DEUX CAS DE FIÈVRE TYPHOÏDE
Forme.
Ataxique.
Terminaison.
Mort.
Altérations anatomiques.
Tuméfaction, rougeur, ramollissement des plaques dans un cas. Plaques ulcérées dans l’autre.
Gonflement, rougeur, ramollissement des ganglions mésentériques.
Pneumonie lobulaire dans les deux cas.
>» Qu ——
Dans ces quatre observations que nous venons de mettre en parallèle, tout est semblable, sexe, âge, symptômes, marche, durée, terminaison, tout, sauf les lésions anatomiques qui, dans une des colonnes, sont celles de l’entérite. et dans l’autre celles de la fièvre typhoïde. Il est donc prouvé, d’après les faits que nous venons de citer, qu'il peut y avoir une identité presque parfaite entre l’entérite aiguë des jeunes enfants et la fièvre typhoide des sujets du même âge, dans les cas surtout où la première de ces maladies vient à se compliquer d'une gangrène du poumon. Mais, chez les enfants, l’entérite revêt assez rarement une forme sur-aiguë analogue à celle sous laquelle la
maladie s'est montrée dans les deux observations que nous venons de
citer. Le plus ordinairement, la maladie apparaît sous le type subaigu : dans ces cas, le mouvement fébrile est peu intense , l'abdomen n’est pas tendu, pas ballonné; il n’y a pas de taches, pas de sudamina, pas de symptômes nerveux. Eh bien! chose singulière, la fièvre typhoïde peut quelquefois aussi revêtir cette forme. Nous en avons recueilli deux exemples. Dans un de ces cas, nous fûmes complétement abusé, et à un tel point que, croyant avoir affaire à une entérite qui tendlait à passer à l'état chronique, nous administrâmes les astringents à l'intérieur.
Ces deux ordres de faits (les cas d’entérite qui simulent la fièvre typhoïde, et ceux de fièvre typhoïde qui simulent l’entérite } se contrôlant les uns les autres, conduisent à la même conclusion, savoir : que ces deux maladies sur lesquelles on a tant discuté, et que Pon a tant cherché à séparer l’une de l’autre, se rapprochent et se confondent tellement dans les premières années de la vie, qu’au lieu d’en former deux espèces on devrait à peine en former deux variétés d’une seule et même maladie : l’inflammation de l'intestin. Ces considérations ne sont pas oiseuses, et doivent, ce me semble, exercer une certaine influence sur la thérapeutique. Du moment où l'on sera convaineu que, chez les enfants de deux à cinq ans, la fièvre typhoïde et l’entérite se ressemblent par la plupart de leurs caractères symptomatologiques, on évitera l’emploi de toute méthode qui, dirigée contre la dothinentérie, pourrait, en s'adressant à faux, ajouter un rouveau stimulus à une maladie franchementinflammatoire, et déterminer ultérieurement l'apparition d'accidents graves.
Un autre état morbide des voies digestives qu'il est très-difficile, chez les enfants, de distinguer de la fièvre typhoide peu intense, c'est l'embarras gastrique. Un mouvement fébrile peu considérable, de l'anorexie, de la constipation, quelquefois des vomissements, sont Îles symptômes qui lannoncent; ce sont aussi ceux de la AREAS légère. Dans ces ces, on est forcé d'attendre avant de porter son diagnostic.