ETES
tant bien; nie tout alcoolisme, toute syphilis, ne présente aucun stigmate de dégénérescence, n’a eu aucun trouble nerveux avant son service militaire. S'engage en février 1899 et est envoyé en Algérie. Au régiment, sa conduite fut toujours bonne. Après un séjour de six mois en Afrique, il part pour le Tonkin, à Hagiang, où il subit les premières atteintes du paludisme. Il fait un séjour de trois mois à l'hôpital. Traité par la quinine, il guérit des fièvres et est rapatrié à la fin de son congé.
K... rengage en 1903, retourne en Algérie dans l’extrême Sud : il est de nouveau en proie aux accès palustres, et, le 14 avril 1904, à la suite d’un accès, il disparaît du camp de Ben- Zir ; il est retrouvé le 16, rôdant aux environs, en plein délire et très surexcité.
Envoyé à l’hôpital d'Oran, le médecin militaire constate chez notre malade du délire continu à idées fixes, des hallucinations de la vue et de l’ouie, avec amnésie totale.
K... arrive à l’asile le 2 juin 1904, il a le teint pâle, le front plissé, les yeux hagards et méfiants, se tient à l’écart, paraît soucieux, Sa physionomie dénote une profonde hébétude, sa mémoire paraît complètement abolie. Il ignore s’il est soldat, ne sait d’où il vient nioù il est, cause à voix basse, semble avoir des hallucinations de l’ouïe, fait des réponses brèves et incohérentes.
Le 16 juin 1904, K... qui depuis quelques jours accusait de la céphalalgie avec des troubles gastriques, passe à l’infirmerie et est pris d’un violent accès de fièvre. Il réclame à boire, se jette sur un servant, qui hésitait à lui donner ce qu’il réclamait, le terrasse, et quatre hommes sont nécessaires pour le maintenir. Il profère des menaces à l’adresse des médecins, déchire ses draps, et menace quiconque s'approche de son lit.
Pendant les quelques moments d’accalmie il parle à sa fiancée qu’il croit auprès de lui, et pense se trouver dans le train
que l’amènera à Modane où sont les parents de cette dernière.
Les accès de paludisme toujours suivis de crises furieuses, se reproduisent presque tous les dix jours jusqu’au milieu d’août,
À la suite du traitement, l'état physique de notre malade s'améliore, les accès s’espacent, et à dater du 15 août, nous n'avons plus l’occasion d’en constater. K... change dès lors son attitude, il devient plus sociable, répond assez bien à nos questions, et nous constatons qu'il est doué d’une intelligence vive associée à une bonne éducation. I paraît animé des meilleurs sentiments, se rappelle très bien l’objet de ses hallucina-
tions. Sa sortie lui est accordée le 16 octobre 1904.