‹ De la folieChapitre 53 sur 73 · Tl, E (T: H E R C H E S · texte numérisé non relu

Tl, E (T: H E R C H E S

quences positives. Ce n'est donc que dans dé "Vastes maisons d'aliénés ^ qu'on pourra faire d'utiles reclierclies 5 ce n'est qu'après avoir ou- "vert plusieurs centaines de cadavres , qu'on devra s'élever a; quelques résultats généraux. '6.'^ îly a deux manières de4onner les résultats d'ouvertures Cadavériques : les observations individuelles et les observations collectives. Les premières sont plus particulièrement applicables aux maladies de courte durée , a celles sur-tout qui offrent toujours des preuves organiques positives de leur siège, dont un petit nombre d'examens cadavériques suffit pour établir la conviction sur un point donné de leur histoire, etc. La folie se présente sous un jour tout différent -, elle dure très-long-temps , et cliaque ouverture cadavérique en particulier, n'apprend en général que fort peu de choses , et si l'on voulait les exposer toutes en détail , cela deviendrait aussi fastidieux que ce serait peu utile ; si l'on veut au contraire , comme les auteurs qvii oiit adopté cette marche, ne donner que les plus intéressantes, outre qu'elles seraient peu nombreuses, on tendrait a induire en erreur en les donnant comme modèles , ainsi isolées des autres j on croirait très faoiiement que toutes leur ressemblent. D'ailleurs, une difiicLiIté assez grande empêche qu'on ne

fasse de ces observations individuelles trèsexactes : les alieij'^s peuvent vivre long-temps après que la maladie a été déclarée incurable , et que pour cette raison ils n'excitent plus le même intérêt; il est alors impossible, dans un si grand nombre, de ne pas en perdre plus ou moins de vue, en attendant qu'ils succombent j ce ne serait donc qu'approxiraativement qu'on pourrait relater dans l'histoire de chacun , toutes les circonstances qui ont pu influer sur sa santé-, ou bien si l'on pouvait être plus exact pour quelques-uns , ce serait peut-être précisément chez ceux-ia, qu'on no découvrirait rien de remarquable.

4.° Un reproche plus grave qu'on peut faire à la plupart des auteurs qui se sont occupés de ce sujet, et qui n'a pas peu contribué a induire en erreur, a tirer de fausses conséquences des ouvertures cadavériques , c'est de n'avoir point tenu compte , dans les observations qu'ils ont rapportées , de toutes les circonstances antérieures a la mort et même au délire , telles que le genre de vie , de traitement , la nature des influences auxquelles sont habituellement soumis les malades , et les maladies accidentelles qu'elles doivent produire naturellement , etc. Us se sont crus dispensés de toute explication , en annonçant des ouvertures de maniaques.

de mélancoliques , de nostalgiques , etc. , et nous ont laissé le soin de pénétrer la confusion qui en résulte.

D'après cela, il nous sera extrêmement facile d'expliquer les résultats contradictoires qu'a offerts jusqu'ici l'anatoniie pathologique des aliénés. H est bien évident que le riche , préservé de faction d'inlluences extérieures débilitantes , jouissant de toutes les commodités de la vie , ne contractera pas les mêmes maladies que le pauvre , vivra plus long-temps que lui j que dans un établissement bien bâti , bien distribué , pourvu de cours et de jardins spacieux, exposé à l'Est ou au Midi, on ne verra pas autant de scorbutiques que dans un autre qui sera mal aéré , humide, encombré, jamais échauffé ou séché par les rayons solaires ; que lorsqu'il surviendra des épidémies , les maladies seront encore différentes, etc. , et que les lésioiis organiques , indépendantes de la folie , doivent être aussi variables que ces circonstances elles-mêmes. C'est ce qu'a très-bien dit M. Esquirol , dans ces passages (s). « La mortalité des aliénés offre des considérations intéressantes, quoique négligées jusqu'ici. Elles sont relatives au nombre total des adénés , k la

(i) Dict. des Se. Mé,'I. , art. Folie.

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saison, aux âges, au sexe, a l'espèce de folie, à la maladie à laquelle ils succombent, a l'ouverture du corps. » Et plus loin : « La mortalité dépend de plusieurs circonstances locales j est modifiée par la position , la distribution générale du local où on les traite j par la direction, la surveillance, le régime , par l'espèce de malades reçus dans la maison -, il faut aussi tenir compte des circonstances accidentelles , etc. » Ailleurs encore : « Un autre objet ira- ]iortant consiste a bien distinguer ce qui est le produit des maladies auxquelles succombent les aliénés, d'avec ce qui appartient a l'aliénation mentale. C'est pour avoir négligé cette dernière considération, qu'on a tant déraisonné sur le siège de la folie. »

Maintenant, disons quelle route nous allons suivre pour tirer le meilleur parti possible des ouvertures de coips et tâcher de distinguer les altérations organiques qui ont rapport à la folie, d'avec celles qui lui sont étrangères ; et parmi les premières , celles qui pourraient être la cause prochaine de cette maladie , d'avec d'autres qui n'en seraient que les suites plus ou moins immédiates.

Je ne donnerai aucune observation particulière, bien convaincu qu'il n'en résulterait rien d'instructif ; c'est moi ici qui ferai seul , ce

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que dans les cas ordinaires le lecteur est a même d'apprécier -, savoir, si les détails qu'on fait connaître , motivent bien les conséquences qu'on en déduit. Ce sont ks faits en masse , en général, que nous allons examiner. C'est en comparant les résultats généraux des ouvertures cadavériques avec la marche naturelle de la folie, la manière de vivre des malades , la nature des agens qui tendent k détériorer leur santé , les maladies qu'ils contractent le pius fréquemment et auxquelles ils succombent , que nous pourrons arriver le plus près du but que nous nous sommes proposé d'atteindre. Je ne dis pas que nous l'atteindrons ; je ne le pense pas : mais je crois que de toute autre manière nous ne i'approckerions pas autant.

11 suit delà , que puisque les ailératious organiques ne peuvent être les mêmes chez tous les aliénés, varient selon une fouie de circonstances , il ne faut pas considérer celles que l'on rencontre dans des cas particuliers , comme appartenant a cette classe de malades , mais seulement a la portion soumise k l'examen. Voila pourquoi je donne des recherches sur les aliénées delà Salpétrière, et non sur tous les aliénés -, on ne peut de la sorte se méprendre sur les faits ainsi entourés de précautions pour en faire connaître la nature, et m'opposer

comme contradictoires , d'autres faits recueillis au Bethléem de Londres , à Bicêtre ou à Charenton.

§. I." Symptômes et marche de la Folie.

Je ne veux que rappeler ici en peu de mots , ce que j'ai exposé avec tous les détails convenables, dans deux chapitres précédens. Pour étaïjlir la ligne qui sépare la folie des maladies accidentelles, nous devons avoir bien présent a l'esprit où finit l'une , et où commencent les autres.

Le cerveau , ébranlé par des commotions , des secousses morales ou intellectuelles , est ' troublé dans Pexercice de ses fonctions ; il devient un foyer d'excitation caractérisé par des travers dans l'esprit , des maux de tête , de l'insomnie , le transport , le raptus du sang vers la tête, etc. Le reste de l'économie reste comme indifférent aux souffrances de cet organe ; s'il survient des désordres ailleurs, à peine les apperçoit-on , ils ne forcent point le malade à garder le lit. Quelques dérangemens gastriques, qui ne consistent le plus souvent qu'en une diminution ou. la perte d'appétit , de la soif, mais sans douleur stomacale ou intestinale appréciable , sans aucuns signes qui annoncent

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rien d'important dans ces parties. Encore est-il beaucoup de malades qui n'ont jamais cessé de manger comme par le passé. Remarquons surtout y que les poumons ne présentent presque jamais de symptômes d'irritation , si déjà ils n'étaient affectés avant que la folie ne survînt. C'est toujours en général, que je parle des aliénés ; on conçoit très-bien, que des individus mal constitués , entachés de quelques vices originaires ou constitutionnels, que des scorbutiques , des scrophuleux , etc. , pourront n'être pas aussi légèrement affectés : chez eux, la moindre cause peut donner lieu à des accidens graves ; ces cas sont rares.

Les symptômes sympathiques disparaissent ordinairement en peu de temps j au bout de plusieurs jours ou de quelques semaines au plus tard, le canal alimentaire reprend avec régularité l'exercice de ses fonctions , souvent même avec beaucoup plus d'activité qu'avant. Les malades chantent, rient, crient, courent sans se plaindre de la moindre douleur ; tout le mal est concentré dans la tête: de ce côté, des symptômes non équivoques annoncent une continuelle excitation.

Après plusieurs semaines, plusieurs mois, une année ou plus , la convalescence s'établit , la guérison se consolide , ou bien la maladie devient incurable.

Les premières malades ne nous regardent plus; les dernières seules sont soumises a nos recherches ultérieures. Il est bien quelques cas exceptionnels , dans lesquels une maladie aiguë fait périr accidentellement une aliénée pendant qu'elle est soumise au traitement ; mais ils sont rares. Les secondes , au contraire , doivent toutes devenir habitantes de la maison, y contracter les maladies régnantes et y finir leurs jours. Nous pouvons, chez elles, étudier la terminaison naturelle de la folie incurable , l'action qu'elle produit seule, à la longue, sur les organes, et apprécier les effets d'un séjour plus ou moins prolongé , selon que l'existence dure plus ou moins long-temps.

JLia Folie considérée comme cause patholo^' gique d'autres affections , terminaison naturelle de cette maladie devenue incurable.

Les organes sont susceptibles d'exercer une double action les uns sur les autres ; par l'exercice de leurs fonctions et d'une autre manière que j'appellerai plus particulièrement sympathique , qui dépend plutôt de l'organisation générale, du tissu entier. Je m'explique par des exemples : la digestion répare les forces quand elle est bonne, et les laisse languissantes,

lorsqu'elle se fait mal , sans même qu'il y ait mialadie de l'estomac , car cela peut tenir exclusivement k la mauvaise nature des alimens ; d'un autre côté , si cet organe est affecté d'inflammation , de cancer , etc. , non seulement son action est dérangée, mais en outre il existe une réaction dont il est le centre , sur le reste de l'économie. De même pour le foie : s'il secrète de la bile qui ne convienne pas k la cliylification , ou qui irrite la muqueuse intestinale, il en résulte du troublé de ce côté j cet organe peut néanmoins être sain, ne souffrir nullement dans son organisation , faire bien sa fonction j seulement il n'est plus eu harmonie avec les organes digestifs : dans l'hépatite > avec un vice de sécrétion , il y a de plus réaction organique plus ou moins étendue. On dira peut-être que dans ces deux modes d'action , c'est toujours l'organe qui agit ^ cela est vrai, mais il n'en est pas moins évident qu'il le fait de deux manières bien différentes ; dans un cas , c'est comme chargé d'une fonction, et dans l'autre comme partie de l'organisme , de même que dans la société , l'homme peut être fonctionnaire et individu.

Les fonctions peuvent quelquefois être troublées sans de grands désordres organiques ; ordinairement alors, l'affection est plus locale.

moins étendue; et ce n'est que lorsqu'elle fait des progrès désorganisateurs , qu'elle étend au loin ses ravages , alors par réaction sympathique de l'organe. La folie nous va fournir l'occasion de nouvelles applications.

Tant que cette maladie se borne aux fonctions intellectuelles du cerveau , ou à la portion de cet organe qui en est chargée, elle n'existe guère que dans la tête , car nous ne devons pas tenir compte ici , de quelques symptômes sympathiques passagers. Dans le cas, au contraire, où elle s'étend plus loin , où l'organisation semble plus directement et plus généralement atteinte , il en résulte des désordres éloignés plus ou moins graves ', cette disposition se présente dans deux circonstances différentes , a deux époques opposées, au commencement et à la fin.

Dans le principe, le cerveau trop fortement ébranlé chez un sujet mal disposé , peut donner lieu comme nous l'avons vu , à plusieurs symptômes plus ou moins graves.

La même chose arrive , sinon de la même manière , du moins avec des résultats analogues , chez les aliénés incurables , s'ils vivent encore assez long - temps , l'altération cérébrale , en faisant des progrès ou en changeant de nature, peut donner naissance a trois modes d'affection

que nous désignerons par les noms d'atonie générale f de paralysie aiguë et chronique , et d'irritation chronique A\x cerveau. Ce sont là les trois terminaisons de la folie incurable. Nous les décrirons avec les maladies des aliéne's. Nous les verrons non seulement constituer de véritables maladies, mais modifier la nature de celles des autres organes, leur imprimer un caractère particulier. Nous avons parlé ailleurs de l'état de l'intelligence de ces malades arrivés à cette période de la folie.

§. II. Genre de vie des Aliénées de la. Sàlpétrière j Influences débilitantes auxquelles elles sont soumises.

Quoique j'indique les aliénées en général, il est bon cependant de dire que celles qui sont en traitement et en voie de guérison font , sous beaucoup de rapports, classe à part. Trente tout au plus , de celles-ci , sont dans des loges *, les autres, au nombre d'environ deux cents, et qui forment le sixième du total des aliénées , couchent dans de beaux dortoirs , spacieux et bien aérés j ces malades inspirent toujours plus d'intérêt à leurs familles , et en reçoivent des soins empressés j dès que la convalescence s'établit , l'aliénée tranquille d'esprit et jouissant

à-peu-près de toutes les commodités de la vie , rentre dans la classe des individus bien porlans, et n'est pas plus susceptible qu'eux , d'être affectée par les agens extérieurs. Enfin , dans tous les cas , celles qui sont soumises à l'action des influences que nous ferons donnaître , n'y restant pas long -temps, n'en reçoivent ordinairement pas des impressions assez fortes ou assez soutenues, pour que leur santé en soit beaucoup dérangée. Il y a néanmoins des exceptions, comme on doit bien penser. Ce sont donc plus particulièrement, ou k-peu-près exclusivement les incurables qui en essuyent les pernicieux effets , elles qui , plus ou moins délaissées, abandonnées de leurs familles, sont obligées de finir leurs jours dans la maison, devenant de plus en plus incapables de raison , et souvent atteintes d'infirmités qui empirent encore leur position.

Parmi les influences qui tendent a détériorer la santé des aliénées , les unes proviennent de l'état mental j d'autres , de la manière de les conduire , de les gouverner , des moyens de propreté qu'on doit emplayer ; souvent quelques unes sont inséparables de grandes réunions , et sur-tout composées de gens aussi peu raisonnables j enfin très - peu dépendent de défauts bien essentiels de l'établissement. Parcourons ,

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au reste, les six chapitres de ce que l'on appelle la matière de l'hygiène.

Circumfusa.

Uair que respirent les malades qui couchent dans les loges , et dont le nombre est d'a-peuprès six cents, est souvent extrêmement chargé d'émanations nuisibles. Ces habitations construites sur deux rangs adossés l'un à l'autre , ne sont libres que d'un seul côté où se trouvent percées la porte et la fenêtre. Il en résulte qu'il est impossible d'établir un courant d'air propre à en assainir l'intérieur, en le débarrassant des émanations vicieuses perspiratoires , fécales et autres , qui s'y rencontrent fréquemment. Tous les soirs après le coucher, on est obligé de fermer ces deux ouvertures , l'hiver pour préserver du froid , et en tout temps pour beaucoup d'aliénées , à cause du bruit qu'elles ne cessent de faire et qui trouble le repos des voisines. Il est bon encore de prendre cette précaution pendant les beaux clairs de lune -, quelques aliénées surprises de l'extrême clarté qui vient les surprendre au milieu des ténèbres, s'en effrayent beaucoup. Je crois avec M. Esquirol , que c'est là le seul effet produit par cet astre sur les fous. Les anciens, comme on

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sait, croyaient a une influence plus directe; delà le nom de lunatiques donné aux maniaques ; des modernes soutiennent encore cette opinion , qui me paraît tout-à-fait erronnëe.

L'humidité , sur - tout pendant l'hiver , est une des influences les plus pernicieuses à la santé d'un grand nombre d'aliénées. La propreté exige qu'on lave tous les matins a grande eau , presque toutes les cours et beaucoup de loges, pour débarrasser ces dernières des ordures de toute espèce, des matières fécales qu'y ont déposées les malades pendant la nuit , et les empêcher de séjourner dans le5 premières. Les infirmeries subissent la même opération et pour les mêmes raisons, plusieurs fois la semaine -, ici ce sont des malades qui urinent dans leur lit, et en arrosent le carreau. Beaucoup de femmes , loin de chercher à se soustraire aux mauvais effets de cet agetit maladif, marchent continuellement dans l'eau avec leurs chaussures, s'arrosent plus ou moins largement le corps , et laissent ensuite sécher leurs vêtemens sur elles-mêmes. La fameuse Théroine de Méricourt , avait l'habitude de jeter tous les soirs plusieurs seaux d'eau dans son lit ; elle ne se serait pas couchée si on l'en eût empêchée. -

Une espèce d'humidité bien plus nuisible ,

provient de la malpropreté si commune chez beaucoup de malades -, les aliénées paralytiques, celles tout-a-fait en démence, quelques stupides et même d'autres, lâchent leurs urines sous elles sans s'en apercevoir ou ne voulant pas faire autrement , en imprègnent leur lit , leurs vétemens, et il deviendrait impossible de les changer aussi souvent que cela serait nécessaire. La même chose arrive pour les déjections fécales , surtout dans les dévoiemens considérables.

Le froid est d'autant plus dangereux pouF les aliénés, que beaucoup d'entr'eux paraissent ne pas le sentir , s'exposent même , à peine vêtus, à toutes ses rigueurs. Il est résulté de ce fait d'observation , une erreur qui a été bien fu^ neste à ces malades ; on a cru qu'ils étaient dans un état tel de chaleur interne , qu'ils pouvaient résister à cet agent. On n'a pas vu que leur cerveau seul , ne percevait pas les impressions reçues par les autres organes, mais que ces impressions étaient les mêmes chez eux que chez tout autre individu. Ils n^ sentent pas non plus le vésicatoire qu'on leur applique, et il n'en produit pas moins une plaie qui suppure. Ce sont la violence ou l'importunité des souffrances morales qui leur font ainsi oublier les un aux physiques. Tous les jours nous voyons

la même chose arriver dans les fortes contentions d'esprit j dans la congélation partielle ou générale, le malade ne sent pas les progrès du mal qui l'atteint, et il périt en s'élançant dans les bras d'un sommeil trompeur. On ne chauffait donc point les habitations de ces malheureux ', et on sait combien il en périssait pendant les hivers longs et rigoureux, com.bien il survenait de congélations des extrémités et notamment des pieds. A la Salpétrière , et en général dans tous les établissemens bien gouvernés , ces graves inconvéoiens ont disparu autant que possible y les malades , même furieuses, sont chauffées dans des pièces convenables. Néanmoins, il est impossible d'y retenir de force celles qui n'y veulent pas rester -y en outre pendant la nuit , il en est qui poursuivies par leurs idées chimériques, effrayées quelquefois par des visions , quittent leur lit , et on les trouve le lendemain en chemise , grelotant sur le carreau ; d'autres se vêtissent légèrement et se promènent ainsi au grand air , ou marchent sans chaussures sur la neige ou la glace j malgré une extrême surveillance a cet égard, il est souvent difficile de s'opposer à ces actions.

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