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OBSERVATION III

(Personnelle)

C... Joseph, âgé de 27 ans, sergent-fourrier au 2° régiment de marine.

Pas d’hérédité vésanique, aucun antécédent pathologique intéressant, a fait de bonnes études au Lycée, s'engage en 1805, désirant faire sa carrière dans l’armée. S'est toujours très bien conduit au régiment, les notes de service sont très flatteuses à son égard. De février 1898 à mai 1903, il fait différentes campagnes ; en Nouvelle-Calédonie, à Taïti et à Madagascar.

C’est sur la côte orientale de cette dernière colonie qu’il reçut les premières atteintes du paludisme. Nous ne possédons aucun renseignement précis sur l’évolution de la maladie dans ce pays. C... est rapatrié en France pour troubles mentaux. M. le médecin-principal Mercier, de l'hôpital militaire de Marseille, dans son rapport pour l'admission à l’asile Saint-Pierre, dit : « C... est pâle, amaigri, a le teint cachectique. Pendant les jours qui

suivirent son entrée dans notre service, il présenta des signes

A Re

de paludisme qui furent traités avec succès par la quininé. Calme et docile, raisonnable en apparence, écrivant à sa famille des lettres aussi correctes dans la forme que dans le fond, possédant une bonne mémoire, doué d’une intelligence assez vive, le sergent C... après des moments de lucidité parfaite, devient loquace et incohérent. Bruyant, appelant l'attention des personnes voisines, commandant l'exercice, criant, réclamant sans cesse sa liberté. Les infirmiers constatèrent que son état d’agitation se présentait surtout dans la soirée, et qu’il cessait dès que ce malade avait eu une crise de sueur abondante. Sous l’influence du repos, d’un bon régime et de la quinine, la santé de ce sous-officier devint manifestement meilleure ; l’état mental semblait s’amender parallèle à l’état physique. Il nous semble qu’on pouvait essayer de donner au sergent C... un peu de liberté dans l’hôpital, mais on fut obligé de l’enfermer de nouveau ; il cherchait à s'évader, abordaïit les personnes qui passaient dans la cour, leur tenant des propos incohérents. En raison des services, des campagnes de ce sous-officier, de l’influence que le paludisme avait sur son état mental, nous avons patienté, espérant pouvoir le faire conduire dans sa famille qui le réclame, mais C... fait un tel vacarne, qu’il révolutionne l'établissement, empêchant le repos des malades. Il est donc nécessaire de l’interner. »

C... arrive à l’asile le 7 août 1903, il est très loquace, devient immédiatement familier avec nous, répond à nos questions raisonnablement et avec empressement, est étonné de la mesure que l’on prend à son égard. Emotif, il rit et pleure tour à tour, présente de la mobilité dans ses idées.

Son état physique est bon, on ne découvre rien à l’auscultation du cœur et des poumons, le volume de la rate ne présente

rien d’anormal.

Les jours suivants C... devient turbulent, agace sès camarädes, leur posant des questions À tort et à travers.

15 août. — C... a un accès de fièvre et passe à la première in: firmerie. Les troubles psychiques augmentent, if cause seul et sans discontinuer, son attention est difficilement fixée, il prend des attitudes provocantes ; ses actes sont désordonnés comme ses idées. Il chante des chansons obscènes. Quelques idées de - grandeur apparaissent.

2 septembre. — C..., dont l'excitation a diminué, passe au premier quartier et une amélioration notable se produit.

20 septembre. — Nouvel accès avec exacerbation des mêmes symptômes.

8 octobre. — Nouvel accès, même délire

1r décembre. — Le docteur Maunier établit un certificat de

situation, constatant que C... est atteint d’excitation intermittente paludéenne ; les accès se succèdent ainsi à 10 où 12 jours d'intervalle.

En janvier, un changement se produit chez le malade, il devient plus raisonnable, moins incohérent, s’occupe dans le quartier.

Il est transféré à l'asile de Quimper. le 1° février 1904.

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