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CHAPITRE Ier

DES DIVERSES .MALADIES AIGUËS A LA SUITE DESQUELLES L'ALIÉNATION MENTALE A ÉTÉ OBSERVEE.

§ Ier. — Fièvre typko'ide.

C'est surtout à la suite de la fièvre typhoïde que l'on a pu observer des cas relativement nombreux d'aliénation mentale.

Aussi l'attention des auteurs fut-elle aussitôt attirée sur ce point; si bien que Ja fièvre typhoïde jouit pendant longtemps du privilège d'être seule , entre toutes les maladies aiguës , rangée parmi les t causes occasionnelles de la folie.

Ainsi on la trouve (implicitement comprise sous lie titre fièvres) mentionnée au tableau des Causes iphysiques de la folie dans l'ouvrage d'Esquirol (1). jEncore est-il juste d'ajouter qu'il considère ces «fiètvres de mauvais caractère» comme prédisposant ^simplement à l'aliénation, qui n'éclate que quelques imois ou quelques années après. Un des côtés de la ^question qui nous occupe actuellement lui avait évidemment échappé.

Celui qu'on peut appeler le créateur de la fièvre

(1; Esquirol, nuvr. cité, t. I.

typhoïde, en ce sens qu'il mit lin ù ce chaos des lièvres malignes , putrides , muqueuses et autres qui encombraient la pathologie, Louis , dans ses Recherches anatomo - pathologiques , cite deux cas de folie bien caractérisée, développés pendant la convalescence de la fièvre typhoïde (I).

Choriiel , dans sa Clihi'qUe médicale, rappelle un fait à peu près semblable, et M. Forgrt signale dans son ouvrage sur l'entérite felliculeuse l'aliénatiojffl mentale qui survient dans la convalescence de cette maladie.

Suivant M. Littré, le dérangement des facultés intellectuelles est un des inconvénients fâcheux dans la convalescence de la dothiénentérie (2);

En 1844, .M. Max Simon (3) publiait plusieurs observations fort intéressantes sur le même sujet et] que nous reproduisons plus loin. Combattant l'opinion d'Esquirol citée plus liant, il regarde la folie comme liée, dans ce cas, à la maladie elle-même et] survenant immédiatement ; de telle sorte que le délire apyrétique de la convalescence ne serait îi plus souvent que la continuation du délire de la (lèvre.

En cela il a été trop loin , quoique le fait puisse se présenter , et nous en citerons un exemple des plus frappants rapporté par M. Trélat.

I Recherches analomo-palhologiques sur la fièvre typhoïde, i. Il,

(2 Dictionnaire de médecine en 30 volumes, t. X, p. 431.

(3) Journal des connaissances médico-chirurgicales : août 1844,

OBSERVAI (ON lre.

« rSous connaissons un jeune homme qui, déjà rétabli de tout point d'une fièvre typhoïde, conserva pourtant quelque temps encore une de ses conceptions délirâmes. Il était persuadé qu'il avait à lire une grande quantité de lettres reeues et mises avec soin dans une boite au moment où il élait tombé malade ; et ce qu'il y a de piquant, c'est qu'il était parvenu, par la netlelé de son asserlion, à la faire accueillir autour de lui. On chercha inutilement la boite parmi les effets installés avec lui dans le domicile temporaire où il recevait des soins, et il s'écria tout à coup, pendant qu'on faisait ces recherches :

« Mais je pourrais bien me tromper. Ces lettres, dont j'ai

« toujours parlé pendant ma maladie, est-ce que je ne les ai pas <i rêvées ? (1) »

L'observation 7 fournit un exemple analogue.

Mais le plus souvent il n'en est pas ainsi , et le délire apyrétique ('claie lorsque déjà les conceptions et les hallucinations de !a fièvre ont complètement cessé.

Le Dr Schalger, de Vienne (Autriche), dans un travail important sur la double influence de la fièvre typhoïde sur la production de l'aliénation mentale 'et sur sa guérison (2), travail publié en 1858, se croil autorisé à regarder la fièvre typhoïde comme une des conditions écologiques les pl us actives de l'aliénation mentale; il a même consacré par un nom particulier, celui de typhomàrtie , -la folie <|iii lui est consécutive.

M. Dagonet (3) , à propos des troubles intellec-

(I) Annales m.tdico-phs) •■<■! ologiques ; armée 1806, p. 174. C2) Oeslerreich. ZeUschn fl fur prakl. ffeilkimde; 13-58 (Gazette d(( hôpitaux , <ï février I8W.

.o Traité des mal miles ment nies, p. 20S.

tuels qui peuvent survenir à la suite de la fièvre typhoïde, déclare « avoir été tourmenté lui-même pendant la convalescence d'une fièvre typhoïde grave, par des idées fixes de diverse nature et le regret exag'éré de la perte d'un objet insignifiant. »

Nous citons ici les différentes observations que nous avons trouvées sur ce sujet et celles que nous avons recueillies nous-même.

Nous les rang-erons en deux séries , d'après la nature du délire :

1° Les cas de monomariie ambitieuse ;

2° Ceux de délire varié, mais accompagnés presque tous d'un affaiblissement intellectuel notable,

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