‹ De la folieChapitre 37 sur 73 · Congestion cérébrale actiçe · texte numérisé non relu

Congestion cérébrale actiçe

Diagnostic. L'irritation cérébrale que je désigne ici par un de ses principaux phénomènes , est très-fréquente : c'est la continuation de la période d'excitation , du moins du côté du cerveau. C'est l'existence de cette période après plusieurs mois , à dater du commencement de la maladie , qui fait qu'elle mérite de fixer l'atteution pour être combattue par des moyens spéciaux. Elle est caractérisée par l'injection des capillaires de la face , des yeux , et même de la peau du crâne ; par le gonflement des veines du cou 3 les jugulaires sont quelquefois

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plus grosses que les doigts ; par des battemens très-forts des carotides ; les pulsations de ces artères ne sont plus en rapport avec celles du pouls ; elles sont relativement bien plus fortes. Ce phe'nomène peut être le seul qui se manifeste ; les malades restent alors pâles et décolorés. Beaucoup ressentent une grande cha- ' leur vers la tête. Avec tout cela , ils mangent et courent parfaitement bien j seulement ils ne dorment pas. La congestion cérébrale n'est particulière à aucun genre de. folie *, elle se manifeste tout aussi bien chez le mononianlaque que cliez le maniaque , cbez le stupide , que chez le lypemaniaque. Cet état peut durer trèslong-temps , des mois et des années, et jusqu'au passage à l'état de démence.

Indications curatiçes. Nous avons à combattre l'irritation cérébrale et l'effet qu'elle produit , l'ascension en trop grande quantité du sang vers la tête ; ici l'effet est presqu'aussi important a détruire que la cause elle-même , car l'habitude que ce fluide a prise de se porter au cerveau , doit entretenir et peut-être augmenter le principe du mal.

Moyens curât ifs. Les^ dérivatifs au moyen desquels on provoquera une irritation , des sécrétions nouvelles, ou l'abord du sang vers d'autres parties , combinés avec l'usage de ré-

frigérans appliqués sur la tête, seront employés pour remplir ces indications.

On cessera , au moins pour quelque temps , de faire prendre des bains tièdes entiers ; ils favorisent trop le transport du sang et le développement de la chaleur vers les parties supérieures. Lorsqu'on aura , par l'usage des moyens que je vais indiquer , diminué l'irritation cérébrale y on pourra les reprendre , en ayant soin d'appliquer en même temps sur la tête des compresses, ou des éponges, imbibées d'eau froide -, on se servira , alors , avec une égale utilité de la douche c/iYe en arrosoir. Beaucoup de malades, pour calmer ces chaleurs , se la plongent euxmêmes dans l'eau, ou la tiennent sous le robinet ouvert d'une fontaine. On irritera le canal alimentaire avec des purgatifs répétés , pendant dix j quinze ou vingt jours. On ne se servira pas de drastiques j les cathartiques suffisent. L'émétique à la dose d'un ou deux grains , dans \\n pot d'orge ou de petit-lait , me paraît trèsconvenable j il agit d'abord sur l'estomac , comme nauséeux , et continue son action sur le reste du canal. Le mercure doux ( proto-chlorure de mercure), aura encore l'avantage d'agir en même temps comme vermifuge j mais il a l'inconvénient d'exciter quelquefois trèspromptement la salivation. Les bains dg siège

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sont préférables aux bains entiers ) les pédiluves irritans synapisés sont aussi très-utiles. Pendant que le malade aura la moitié du corps ou les pieds dans l'eau tiède , on lui appliquera des rafraîchissans sur la tête. Ces moyens seront continués un certain temps ; nous n'avons pas affaire à une maladie qui parcourt ses périodes avec promptitude.

Si le sujet est jeune et fort , on pourra lui tirer du sang des parties inférieures , soit en ouvrant une veine du pied, ou en appliquant des sangsues aux jambes , aux cuisses , à l'anus , cbez les hommes, ou à la vulve chez les femmes qui n'auraient pas encore leurs règles. Dans quelques cas, on pourra les mettre au cou.

Le régime alimentaire sera doux , aqueux , jion excitant.

Si l'irritation cérébrale persiste après qu'on aura employé ces moyens pendant quelque temps , on appliquera un ou plusieurs vésicatoires aux bras ou aux jambes , plus rarement à la nuque.

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