CHAPITRE III
DÉVELOPPEMENT , MARCHE , TERMI- NAISONS , TYPE ET PRONOSTIC DE LA FOLIE.
J us qu'ici, nous ne nous sommes particulièrement attachés qu'à considérer la nature des phénomènes qui se présentent dans la folie , sans faire aucune attention à l'ordre qu'ils suivent dans leur développement successif, a leur durée , leur terminaison , etc. Cependant si nous pouvions parvenir à saisir la maladie dans son commencement j si nous pouvions suivre la progression, l'enchaînement des troubles dont elle se compose , il est certain qu'il ne devrait plus rester aucun doute sur sa véritable nature. Ainsi , après avoir démontré que les lésions des fonctions cérébrales constituent ses symptômes essentiels, que ses causes agissent directement sur le cerveau , si nous parvenions a faire voir que les premiers désordres partent de cet organe , que les autres fonctions ne se dérangent que postérieurement et par l'influence immense qu'il a sur leur exercice , et qu'enfin le calme se rétablit partout dès qu'il cesse d'être dans un état d'excitation , quelles preuves aurait-on a nous opposer qu'i n'est pas
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le siège immédiat , primitif de IVuénation mentale ? Et quand bien même l'apparition subite de tous les symptômes , une apparente contradiction dans l'ordre naturel de leur développement ne permettraient pas de les classer, ou tendraient même a induire en erreur sur leur véritable source , on parviendrait encore facilement , à l'aide des principes exposés précédemment , à porter un jugement sûr. Ici comme dans toutes les sciences exactes , l'analogie offrirait un secours puissant. Quand Newton présuma que le diamant était un corps combustible, et que l'eau devait en contenir un, ii ne s'appuyait que sur un seul fait , la propriété commune à chacun de ces corps , de réfracter fortement la lumière. Dans ces cas de folie , des motifs plus nombreux , tirés de l'intensité l'elative des symptômes , de l'action des causes extérieures , viendraient encore nous donner des moyens certains de ne point errer , des moyens qui suffiraient toujours pour faire reconnaître avec évidence l'organe primitivement lésé.