‹ De la folie consécutive aux maladies aiguësChapitre 11 sur 43 · JO · texte numérisé non relu

JO

'i Nous avous vu uu jeune homme très-instruit retrouver, eu se rétablissant d'une lièvre typhoïde, tout son savoir, exécuté celui qu'il avait acquis immédiatement avant de devenir malade. Il s'était livré alors à des éludes archéologiques qui l'avaient vivement intéressé, et fut très-peiné, en revenant à la vie, de n'en plus trouver le moindre vestige. Il avait bien fallu en prendre son parti, quand un beau jour et lorsqu'il allait rouvrir ses livres, tout reparut avec la rapidité d'un rideau qui se lève. Il faut dire que, jusqu'à ce moment, il avait gardé la sensation d'une boule qui le gênait daus la tète et qu'il pouvait , disait-il , déplacer par de rapides mouvements. »

OBSEKVAïlOiS X.

Sauvet, inutiles médico-psychologiques ; année iSiô.

Fièvre typhoïde; rechute; amaigrissement considérable; abolition presque complète des facultés intellectuelles : traitement tonique; guérison.

M , âgée de 12 ans, appartient à une pauvre famille

des environs de Bar; elle s'est toujours distinguée des eulauts de sou âge par la supériorité de sou intelligence, la sagesse de sa conduite, aussi bien (pie par les affections et par les pensées plus élevées qu'elles ne sont communément à cet âge. Son père nous raconte qu'une première fois déjà elle a été atteinte d'une fièvre typhoïde qui a duré vingt jours sans que le délire se manifestât ; bientôt la convalescence s'établit et suivit une marche régulière, lorsque tout à coup, et sans cause appréciable , une rechute arriva et les mêmes symptômes se manifestèrent, mais cette fois avec plus de gravité. C'est alors (pie le délire éclate, et huit jours après ou l'amène à l'asile de Fains; pas d'autres causes appréciables.

Dans les deux cas, le traitement autiphlogistique a été employé et les évacuations sanguines ont consisté seulement dans l'application de six sangsues.

A sou entrée, le 12 septembre, la jeune M se présente

dans l'état suivant: amaigrissement considérable; la souffrance et la stupeur sont empreintes sur la figure; la tète est penchée en arrière, et les muscles du cou fortement tendus l'ont saillie à travers la peau.

Abolition des facultés intellectuelles ; absence de la mémoire et des perceptions ; confusion des objets et des personnes; quelques indices des facultés affectives; la malade prend chaque persoune pour sou père ou sa mère, et les appelle à grands cris. Elle est tranquille pendant le jour, mais le soir la fièvre arrive, et un peu d'agitation se manifeste.

M. Renaudin, médecin en chef, n'hésite point à employer les toniques, et surtout le sulfate de quinine en potion pour prévenir les accès du soir. L'alimentation prescrite est eu rapport avec l'état du malade.

Vers le 21, un peu d'amélioration se fait sentir, la fièvre, et avec elle l'agitation ont disparu. L'alimentation devient plus nutritive, et les facultés intellectuelles reparaissent à mesure que la malade recouvre ses forces. Enfin, vers le commencement d'octobre, le moral et le physique semblent entièrement rentrés dans leur état normal. Nous conservons toutefois encore la femme malade jusqu'au 20 du même mois, afin de ne plus avoir la moindre crainte sur une rechute que nous redouterions si l'enfant était trop exposé à la nourriture et aux travaux (pie des parents pauvres ne peuvent s'empêcher d'imposer à leurs enfants.

Page 1