LES PROTESTANTS ET LES JUIFS
lent pins lire, ils nient tout, ils protestent même contre leur cœur qui les inclinait à croire comme nous.
Et puisque j'ai parlé de l'autorité et du témoignage des saints docteurs de l'Église sur ce point, il faut que je dénne encore cette preuve nouvelle de la folie du protestantisme. . . C'est qu'il manque par la base, il n'a pas de fondement. Jésus-Christ a dit que l'architecte sage et habile bâtit sa maison sur la pierre ferme et sur le roc inébranlable, tandis que le fou bâtit sur le sable... Et eux, ces pauvres insensés, ils ont bâti dans la boue! Comment la maison pourrait-elle tenir?... Je demande en vérité, et si on voulait faire abstraction de tout préjugé, en un mot, ne consulter que la raison et juger sans passion, y aurait-il un seul homme qui pût douter un instant de la différence qu'il y a entre ces deux religions, et ces deux Eglises, catholique et protestante, si l'on considère les hommes... les témoins, car c'est le mot consacré par l'Ecriture même, et les apôtres n'étaient que les témoins de Jésus-Christ... Testes swnus. Mettez donc d'un côté toute la glorieuse troupe de nos saints martyrs, nos pontifes, nos docteurs, le eheeur immortel de nos vierges pures... et de l'autre côté, en face, mettez un Luther, ce libertin, cet ivrogne, Calvin et cette infâme Elisabeth... Ecoutez leur discours, comparez et prononcez... Et ne dites pas qu'il ne s'agit point des hommes, mais de la doctrine, car ce serait déjà une folie que d'attendre quelque chose de bon de pareils hommes... Ecoutez donc et décidez. Jugez de l'arbre par ses fruits. Ce n'est pas difficile, enfin; et
des enfants, pourvu qu'ils aient atteint l'âge de la raison, ne seraient pas embarrassés.
Il y a encore un Irait de lumière qui suffirait pour éclairer celle question, et nous savons que plusieurs malades en ont été frappés et même guéris: peut-être un de nos pauvres frères un jour lira ces lignes et rentrera dans la vérité, reconnaîtra ses erreurs et sa folie. Je veux dire ce grand fait, ce fait éclatant de l'impuissance absolue du protestantisme pour la propagation de la vérité, pour la conversion des âmes. Avec tant d'argent, avec tous leurs livres, qu'est-ce qu'ils font ?. . . et surtout auprès de qui ont-ils jamais eu la moindre action? J'ose défier qu'on me cite un seul bon catholique devenu protestant, tandis que nous voyons tous les jours de bons protestants qui se font catholiques, et c'est la juste récompense de leurs vertus. — Mais surtout a-t-on vu jamais un seul catholique se faire protestant à l'heure de la mort, tandis qne l'on voit encore assez souvent des protestants à celte heure solennelle, décisive, rentrer dans la vérité. Il ne faudrait pourtant qu'un peu de raison et de réflexion pour comprendre ! Mais, hélas ! Stukusnoncognoscit.Stultus non intelligit . (Ps. xci, 7.) Le fou ne comprend pas, l'insensé n'a pas l'intelligence. On a remarqué partout dans les tristes asiles d'aliénés, et j'ai déjà eu l'occasion de faire celle observation, que, parmi ces pauvres malades, il y en a un bon nombre qui, au jour de la morl, reviennent à la raison, et soudain recouvrent celte noble faculté de leur intelligence ; eh bien, il se
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liasse quelque chose de semblable, pou r ces malheureux qui avaient vécu dans l'erreur et la folie du protestantisme : à la lueur du flambeau de l'agonie, ils voient et ils reviennent, ils se convertissent. 0 misérieorde infinie du Dieu Sauveur ! Et puissent ces paroles si simples être la cause ou l'occasion d'une de cesguérisons merveilleuses !
Enfin je terminerai ces notes sur le protestantisme par une dernière observation assez frappante, et qui suffirait pour nous montrer qu'il y a des analogies singulières entre ces malades et toutes les classes d'incrédules que nous avons déjà examinées dans la première division. C'est que de môme que ces derniers, quel que soit leur nom d'athées, de matérialistes ou déistes, ne s'entendent que sur un seul point, je veux dire la haine de la vérité et de la religion : ainsi pour les protestants, si divisés qu'ils soient de nom et de croyance, même au moment où ils seraient à se disputer entre eux, aussitôt qu'ils voient un catholique, ils se réunissent sur-le-champ et s'accordent pour le combattre et l'accabler. Tous se jettent sur lui, luthériens, calvinistes, quakers ; et c'est tout simple : l'erreur en voudra toujours à la vérité. Mais aussitôt que celui-ci a disparu, ils recommencent à se battre. N'est-ce pas une vraie folie, et qui pourrait n'être pas touché d'un pareil malheur ? surtout quand on sait qu'il y a d'ailleurs de trèsbelles âmes parmi ces malades et des cœurs puis et innocents, des vertus admirables ; j'en connais ! Mais il est vrai aussi de dire que ceux-là guérissent presque
toujours ; il y en a même dont on peut d'avance assurer Ja guérison. Dieu ferait plutôt un miracle (et il en fait tous les jours de ce genre), que de laisser périr dans l'erreur ces âmes qui sont de bonne foi. Il leur enverrait plutôt un ange des cieux pour leur dire la vérité et les ramener à la lumière de notre foi catholique1.
II. Passons au quartier des juifs, c'est au fond de la même cour. Ils ne sont pas aussi nombreux quelesprotestanls, mais ils sont plus difficiles encore à guérir ; c'est toujours une sorte de miracle, quoique depuis quelque temps on les fasse soigner par des médecins spéciaux,
1 Je n'ai pas voulu faire entrer dans le texte une remarque importante; mais je ne puis pourtant m' empêcher de signaler ici le fait, assez grave en lui-même. C'est qu'il y a plus de fous parmi les protestants que parmi les catholiques; je parle de vrais fous, et surtout de l'espèce qu'on appelle mélancoliques, portés à l'excès de la tristesse, au dégoût et au désespoir de la vie, au spleen enfin, qui va jusqu'au suicide. On peut facilement s'en assurer ; ce n'est qu'une affaire de chiffres ou de statistique. Cela tient sans doule à toutes les incertitudes de leur doctrine, et j'ajouterai, avec le docteur l'inel, au zèle atrabilaire de certaines sectes et de leurs ministres. « Je me borne, dit ce savant men- (alistc, à remarquer l'influence qu'exerce en Angleterre, sur des esprits faibles, la secte fanatique des méthodistes ou puritains. Rien n'égale le zèle de ces sectaires pour faire des prosélytes et propager dans l'ombre leur doctrine désolante et exclusive. » Et il cite entre autres exemples « celui d'un homme jadis très-gai, qui fut jrté dans la mélancolie la plus profonde par les entreliens fréquents qu'il eut avec un méthodiste sombre et fanatique. Des angoisses extrêmes et un dépérissement progressif suivirent de près : il devint ombrageux et pusillanime, perdit l'usge du sommeil, et poussant jour et nuit des soupirs, il tomba dans une aliénation déclarée, avec un penchant violent au suicide. » (P. 41, 42.) « On ne cesse, en Angleterre, dans tous les ouvrages publiés sur les aliénés, de faire des remarques sur les effets funestes de la doctrine des méthodistes, » etc. (I>.270.