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Glandes pédicellées

Au premier rang de ces organes viennent se placer les poils glanduleux des Labiées, dont les feuilles sont si fréquemment employées en thérapeutique, en raison même de la nature du produit de leurs glandes. Celles-ci sont parfois portées sur un poil assez long, comme en beaucoup de Scrofularinées ( Celsia , Verbascum, etc.), d’autres fois ce pédicelle est fort court, ce qui explique comment on a pu souvent les décrire comme étant immédiatement appliquées sur l’épiderme. Cette idée a été celle de Mirbel, qui regardait ces glandes comme formées par la dilatation d’une seule cellule et pensait qu’elles adhéraient à l’épiderme par un point de leur périphérie (1).

Vingt ans plus tard, Bentham décrivait encore comme telles les glandes des Labiées (2) ; Kroker les a désignées comme des glandes en mamelon (3), et quant à de Candolle, il se borne à rappeler qu’on a appliqué le nom de « glandes globulaires » « à de petits globules « sphériques qu’on observe sur la feuille des Labiées et dont la nature « n’est pas bien connue (4). »

Meyen, les rapprochant des glandes foliaires des Hypéricinées et des Aurantiacées, a été ainsi conduit à leur attribuer des caractères anatomiques peu conformes à la réalité des faits; il les considéra en effet comme des glandes intérieures, et j’aurai bientôt à montrer quelles dispositions les distinguent de ces dernières.

(1) Mirbel, Mémoires sur l'anatomie et la ■physiologie des Labiées {Ann. du Mus., 1810).

(2) Bentham, Labiatarum généra et species, Londres, 1832.

(3) Kroker, De plantarum èpidermide, Wratislisloniæ, 1833.

(4) A. P. de Candolle, Organographie végétale, 1827, 1.1, p. 97, 98.

Ainsi que l’a montré M. Martinet (1), les glandes des Labiées ont la forme d’un ovoïde supporté par un poil de longueur variable et parfois si court qu’elles paraissent sessiles; elles sont unicellulaires ou pluricellulaires pair cloisonnements verticaux.

Les glandes formées d’une seule cellule se trouvent dans les Mentha citrata, Lavandula vera, Rosmarinus officinalis, Thymus vulgaris, Melissa officinalis , etc. On observe les glandes composées de deux cellules dans les Hyssopus et les Melissa ; celles à quatre cellules, dans le Salvia splendens , plusieurs espèces de Lamium; celles à huit cellules, dans les Mentha piperita , M. crispa, etc. Enfin, dans les genres Galeopsis et Scutellaria, on trouve des glandes formées de seizeou même de trente-deux cellules (2).

D’après Weiss {Die Pflanzenhaare), ces glandes des Labiées ne renferment dans leur jeune âge qu’un suc cellulaire très-aqueux, mais bientôt le contour devient opaque et l’on constate qu’il s’y est formé du tannin, des granulations oléeuses et des huiles essentielles (3); toutes ces matières ont été d’ailleurs fort mal étudiées jusqu’ici, en tant que substances intracellulaires.

Dans les Pélargonium , la glande est toujours unicellulaire et finit par contenir plusieurs gouttelettes d’huile essentielle.

Dans le Chenopodium Vulvaria, les glandes sont unicellulaires, nombreuses et portées sur des pédicelles de longueur variable, de sorte qu’elles ne sont pas toutes situées au même niveau.

Dans l ’Atropa Belladonna, on trouve des glandes pluricellulaires, dont les cloisons sont horizontales.

Les glandes du Houblon, que M. Personne a suivies dans leur développement, et qu’il a décrites soigneusement au point de vue de leur

(t) Martinet, Sur les organes de secrétion des végétaux {Ann. des sc. nat., 5 e série, t. XIV, 1872).

(2) La même espèce peut d’ailleurs offrir des glandes de divers types ; ainsi le Melissa officinalis présente des glandes formées d’une cellule et d’autres formées par huit cellules; les Galeopsis ont de semblables organes formés par quatre, seizeou trente-deux cellules, etc.

(3) Ces organes contiennent aussi de l’amidon, du sucre, parfois des grains chlorophylliens (Martinet).

histologie comme à celui de leur produit (1), sont portées sur un pédicelle extrêmement court, unicellulaire, et que la masse glandulaire cache bientôt complètement; celle-ci est discoïde et formée d’un nombre assez considérable de petites cellules séparées par des cloisons généralement verticales (2).

Au point de vue anatomique, les plus remarquables de ces poils glanduleux au sommet sont certainement ceux du Drosera rotundifolia, mentionnés par Meyen (3) et que M. Trécul a étudiés plus récemment. Ces poils, qui bordent le limbe de cette curieuse feuille dont j’aurai bientôt à faire connaître les mouvements, sont de couleur verte à la base ; ils se rétrécissent insensiblement, leur couleur pâlit et passe au rose vers leur partie supérieure, qui supporte la glande. Or, et c’est là une particularité intéressante, le pédicelle comprend un épiderme, un parenchyme sous-jacent et enfin, vers son centre, se ramifie un petit faisceau vasculaire composé de quelques trachées. Quant au renflement glandulaire, il comprend un épiderme à cellules incolores, recouvrant une couche de cellules à chlorophylle pâle; ces deux parties forment une cupule allongée, au fond de laquelle est placé le système vasculaire très-amplifié. — Certains auteurs, ayant égard à cette complexité de structure, ont refusé de placer ces organes parmi les poils glanduleux; ce sont cependant des glandes pédicellées au premier chef, et je crois qu’on doit leur maintenir le nom sous lequel M. Trécul les a fait connaître (4).

Glandes des Rubus et des Rosa. — Les supports de ces glandes sont plus ou moins longs et se composent des mêmes couches que dans les Drosera: 1° épiderme; 2° parenchyme; 3° système fibro-vasculaire. Ce pédicelle est souvent coloré en vert, ses cellules renfermant de la chlorophylle. Parfois le support se ramifie de façon à supporter plu-

(1) Personne, Élude sur le Lupulin (Ann. des sc. nai., 4° série, 1.1).

(2) Ces organes glanduleux du Houblon se trouvent principalement sur les écailles des cônes et sur les ovaires, mais on en trouve aussi à la surface des feuilles.

(3) Meyen, Ueber die Sécrétions Organe der Pflanzen, Berlin, 1837, p. 49.

(4) Trécul, Organisation des glandes pédicellées des feuilles du Drosera (Ann. sc.

nat., 4” série, t. III).

Voy. aussi, Nitschke, Anatomie von Drosera (Bot. Zeil., 1861, p. 233).

sieurs glandes. Celles-ci, disposées généralement en godet, présentent des caractères peu différents de ceux décrits précédemment, et j’avoue ne pas comprendre comment M. Martinet (1) dit que ce tissu est formé par des éléments épidermiques « ayant subi une dégénérescence adénoïde ». Ce mot est au moins malheureux. L’étude de la physiologie générale montre, en effet, qu’il existe une grande loi d’économie dont la nature ne se départit jamais (2), empruntant aux organes existants les matériaux dont elle a besoin pour constituer les parties nouvelles ; on peut donc rencontrer ici quelque modification plus ou moins accentuée, mais nullement comparable à un phénomène pathologique.

Des glandes analogues s’observent chez les Cerasus, Prunus, Amygdalus, Persica, et sur les pétioles des Passiflores.

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