I ES 1'HUTESTAKTS ET LES JUIFS
et, d'autant plus habiles, qu'ils avaient été dès leur enfance plongés dans les mêmes égarements. Le prin cip.nl caractère de la folie religieuse des juifs c'est une sorlc d'aveuglement incroyable et une obstination telle qu'on pourrait dire de l'entêtement. Ce fut au reste, de tout temps, la nature de ce peuple, d'après les grands auteurs de leur pays : Dura cervice.. . (A.ct.) Mais quand c'est si fort, on ne peut l'expliquer que par la maladie, et c'est une folie véritable. Il nous suffira d'en citer quelques traits des plus frappants.
Ainsi ces malheureux ont aussi un livre, le même que les Prolestants, la sainte Bible, et ils la lisent dans la langue primitive, en hébreu, et quoiqu'ils comprennent les mots, ils ne comprennent pas du tout le sens des phrases; ils ne l'entendent même pas aussi bien que leurs voisins de l'église prétendue réformée. Ce livre parle d'un messie, et les prophètes racontent sa vie tout entière, dans les plus petits détails, depuis sa naissance jusqu'à sa mort ; tout est fixé, l'époque de sa venue clairement indiquée ; cette époque est bien passée assurément, car il y a longtemps que le sceptre de Juda a été brisé. On leur montre dans Jésus qu'ils ont crucifié tous les traits divins du Messie promis, dans sa vie et sa mort tous les faits annoncés, eh bien, ilsperislent à dire qu'il n'est pas encore venu ; ils l'attendent patiemment depuis tant de siècles, et, quoi qu'on leur dise, ils ne veulent pas le reconnaître. Us ne voient pas ce que tout le monde a vu et voit encore; ils lisent et ne comprennent pas. Stultus nonintelligit. J'avoue
que ce phénomène de la maladie est si étrange, que s'il n'avait été aussi prédit et annoncé dans ce môme livre, ce serait à mes yeux un fait inexplicable, et que j'aurais cru devoir simplement attribuer à la passion, à la mauvaise foi. Enfin, je n'y aurais vu que de l'entêtement, mais c'est une maladie évidente, une folie réelle, une folie religieuse. Ceux de cette nation qui ont été guéris par une grâce particulière, ne peuvent pas concevoir comment ils avaient pu croire pendant quelque temps ce qu'ils croyaient, et il leur semble qu'ils n'auront qu'un mot à dire à leurs pauvres frères encore malades, pour les faire revenir à la raison, et leur prouver le bienfait de la foi évangélique, et vraiment ils y réussissent mieux que les autres, plus vite même que les plus saints prêtres. On remarque cela également pour les protestants, et, en général, pour tous ceux qui ont eu le bonheur d'être guéris d'une de ces tristes folies du péché ou de l'erreur ; ils sont si heureux d'avoir recouvré la raison, qu'ils ne comprennent pas que l'on puisse rester dans l'aveuglement ; ils voudraient aussitôt travailler à guérir toutes les âmes qu'ils voient encore atteintes de cette folie déplorable; et je le répète, ils réussissent. Les malades les écoutent plus volontiers, ils se détient moins d'eux, et comme d'ailleurs ils parlent avec une conviction plus profonde et une connaissance plus parfaite de la maladie, on peut toujours espérer qu'ils parviendront à ramener ces pauvres esprits égarés et à toucher leurs cœurs.
C'est précisément un de ces hommes heureusement
LES PROÎEStAMS ET LES JUIFS. 111
convertis, un pieux Israélite devenu un fervent chrétien, qui, un jour, me fit remarquer un des traits les plus frappants de la folie de ses anciens coreligionnaires. Il aurait espéré pouvoir les éclairer tous et les guérir, s'il avait pu leur parler un peu librement. C'était au jour de la Pàque, et il trouvait dans ce seul fait delà résurrection de Jésus-Christ la preuve la plus éclatante de la folie ou de la mauvaise foi des Juifs. Car enfin, nous disait-il, il est impossible de le nier ce miracle, qui suffit pour tout prouver, et la manière dont on a cherché à l'expliquer est tellement ridicule et absurde que ce serait une folie plus grande encore d'y croire que de l'avoir inventée. Voyez, ils mettent des sceaux à la pierre qui ferme le sépulcre, des gardes dans le jardin et autour du tombeau, et, malgré toutes ces précautions, Jésus-Christ sort de la tombe; il n'y est plus; surrexit!... Eh bien, qu'est-ce qu'on a imaginé? les soldats racontent partout qu'on a enlevé le corps pendant qu'ils dormaient, et les Juifs croient cela et on paye ces soldats pour avoir si bien dormi!... 0 folie inconcevable ! aveuglement inouï des passions humaines! Mentita est iniquitas sibi... (Ps. xxvi,12.) Il faut lire saint Augustin : comme il se moque d'eux! Mais si Jésus-Christ est ressuscité, il est Dieu, il est le Christ > le Messie, le vrai roi des Juifs.
Qu'est-ce donc qui peut les empocher de le croire, de le reconnaître, de l'adorer? Je l'ai dit, avec l'entêtement ordinaire à ce peuple, et la maladie déplorable que nous nous efforçons de guérir dans ce petit traité,
il y a encore pour les juifs une raison particulière : c'est qu'en général les hommes de cette race sont trop préoccupés des choses de la terre, des intérêts matériels; il y en a beaucoup de très-habiles dans les affaires, il il y en a beaucoup de riches, et il ne reste presque plus de place dans leur tête pour les choses spirituelles, divines et éternelles. Ils ne peuvent guère comprendre un Messie pauvre et qui a proclamé le bonheur de la pauvreté, de la souffrance, cela leur paraît impossible et absurde ; la croix est pour eux un scandale et une folie ! . . . Et plutôt que d'y croire, ils nient ; ils soutiennent que Jésus n'est pas le Christ-Messie, et qu'il n'est pas encore venu!
111. Or, si nous voulons maintenant faire un retour sur nous-mêmes, et, dans un examen sérieux nous rendre compte de notre foi, nous serons obligés de convenir qu'il y a parmi nous et dans l'assemblée des chrétiens une foule de protestants et de juifs. Les uns n'admet lent de la parole divine que ce qui ne les gène pas ; et les autres divisent le Christ et ne veulent pas qu'il règne sur eux. — Que de doutes, d'incertitudes et de défaillances dans la foi !.. . Les vérités semblent diminuer de jour en jour. On garde avec peine même celles que nous appellerions fondamentales, comme les protestants, surtout celles qui sont purement spéculatives ; mais les autres on les abandonne, ou du moins on les oublie ! ... Et pour les sacrements, combien de chrétiens protestent à leur manière contre la Pénitence et la divine Eucha-