‹ De la folie consécutive aux maladies aiguësChapitre 39 sur 43 · CONSIDÉRATIONS MEDICO-LEGALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS MEDICO-LEGALES

I. — La médecine légale, comme on le sait, touche à tous les points cle la pathologie; on pourrait dire à certains égards qu'elle consiste dans l'application aux questions légales des connaissances exactes fournies par l'étude de la médecine.

Nul plus que M. le professeur Tardieu ne s'est appesanti sur ces considérations qui lui paraissent capitales : un médecin légiste doit connaître avant tout la pathologie ; peu importe la loi, qui est uniquement du ressort des magistrats.

Un sujet comme celui que nous venons d'esquisser nous fournissait naturellement l'occasion d'examiner les questions médico-légales qui s'y rattachent, questions trop négligées, en général, et dont on est trop porté à ahandonner la solution aux hommes qui en sont spécialement chargés. Quelle que soit d'ailleurs ici leur importance, fût-elle des plus minimes, nous avons cru devoir consigner au moins les indications qu'a pu nous suggérer l'examen de nos observations.

«L'action que certaines perturbations pathologiques, matérielles, peuvent exercer sur le clévelop-

I h nient do la folie, dit Marc (1), est parfois si réelle, si évidente, que Le médecin ne saurait la nég-lig-er dans toute recherche judiciaire sur l'aliénation mentale. L'influence de ces perturbations est, il est vrai, moins tranchée, sous le rapport des formes de la folie, puisque, à l'idiotie près, elles peuvent produire indistinctement chacune d'elles; mais cette influence est, généralement parlant, si puissante dans beaucoup de cas, qu'il est indispensable de ne pas la négliger. Cette attention est particulièrement nécessaire dans les cas où il existe quelque obscurité sur la réalité d'une lésion quelconque de F entendement ; car. si l'on peut alors y attacher quelque circonstance pathologique, capable de l'avoir fait naître, ou seulement d'y avoir eu quelque part, on acquiert ainsi un élément de conviction qui, réuni à l'ensemble des autres données, peut conduire à un degré de certitude propre à permettre au médecin d'établir des conclusions positives; »

S'il est vrai, en effet, que les questions de médecine lég'ale se réduisent à des questions de diagnostic, il ne laid pas oublier que dans bien des cas, en patholog'ie mentale comme ailleurs, la connaissance de l'élément cause peut jeter un jour merveilleux sur les faits entachés d'obscurité. Il importe donc avant tout de ne pas igmorer que certaines maladies peuvent déterminer l'aliénation mentale. Tout d'abord, nous laisserons de côté la simulation, n'ayant rien

(I) Marc, De la Folie aonsitlérée dutts ses rapports avec les questions iftét(ico-juilicËaïrès. t. I, p. 3 1 ô.

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