‹ De la folieChapitre 32 sur 73 · Pronostic et Traitement · texte numérisé non relu

Pronostic et Traitement

Le délire est en général un symptôme fâcheux ; il faut qu'une maladie soit arrivée à un certain degré d'intensité pour le produire. Il annonce la lin prochaine et funeste des affections chroniques. On peut compter que plus de la moitié des malades qui en sont atteints d'une manière continue , succombent. On connaît le danger de la fièvre ataxique , de la phrénésie ou arachnitis , des inflammations ou abcès du

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cerveau ; de la fièvre adynamique ou phlegmasie locale , qui finit par amener des effets généraux très -graves.

Le délire n'offre par lui-même aucune indication curative ; c*est à l'état organique qui l'a causé, qu'il faut s'adresser; ici comme dans toutes les antres maladies, ce n'est point un symptôme isolé qu'il faut attaquer; si le délire est sympathique, donnez tous vos soins a la lésion de l'organe primitivement existante ; la disparition de Tune, amènera celle de l'autre. Il y a plus , c'est que les remèdes qu'on employera d'un côté , en s'ecartant de ce précepte, seront le plus souvent contraires à ceux qui conviennent ailleurs. Voila pourquoi le musc, le camphre , l'ammoniaque ne font qu'exaS' pérer le mal dans les fièvres adynamiques, à moins que la failjlesse indirectement produite, ne soit devenue telle , qu'elle mérite de fixer exclusivement l'attention du médecin. On ne doit , dans ces cas , agir sur le cerveau que lorsque, par suite de l'irritation sympathique, cet organe présente des symptômes de congtistion; alors les dérivatifs, les saignées locales, quelquefois les caïmans , sont employés avec quelque succès.

Le délire idiopathique, dans les fièvres ataxiques , la phréiitSiC , i'inllammation cérébrale ,

DÉLIRE AIGU. aS^

lî*exîge de traitement que celui de ces maladies, il y en a cependant une espèce , qui se rapproche de la folie en ceci, qu'elle n'e^t pas accompagnée de lésions graves dans les autres fonctions , et qui n'est probablement qu'une "Variété de la fièvre ataxique, dans laquelle les caïmans et sur tout le laudanum donné en lavement, produisent de très -bons effets. Un. moyen à- peu -près semblable a été conseillé dans le ddiirium tremens ) c est cette substance donnée a la dose d'un, ou même deux gros par jour. M. Esquirol en a fait usage à la Salpétrière , et je n'ai pas vu que les malades soient guéries plu« vTle, que lorsque l'on se contente de les traiter par la diète, le repo« et les délayans.

5.^ Principaux caractères cm distinguent, d* une manière positive , La, Folie , du Délire aigu»

lé

Les troubles intellectuels constituent esseutielîement.

Le délire aigu n*est qu'un symptôme , qui n'est même

et souvent presqu'exclusi- pas caractéristique de la mavement , la folie. 11 n'y a , ladie dont il dépend , n'eu

point de folie sans déiiie.

détermine pas la nature , et ne l'empêcherait pas d'exister , quand môme il ne surviendrait pas.

Dans cette maladie , l'intelligence est rarement lésée en entier. Le plus souvent quelques facultés sont altérées, déviées. Les sens sont sains ; si quelquefois ils ne perçoivent pas juste , du moins perçoivent-ils. Jamais aucun d'eux ne perd son action qu'accidentellement. Il

Ce symptôme consiste dans une abolition plutôt que dans une déviation , un défaut d'harmonie intellectuelle. Les sensations n'existentplus qu'imparfaitement, ou même sont nulles dans toutes , ou quelques-unes de leurs sources. Les facultés affectives n'existent plus.

y a ordinairement excès Rarement il y a un raison-

d'action , déviation ou direction fausse des facultés intellectuelles, défaut d'harmonie entr 'elles. Les monomaniaques , et souvent les maniaques , tiennent des discours suivis , soutiennent bien , sur-tout les premiers , une discussion. Ils ont une volonté forte, commettent des actions motivées. C'est très-souvent seulement le principe du raisonnement qui n'est pas juste , d'où il s'ensuit des idées fausses , mais bien suivies. Les aliénés conservent la mémoire de tout ce qui s'est

nement suivi quelque temps.

Le malade profère ordinaiment quelques paroles peu intelligibles et sans suite ; ses paroles et ses actions souvent sans rapport avec les objets environnans, semblent automatiques. Il n'y a plus de volonté, de sentiment de l'existence; le malade presque toujours assoupi , somnolent , paraît rêver quand il fait quelqu'effort intellectuel. Les délirans une fois guéris , ne se souviennent plus que d'une manière fugace , d'un petit nombre de circons-

passé pendant leur maladie.

Je ne parle ici ni des idiots , ni des démences.

tances , de leur situation passée.

Le seul genre d'aliénation mentale , avec lequel le délire ait peut-être quelque ressemblance , seulement quant à l'exercice intellectuel , est la démence. Bans î'un et l'autre cas , cet exercice est à-peu-près nul. Cependant ces aliénés ont les sens intacts , et si les objets extérieurs ne les frappent plus , ce n'est pas qu'ils n'en perçoivent les qualités , c'est que ces qualités ne sont plus appréciées par le cerveau. Ils n'iront cependant pas prendre une fenêtre pour une porte , ni une pierre pour du pain. Mais quelle différence sous tout autre rapport.' le délire nous présente une excitation , un excès d'action , ou plutôt une perversion des fonctions du cerveau ; dans la démence , cet organe a perdu son énergie , son ressort , et tout pouvoir d'action intellectuelle.

Dans la folie , le cerveau , comme centre nerveux , n'est ordinairement que peu altéré ; voilà pourquoi toutes les autres fonctions n'éprouvent presque pas de dérangemens, sur-tout après la période d'excitation. Les mouvemens volontaires ne sont point altérés ; les ma-

Dans le délire aigu , la cerveau est vivement affecté dans toutes ses fonctions; aussi , quels troubles graves nous présentent tous 'les organes ! plus de mouvemens , ou agitation continuelle , convulsions , etc.

Tous les délirans sont alités î leur estomac peut à peine

Jades marchent et courent j supporter des boissons non

à leur aise. S'il survient de nutritives , etc.

la paralysie, ce n'est qu'à

la longue et partiellement.

Ils boivent et mangent

comme d'ordinaire, etc. ( i ) .

L'organe intellectuel , primitivement affecté par les causes , se dérange aussi le premier, en sorte que les troubles des autres fonctions, sont sympathiques de l'affection cérébrale. La folie est donc une affection idiopathique. Les troubles intellectuels sont essentiels, puisqu'à eux seuls , ou àpeu-près , ils constituent la maladie.

Le délire n'est jamais primitif. S'il n'est pas sympathique d'une affection d'un organe éloigné du cerveau , s'il dépend d'une affection idiopathique de celui-ci , il a toujours été précédé par le développement d'autres symptômes. On peut donc le regarder souvent comme sympathique , et toujours comme secondaire.

(i) Lorsque, pour preuve que la folie est idiopathique , j'alléguais que le plus souvent le cerveau seul était malade , on m'a quelquefois fait cette singulière objection , qu'en cherchant bien , on trouverait quelques dérangemens organiques. Ne serait-ce pas une chose étonnante que les causes de cette maladie fussent si cachées , quand nous voyons des lésions très-graves ne point occasionner de délire ?

Les causes de ia folîe agissent sur les fonctions inteiiectuclles du cerveau ; elles sont directes.

La durée de la folie est très-variable ; comme elle n'est pas morlelle , devenant incurable , elle peut durer des années. Les malades ne guérissent guères qu'après quelques mois , une année , ou plus.

Les causes du délire sont , ou (îes maladies éloignées , ou des influences diverses qui peuvent donner îieu aux affections cérébrales qui offrçnt ce sj'mpiôme.

Le délire aigu n'étant qu'un symptôme , sa durée est suLordomiée à celle de la maladie qui îe produit.

Cependant ceile-cî ne pouvant rester dans un pareil état de gravité, le retour à la santé , ou la mort , le terminent promptement. Le délire peut durer quelques heures , quelques jours, et se prolonge raremenl au-delà de vingt ou trente jours.

Nous venons de le dire , Les maladies qui produila folie n'est point mortelle , ! sent le délire , sont souvent quoiqu'elle mette le malade mortelles. Mais si elles guédans le cas d'être plus faci- 1 rissent ou diminuent d'in-

lement atteint par des maladies qui peuvent le devenir; mais elle est souvent incurable.

Le traitement essentiel est dirigé principalement sur les fonctions lésées ; c'est ainsi qu'agissent les moyens moraux qui , à eux seuls , constituent une grande partie du traitement. Les autres moyens tendent à agir indirectement sur le cerveau.

Les symptômes sympathiques , méritent rarement qu'on les combatte par un traitement spécial ; ils disparaissent d'eux-mêmes avec la maladie cérébrale.

E A I Gt7.

tensité , le délire ne leur survit pas (i).

Le délire aigu ne présente aucune indication curative. On ne s'est sur-tout jamais avisé de le combattre par des moyens moraux.

Que pourraient-ils produire sur une intelligence presqu'abolie ?

Les maladies qui produisent le délire doivent fixer exclusivement l'attention du médecin. Le délire disparaît avec elles.

(i) Preuve que la folie est idiopathique, et que les symptômes qui se passent ail leurs que dans le cerveau , sont sympathiques. S'il en était autrement , ceux-ci disparaissant , les troubles intellectuels disparaîtraient et ne survivraient pas à la période d'excitation.

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