‹ De la folie consécutive aux maladies aiguësChapitre 21 sur 43 · OBSERVATION XXV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXV

(Mentionnée dans le Traité des maladies mentales de M. Morel.)

Une dame confiée à mes soins fut atteinte préiiminairement ddu choléra. Pendant la période de convalescence, elle perdit Je la même maladie un enfant qu'elle allaitait. Elle tomba clans une énorme stupeur, d'où elle ne sortit que pour être en proie à un niccès d'agitation indicible. Cette malade, soumise à un régime i.oniqup et réparateur, guérit complètement.

Ce n'est pas sans motifs que nous faisons figurer ici un cas d'épilepsie qui peut paraître jusqu'à un ertain point déplacé. C'est que, dans le choléra iLomme dans la fièvre typhoïde, le délire consécutif iLous semble devoir être rapporté à la congestion «les centres nerveux, ou tout au moins coïncider ILvec cette congestion.

Nous retrouvons encore ici les mêmes formes de ■[(élire que nous avons déjà vues se manifester à la iiliuite de la dothiénentérie ; c'est-à-dire des halluci-

nations, do l'affaiblissement intellectuel et des conceptions ambitieuses.

Il y a, en effet, dans les deux maladies, ou mieux dans la convalescence, analogie de situation aussi complète que possible. Sans qu'il soit besoin de revenir sur les altérations cérébrales occasionnées par la fièvre typhoïde, nous passerons à celles que l'on rencontre dans le choléra.

Qu'il nous suffise de citer la description aussi courte que lucide de M. Tardieu : «Les sinus delà dure-mère cérébrale sont à peu près constamment gorgés de sang'. L'arachnoïde est enduite d'une sorte de vernis poisseux. La pie-mère est infiltrée de sérosité e1 congestionnée par un sang1 noir et visqueux. Des dépôts de lymphe plastique se forment tantôl sur le trajet des vaisseaux, tantôl dans l'intervalle des circonvolutions. Parfois des ecchymoses se trouvent disséminées dans l'épaisseur de celle membrane vaseulaire. La substance cérébrale est le siég*e d'une cong'estion considérable; pour peu que La mort se soit fait attendre, il n'est pas pare de trouver un l'amollissement plus ou moins étendu des centres nerveux» (1).

De cet état suffisamment caractérisé, il doit rester quelques traces chez les survivants. Aussi croyons-nous pouvoir, sans trop de témérité, affirmer qu'il y a entre ces altérations de l'encéphale et le délire observé, autre chose qu'une simple coïncidence.

(1) Loc. cit., p. 56.

Quant au typhus, que nous avons indiqué en tête de ce paragraphe, en le rapprochant du choléra comme maladie épidémique, nous nous bornons simplement à rapporter un cas de trouble mental consécutif et momentané, que M. Baillarger a eu l'obligeance de nous communiquer.

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