OBSERVATION VII
'Max-Simon, Journal des connaissances medico -chirurgicales ;
année 1844.)
Fièvre lypboïde grave avec hémorrhagie, etc. etc.; à la suite, affaiblissement intellectuel considérable; délire peu tranché ; traitement et régime tonique; guérison.
M"'e G , âgée de 30 aus, est prise dans le courant de
l'automne 1843, d'une fièvre typhoïde, excessivement grave, qui dura plus de cinquante jours, et dans laquelle nous observons successivement une diarrhée dysentérique légère (la dysenlérie régnait alors épidémiquement), des vomissements, un ballonuement considérable du ventre, des taches lenticulaires nombreuses, une éruption très-abondante de sudamina, des ondées de râles sibilants et muqueux dans la poitrine, du délire, des selles involontaires, une hémorrhagie intestinale considérable, des plaies gaugréneuses à la région sacrée, la surdité, un pouls constamment fréquent et dicrole, etc. etc.
Mme G , mère de deux petites filles, fut souvent préoccupée d'elles dans son délire ; tantôt elle les voyait souffrantes, t&nlôt s'occupait de leur toilette, les parait de leurs plus beaux I habits.
A mesure que les autres symptômes s'effacèrent, le délire
lui-même diminua. La lièvre avail c piétemént cessé, le
sommeil étaii bon, la malade commençait à prendre de légers aliments qu'elle digérait bien. L'intelligence, cependant, ne recouvrait point sa lucidité ordinaire; le caractère surtout ne reprenait point son entrain joyeux. La malade semblait en proie à de sombres préoccupations ; ses yeux un peu bavards se posaient sur les personnes <) u'el le regardait avec un aplomb qui ne leur était point habituel.
Enfin, il fut évident que les facultés iutellectuelles demeuraient altérées; c'était là d'ailleurs le seul symptôme grave qu'on observât. Le pouls avait perdu sa Fréquence; la peau sa chaleur fébrile; les aliments passaient parfaitement; en un
mot, M'"" G , sous le rapport de la vie plastique, était en
pleine couvalescence. Le nouveau délire roulait dans le même cercle d idées fausses que le délire symptomalique que nous avions d'abord observé; la malade élait toujours préoccupée de ses enfants; elle les voyait prèles, cacochymes à côté d'autres enfants auxquels elle les comparait. Une autre fois, elle les appelait pour les babiller, afin d'assister à une fête imaginaire ; puis elle se plaignait amèrement qu'on leur eût volé leurs robes blanches; elle était d'ailleurs extrêmement acariâtre et irritable.
Après une maladie aussi grave que celle à laquelle Mmc G... venait beureusemeul d'échapper, nous crûmes que l'indication fondamentale était de réparer les Forces d'une constitution si profondément affaiblie. Nous assimilâmes le désordre de l'intelligence à la faiblesse générale, ou plutôt nous vîmes dans ce désordre une expression insolite de l'épuisement par une maladie extrêmement grave de l'ensemble des forces de l'organisme vivant, el dans celle vue nous uous appliquâmes uniquement à remonter celles-ci à leur sou normal par le moyen d'un régime analeptique sagement ménagé. En suivant cette voie, et sans nous être occupé du délire dont tout le monde autour de nous ne s'inquiétait autremeul qu'en recommandant aux personnes qui assistaient la malade de ne point essayer de la faire revenir de ses idées fausses, nous vîmes peu à peu ces accidents diminuer, puis disparaître complètement.
Longtemps encore, M'ne G resta faible, ne pouvaut faire
que quelques pas dans sa chambre, cl déjà le caractère était
redev»
redevenu ce qu'il est habiLueile.ne.il, el l'intelligence avail repris toute sa lucidité. iai«M!geuce avait