‹ De la folieChapitre 31 sur 73 · Troubles intellectuels qui constituent le U élire aigu · texte numérisé non relu

Troubles intellectuels qui constituent le U élire aigu

Dans les différentes altérations cérébrales , idiopatliiques ou sympathiques , qui donnent naissance au délire aigu, toutes les fonctions de l'organe , sont plus ou moins lésées ; ainsi les troubles intellectuels qui le caractérisent doivent être généraux ; sensations , affections , jugement, volonté, ne doivent plus s'offrir comme dans l'état de santé. L'exercice intellectuel est dès le principe , gêné , altéré dans toute son étendue , et il finit par s'éteindre , d'abord partiellement, puis en totalité , si les causes continuent leur action , et tout cela , en quelques minutes ou quelques lieures. Nous avons remarqué tous ces phénomènes dans l'i-

vresse j voyons un malade atteint de ce qu'on a appelle fièvres adynamique et ataxique: M. Pinel , décrit en ces termes l'état de l'entendement dans ces maladies arrivées à un certain degré. « Regard hébété ; affaiblissement de l'ouïe, de la vue, du goût et de l'odorat; dépravation fréquente de ces deux derniers , état de stupeur , somnolence , vertiges, rêvasseries ou délire taciturne ; réponses lentes et tardives , indifférence sur son propre état, etc. ; ( fièvre adyaamiqLie ) état obtus ou sensibilité excessive des organes des sens, vue égarée; insomnie ou somnolence ; vertiges, coma, délire ou intégrité de l'entendement; nulle connaissance de ses proches ou de l'état de gravité de sa maladie ; indifférence extrême sur ce point, ou inquiétude continuelle , tristesse , terreur et désespoir. Réponses brusques et dures , voix aiguë, bégaiement ou aphonie. Agitation, carphologie (fièvre ataxique). » Le même auteur dit de la phrénésie : <i Les fonctions cérébrales se troublent ; de là les lésions de l'imagination, du jugement ou de la mémoire , les vociférations , les menaces , les chants joyeux , des réponses brusques, des emportemens de colère, des saillies de gaieté et de plaisanterie , une insomnie opiniâtre ou un sommeil troublé par des rêves effrayans etdes tressaillemens, etc. »

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Dans toutes ces descriptions , on remarque facilement une altération générale de l'intellie;ence , qui consiste presque toujours dans un affaiblissement, ou Pabolition plus ou moins étendue de l'exercice de cette fonction. Plusieurs sens s'éteignent facilement ; la surdité , la perte du goût et de l'odorat sont fréquentes ', la main débile et carpliologique , n'exerce plus que difficilement le toucher. La \ision est peutêtre le sens qui se conserve le plus longtemps j cependant les malades finissent par cesser de reconnaître leurs parens et aucun des objets qui les entourent. Il arrive assez sou- Tcnt qu'ils ont des hallucinations, le plus ordinairement de la vue y ils croient voir des êtres qui n'existent point j l'ouïe ne présente que rarement ce phénomène. Les combinaisons intellectuelles ne sont pas différentes des sensations j les m.alades profèrent quelques mots sans suite , indépendans des objets environnans -, rarement ils émettent un certain nombre d'idées bien liées sur le même sujet. Ils sont quelquefois pris d'accès de fureur, ou de désespoir, pendant lesquels ils crient, s'agitent, ou versent des larmes j ces accès alternent souvent avec un état comateux ou des rêvasseries inintelligibles. Les penchans et les affections disparaissent ordinairement assez promptement,

La volonté n'étant qu'une détermination motivée par nos sensations et nos idées , est capricieuse ou nulle.

Le délire des maladies chroniques, semble le plus couvent n'être cju'une extinction graduelle des facultés intellectuelles , et sans grande excitation cérébrale,

5.° Troubles génèroux qui se présentent en mépie temps que le Délire,

Le délire aigu n'étant que l'effet d'une maladie grave , l'économie doit présenter d'autres phénomènes, dont les uns locaux, varient selon l'organe affecté, et les autres généraux, ne diffèrent guère, quelle qu'en soit la source. Le délire se trouvant assez souvent faire partie des symptômes généraux , voyons que!s sont ces symptômes.

Le délire est toujours accompagné d'excitation ou de congestion cérébrale. Quand il n'est pas continu , c'est avec le paroxysme qu'il survient, c'est-'a-dire ordinairement le soir ou la nuit ; alors la circulation est plus active ; le pouls devient fréquent , les artères de la tète battent fortement ; les yeux sont brillans, injectés, quelquefois secs et pulvérulens ; leg joues se colorent sur les pommettes ; la face , plt?s ou moins décomposée, varie dans son ex-

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pression , selon la nature des idées qui agitent l'esprit du malade, le caractère et Pépoqne de la maladie. Elle est violemment contractée, convulsive dans le délire furieux ; elle exprime l'abattement, l'étonnement, reste presque immobile dans les rêvasseries, les accès de désespoir. L'influence exercée par le cerveau sur l'appareil nerveux des mouvemens volontaires , étant profondément altérée, il en résulte tantôt une prostration générale des forces , une adynamie extrême , avec grande difficulté ou impossibilité d'exécuter des mouvemens , la nécessité du coucher sur le dos, ou bien une agitation continuelle, des soubresauts, des convulsions, de la carphologie. Il arrive quelquefois dans ce dernier cas , que le malade vivement excité par des idées, des sensations fausses, se lève, se heurte contre des objets, ou se jette par la fenêtre. Mais cette vigueur ne dure, que peu de temps , et il tombe promptement à terre, si on ne vient a son secours, pour le re»mettre dans son lit.

11 n'est aucune fonction qui ne soit dérangée, quand une maladie est assez intense pour causer du délire; la transpiration cutanée est ordinairement supprimée, la peau devient sèche, offre une chaleur acre, ou est froide. La bouche est toujours sèche ; assez souvent les dif-

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férentes parties qui la composent intérieurement, sont recouvertes d'enduits m.uqueux qui ont pris des couleurs diverses , depuis le jaune jusqu'au noir. I^e pharynx et l'œsophage deviennent souvent , si la maladie prend une tournure fâcheuse, convulsifs ou paralysés, et empêchent ainsi la déglutition , ou font que les boissons passent comme dans un canal inerte. C'est aussi alors et quelquefois auparavant , qu'il survient des déjections liquides, noirâtres et fétides. L'urine est tantôt claire, plus souvent épaisse ou même bourbeuse. La vessie est quelquefois prise de paralysie ; ces symptômes peuvent varier pour l'intensité , le nombre , selon une foule de circonstances , comme l'espèce d'organe affecté , la nature de la maladie, le tempérament particulier du malade', etc.

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