OBSERVATION XXX
(Thore, Annales médico-psychologiques ; aimée 1850.)
Pneumonie gauche en résolution an bout de irois juins; tout à coup, délire maniaque violent, avec hallucinations de la vue et de l'ouïe qui dure trois jours; retour de la pneumonie, qui disparaît définitivement sans être suivi de délire.
R , carrier, âgé de 43 ans, habitant Arcueil, sans faire
un continuel abus des alcooliques, s'enivre cependant assez souvent et avec une très-faible dose de boisson.
Déjà, en juin 1849, il a eu une cholérine, et pendant sa convalescence, il a déliré quelques jours.
Le 2! mars (800, après avoir travaillé, assez longtemps dans un puits, où il était presque entièrement couvert d'eau; il est pris d'un violent frisson avec douleur au côté gauche de la poitrine.
Le VI, il réclame les soins de M. le D1' Cayla. son médecin habituel, qui constate, du côte gauche de la poitrine., tous les
signes d'une pneumonie. Il pratique une large saignée, qui est bientôt suivie d'une épaisse couenne.
Le 23, les symptômes généraux et locaux éprouvent un notable amendement.
Le 24. L'auscultation, la percussion donnent des résultats négatifs; cependant, la lièvre ayant reparu, on pratique une nouvelle saignée. Peu de temps après, le délire éclate avec une grande violence; agitation extrême; plusieurs bommes sullisent à peine pour le maintenir; hallucination de la vue et de l'ouïe; loquacité. — On prescrit un bain et l'opium à haute dose.
Le 25. L'agitation est toujours aussi violente, et cependant la nuit elle arrive à un tel point que l'usage de la camisole devient nécessaire.
Le 2G, je suis appelé auprès du malade avec M. Cayla, et je constate chez le malade une agitation excessive, avec loquacité, hallucinations, etc. etc. On continue d'administrer des opiacés. Dans la soirée, le malade commence à être plus calme.
Le 27 au matin, il est tout à fait raisonnable; il reconnaît toutes les personnes qui l'entourent et converse avec elles. Les hallucinations ont cessé; en même temps, le pouls a repris de la fréquence; il recommence à tousser et à rejeter des crachats visqueux et rosés; la matité, le souffle et la bronchophonie reparaissent. Un vésicaloire est appliqué sur le côté malade.
Le 28, tous les symptômes de la pneumonie s'amendent de nouveau, la fièvre diminue, les crachats deviennent muqueux ; il tousse encore ; il y a de l'élonnement et il n'a pas le souvenir de ce qui s'est passé.
Le 29, le calme continue , il n'y a plus de délire; le poumon est revenu à l'état normal, les crachats sont bons, il n'y a pins de fièvre ; il raisonne bien et semble avoir encore quelques Hallucinations de la vue. Depuis lors, la convalescence marche rapidement, il n'y a plus trace de délire.