‹ De la folieChapitre 70 sur 73 · gS 1\ E C II E I\ C II E s · texte numérisé non relu

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-venu sur lui-même dans sa moitié anale , il ne forme plus qu'un cordon gros comme le doigt. J'ai trouvé plusieurs fois le rectum dilaté et rempli de matières fécales , au point d'occuper tout le bassin} en général, la muqueuse du gros intestin pi^ésente rarement des traces d'irritation, je l'ai néanmoins vue épaissie et ulcérée en plusieurs endroits. Je n'ai presque jamais rencontré de vers intestinaux.

Replis du Péritoine.

Le grand épiploon n'est presque point altéré -, dans plusieurs cadavres , son bord inférieur adhérait aux parties antérieures du bassin. Le mésentère peut offrir un développement trèsgrand des ganglions lymphatiques situés entre ses deux feuillets , et un relâchement extrême qui permet au paquet intestinal de se ïoger entièrement dans le petit bassin. M. Esquirol a fait remarquer un changement de situation du colon transverse qui provient d'une cause semblable j si c'est le centre du mésocolon qui se trouve relâché, cet intestin forme une anse qui vient circonscrire la partie inférieure de la cavité abdominale, et descend mérùe dan& le bassin j si Iq relâchement existe à droite ou à gauche, l'angle du même côté descend et ar-

cadavériques; égg

rive dans la fosse iliaque , ou bien jusque dans le bassin , ce qui rend l'arc du colon très-oblique ou presque perpendiculaire.

Foie. Vésicule biliaire.

Le foie offre de fréquentes variations dans ,{Son volume, sa couleur, sa consistance, son organisation intérieure, etc. ^'^a couleur présente une foule de nuances, depuis le jaune biancliâtre, jusqu'au brun très-foncé et livide. Cet organe est quelquef ns presque réduit de moitié , cruoique bien organisé en apparence. Il est plutôt très-volumineux, sur -tout chez les scorbutiques ', son lobe gauche s'avance jusque vers la rate en passant pardessus l'estotnac, le droit descend vers la crête de l'os iliuni -, dans ces cas , ses vaisseaux sont ordinairement gorgés d'un sang noir et épais , poisseux, et de lluide bilieux approchant de la même couleur. Sur plusieurs cadavres, sa surface convexe était adhérente dans toute son étendue au diaphragme. Les altérations organiques en petit nombre , que j'ai observées sur le foie, sont, i.*' des tubercules, tantôt milialres et très - nombreux , QU bien gros comme des noisettes, des noix ou des œufs de pouie, parsemés ça et la en quelques endroits j 2.° des abcès, ou plutôt des kystes

5oO EECHERCHES

GOiîtenant un pus d'un blanc jaunâtre , mêlé de bile-, 5.° la dégénération graisseuse, qui est plus fréquente que les autres altérations; le foie, plus volumineux que de coutume, est d'un blanc jaunâtre, mollasse; si on le divise, ses vaisseaux ne laissent échapper aucun liquide, l'instrument est enduit de graisse ; 4." sur un cadavre, cet organe contenait un énorme kyste rempli d'hydatides, lequel communiquait avec une semblable poche formée dans le poumon gauche , et qui recelait également de ces vers.

La vésicule biliaire est tantôt distendue par une grande quantité de bile et dépasse beaucoup le bord du foie , tantôt elle ne contient qu'un peu de mucus, est revenue sur ellemême, et se trouve comme cachée dans sa fossette. Plusieurs fois, au lieu de bile, j'ai trouvé un liquide clairet transparent, et d'autres fois une matière blanche, crémeuse, inodore. Il n'est pas rare de rencontrer des calculs biliaires unique^ ou multiples , ronds ou multifaciés , dont la couleur varie depuis le jaune blanchâtre, jusqu'au brun foncé ; la vésicule en est quelquefois remplie ; ils ne sont pas plus fréquens dans les suicides^ que dans les autres variétés du délire .

C À D jVV ÉRIQUES. 5oi

Rate,

Chez les scorbutiques , cet organe est souvent volumineux, mollasse, facile a déchirer, rouge lie de vin, ou d'un noir livide.

Utérus et Ovaires,

Lesaltérations qu'ont offertes ces organes sont quelques dégénéralions tuberculeuses des ovaires, des kystes séreux de cette partie plus ou moins volumineux, des tumeurs utérines variables par leur volume , leur nature , leur situation -, presque toutes étaient extérieures , la plupart grosses comme des noisettes ou des noix-, quelques-unes seulement avaient un volume plus considérable \ elles sont fibreuses , cartilagineuses ou osseuses •, une de la nature de celles-ci, grosse comme vuie hémisphère du cerveau , avait l'apparence extérieure de cet organe. Dans beaucoup de cas, l'utérus est plus volumineux qu'a l'ordinaire , quelquefois du double, sans paraître altéré dans sa texture.

Réflexions.

D'après toutes nos réftexion& précédentes , le lecteur peut certainement savoir aussi bleu que nous , comment il doit considérer les altérations des organes thoraciques et abdomi-

naux. Sont -elles la cause occasionnelle, sympathique de la folie ? Nous poui^rions hésiter k résoudre r;< tte question , si nous n'a^^ions pas reconnu pour les véritables causes occasionnelles de cette inaladie , ies affections morales et iateliectueiies , si nous n'avions pas suivi le développement et ia marche de ses symptômes, observé que le cerveau seul présente des désordres bien marques dans le commencement, et souvent encore loog-temps après, pris connaissance de la durée et du genre de vie , des influences auxquelles sont soumises les malades. Ces maladies que nous rencontrons à la mort, n'existaient pas dans le principe , ou bien dans un petit nombre de cas, elles n'étaient que des accidens purement concomitans 3 d'ailleurs elles existent chez un bien grand nombre d'individus qui ne perdent pas la raison. Elles ne sont donc pour rien dans la production de la folie. En sont- elles la suite, sont -ce des affections sympathiques de l'état cérébral ? 11 n'y a pas de doute que cet état ne doive influer puissamment sur le reste de l'organisme, détériorer l'exercice des fonctions, contribuer concurremment avec ies agens extérieurs à les affaiblir, a donner à leurs désordres , ce caractère d'atonie, de chronicité qui leur est particulier. Enfin, ces altérations dépendent- elles de l'action des ia-

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fluences que nous avons examinées? Il suffirait presque de comparer leur nature, avec les effets ordinaires de celles-ci, pour se convaincre que telle est en effet leur source éloignée. Le scorbut, la plitliisie^ les débilités gastriques et intestinales, etc., ne proviennent que de l'action de toutes les causes débilitantes dont sont entourées les aliénées de la Salpétrière ; cela est si vrai , que les aliénés riches , bien soignés dans des Maisons de Santé > sont loin d'être aussi sujets a ces maladies ■, le scorbut ne les atteint point. Pour dernière réilexion , je ferai cette considération, que puisque la folie n'est pas mortelle quoiqu'elle devienne incurable , il faut bien que les malades succombent à une affection quelconcjue.

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