se traduire d'une langue dans une autre. Jetez un regard sur toutes les nations anciennes, et cherchez à former de leurs notions sur Thaut, Birmah ou Bramah, Typhon, Osiris, Zeus, Jupiter, Odin, etc. un système qui concilie

1 Païen , de pagus, village : parce que les empereurs chrétiens ayant banni les idolâtres de toutes les villes , ils furent obligés de se retirer dans les villages; ou parce que Constantin chassa de ses troupes tous ceux qui n'étaient pas chrétiens , et les renvoya dans leurs villages. Aucune de ces explications n'est satisfaisante. La première fois que i'bis- . toire fait mention des gentils sous le nom de païens, c'est sous le règne de Valentmien, l'an de Jésus-Christ. 365. Voyex Gothofredus de Statu Paganorum sub Imperatoribus Christianis. Échard croit que les paysans étant restés plus longtemps attachés aux idoles que les habitans. des villes, on donna aux idolâtres les noms de paysans, pagani. Voye» liv. vu , chap. i.

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toutes les opinions et qui fasse un point de réunion contre une religion nouvelle. Nous le trouverons, direz-vous , et c'est le polythéisme. Maïs il s'en faut bien que nous nous contentions de cette réponse ; car nous vous demanderons ce que vous entendez par religion ; si c'est l'opinion répandue dans le peuple , nous vous répondrons que parmi les hommes simples et ignorans, toute opinion dégénère en superstition, et tout culte en idolâtrie : et malheureusement sur cet article les chrétiens mêmes auraient bien peu d'avantage sur les païens; car si vous consultiez toute l'Amérique .méridionale et quelques nations situées au nord et au sud de l'Europe ' , vous trouveriez que leurs notions sur la Trinité , la Vierge et les saints, les anges et les démons, ne s'éloignent guère de l'idolâtrie. Si vous pensez, au contraire , que dans tous les temps et dans toutes les religions il faut rejeter les idées du vulgaire , vous verrez que parmi les anciens , les prêtres rapportaient toute leur doctrine au déisme, comme toute leur morale à la politique. On sait que le dogme d'un seul Dieu était la première vérité révélée dans les mystères d'Eleusis. Lactanee assure qu'Alexandre l'avait apprise de la bouche de l'hiérophante ; et il ne faut avoir qu'une très légère connaissance de l'antiquité pour savoir que cette croyance était la base de toute

. ' Les Russes ont encore de petites idoles à qui ils rendent le même culte que les païens rendaient à leurs dieux Pénates.

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initiation, le principe caché de toute doctrine. On peut voir dans les écrits de Gicéron avec quelle liberté les ministres mêmes de la religion parlaient de leurs divinités y et Ton trouve dans Diodore de Sicile l'origine des opinions populaires sur le Styx , l'Achéron , Minos , Rhadamanthie , etc. Pour les philosophes , ce serait encore bien inutilement qu'on voudrait chercher le polythéisme parmi eux. De quelques nuages qu'ils juent enveloppé leurs idées sur la nature des choses et sur les causes premières, on peut assurer qu'il n'a pas existé une secte dont les principes eussent rien de commun avec la religion du peuple.

Nous ne nous arrêterons pas à montrer ici le peu de solidité d'un édifice dont aucune partie n'était symétrique, et ne correspondait à un plan général» La religion païenne , méprisée par ses propres ministres , décriée par les philosophes , négligée le plussouvent par le peuple, ne pouvait jeter de profondes racines, ni former un corps de doctrine difficile à renverser. Cependant il est impossible de révoquer en doute le crédit qu'elle a conservé pendant longtemps. Il faut donc , pour en rendre raison , remonter à une cause plus éloignée ; car il ne suffit pas de démontrer avec M. Hume que le polythéisme est la première religion qui ait dû s'offrir à des hommes grossiers : ce n'est pas assez non plus de faire voir que cette religion était douce , et que le culte en était agréable et ingénieux : on pourrait répondre d'un côté , qu'elle a subsisté dans les siècles les plus

polis ; et de l'autre , qu il est prouvé que ses pratiques ont été quelquefois pénibles et cruelles. Il faut donc porter nos regards plus loin, et nous trouverons dans la politique la véritable cause de la longue durée du polythéisme.

En général, si Ton veut comprendre quelque chose à l'antiquité , il ne faut pas perdre de vue deux faits importons : c'est que l'Asie a été le berceau des sciences, et la Grèce celui de la poésie. De cette seule considération mille conséquences découlent naturellement. Les poètes, c'est-à-dire les faiseurs1, les premiers d'entre les Grecs qui aient su quelque chose , ont arrangé de leur mieux ce qu'ils avaient pu retenir des idées phéniciennes et égyptiennes sur l'origine du monde et la génération des dieux ; mais ces faiseurs , fidèles à leur nom et à leur métier, forgeaient beaucoup de fables nouvelles qu'ils mêlaient aux anciennes, et s'efforçaient surtout de donner le change sur l'origine des Grecs; origine qu'ils rougissaient de devoir à des marchands ou à des peuples esclaves. Parmi ces faiseurs, Homère obtint bientôt le premier rang. Il composa tant de contes , parla de tant de choses , que ses livres , sem-

1 Poète, de wiiïfy faire , fabriquer, composer, etc. On ne prétend pas nier ici que la poésie ne vienne de plus loin, et que les Grecs ne l'aient tenue des Phéniciens ; mais on ▼eut parler d'une poésie régulière, devenue le langage- des prêtre» et des législateurs, et le premier amusement du peuple.

blables en cela à l'Alcoran , suffisaient seuls pour fonder une religion. Cependant l'oracle de Delphes , autre faiseur qui faisait en vers hexamètre», et Lycurgue qpi faisait des lois métriques , soit-disant dictées par Apollon, mais qu'il avait volées aux Cretois l , Hésiode et tant d'autres commencèrent à former d'un très petit nombre de connaissances acquises, et d'un grand nombre de conjectures ingénieuses , un échafaudage monstrueux et gigantesque» De tous ces poèmes et de tous ces oracles se eomposa un langage particulier appelé puSor» par opposition à Ao^, qui était le langage du raisonnement, et qui ne fut rais en usage que long-temps après; Mais pendant des siècles entiers le pcftor avaitprévalu ; et comme les poètes n'avaient pas manqué de traiter les objets les plus intéressans, comme l'origine des républiques > les principes de la législation y les droits des magistrats, les. limites des états, etcv la poésie ou la fiable, ou si Ton veut , la religion devint pour ainsi dire le recueil- général des archives et les titres de noblesse des républiques. De là Pobligation de lier la politique à la religion ; de là la nécessité de conserver les dogmes et les rites., Les oracles avaient souvent décidé sur les droits des états ; les poètes même avaient fait autorité * : le moyen après

1 Rethra ou oracle. C'était ainsi qu'on appelait les lois de Lycurgue. Il prétendait les tenir de la bouche d'Apollon, qui lui parlait à son ordinaire en style mesuré..

* {tau vers d'Homère décidèrent une contestation entre

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cela de révoquer en doute les oracles , et de manquer de respect à Homère 1 .

Saint Augustin 1 rapporte une très belle définition de Varron, dans laquelle cet auteur divise la théologie en trois genres : \e fabuleux, (jlvQikov, le physique ou le naturel, et le civil ou le légal. Le premier contient les fables , la métamorphose , etc. Le seconé, qui traite de la nature des dieux et des choses , ne s'enseigne que dans les écoles. Le troisième, qui n'est que le rituel des fêtes ou des sacrifices, est confia au sacerdoce. Varron • dit que de ces trois genres de théologie , le premier et le dernier sont les seuls qui puissent être abandonnés au peuple : Primez, inquit ,theologia maxime accommodata est ad theatrum> seconda ad mundum («), tertia ad urbem. Mais cette théologie fabuleuse que Varron annexe particulièrement au théâtre , avait une liaison intime avec la théologie civile, et elles ne manquaient pas de se réunir contre la théologie naturelle , qui était leur plus grande ennemie. Malheureusement celle-ci négligea pendant long-temps les seules armes qu'elle pouvait employer avec succès, l'observation et l'expérience. Elle eut même la faiblesse d'emprunter souvent à la première son langage , et à l'autre son im-

Âeux républiques qui se disputaient le droit de métropole sur une colonie.

1 De Civitate Dei, lib. vi, cap. 6.

(a) 'Fàrron ne se servait point de ce mot mundum pour exprimer ce qu'entend Auguste.

posture et ses mystères. Ces trois systèmes réagirent les uns sur les autres, de -manière que la religion devint allégorique , et la philosophie superstitieuse. Mais tandis que le commerce des nations , les voyages , les conquêtes multipliaient les objets du culte par l'adoption des rites étrangers, la curiosité, l'émulation, la subtilité multipliaient les sectes et les écoles. Que pouvait-il arriver de là , sinon l^discrédit dans lequel tombèrent à la fois la philosophie et la religion ? L'extravagance d'adorer toutes sortes de divinités , depuis le grand Jupiter jusqu'au dieu Crêpilus (*), et de soutenir toutes sortes d'opinions depuis le dogmatisme le plus tranchant jusqu'au pyrrhonisme le plus décidé, plaça bientôt au même rang les prêtres et les sophistes, et parvint enfin à inspirer le sentiment qu'ils redoutent le plus dans les grands , celui de l'indifférence»

Au milieu de ces désastres , il restait encore deux grands appuis à la religion ; la vanité dans le peuple, et la politique parmi les magistrats. La Grèce était le berceau des dieux : tout y paraissait rempli de leur présence : les jeux olympiques et isthmiques » les panathénées, toutes ces fêtes magnifiques, particulières à chaque cité; tant d'oracles accrédités qui avaient promis à la Grèce une splendeur éternelle ; quels objets pour un peuple confiant et frivole ! Par malheur, tandis que les Grecs s'occupaient de leur gloire actuelle et de leur grandeur future, un homme

{b) Ah ! l'on n'adorait pas de même Jupiter et un pet.

de Macédoine, pour me servir de l'expression de Démosthène , vint déranger toutes leurs idées («) , en insultant à leur législation dont ils ne se souciaient guère , et en troublant leurs fêtes dont ils étaient idolâtres. A cet homme de Macédoine , il en succéda un autre du même pays, qui détruisit et fonda la tyrannie , qui renversa une ancienne monarchie , et * donna origine à de nouvelles dynasties, toutes guerrières , toutes féroces , sous lesquelles les dieux , les prêtres , les philosophes et les peuplçs gémirent dans l'oppression.

Ce n'était rien encore, et il restait toujours quelque chose de ces deux théologies civiles et dramatiques, accommodaUe ad urbem , adtheatrum. Mais voilà qu'un peuple très mauvais théologien, mais très bon guerrier , vient renverser les successeurs de l'homme de Macédoine, traite comme de vils esclaves les descendais des dieux , des héros et des poètes. Alors toute attente fut trompée , toute prophétie démentie.... La religion perdit donc tout son crédit (-0, et s'il en resta quelque vestige , ce fut cette partie qui était destinée au théâtre , et qui ne dût sa con- , servation qu'à l'heureuse alliance qu'elle avait contractée depuis long -temps avec les muses et les beaux-arts.

U semble , au premier coup d'œil , que les Romains étaient assez puissans pour donner la loi à tout l'uni-

(c) Non , la religion subsista.

(d) Non , les Romains étaient très religieux.

vers , même en matière d'opinion ; mais , qu'on me pardonne ce paradoxe, ils n'étaient ni assez savans ni assez ignorans pour fonder une religion. Leurs propres dogmes ne leur appartenaient pas, et ne pouvaient former un corps de doctrine. Leurs premières notions de ce genre venaient des Étrusques, peuple très adonné à la divination : aussi la première trace de religion qu'on voie parmi eux , c'est l'usage des auspices établi par Rômulus \ Numa , qui était Sabin d'origine, et qui était plus instruit que les Romains, jugea que s'ils avaient pu assassiner un prince guerrier , fondateur de l'empire , ces hommes féroces avaient besoin d'être trompés pour être réduits. Il appela donc la superstition au secours de l'autorité ; mais il établit plus de cérémonies qu'il n'enseigna de dogmes («). En général, ce fut le plus doux des charlatans, et sa mémoire mérita les hommages de la postérité. Peu à peu les relations s'étendirent : d'un coté , le commerce avec les colonies grecques ; et, de l'autre , l'établissement des Tarquins , ne pouvait manquer d'accréditer quelques opinions nouvelles. On chercha à concilier ces notions grossières avec les idées plus raffinées des peuples de la Grèce ;

1 On lit dans Valère-Maxime ( Liv. i , chap. i ) que longtemps après la mort de Romnlus , la république étant déjà florissante , elle envoya en Étrurie dix jeunes gens des premières familles de Rome pour s'instruire des rites de leur religion. Voyez le même fait dans Cicéron, de Divinaùone.

{é) Et fit bien.

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mais les noms , mais les rites qui restèrent les mêmes , déposèrent toujours de la différence essentielle qui existait entre ces opinions et les dogmea primitifs *» Cicéron veut que le mot Jupiter vienne de Juvare aider % secourir ; et effectivement lorsque nous voyons des autels avec ces inscriptions : Jovi statori , Jovi fieretrio, il paraît que pela veut dire seulement, oie pouvoir secourablequi arrêta les ennemis, a&pouvoir secourable qui Us a frappèf. Il est bien sâr aussi que toute l'histoire du Mars Romain n'a nul rapport avec celle de XArès Grec. Flore même est une divinité toute romaine. Lactance prétend 3 qu'elle doit son origine à une courtisane qui , ayant gagné beau* coup d'argent, laissa par son testament une somme considérable destinée à des jeux publics qu'on devait célébrer annuellement en sa mémoire* Cet. auteur ajoute qu'au bout de quelque temps, le sénat humilié de rendre hommage à une femme prostituée , imagina d'en faire la déesse des fleurs. Il est inutile de raconter ici comment les Romains , peu contens

1 Quel rapport y a-t-il entre Cfcronos, Zens, Ares, Hermès , Poséidon ; et Saturne , Jupiter , Mars , Mercure , Neptune?

* Quelques-uns veulent que le mot de Jupiter vienne de Tao Pater, Jehova Pater; mais cette alliance du'mot grec Pater avec le mot hébreu Jehova (/) ne me parait pas trop, naturelle.

3 Ins&L lib. iv , cap. ao.

(/ ) Jehova a 'est point hébreu.

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