‹ De la folie consécutive aux maladies aiguësChapitre 22 sur 43 · OBSERVATION XXVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXVI

M. P , médecin des hôpitaux, mort depuis quelque temps,

contracta le typhus à la Salpèlrière, lors de l'invasion de 1814. Rétabli complètement de cette maladie, il fut pris d'une singulièrc monomanic , qui persisla pendant trois mois.

Il se disait propriétaire d'une maison de campagne et d'un cluval blanc , et sans cesse il invitait ses amis à venir le visiter.

5 III. — Pneumonie. Pleurésie.

Les inflammations du poumon et de son enveloppe i-séreuse déterminent souvent à leur suite l'aliénaition mentale.

Par ordre de fréquence, elles trouvent ici leur ]place en troisième ligne.

M. Grisolle (1) avait déjà dit que la pneumonie ouvait être la cause occasionnelle du développeent d'une manie chez des sujets prédisposés. D'autre part, nous trouvons clans les recherches tatistiques de MM. Aubanel et Thore (2) que, penant l'année 1839, sur 91 maniaques admis à l'hos-

(1) Traité de la pneumonie.

(2) Recherches statistiques sur l'aliénation mentale, 1841.

pioe de Bioêtre, 8 étaient devenus fous à L'occasion d'une maladie et, sur ce nombre, on comptait cinq pneumonies.

Le délire ayait accompagné le cours de ces dernières, avait ensuite persisté et pris les caractères de La manie aiguë*

M. Grisolle (1), en rappelant ces recherches statistiques, déclare avoir observé un cas semblable: «Cependant, dit-il, ces laits sont encore insuffisants pour démontrer que la pneumonie est une cause de manie plus active que toute autre maladie aiguë fébrile; c'est à une observation ultérieure à le prouver. » Nous partageons l'avis de l'éminent professeur ; mais, toutefois, qu'il noussoit permis decroire que l'on n'a pas porté vers ce point de l'étiolog'ie mentale Imite l'attention qu'elle mérite, et «pie. si l'on pouvait recueillir d'une façon plus rigoureuse les antécédents des différents aliénés qui viennent peupler uns asiles, de nombreux faits viendraient s'ajouter au petit nombre que nous possédons aujourd'hui.

Un seul auteur, (pie nous avons eu l'occasion de citer plusieurs l'ois, M.Thore, s'est occupé jusqu'ici de cette question (2); il relate, dans les Annales médico-pspcholoffigiteSï, 4 observations qui sont consignées plus loin.

Nous avons pu nous-même, sur ce sujet, en réu-

[i) Loc. cit. f • ,21 Année 1850.

nir 3, provenant toutes du service de M. Baillarger; une que nous avons recueillie nous-même; la deuxième est mentionnée sur les registres particuliers que le savant aliéniste a bien voulu mettre à notre disposition ; et la troisième, enfin, se trouve insérée dans un article sur le délire aigu {!), publié par M. Heg'nard, interne à la Salpetrière.

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