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Causes morales et intellectuelles

Les causes qui tendent à déranger l'organisation du cerv eau par l'exercic eméme de ses fonctions, sont les plus fréquentes , on pourrait presque dire les seules susceptibles de produire l'aliénation mentale. C'est ce que démontrent les relevés publiés par les auteurs , tels que M. le professeur Pinel, M. Esquirol , Tuek,^ et quelques autres médecins anglais , ou américains. En parcourant les nombreux exemples cités dans le Traité de la Manie , on est frappé du nombre des émotions de l'âme qui ont provoqué le délire. Les observations que j'ai été à même de recueillir, celles plus nombreuses encore que j'ai été à même de consulter , m'ont convaincu que, sur cent aliénées, quatre-vingtquinze au moins le sont devenues à la suite d'affections , de commotions morales ", c'est presque une vérité devenue populaire dans la maison , qu'on ne perd la tête que par des ré^-olutions d'esprit. La première question que fait M. Pinel à une malade nouvelle qui conserve encore un peu de raison , est celle-ci : « Est-ce que vous avez éprouvé du chagrin , de la contrariété, etc.? » Ptarement elle est résolue négativement. D'ailleurs, n'est-ce pas dans l'âge où l'esprit est susceptible d'émotions fortes, où les

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passions, dans toute leur énergie, peuvent être mues par des intérêts puissans , que se développe Taiiénation mentale? Les enfans , calmes et sans inquiétudes , incapaT>les de combinaisons fortes , non encore initiés aux peines sociales , et les vieillards , que la chute des illusions des âges précédens , jointe à l'affaiblissement physique et moral, rend indifférens sur tous les évènemens , n en sont que rarement affectés. Il en est k-peu^près de même des personnes que leur consiitution rapproche des uns et des autres. /'T^h fif> ■ "><u^ kï'iï

Si les auteurs n'ont pas admis les causes moraies dans cette proportion, c'est qu'ils ont', comme je l'ai déjà dit , accordé trop d'importance à celles qu'ils ont appelées physiques. Déjà nous avons vu que quelques-unes de cellesci ne doivent être considérées que comme des prédispositions rarement capables de troubler l'esprit par elles-mêmes : telles sont l'hérédité, les suites de couches, l'âge critique ; ces deuk dernières surtout rendent les affections morales plus fréquentes. Un examen attentif des autres démontrera que très-peu deviennent réellement la cause de la folie-, que presque toutes en sont un effet ou une complication. Il existe en effet presque toujours des affections de i'âme auxquelles on peut remonter , et qui sont les au-

teurs véritables de tous les phénomènes qu*ort observe.

On ne doit pas oublier qu'il est quelquefois difficile de découvrir les peines secrètes de l'âme çbez les femmes , mais sur-tout chez les jeunes filles. Les premières éprouvent souvent des chagrins domestiques qu'elles ne veulent point avouer. Combien de jeunes filles secrètement jalouses d'un frère , d'une soeur, ou de compagnes plus belles et préférées ! D'autres , aimant à l'insu de leurs parens , abandonnées quelquefois après avoir tout accordé a un amant perfide, perdent la tête sans qu'on sache pourquoi. Le besoin de l'union des sexes , si impérieux par cela seul qu'il est plus comprimé , encore exalté par la lecture des romans ou la fréquentation des spectacles, s'il n'est satisfait par un m.ariage toujours viveraient désiré, occasionne souvent des mélancolies qui peuvent prendre un tout autre caractère que celui de leur véritable cause , et par la en faire ignorer la source,. C'est alors qu'on peut prendre les effets de la maladie mentale encore cachée, pour des causes du délire qui naîtra incessamment.

Les causes morales de la folie sont très-nombreuses. Presque aussi variées que les actes de l'entendement lui-même , elles se composent particulièrement , i.*' des impressions qui

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émeuvent, ébranlent subitement et fortement l'esprit , de manière à en troubler les opérations sur-le-cliamp , ou dont l'action lente , mais soutenue, finit par en user les ressorts; tels sont tous les évènemeîis capables de produire une surprise extl'ême , la frayeur, la colère, la joie, la tristesse , la jalousie, la liaine,etc. 5 2." de tout ce qui contrarie, comprime, attaque ou exalte d'une manière inattendue ^ des penchans, des passions ou des idées qui exercent une certaine influence sur Fliomme moral et intellectuel ; dans ee cas se trouvent Famour contrarié , l'ambition déçue , l'amour - propre blessé, tous les travers religieux. On peut voir, par le tableau qui précède, quelle est la proportion de ces diverses influences , d'abord ckez les femmes de la classe inférieure de la société , et ensuite cbez les personnes de Pun et l'autre sexe des classes aisées j l'éducation et l'aisance, le genre de vie, apportent de notables différences dans leur manière d'agir. Les femmes du peuple sont surtout en butte aux chagrins domestiques , produits par Pinconduite , la débauche ou la brutalité des maris 3 à la misère qui provient de la difficulté de se procurer des jjioyens d'existence sufïisans , ou d'une dissipation sans prévoyance. Combien de jeunes ouvrières qui se respectent^ sont conduites à 1^

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Salpétrière , après s'être trouvées placées entre toutes les horreurs de la misère et de l'inconduite ! L'ambition trompée , Pamour - propre Liesse , les excès d'étude , la misanthropie , les révers de fortune , sont plus particuliers et presque exclusifs aux gens aisés. L'amour contrarié , le désir du mariage, font perdre la tête à beaucoup de jeunes filles. Les excès religieux produisent des effets différens , selon le caractère particulier des individus. La superstition unie a l'ambition , au désir de dominer , fait naître le fanatisme intolérant et persécuteur , le désir de commander au nom de Dieu , de convertir les hommes. Chez les esprits faibles, au contraire , la religion outrée produit la paiiophobie , la crainte des châtimens de l'autre inonde , la démonomanie. Enfin, son étrange union avec le penchant amoureux produit cet amour extatique de Dieu ou de la Vierge , de quelque saint ou sainte.

Parmi les affections de Pâme, les unes peuvent être assez puissantes , agir sur un cerveau assez bien disposé pour provoquer le développement du délire dès leur première action. De ce nombre sont plus particulièrement une frayeur vive , un violent accès de colère , des pertes subites de fortune ou de places, etc. etc. Plus souvent, leur action, est répétée ou soutenue

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pendant un certain temps , avant de troubler l'esprit d'une manière évidente : le cliagrin , la tristesse , la jalousie , la religion et l'amour agissent ordinairement ainsi ', le délire s'établit lentement , les idées qui le constituent se concentrent , se fortifient , et i3nissent par éclater quand elles ne peuvent plus être comprimées par la raison qui restait encore. C'est surtout en considérant les périodes d'incubation et d'invasion de la folie que nous aurons soin d'indiquer la marche que suivent les desordres, qui surviennent dans les facultés intellectuelles^ par suite de l'action de ces causes diverses.

Après avoir prouvé précédemment que le cerveau est l'organe de l'intelligence et dea passions , il est inutile , je pense , de cherclier ici à démontrer que les affections morales qui peuvent occasionner l'aliénation mentale, agissent immédiatement sur lui ; que les effets produits par elles sur plusieurs autres organes ne sont que sympathiques, et causés par la réaction cérébrale j qu'ainsi l'expansion générale dans la joie , le resserrement épigastrique dans le chagrin , les battemens de cœur dans la surprise , la frayeur , l'exaltation musculaire dans la colère, sont absolument de même nature que les effets produits par une forte contention d'esprit sur le canal alimentaire, pendant le travail digestif.

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^. m. Causes efficientes indirectes qv

SYMPATHIQUES, 1." Causes physiologiques^

Lés causes physiologiques , résultent par-i ticulièrement dç Ja suppression de sécré^ tions ou d'écoulçmens naturels , des règles , deSi liémorrhoïdes j du lait, etc., ou d'exutoires , comme cautères ou vésicatoires , de maladies établies depuis long-temps. Je ne m'occuperai guère que des irrégularités de la menstruation, parce quç leur fréquence m'a mis à même de bieù les observer , et que les autres phénomènes d'une nature semblable , d'ailleurs assezi rares , doivent être considérés de la même ma^ nière.

Les troubles de la menstruation sont près* que constans dans tous les cas de folie j mai& on les a trop souvent considérés comme des causes efficientes de cette maladie. Un examen attentif des malades m*a convaincu que la sup-^ pression des règles est a-peu-près toujours un ef ^fet de l'affection morale qui produit le délire , ou de l'état de délire lui-même. Voici un exem-i pie rapporté par M. le professeur Pinel, d'une» manie produite par cette cause , et qui servira beaucoup a éclaircir cette question. Une per* IQnnç^ âgée de trente anS;, et d*une cQnstitutioA

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faible et délicate , était depuis long-temps sujette à des attaques d'hystérie ; elle céda aux poursuites de son amant, devint enceinte , et éleva son enfant avec la plus grande tendresse. Des évènemens malheureux se succèdent : son amant l'abandonne , son enfant meurt , et quelque temps après on lui vole une somme d*ar-* gent qu'elle avait en réserve , et qui était sa seule ressource. Elle tombe dans le chagrin le plus profond , et son écoulement menstruel , jusqu'alors régulier , se supprime , son sommeil se dérange, etc. Certainement ici il est bien e' vident que la suppression n*est qu'un effet de la maladie mentale. Je pourrais citer un grand nombre d'observations qui prouveraient que cela arrrive presque toujours ainsi. Une jeune fille de vingt ans entra k la Salpétrière au mois de mars dernier, dans un état de mélancolie profonde *, depuis trois mois seulement ses règles étaient arrêtées 3 elle n*avait guère donné de preuves de délire avant cette époque , et cependant, après sa guérison, elle me prouva que le commencement de sa maladie mentale remontait a plus de quinze mois. U arrive quelquefois qu'une affection morale vive provoque en mêuie-teioaps la suppression des règles et le développement du délire. Une jeune fille présente a un feu d'artifice, effrayée par cjuelques accidens fâcheux survenus près d'elle^

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et la femme d'ua couvreur qui vit tomber un vêtement de dessus un toit, et le prit pour sou mari, furent atteintes presque sur-le-champ , de ces deux gymptôm.es de la même maladie , l'affection cérébrale. Je ne pourrais guère citer d'exemples d'aliénations mpntales évidemment produites par la suppression des relies; presque toujours o;i. peut remontei* a dès causes piorales plus ou moins éloignées , à un état de délire caclié , pour expliquer .l'apparition des phénomènes morbifiques divers qui- précèdent ,rinva^ÎQn de la folie. ■

î.;Ge;que je viens de dire de l'état menstruel s'applique parfaitement a la suppression du lait, dans les folies suites de couches ,6t a toute autre sécrétion naturelle ou accidentelle. J'ai vu plusieurs fois, les suppressions! de la sueur de la tête causer du délire , mais il ressemblait plutôt a celui produit sympathiquement par une lésion organique grave , qu'à la folie. Une cuisinière , âgée de trente ans , sort d'un bal sans se couvrir la tête , et six jours après elle entre à la Saîpétrière dans l'état suivant: nulle connaissance des objets environnans , délire fugace et sans objet fixé , prostration générale des forces -, l'abdomen n'est ni gonflé ni douloureux. Après quinze jours de traitement, elle a recouvré la santé et l'usage de ses facultés in^ teilectuelles,

L'action répétée des liqueurs alcokoliques sur l'estomac, ou l'ivrognerie, a été considérée comme une cause très-fréquente de folie , surtout par les médecins anglais. Je pense qu'on a beaucoup exagéré l'influence de cette cause , et que c'est plutôt d'après l'analogie qu'on a cru reconnaître entre les effets qu'elle produit sur l'organe intellectuel et le délire de la manie , qu'on s'est déterminé a lui faire jouer ce rôle. Rien n'a paru plus simple que de comparer un maniaque à un homme ivre , et cependant ces deux états n'ont que très-peu de points de contact. Cette fausse comparaison, j'en suis perisuadé , n'a pas peu contribué h. faire considérer la folie comme une maladie sympathique d'affections du canal alimentaire. Les effets de l'ivresse s'étendent a tous les organes j l'homme complètement ivre n'a plus ni sensations, ni intelligence, ni mouvemens : dans la manie , au contraire , l'intelligence est faussée , mais elle existe ; c'est la seule fonction gravement lésée , le malade a des sensations , marche , parle , mange , etc. Le délire de l'ivresse doit être comparé au délire sympathique des m.aladies graves ; c'est un état passager comme la cause qui le produit. 11 n'est pas rare de recevoir à la Salpétrière. des femmes ramassées dans les rues , par suite d'excès de ce genre, dans une absence complète de raison

qui ne dure ordinairement que peu de jours. L'abus des liqueurs alcoholiques, en affaiblissant tous les ressorts du corps vivant, et par conséquent du cerveau , finit cependant quelquefois par causer la démence , souvent alors accompagnée de paralysie.

a.** Causes pathologiques^

Après avoir considéré la folie comme produite par des causes directes , et regardé comme des effets de l'affection cérébrale les phénomènes, morbifîques qui se passent ailleurs que dans le système nerveux , il ne me reste que peu de choses à dire sur les causes pathologiques de cette maladie. Les auteurs même qui la regardent comme une affection sympathique , ont a peine parlé de ces causes d'une manière générale. Cependant une maladie n'est sympathique que lorsqu'elle en reconnaît une autre qui lui donne évidemment naissance j tels sont , l'érysipèle produit par un état particulier du canaî alimentaire , le dévoiement qui accompagne la terminaison funeste de presque toutes les maladies chroniques. Les lésions des organes thora* ciques ou abdominaux, assez intenses pour troubler les fonctions cérébrales , ne produisent que le délire aigu des maladies graves, en? tout différent de celui de la folie , comme nous.

le Terrons bientôt. On envoie quelquefois a la Salpétrière , comme folles , de ces femmes gravement malades et qui meurent au bout de peu de temps , ou dont toutes les fonctions se rétablissent après quinze ou vingt jours de traitement *, ce sont des fièvres ataxiques , ou des inflammations intestinales , que l'on prend pour l'aliénation mentale.

Parmi les maladies qu'on a quelquefois considérées comme causes sympathiques de la folie, quelques-unes n*en sont que des complications ', je ne vois pas pourquoi , en effet , les individus affectés de phtliisie peu avancée, de vers intes-» tinaux, de tumeurs utérines, de kystes du foie, de plaies et de fractures , ne pourraient pas en même temps avoir l'organe intellectuel troublé idiopathiquement , sans que pour cela la maladie antérieure ait été pour rien dans ce nouvel ordre de choses^; tous les jours on voit de ces cas d'affections simultanées et indépendantes les unes des autres ; ainsi Tépilepsie qui accompagne si souvent l'idiotie , n'est point une cause , mais probablement l'effet du vice d'organisation de t'encéphale. D'autres maladies ne sont a mes yeux que de véritables causes morales -, telle est la syphilis dont s'affectent quelquefois profondément de jeunes filles séduites, telles sont encore quelques légères incommodités dont s'occupent

beaucoup des esprits timorés *, en général , l'homme, même quand il paraît mépriser le plus la vie , n'a jamais l'âme calme lorsqu'il se croit atteint d'une maladie mortelle. Voici iia exemple remarquable de folie produite par une

cause de cette nature. Madame G âgée

de trente - six ans , entra a la Salpétrière , le 26 septembre 181g , dans un état de mélan-. çolie avec penchant au suicide *, à la suite d'une couche qu'elle fit à l'âge de vingt-un ans , elle conserva des coliques d'estomac, qui revenaient plusieurs fois par mois et provoquaient des vcmissemens \ pendant quatorze ans consécutifs elle eut recours à tous les remèdes , k toutes les recettes, etc. Son mal, au lieu de diminuer, empira j alors se croyant atteinte d'un squirrhe au pylore , dont elle avait vu mourir une proche parente , désespérant de guérir , elle s'affecta vivement , se fit ainsi des chagrins soutenus et prolongés , et quelques mois après le délire éclata. Si dans ce cas l'estomac eût réagi sympathiquement sur le cerveau, long temps avant de déterminer le développement de la folie , il aurait fait naître , de la même manièi-e, des désordres d'un autre genre , non-seulement dans cet organe, mais même ailleurs j loin delà , la tête était saine , les règles coulaient régidièrement , etc. Une chose remarquable , c'est que

cKez cette femme la maladie cérébrale a fait disparaître celle de l'estomac , la santé s'est partout rétablie et se soutient j une irritation en a détruit une autre. Qu'on ne s'y trompe donc pas j dans des cas de cette sorte , ce n'est point l'organe , mais la maladie dont il est atteint qui tend ktroubler les fonctions intellectuelles-, elle devient une cause de chagrin, d'inquiétude, de frayeur , à la manière d'une foule d'autres circonstances de la vie.

C/est surtout dans les troubles du canal alimentaire qu'on a voulu placer le siège primitif de beaucoup d'aliénations mentales. L'influence que les organes qui le composent exercent sur toute l'économie, sur le cerveau lui-même, rend, il est vrai, leurs maladies presque générales ; les dénominations de méningo - gas~ trique f à' adéno-metiingée f imposées a quelques fièvres par M. le professeur Pinel, indiquent assez quelle en est la source. Mais il ne faut pas oublier non plus, que l'affection de presque tous nos organes s'accompagne aussi de lésions sympathiques du canal digestif. Toujours, quelque légères qu'elles paraissent , elles débutent par la perte d'appétit, de la soif, du dégoût, de la sécheresse dans la bouche , du dévoiement ou de la constipation, etc. Ajoutez à cela que dans la folie , dont les périodes d'incubation ,

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d'invasion et d'excitation, présentent plusieurs de ces légers désordres et rarement de plus con-* sidérables , on peut remonter a une cause qui a primitivement troublé les fonctions cérébrales, et k laquelle on doit très-naturellement attribuer tous les phénomènes qui peuvent survenir et dans le cerveau et dans les organes sur lesquels il exerce de ^influence.

En résumé , on peut , je pense , conclure de tout ce qui précède , sur les causes de la folie :

1 .** Que l'hérédité , les suites de couches , l'âge critique, ne font que disposer le cerveau à l'action des causes efficientes , et que rarement ces dispositions provoquent seules le développement de la folie.

2.° Que les causes véritables de la folie agissent directement sur les fonctions intellectuelles du cerveau , et que tout ce qui tend directement ou sympathiquement k troubler toutes les fonc" tions de cet organe ne produit point cette maladie, mais seulement quelquefois le délire dit des maladies graves.

5.° Que les phénomènes mofbifiques qui précèdent ou accompagnent le développement de la folie , tels que la suppression des règles , àes lochies , du lait , les troubles qui surviennent dans plusieurs appareils organiques , doivent être considérés , non comme causes , mais c omme des effets de l'affection cérébrale.

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