‹ De La Folie: Infection PalustreChapitre 3 sur 25 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le paludisme est une des maladies les plus répandues à la surface du globe (1). Sans parler des populations qui habitent les contrées palustres, nombreux sont les malades qui, ayant contracté des fièvres dans les localités où 1ls n’ont séjourné que peu de temps, restent encore de longues années sujets aux accidents du paludisme. Aussi cette infection qui occupe dans la nosologie une si grande place a-t-elle été étudiée de tout temps.

À la suite de campagnes coloniales, comme celles d'Algérie, du Tonkin, du Dahomey, de Madagascar, où le paludisme a régné en maître, on a souvent constaté chez les rapatriés une sorte d’hébétude, d’affaiblissement général des facultés mentales, et les fièvres intermittentes ont alors joué un grand rôle dans les psychoses consécutives à ces expéditions.

Nous avons recueilli une partie des documents sur lesquels ce travail est basé à l’asile des aliénés de Saint-Pierre, qui reçoit les pensionnaires de la Guerre et de la Marine provenant de toutes nos colonies et des pénitenciers d'Algérie et de Corse. Les certificats d’origine et les rapports détaillés des médecins militaires nous ont été fort utiles pour établir nettement les relations étiologiques existant entre les troubles psychiques et l’impalu disme.

(1) Laveran.

L'importance de cette étiologie est reconnue depuis longtemps dans l’armée coloniale et une très grande place est réservée aux troubles paludiques sur les feuilles de renseignements.

L’intensité de l’intoxication palustre dans nos colonies d’Extrême-Orient, jointe aux conditions étiologiques précédentes, explique la fréquence relative de ces troubles psychiques d’origine palustre. On les a peu observés à la suite des fièvres intermittentes contractées en Camargue, dans les Landes, dans la Bresse, et il faut donc accueillir avec réserve un certain nombre d'observations dans lesquelles les auteurs ont rapporté à l’impaludisme des troubles mentaux survenant dix, vingt ét trente ans après des accès passagers de fièvre intermittente.

Dans la plupart de ces cas, l’intoxication palustre a été si faible, si éloignée et de si courte durée, qu’il ne faut peut-être l’accepter dans l’étiologie de ces troubles qu’à titre de simple coïncidence.

Deux conditions nous paraissent, en effet, nécessaires pour permettre de conclure à l’origine palustre de ces troubles mentaux. : c’est d’une part l'absence ou le défaut de prédominance des autres facteurs étiologiques et d'autre part la succession de ces troubles psychiques et leur enchaînement à des manifestations prolongées et récentes de l’impaludisme.

Après avoir, dans un premier chapitre, fait l'historique de la question ; dans un second, nous inspirant de la division adoptée par MM. Rey et Boïinet dans leurs communications, nous étudierons: 1° s’il y a lieu d'admettre une folie palustre; 2° les divers delvies durant l’accès et en dehors de l’accès.

Nous les ferons suivre de nos observations ; l’étiologie et la pathogénie viendront ensuite. En raison du milieu dans lequel nous avons observé, nous réserverons un chapitre important aux conséquences que l'infection palustre peut présenter ‘u point de vue médico-légal.

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