‹ De la fièvre typhoïde chez les enfantsChapitre 10 sur 26 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

Nous venons de voir dans le chapitre précédent que les lésions anatomiques de la fièvre typhoïde sont, chez l'enfant, presque entièrement semblables à celles de l'adulte. Nous allons démontrer maintenant qu'il en est de même des symptèmes. Toutefois, à mesure que nous avancerons dans notre analyse, nous aurons occasion de faire remarquer combien certains d'entre eux, ceux surtout qui tiennent aux fonctions du système nerveux , sont diffeiles à constater chez les jeunes enfants. D'autres difficultés dans leur appréciation naîtront du peu de confiance que l'on doit avoir dans les renseignements, souvent bien incomplets, fournis par les parents. Nous tiendrons grand compte de toutes ces causes d'erreur, et nous ne baserons nos ealeuls que sur des chiffres dont nous aurons pu constater la rigoureuse exactitude.

Lorsque la fièvre typhoïde débute, les premiers symptômes qui l'anuoncent consistent, en général, dans un trouble plus ou moins prononcé des fonctions digestives et du système cireulatoire. Les signes fournis par l'appareil digestif sont aussi ceux dont la durée est là plus

longue. C'est par leur examen que nous allons commencer.

ART. [°. — Fonctions digestives.

Parmi ces symptômes, la diarrhée tient le premier rang. Il ne faut pas croire toutefois que son existence soit constante au début. Dans la moitié des eas que nous avons observés, le début a été marqué par de la diarrhée ; une fois elle avait précédé de plusieurs jours l'apparition de la maladie. Dans les autres cas, où la diarrhée ne s'est pas montrée le premier jour, elle à paru à une époque distante du début de deux à douze jours, et fut quelquefois provoquée par des purgatifs administrés

soit en ville, soit à l'hôpital. L'état des fonctions digestives qui précé-

Pad

— hi —

il rod était à peu près également de la constipation où un t naturel des évacuations alvines. Dans quelques cas, la constipation | fat assez opiniâtre, Il nous semble que la proportion des cas dans lesquels la constipation a été observée au début est plus forte que chez l'adulte, Une seule fois, dans un cas léger, il n'y eut pas de diarrhée pendant toute la maladie. Lorsque le dévoiement avait débuté, continuait d'ordinaire pendant toute la maladie, et variait beaucou d'abondance. Du reste, comme une grande partie de n9% malades furent traités par les purgatifs, nous insisterons peu actuellement sur l'intensité plus ou moins grande de la diarrhée, nous réservant d'appré- cier son influence sur la marche de la maladie et sur ses principaux

symptômes, lorsque nous nous occuperons du traitement, Nous avons

trop rarement examiné la nature des évacuations alvines pour qu'il

nous soit permis d'en tirer des conclusions générales. Chez les sujets

qui ont guéri, le plus souvent les selles étaient volontaires; pourvu

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que les enfants ne fussent pas très-jeunes, ils demandaient le bassin, et méme, dans des cas assez graves, nous avons observé que, malgré leur grande faiblesse, ils cherchaient à sortir de leur lit pour satisfaire à leurs besoins. Dans les cas, au contraire, qui se sont terminés par la mort, les selles involontaires ont été observées dans une proportion assez forte (4); mais il faut remarquer aussi Leds trois des sujets qui succombérent avaient deux et trois ans, et qu'à c t âge les selles sont presque toujours involontaires, quelle que soit la inaladie dont les enfants sont atteints. Ce n’était guère qu'à partir du 6° ou 7° jour, quelquefois beaucoup plus tard, que les selles devenaient involontaires ; elles conservaient ce caractère jusqu'a la mort, dans les cas malheureux , tandis que dans ceux qui se sont terminés par la guérison, elles redevenaient volontaires à l’époque où la majeure partie des symptômes présentait un moindre degré de gravité.

Les douleurs abdominales accormpagnaient en général la diarrhée, et quand le dévoiement avait lieu au début, elles apparaissaient d'ordipaire à la méme époque, Cependant cette règle n'est pas invariable,

Li) fes et quelquefois nous avons observé des douleurs abdominales, soit avéc de la constipation , soit dans des cas où les évacuations alvines étaient | vaturelles. Du reste, il n’est pas toujours facile de constater leur existence chez les enfants; quand ils sont très-jeunes, ils ne s’en plaignent pas spontanément, et l'on ne peut guère les reconnaître par la pression exercée sur l'abdomen, car ils poussent des cris aigus, quelle que soit la partie du corps que l’on touche. Ces douleurs se sont montrées dans la moitié des cas dès les premiers jours; proportion déjà assez forte, et qui serait bien plus considérable si nous avions pu toujours obtenir des renseignements positifs sur le développement des symptômes et sur leur marche, à partir du début. Dans les cas où nous avons constaté des douleurs abdominales à une époque plus ou moins éloignée du conmencement de la maladie, cette époque n’a rien présenté de constant; elle était en général en rapport avec la date de l'entrée des malades à l'hôpital. Daus la grande majorité des cas, les douleurs étaient fugaces, duraient quatre à cinq jours au plus; leur intensité était d'ordinaire peu considérable : une seule fois elles furent très-vives chez un enfant de onze ans, qui mourut le 21° jour. Nous constatâmes à l’autopsie une inflammation très-intense des intestins grêles et des gros intestins. Leur siége était variable. Bien rarement nous avons pu le préciser quand elles avaient lieu au début, les renseignements fournis par les parents ne nous apprenant rien à cet égard. Lorsque nous les avons notées nousmêine, tantôt elles étaient générales, tantôt bornées à la fosse iliaque droite, à l’ombilic ou à l'épigastre.

Après l'apparition de la diarrhée et des douleurs abdominales, et à une époque variable, la configuration extérieure et la forme de l’abdomen se modifiaient par suite du développement du météorisme. Nous avons constaté ce symptôme à des degrés divers chez les deux tiers de nos malades ; beaucoup plus fréquemment chez ceux qui ont succombé que chez ceux qui ont guéri. Dans le cas où l’abdomen n’était pas métécrisé, 1l était d'ordinaire souple. Deux fois il fut rétracté pendant tout le cours de la maladie; ces deux enfants succombérent. Dans aucun cas le ballonnement du ventre n'a été constaté

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