‹ De la fièvre typhoïde chez les enfantsChapitre 11 sur 26 · APE · texte numérisé non relu

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avant le troisième jour. Il est vrai que tous nos malades, sauf un seul, sont entrés à l’hôpital passé cette époque. D'ordinaire, il se’ montrait du 6° au 10° jour, quelquefois plus tard. Rien de plus variable que sa durée. Îl persistait rarement pendant toute la maladie, disparaissait quelquefois au bout de deux ou trois jours; sa durée moyenne était de cinq à huit jours. Dans quelques cas graves, lorsque le ballonnement du ventre existait depuis plusieurs jours, nous avons observé un amincissement des parois abdominales, qui permettait d’apercevoir les circonvolutions intestinales bien dessinées sous la peau de l’abdomen qüi paraissait comme transparente.

Dans un certain nombre de cas (un tiers), que l’abdomen fût ou non balloné, nous avonsconstaté du gargouillement dans la fosse illaque droite; ce symptôme , en général très-fugace, était d'ordinaire noté le jour de l'entrée.

Chez dix-huit de nos malades, la rate débordait les côtes. Une seule fois, nous avons constaté la tuméfaction de cet organe à partir du troisième jour, chez un sujet entré le second. Dans tous les autres cas, elle ne s'est montrée que du 7° au 14° jour; une fois le 21°, une fois le 32°. Chez six des sujets qui ont succombé, on la sentit jusqu’à la mort; chez les autres, pendant huit ou dix jours environ. En général, la saillie de la rate était peu considérable.

Pour terminer ce qui concerne les voies digestives, nous allons successivement parser en revue les vomissements, l’état de la langue, l'appétit et la soif.

Dans la moitié des cas, nous avons noté des vomissements. Toutes les fois qu'ils n'ont pas été provoqués, ils se sont montrés au début, da 1° au & jour, sauf dans un cas, où ils eurent lieu le 12°. Ils ont presque toujours été peu nombreux : cependant, chez un enfant de quatre ans et demi, qui succomba au 9 jour, ils se répétèrent le 5° jour avec une grinde fréquence, et avec la spontanéité des vomissements de la méningite. Ils ont été plus fréquents chez les sujets qui ont suc-

combé que chez ceux qui ont guéri; on n’a pu, chez les premiers,

trouver aucun rapport entre eux et l'état de la muqueuse gastrique,

Comme ils ont eu le plus ordinairement lieu hors l'hopital, nous n'avons que rarement pu nous assurer de leur nature.

L'état de la langue a ététrès-variable, suivant les différentes périodes de la maladie. Chez le tiers des malades à peu près, elle resta humide pendant tout le temps qu'ils furent sou is à notre observation. Dans ces cas, elle était d'ordinaire de couleur naturelle, d’autres fois d'un rouge assez vif, couverte d’un enduit blanc ou jaunâtre plus ou moins épais. C'est en général lorsque la maladie a été courte et légère que nous avons noté cet état de la langue; cependant il est aussi mentionné chez trois malades qui ont succombé,et, dans un de ces cas, la maladie avait, pendant tout son cours, revêtu un caractère de gravité fort grand. Lorsque la langue a été sèche, nous n'avons pas noté cette sécheresse avant le 5° jour. D'ordivaire, elle commençait à se sécher à partir du 7° jour, quelquefois plus La Elle se recouvrait ensuite d’un enduit brunâtre plus ou moins épais. Les dents étaient alors encroûtées, fuligineuses; les lèvres sèches et croûteuses, mais cet état de la langue n'était pas toujours aussi prononcé; quelquefois seulement elle était collante, ou sèche à la pointe. L'époque à laquelle la langue commençait à redevenir humide ou à se dépouiller de son enduit était variable : ordinairement du 15° au 20° jour, trois ou quatre fois à partir du 30° jour seulement. Nous avons, dans quelques cas assez rares, observé un dépôt de petites plaques blanches à la Face interne des lèvres ou sur les bords de la langue. Ces pseudomembranes minces et molles se détachaient avec facilité de la membrane muqueuse buccale, et ne persistaient que quelques jours. Une seule fois, nous constatâmes à la partie postérieure de la lèvre inférieure une pseudo membrane jaune, épaisse, adhérente,qu: ne disparut qu’au bout de plusieurs jours.

L'appéut était d'ordinaire perdu dès le début, et en même temps la soif était vive; cependant l'intensité de la soif n’a jamais été comparable à celle que nous avons observée dans quelques cas de pneumonie. La perte de l’appétit et la soif duraient habituellement tout le temps de la maladie; cependant, dans certains cas, l'appétit se’fit sentir assez vif de cinq à quinze jours avant la guérison définitive

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AN TTe V ART. IL — Système nerveux.

Nous venons de passer en revue lee eynjtéme,: qu'il estle plu facile de constater chez les enfants ; nous allons maintenant examiner les différents désordres Retiotiel du cerveau, et nous rencontrerons dans leur investigation d'assez grandes difficultés.

Facies. — I est impossible de réduire en chiffres et de formuler l'expression du facies chez les enfants atteints de fièvre typhoide. Nous pouvons toutefois remarquer que, dans aucun cas, nous n’avons observé de trait facial qui füt spécial à la dothinentérie. Lorsque la maladie était légère, le facies n’exprimait qu'un léger abattement; les yeux étaient un peu cernés, jamais caves. Lorsque l'affection était grave au début, le facies exprimait l’agitation, l’égarement; d’autres fois. il était calme et tranquille, et ce calme apparent se changeait peu à peu en stupeur, puis, à une époque plus avancée, la stupeur disp:raissait pour faire place à cette expression de contentement, cet air de gaieté, avant-coureur certain du rétablissement de la santé.

Céphalalgie. — Dans un sixième des cas, nous n'avons pu nous assurer de l'existence ou de l'absence de la céphalalgie. Lorsque nous l’avons notée, c'était presque toujours au début, d’après les ren. seignements que les parents nous communiquaient, D’ordinaire, elle avait disparu lorsque les malades entraient à l'hôpital. Sa durée était toujours très-courte. Une seule fois elle a persisté pendant dix-sept jours ; dans tous les autres cas, elle disparaissait du 7° au 10° jour. Jamais elle n’a présenté une grande intensité. Cette particularité est fort importante, et pourra servir à distinguer l'affection typhoïde de certaines maladies cérébrales. Rarement nous avons pu préciser son siége; cependant, dans les cas où nous l’avons notée, elle occupait d'ordinaire la région frontale.

Les troubles de l'intelligence sont très-difficiles à corstater chez les

plus jeunes enfants. À cct âge, le véritable délire, qui dépend de la per-

version des facultés intellectuelles, n'existe pas; mais il est remplacé par d’autres signes qui dénotent un trouble dans les fonctions cérébrales. Ces symptômes sont l'anxiété, l'agitation, les cris aigus sans cause , etc. Chez les enfants plus âgés, le délire est semblable à celui qui existe chez l'adulte, Voyons dans quelle proportion les différents troubles du système nerveux se sont manifestés dans les cas que nous avons observés. Dans un tiers à peu près (et, dans tous, la maladie se présentait sous une forme lépère), il n y a pas eu d’accidents du côté de l'encéphale, pas d’agitation. pas de délire, pas de somnolence. Dans les autres cas, nous avons noté divers symptômes.

1° Délire. — Le délire s'est montré dans un tiers des cas souvent précédé d’agitation et de révasseries la nuit, de grognements. En général , il avait lieu rarement au début.de la maladie ( cinq fois); dans les autres cas, il se montra du 7° au 13° jour, époque assez en rapport avec la date de l'entrée des malades à l'hôpital. Il avait lieu plus souvent la nuit que le jour. Sa durée était très-variable, mais, d'ordinaire, il n'a puère dépassé le 15° jour; une fois, nous l'avons constaté le 23° jour. Une autre fois chez un enfant de huit ans qui avait été traité parles émissions sanguines, le délire dura très-longtemps au delà du 25° jour; 1l disparut seulement à l’époque où l’on commença à donner des aliments au jeune malade. L’intensité du délire n’a été grande que dans les cas très-praves ; autrement il était court et léger. Chez deux des sujets qui ont succombé, il a été extrêmement inteuse, a duré jusqu’à la mort et nécessité chez l'un l'emploi de la camisole. Souvent le délire était remplacé par de la somnolence, puis il reparaissait pour disparaître de nouveau.

2° Somnolence. — Bien rarement nous avons vbservé un coma aussi marqué que celui qui existe dans certains cas chez l'adulte. D'ordinaire il était remplacé par de l’assoupissement, de la somnolence ; deux fois seulement ce dernier symptôme exista dès le début, et, dans un de ces deux cas, persista pendant tout le cours de la maladie. Dans les

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autres, elle alternait avec le délire, comme nous l'avons déjà dit ; suecédait à de l’agitation, ou bien, plus rarement, se montrait à une époque assez avancée de la maladie (à partir du 12° au 15° jour), sans qu'on eût auparavant observé des désordres du côté du système nerveux. On pouvait, en général, tirer les malades de leur somnolence en les excitant fortement : alors ils poussaient des cris aigus ou bien des grognements sourds, et retombaient après dans leur assoupissement. ;

Chez un seul des malades qui ont succombé, la somnolence s’est montrée au début ; dans un autre cas, elle a paru la veille de la mort: chez un autre, elle a alterné avec le délire, à partir du 12 jour; dans les autres cas, elle a été en rapport avec l'intensité de la maladie. Lorsque la somnolence était très-marquée , la voix était d'ordinaire embarrassée, fait qui tenait, soit à l’état cérébral lui-même, soit à un vbstacle à la prononciation dû à l’épaississement de la langue. Une seule fois nous avons observé une aphonie complète; elle parut le 32° jour. dara huit à dix jours. futaccompagnée de douleurs au niveau du larynx; nous n'observâmes chez ce sujet aucune lésion de l’arrière-gorge; mais, quatre jours après l'apparition de l’aphonie, il se développa une plaque pseudomembraneuse à la partie postérieure de la lèvre inférieure. L'altération du larynx qui donna lieu à l’aphonie était-elle de même nature ? avons nous eu affaire, dans ce cas, à une laryngite pseudomembraneuse ? C’est ce que nous ne saurions décider. L’aphonie et l’apparition du dépôt pseudomembraneux de la lèvre sont des symptômes qui militent en faveur de cette hypothèse ; mais, d’un autre côté, l'absence complète de gêne de la respiration doit nous faire écarter la pos-

sibilité de ce diagnostic.

3° Décubitus.—D'ordinaire , le décubitus était dorsal, mais, dans les cas où il y avait beaucoup d’anxiété et d’agitation, les enfants changaient fréquemment de décubitus, qui était alors, tantôt dorsal, tantôt latéral, droit ou gauche.

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4° Forces. — Il n’est pas facile de constater la perte des forces chez les enfants, et surtout d’estimer son degré; cependant, dans les deux tiers des cas, les forces étaient plus ou moins déprimées lors du début. Dans les autres cas, ou bien nous n'avons pu nous assurer de leur état, ou bien elles étaient conservées. En général, les enfants étaient alités dès les premiers jours, et, lorsqu'ils entraient à l'hôpital, ils étaient apportés par leurs parents; dans les cas les plus légers, quelques-uns de nos malades sont venus à pied. Dans les premiers Jours qui suivirent leur entrée, on avait, en général, peine à les mettre sur leur séant ; cette dépression des forces était plus ou moins marquée, suivant l'intensité de la maladie: elle durait pendant tout son cours ; puis, à l'époque de la convalescence, on voyait les jeunes malades reprendre peu à peu leurs forces, quelquefois même presque subitement; alors on était fort étonné de les trouver assis sur leur séant, tandis que la veille ils paraissaient dans une prostration assez grande.

5° Carphologie.—Dans quatre cas seulement nous avons observé de la carpologie; chez trois enfants qui ont succombé et un qui a guéri: 1° le jour de la mort (9°), chez un enfant de quatre ans et demi entré le 5°; 2° le 5° jour , bien dessinée chez un enfant de onze ans entré le 4°, mort le 21°; 3° le 7°, chez un sujet de cinq ans entré le 2°, mort le 23°; enfin, le 14°, chez un enfant dont la maladie fut trèsgrave et se termina par le retour à la santé.

Un état qui se rapproche dela carphologie, et que nous n’avons rencontré que dans un seul cas, est la chorée. Nous avons observé des mouvements choréiques très-marqués, les quinze derniers jours de la maladie, chez un jeune sujet qui succomba le 37° jour.

6° Roideur du tronc.—De même que la carphologie, nous n'avons observé la roideur du tronc que dans trois cas, chez des enfants qui ont succombé : une fois, le 7° jour, chez un enfant de quatre ans et demi; une autre fois, le {3°, chez un enfant de six ans; enfin, à peu près à la méme epoque, chez un enfant de huit ans.

= A 7° Soubresauts des tendons. — Les soubresauts des tendons sont encore plus rares; nous ne les avons notés que deux fois : ne fois chez l'enfant de huit ans qui eut de la roideur du tronc; une autre fois, chez un enfant de douze ans qui guérit. Dans ce dernier cas, ils furent très-intenses et durèrent du 14° an 22° jour. |

S& Étourdissements. — Troubles de la vue. — Ces deux symptômes sont difficiles à constater ; on ne peut guère les reconnaître que chez les enfants plus âgés; nous ne les avons que rarement observés. En général, les pupilles n'étaient ni dilatées, ni contractées et toujours contractiles; cependant, dans les cas suivants, elles étaient dans un état anormal : une fois, chez l'enfant qui a succombé le 7° jour, les pupiles étaient contractées ; elles étaient alternativement contractées et dilatées avec convulsions des globes oculaires chez celui qui mourut le 15° jour; contractées au 14° jour chez un enfant qui guérit; une autre fois, dilatées momentanément le 13° jour, dans un cas où l'issue de la maladie fut heureuse ; dans un dernier cas, dilatée le 11° jour : chez cet enfant, la paupière soulevée retombait inerte. Assez souvent les paupières étaient croûteuses aux commissures, à une époque un peu avancée de la maladie ; d’autres fois, les yeux étaient profondément cernés , puis creux et caves.

9° Oreilles. — Sept fois seulement nous avons constaté des bourdonneinents d'oreille : deux fois lors de l'entrée chez des enfants qui ont succombé; dans les autres cas, deux fois au début, deux fois le 4° jour, une fois du 6° au 12°.

La surdité a été notée dans sept cas. L'époque la plus rapprochée du début à laquelle elle se soit montrée est le 6° jour; dans les autres elle parut du 9° au 26°. En général, elle n’était pas ntense et durait peu de temps Une seule fois elle coïncida avec un écoulement d'oreille.

L'otorrhée a eu lieu dans sept cas, du 19° au 31° jour. L'écoulement

— 0 — | était Jaunâtre, assez abondant, fétide; se faisait ordinairement par l'oreille gauche; deux fois par les deux oreilles, mais successivement : ilse prolongeait quelquefois assez longtemps ( vingt jours). Une seule fois il s'est montré chez un sujet qui a succombé; dans les autres cas, c'était chez des enfants qui ont guéri, mais dont la maladie était grave.

10° MVez. — Dans quelques cas, nous n'avons pu nous assurer de l'existence ou de la non-existence des épistaxis ; treize fois elles eurent lieu: huit fois, du début au 6° jour, ordinairement le 3° etle# ; dans les autres cas, du 10° au 23°. Une seule fois elles durèrent du 1° jusqu’au 9° jour. Chez un autre enfant, elles se répétèrent abondantes les 10°, 12°, 14°, 22° jour de la maladie.

Souvent, dans les cas où les lèvres étaient sèches, ainsi que la langue et les dents, les narines étaient pulvérulentes. Nous avons observé ce symptôme bien plus fréquemment que nous ne l'avons noté. D'autres fois, le nez, sans être pulvérulent, était seulement sec.

11° Peau. — Trois fois seulement la sensibilité a été obtuse: dans deux cas, aux membres supérieurs chez l'enfant qui suceomba le 7° jour, et chez un autre qui guérit; une autre fois chez une jeune fille dont la maladie se termina par la santé. Dans ce dernier cas, indépendamment de la diminution de sensibilité, il y avait eu aussi de la dilatation des

pupilles.

Taches lenticulaires.— Chez les deux tiers de nos malades, nous avons constaté des taches rosées lenticulaires; dans un seul cas nous les avons observées le 4° jour. Plus de la moitié des enfants qui présentèrent des taches typhoides entrèrent à l'hôpital du 4° au 12° jour de la maladie. Chez presque tous les sujets, l'apparition des taches à eu lieu quelques jours après l'entrée, du 4° au 8° jour, du 6° au 9°, Chez quelques-uns de ceux entrés les 9° et 10° jours, les taches existaient lors de l'admission à l'hôpital. Ien était de même de ceux entrés le 12° jour; cependant, dans quelques cas, elles ne se développèrent que plus tard. Deux fois l'éruption s’est montrée à une époque très-tardive, dans le cours d’une

M rechute; elle a, dans ces cas, duré du 45 au 59° jour, et dans un autre, a 26° au 58° Jour. Lorsque la maladie a suivi sa marche ordi-

maire et qu’il n’y à pas eu de récrudescence, l’ époque la plus tardive de

l'apparition des taches a été le 29° jour. La durée de l éruption était, en général, courte, quelquefois de un, deux, trois jours seulement; le plus ordinairement, elle durait sept à huit jours. Le nombre des taches était peu considérable; quelquefois il n'y en avait qu'une seule, ou bien d’une à six. Quatre fois seulement l’éruption a été abondante, et, dans un de ces cas, tellement considérable qu'elle à revêtu le caractère d’un exanthème général. Voici la marche que suivit l'éruption: Le 9° jour, nous notâmes quelques petites taches rosées disparaissant par la pression ; elles avaient la dimension d’une tête d’épingle à une petite lentille. Quatre de ces taches étaient trèsäpparentes sur l'hypochondre gauche. Les jours suivants, sur toute la partie antérieure du tronc, on yoyait une éruption de taches rosées pâles du volume d’une tête d'épingle à une petite lentille à peine saillantes, très-nombreuses, confluentes en quelques points, le plus souvent isolées, disparaissant sous la pression du doigt. Ces taches ne tardèrent pas à pâlir, et, le 19° jour, il en restait à peine des traces. Le plus ordinairement, les taches existaient sur l'abdomen; mais assez

souvent aussi à la partie supérieure des cuisses.

Sudamina. — Comme chez l'adulte, l'apparition des sudamina est, en général, un peu postérieure à celle des taches. Cette éruption se montra chez les deux tiers des malades; elle parut d'ordinaire du 10° au 20° jour. Une seule fois nous l'avons notée, le 5° jour, sur un sujet qui mourut le 21°; deux fois le 7°, une fois le 8° jour. Dans trois cas, elle eut lieu passé le 20e jour, chez des sujets entrés les 12°, 16° et 2te jour. Dans les deux cas où il y eut rechute et réapparition des taches lenticulaires, nous n'observâmes pas de nouvelle éruption de sudamina. Le plus souvent l’éruptionaété nombreuse; il nous a semblé qu’elle l'était d'autant plus que l’époque de son apparition était plus tardive En général, sa durée n'était pas longue, de un à six jours.

’ — 52 — Deux fois des éruptions successives et abondantes de sudamina se sont montrées pendant vingt jours. D'ordinaire les sudamina siégeaient sur les côtés du cou ; dans un quart des cas, l'éruption s’est faite sur l'abdomen très-abondante. |

Eruptions diverses.—Indépendamment des taches et des sudamina, nous avons noté dans un cas, deux jours avant la mort, une éruption de taches violacées sur la poitrine, et de pustules chez deux enfants qui ont succombé. Une jeune fille de six ans, qui guérit, eut une teinte ictérique de la peau, qui, bornée d’abord au visage, devint ensuite

générale.

Sueurs. — Quelquefois, à une époque avancée de la maladie ( au moins le 18° jour}, nous avons observé des sueurs très-abondantes, bornées dans quelques cas à la face, générales dans d’autres. Nous avons aussi remarqué qu’à pareille époque, la peau exhalait souvent une odeur fétide.

Eschares. — Rarement nous avons observé des eschares au sacrum ( cinq fois ); quand elles existaient, elles étaient d'ordinaire limitées, peu profondes. Dans un cas, il y avait à la fesse une ulcération de la dimension d’une pièce de deux francs, profonde, à fond grisâtre. Les eschares ont été observées chez deux sujets qui ont succombé, et chez trois qui ont guéri; elles ont été, en général, précédées de rougeur, et se sont montrées du 17° au 50° jour. |

a AE e . \ , OEdème. Quelquefois (trois où quatre} nous avons noté de l’œdème ; 1l survenait ordinairement dans la convalescence : une fois il a débuté en même temps que la maladie; dans ce cas, les urines n’étaient pas albumineuses. Un enfant de quatorze ans, qui avait eu une fievre typhoide dans nos salles, rentra, huit jours après sa sortie, atteint d'un œdème considérable du membre abdominal gauche. Cet œdème ut nr li : Le parut au bont de quinze jours, sous l'influence de quelques émissions sanguines locales.

PPT: ee ARPATIE EE Système circulatoire.

Rarement nous avons pu constater du frisson au commencement de la maladie, soit que nous ayons omis de rechercher ce symptôme, soit que nous n’ayons pu obtenir sur ce point des renseignements exacts; mais, en général, la chaleur de la peau et l'accélération du pouls existaient au début. Le mouvement fébrile présenta de si grandes variétés, soit dans sa durée, soit dans son intensité, qu'il est impossible de rien dire de général à cet égard. Toutefois, l'intensité de la fièvre était d'ordinaire en rapport avec l'intensité des autres symptômes. Le pouls a varié entre 80 et 160. Plein et régulier, vibrant au début, il présentait, à une époque variable de la maladie {du 8° au 30° jour ), plusieurs modifications ; il devenait filant, petit, difficile à compter, ou bien mou et dépressible, et cela à peu près également chez les sujets qui ont guéri et chez ceux qui ont succombé. La chaleur de la peau n'était pas toujours proportionnée à l'accélération. du pouls. Passé une certaine époque, qui était variable suivant chaque malade, la peau était souvent froide, alors même que le pouls était fort accéléré. En général, le mouvement fébrile présentait un redoublement assez marqué le soir. | ;

ART. IV. Système respiratoire.

Chez un cinquième de nos malades nous n'avons pas noté de toux ; chez les autres, elle exista plus ou moins forte. Dans la grande majorité des cas, dès le début et pendant tout le temps de la maladie, son intensité était d'ordinaire proportionnée à celle des râles : ses caractères n’ont rien présenté de particulier; tantôt sèche, tantôt humide, tantôt forte, tantôt faible, elle était rarement accompagnée d’expectoration. La respiration a été pure douze fois senlement, dans des cas où la maladie était légère et avait eu une courte durée, où bien alors que les malades étaient arrivés à une époque assez éloignée du début.

= ue L'absence de la toux a presque toujours coincidé avec la pureté de la

respiration.

Les différentes altérations dans la respiration que nous constatâmes furent : le râle sibilant qui existait souvent dans toute l'étendue de la poitrine, presque toujours lors de l'entrée à l'hôpital ; il était en général persistant , et durait autant que la toux. Dans quelques cas assez rares, on a entendu du râle sous-crépitant, soit seul, des deux côtés en arrière, soit mélangé à du râle sibilant.

Sept fois, à une époque variable de la maladie, il est survenu de la respiration bronchique chez quatre sujets qui ont succombé, et trois qui ont guéri. : |

Chez les premiers, une fois le 8° jour.

ci . 16°

<= 3 jours avant la mort.

Chez les seconds, — du 19° au 26° jour.

— 10° au 12° —— — : le 43°

Chez un enfant, dont la maladie avait été assez grave, il se développa un épanchement thoracique gauche, qui était entièrement résolu le 50° jour. L'expectoration n’a rien offert de remarquable.

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