DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
La plupart des auteurs qui ont écrit sur la fièvre typhoïde de l’adulte ont en général passé trop légèrement sur un article aussi important que celui du diagnostic différentiel. [ls se sont contentés d’énumérer rapidement quelques-unes des maladies qui présentent de l’analogie avec la dothinentérie ; maisils n’ont pas assez insisté sur les difficultés du diagnostic dans un grand nombre de cas : et quand nous parlons du diagnostie, nous entendons surtout celui de la maladie dans sa première période. Chez l'enfant il est encore plus difficile que chez
D l'adulte de distinguer la fièvre typhoide de beaucoup de maladies qui ont une grande ressemblance avec elle. Aussi, nous croyons devoir insister longuement sur un chapitre aussi important.
Pour atteindre le but que nous nous proposons, et pour rester tou- Jours dans les limites de la vérité, nous allons, dans l'article qui va suivre, non pas énuimnérer les affections qui pourratent être prises pour la fièvre typhoïde, mais insister sur les maladies que nous avons nousmême confondues avec elle. La question doit être traitée dans le passé pour l'avenir. C’est done une confession de nos erreurs de diagnostic que nous allons faire , dans l'espérance qu’elle pourra être de quelque utilité pour ceux qui voudront après nous étudier la pathologie de enfance.
Chez l'adulte, l’inflammation simple de la muqueuse, de Filéon , et l’inflammation spécifique de cet intestin, se présentent d'ordinaire avec des caractères bien tranchés et bien distincts. En effet, si l’on consulte le tableau comparatif des symptômes de ces deux maladies, tel que l’a tracé M. Louis dans sa réponse à Broussais ( Examen de l'examen, p. 104), on verra que rien ne paraît plus aisé que la distinction de ces deux affections.
En terminant son parallèle, M. Louis ajoute : « Certes, les deux ordres de malades dont je viens d'analyser l’histoire n'ont pas été atteints de la même affection ; car, pour ne parler que des symptômes, la différence consiste bien moins dans leur intensité que dans leur nombre , qui est considérable chez les uns et très-borné chez les autres. »
Chez l'enfant, la distinction de l’entérite et de la fièvre typhoïde est loin d'être aussi facile. L'entérite, quand elle se montre sous le type aigu, et surtout lorsqu'elle se complique d’une affection grave du poumon, peut fort bien revêtir la forme typhoïide, comme l’on pourra
s’en assurer en jetant les yeux sur le tableau suivant, qui est la reproduction de celui de M. Louis.