‹ De la Fondation-Goethe à WeimarChapitre 2 sur 2 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

Des Concours.

Un appel annuel, mais alternatif, fait aux productions de la

Littérature,

Peinture,

Sculpture,

Musique, sera pour les littérateurs et les artistes, comme aux temps des jeux Olympiques, une occasion brillante de se faire connaître et apprécier dans de grandes assemblées, où l'oeuvre la plus accomplie remporterait une couronne, à laquelle les noms seuls des juges, donneraient déjà un prix de gloire invaluable.

La Littérature, la Peinture, la Sculpture et la Musique en se succédant comme objet de concours, laisseraient entre leurs retours périodiques, un intervalle de trois ans, favorable, nous le présumons, au degré de supériorité qu'il importe d'obtenir dans les ouvrages admis à ces concours; on ne saurait dévier de la conviction, qu'il faut se garder de laisser tomber cette institution dans la région des compositions inférieures ; qu'il faut, au contraire, intéresser et chercher à appeler par tous les moyens, les premiers artistes à se faire honneur d'avoir concouru aux fêtes de Goethe.

Il nous paraîtrait en outre conforme à ce but, de ne fixer qu'un seul prix, concentrant ainsi toutes les ressources dont la Fondation-Goethe pourra disposer annuellement, à récompenser avec plus de munificence les oeuvres capitales qu'elle doit attirer à elle.

Les prix consisteront en une somme d'argent, et représenteront en certains cas ce principe d'assistance, que la Commission de Berlin a recommandé, comme devant être au nombre des avantages que la Fondation- Goethe offrira aux artistes. — Toute considération de pure charité ayant été élaguée de

ses attributions, par elle, comme par nous, son principe d'assistance ne peut se reporter, ni sur les infortunes individuelles auxquelles les artistes sont soumis de même que tous les mortels, ni sur les nécessités de leur éducation dont les frais dépassent souvent la portée de leurs talents, par suite des fallacieuses promesses que donnent maintes fois l'enfance et la jeunesse, et les respectables illusions que les parens se forment à leur égard; mais uniquement et sans exception, au talent qui offre déjà des gages de sa vitalité, et de sa force. Lui ouvrir une arène, lui rendre accessible un point de mire, lui accorder une large rétribution pour une belle oeuvre, c'est satisfaire pleinement, nous le croyons, au principe cl assistance contenu dans les bornes d'une protection réservée aux arts et aux capacités. Il entrera probablement dans les vues de quiconque s'intéressera à la Fondation-Goethe dans le sens de l'appel du 5 juillet, d'empêcher que ces secours ne s'extravasent dans la sphère des charités qui s'adressent aux mécomptes du sort, aux vocations malheureuses, aux mérites de caractère, etc. Quant au suffrage et à r encouragement, il serait sans doute inutile de faire remarquer combien, dans le plan que nous exposons, est grande la part qui leur est assignée.

Il est encore, nous le savons, des distinctions particulières, qui. en maintes occasions, alors sur-

tout que les prix auraient été remportés par des artistes déjà expérimentés, connus et reconnus pour leur prééminence, et dans une position à l'abri des besoins pécuniaires, leur seraient d'un précieux souvenir; mais comme il appartient à la délicatesse et au bon goût de les créer pour leur donner toute leur valeur, leur distribution restera le privilège des Princes de Weimar, auxquels l'amour des arts inspirera le désir de se joindre à des efforts si intelligemment dirigés vers la diffusion des lumières civilisatrices.

De l'organisation de la Fondation -Goethe.

Les personnes auxquelles serait confiée la direction de la Fondation- Goethe, composeraient un Comité Directeur de vingt-cinq membres.

Il serait formé

A) Par Mgr le Gd Duc héréditaire de Weimar, lequel aura toujours le droit de Présidence aux séances de la Fondation- Goethe. Après lui, il sera élu un autre Prince de sa maison, qui succédera à ce droit, lequel sera à jamais réservé à la famille Grand-Ducale de Weimar.

B) Par les signataires de l'appel du 5 juillet 1849, — avec cette clause que cinq seulement d'entre eux seront remplaçables après leur décès. On ne considérera donc comme remplies par eux que cinq places, et ces cinq membres seulement désignés spécialement, auront le droit d'être convoqués expressément par M, le secrétaire, (voir p. 124.)

Par une exception extraordinaire, ne devant point servir d'antécédent, les autres signataires de l'appel sont nommés membres du Comité- Directeur , en sus du nombre de vingt-cinq, fixé comme définitif; ce privilège leur est acquis de droit, après la manifestation de la noble et grande idée qu'ils ont réveillée dans l'Allemagne entière.

C) Par deux personnes dont la nomination dépendra uniquement et sans réserve du Prince Président, et qui devront résider à Weimar.

D ) Par deux personnes nécessairement élues parmi les habitants de Weimar.

E) Par d'autres notabilités élues, au nombre de quinze, parmi les autres villes de l'Allemagne entière.

L'on devra se garder de négliger dans ces élections, maintenant comme plus tard, les hommes renommés résidants dans les contrées les plus éloi-

gnées de l'Allemagne, afin que toutes, autant que faire se peut, soient représentées dans le Comité- Directeur, et lui conservent un caractère d'universalité allemande.

A ce Comité seront adjoints:

A) Un secrétaire,

B) Un trésorier,

élus par le Comité-Directeur lors de ses séances annuelles.

Nous laissons à des déterminations ultérieures à décider, si ces nominations auront lieu pour une période de quatre ans, ou plus.

Sans qu'il soit absolument nécessaire qu'ils appartiennent au Grand-Duché de Weimar, tous deux pourtant devront y résider constamment, tant qu'ils occupèrent ces places.

Les membres du Comité-Directeur sont nommés à vie , et ne perdent cette qualité que par leur démission, ou leur expatriation.

De la Convocation du Comité- Directeur.

Le secrétaire aura à convoquer pour les fêtes du 28 Août de chaque année, cinq membres du Comité - Directeur ne demeurant point à Weimar. Ceux-là recevront, pour les déboursés de leur voyage, une somme de 1 00 Thalers chacun, et durant leur séjour à Weimar seront logés et servis.

Ces cinq membres étant réunis aux cinq membres fixés à Weimar, lesquels seront dans l'obligation de s'y trouver à cette époque, sauf une démission formelle, le Comité- Directeur se trouvera composé d'au moins dix personnes, dont les décisions auront autorité définitive.

Le secrétaire aura à faire dès le mois de Mai, des convocations successives aux membres du Comité-Directeur non établis à Weimar, pour la célébration des fêtes du 28 Août. 11 suivra en cela l'ordre alphabétique de leurs noms, et ces invitations doivent continuer dans ce même ordre jusqu'à ce qu'il y en ait eu cinq d'acceptées

Si pourtant, sur les vingt membres du Comité- Directeur ne demeurant point à Weimar, il advenait

dans une année malheureuse, que des circonstances défavorables ne permissent même pas à cinq d'entre eux, sur le nombre total de vingt (qui devront successivement avoir reçu des lettres de convocation spéciale) de se rendre à Weimar, les séances du Comité ne s'en tiendraient pas moins, et les décisions auraient une même autorité, pourvu que le nombre des membres présens atteigne le chiffre de six.

Les vingt- cinq membres du Comité- Directeur, par le fait même de leur admission à ce comité, ainsi que les délégués par lesquels les Princes des maisons régnantes posséderont la faculté de se faire remplacer (voir p. 1 26) ont le droit de se rendre à Weimar, et de participer aux séances qui seront ouvertes le 15 Août, sans même avoir reçu d'invitations spéciales, lesquelles ne seront adressées qu'aux membres dont le voyage et le séjour seront défrayés

Les cinq invitations spéciales que le secrétaire sera en devoir d'envoyer, selon la liste alphabétique de leurs noms, aux vingt membres non résidens à Weimar, ont pour but d'assurer aux fêtes du 28 Août la présence de cinq d'entre eux au moins, lesquels seront rétribués, ainsi qu'il vient d'être dit. Mais tous ceux qui voudront bien se rendre à Wei-

mar à leurs frais, y jouiront absolument des mêmes droits, dans toute leur étendue, quel que soit le jour de leur arrivée en cette ville. De même, les 1 8 signataires de l'appel de Berlin, du 5 juillet 1849, qui ne sont pas destinés à être remplacés, et dont les noms ne feront point partie de la liste d'après l'ordre alphabétique, de laquelle, le secrétaire fera les invitations successives, jusqu'à ce qu'elles aient été acceptées par cinq membres non résidens àWeimar.

Le secrétaire aura à s'informer auprès du Prince président, s'il lui conviendra d'assister cette année aux séances du Comité-Directeur, ou de s'y faire remplacer par un délégué que le Prince aura droit de nommer de son propre choix, mais auquel la présidence ne serait plus exclusivement dévolue, et qui ne jouirait que des droits des autres membres du Comité-Directeur.

Lorsque le Prince président désirera se faire remplacer aux séances du Comité-Directeur, celuici élira son président, à la majorité des voix parmi ses membres présents, pour toutes les séances de l'année. Le vice-président sera également, et toujours élu de cette sorte.

Des attributions du Comité - Directeur

Les membres qui auront accepté les invitations spéciales devront être arrivés à Weimar avant le 1 5 Août, pour qu'à cette date, le première séance du Comité-Directeur puisse immanquablement avoir lieu. Il aura à discuter et à décider en partie préalablement à la distribution des prix, et en partie après, sur les sujets soumis à sa délibération, et qui porteront sur:

A) L'élection de nouveaux membres, si, dans le courant de l'année, le Comité-Directeur en avait perdu, afin qu'il reste toujours au nombre complet de vingt-cinq. On choisira leurs successeurs parmi les hommes les plus marquants par leurs lumières, et possédant des titres irrécusables au respect et à la considération que conquièrent les talents éminents, et un caractère honorable. Les hommes de toutes les spécialités pourront en faire partie, de même que ceux qui, tout en ne suivant pas la carrière des lettres et des arts, voudront bien tenir à honneur, d'y être appelés, en témoignant de quelque bienfait notable à la Fondation -Goethe, qu'ils appartiennent soit à des maisons régnantes, soit à d'autres classes de la société. Lorsque les Princes

des maisons régnantes ne pourront point se rendre aux invitations du secrétaire faites par suite de Tordre alphabétique des noms, ils auront le droit exceptionnel, de conférer leur pouvoir à des délégués désignés par leur choix personnel, lesquels, pendant la durée des séances auxquelles ces Princes auraient été invités, jouiront de toutes les prérogatives des membres du Comité-Directeur.

B) La lecture des Mémoires, Projets, Notifications, Renseignements, etc, etc, etc, parvenus dans le courant de l'année au secrétaire, pour qu'il les présente au Comité -Directeur, et qu'auront le droit de lui envoyer, à cet effet, chacun de ses membres éloignés, ou absents. Le Comité- Directeur n'aura point à prendre connaissance d'aucune communication venue des particuliers, et s'il en est qui désirent le mettre à même de juger des idées qu'ils voudraient lui faire connaître, ils devront s'adresser à un des membres du Comité-Directeur, qui pourra refuser ou consentir à en occuper les séances du Comité-Directeur, par une missive écrite en son propre nom, selon qu'il le jugera convenable et profitable à la Fondation- Goethe. Le Comité-Directeur dictera les réponses qui, pendant ou après les fêtes de Goethe, comme il en aura décidé, seront rédigées et expédiées par le secrétaire.

C) La discussion des projets d'agrandissement, d'amélioration, de modification, et d'autres motions relatives à la Fondation -Goethe, que les membres présents auront à soumettre aux décisions du Comité-Directeur.

D) La fixation des programmes du concours de l'année suivante. Une décision ultérieure classera l'ordre de succession des arts divers qui y seront appelés ; mais dans ces arts il est encore plus d'une ramification, et le Comité-Directeur aura à déterminer si, par exemple, lors d'un concours de peinture, ce seront les paysages, ou les tableaux d'histoire, ou des dessins de fresques, etc, etc, qui seront exposés. Il serait aussi en droit, s'il le jugeait convenable, de, borner le concours à un seul sujet qu'il proposerait aux artistes de traiter.

Quoique, d'ordinaire, en délimitant les sujets, on réussisse mieux à concentrer sur un point indiqué les investigations de la science, qu'à obtenir de grandes oeuvres d'art, il peut se faire que des circonstances particulières rendent ce mode de concours préférable. Mais en général, les arts relevant directement de l'inspiration, réclament une plus grande liberté d'allure. L'artiste lui-même ignore quel rayon de soleil ou de lune, quel rêve de son sommeil, ou quelle vision de ses veilles

doit lui dévoiler ce regard de la Muse, distillant le feu poétique sans le reflet duquel les productions de l'art ne sont que des industries. Conséquemment, nous serions d'avis, que, sauf les cas exceptionnels, on laissât à l'inspiration des temps et des individus, les sujets des ouvrages présentés, se bornant à fixer le genre des productions qu'on appelle au concours.

E) La formation d'une liste de littérateurs ou d'artistes, n'appartenant point au Comité- Directeur, d'un mérite et d'une supériorité reconnus dans la spécialité qu'il aura indiquée pour le programme susmentionné, devront être invités pour le concours de l'année suivante, afin qu'ils prononcent leur jugement sur les objets qui y seront présentés, et s'adjoignent aux délibérations et déterminations du Comité - Directeur. Cette liste devra embrasser un nombre indéfiui de noms. Le secrétaire adressera des invitations successives dans l'ordre d'après lequel le Comité-Directeur aura fait inscrire ces noms, jusqu'à ce que ces invitations aient été acceptées par trois d'entre les personnes désignées.

F) La formation d'une seconde liste de noms pouvant être choisis, soit parmi les membres du Comité- Directeur, soit parmi des personnages distingués, n'en faisant point partie, d'après la-

quelle, dans le cours de Tannée, le secrétaire aura à leur faire parvenir des invitations pour les fêtes de l'année suivante, en leur demandant le concours de leurs talents pour prononcer les discours d'ouverture, ceux qui devront être tenus à la séance de couronnement, les discours de clôture, etc. — Ce règlement répondra au voeu exprimé par la publication du 29 octobre que nous avons citée, de voir l'éloquence encouragée par un suffrage éclairé. Ces opportunités semblent devoir être les plus favorables, soit à faire connaître des talents qui ne se sont point encore produits à la tribune, soit à provoquer un développement public des principes d'une saine raison, d'une noble libéralité, et d'une haute portée morale; à faire admirer de grandes pensées déroulées avec art, par ceux qui en possèdent le rare et heureux don. Un des attributs du Comité- Directeur sera de fixer le nombre, et au besoin, le sujet de ces discours, dans une courte notice qui sera jointe aux invitations adressées aux personnes choisies par lui. Le mode d'invitation sera le même que dans les cas prévus pour les littérateurs et les artistes spéciaux.

G) La rédaction du programme, pour le concours de l'année suivante, lequel devra être envoyé à

tous les membres absents du Comité-Directeur, et de plus, publié trois fcis, aux mois d'octobre, de novembre, et de décembre, dans les sixprincipauxjournaux de l'Allemagne, répandus dans ses provinces les plus éloignées, afin que dans aucune d'elles, on ne puisse ignorer le genre ou le sujet désignés pour le prochain concours. Ce programme, signé de tous les membres du Comité- Directeur présents à Weimar, outre la simple exposition des genres et des sujets qui seront fixés, devra contenir la motivation du choix qui en aura été fait, précédée et suivie de considérations plus générales, dont le but sera de propager des idées justes et élevées, provoquées, tantôt par les tendances qui se feront remarquer en Allemagne dans l'art dont il sera spécialement question, tantôt par les observations auxquelles aura donné lieu le dernier concours de cet art. Dans ces lignes, on trouvera les conseils bienveillants et sages de l'expérience, adressés à la jeune milice des hommes qui tentent encore et la vie et le sort. On réunira la série de ces programmes avec les textes des diplômes des artistes couronnés (voir p. 1 41), et il serait permis d'espérer que, par la suite, les grandes pensées qui y seront émises, les vues élevées, la critique savante, les remarques ingénieuses qu'on y rencontrera, leur donneront

assez de prix pour que, tous les vingt-cinq ans, ils puissent être publiés en collection complète, au profit de la Fondation- Goethe, formant un ouvrage d'art et d'esthétique qui ne saurait manquer de débit. On pourrait y ajouter les discours prononcés aux concours et qui auraient obtenu un succès éclatant.

La première séance du Comité-Directeur fixée au 15 août, aura, pour premier objet, le programme du cérémonial des fêtes du 28 Août, dont le projet sera présenté par le secrétaire, afin qu'il soit immédiatement publié par la voie des journaux, et que le temps ne manque point aux préparatifs nécessaires.

Les séances du Comité- Directeur se prolongeront, après le 28 Août, aussi longtemps qu'il le jugera à propos. Il ne pourra se dissoudre qu'à la suite d'une motion spéciale à ce sujet, laquelle aura obtenu la majorité des voix.

La première et la dernière séance du Comité- Directeur devront être ouvertes au public. Il appartiendra au Comité- Directeur de décider quelles autres le seront également, mais il est à souhaiter

que, pour la majeure partie, le public n'en soit pas exclu.

La décision du Comité- Directeur, par rapport à l'oeuvre choisie pour le prix de concours, devra suivre, aussi promptement que possible, l'ouverture de ses séances, afin que les rapports du Comité- Directeur avec l'auteur, dont l'oeuvre serait jugée la plus digne, soient réglé savant le 28 Août, jour fixé pour la séance de couronnement, dans laquelle le diplôme, médailles et autres distinctions, seront distribués avec toute la pompe et l'éclat qu'il sera possible d'y mettre, aux auteurs qui auront remporté les prix.

A la séance du couronnement, un des membres du Comité- Directeur , ou l'un de ses trois artistes adjoints, devra adresser un discours à l'artiste dont l'oeuvre aura été couronnée, en faisant l'appréciation, ou bien à celui dont l'oeuvre l'aurait été, si les ressources financières delà Fondation- Goethe avaient suffi, et mentionner les artistes auxquels des médailles auront été accordées.

Les décisions du Comité- Directeur seront rendues, par suite d'un vote, au scrutin secret qui aura

lieu après les discussions prélables, et qu'une simple majorité rendra définitif.

Des artistes spéciaux appelés aux concours comme jury.

La tâche des trois artistes spéciaux invités à assister aux concours, sera d'éclairer les décisions du Comité-Directeur par leurs lumières spéciales, et afin que leur vote soit proportionné à l'importance de leur avis, il sera accordé à chacun d'eux un droit de triple vote. Les prix seront décernés à la majorité des voix, les votes de ces trois artistes spéciaux étant réunis à ceux de tous les membres du Comité - Directeur , présents en ce moment à Weimar, et rassemblés en séance secrète.

Tous trois, aussi bien que les cinq membres du Comité-Directeur ne demeurant point à Weimar, et spécialement convoqués par le secrétaire, recevront une somme de 100 Thalers pour les déboursés du voyage, à quelque distance qu'ils se trouvent, et durant leur séjour à Weimar seront logés et servis.

Si, par suite de circonstances imprévues, aucun des invités, d'après la liste du Comité-Directeur, n'a-

vait pu promettre son arrivée pour le concours, le secrétaire devra présenter au Prince-Président une liste d'autres noms, et, sur son approbation, adresser à ceux-ci ses invitations.

En outre, ces trois littérateurs ou artistes choisis en dehors du Comité-Directeur, devront motiver la décision qui désignera l'oeuvre à laquelle le prix sera accordé, et en rédigeront le compte-rendu, lequel sera imprimé et remis sous forme de diplôme à son auteur. Leurs signatures précéderont celles des membres du Comité-Directeur, qui devront toutes y être apposées par ordre alphabétique, avec un sceau particulier à la Fondation- Goethe, dont une détermination ultérieure fixera le corps et l'exergue. Ce compte-rendu sera publié à la date du 1 5 septembre, par six journaux allemands, des plus répandus de l'Allemagne.

Ces littérateurs et ces artistes invités pour être adjoints au Comité-Directeur à ses délibérations sur le mérite des oeuvres présentées au concours, seront libres de partir après les fêtes de Goethe. Durant tout leur séjour, ils seront admis aux séances du Comité avec voix délibérative, et vote simple. Ils ne pourront exercer le droit de triple vote, que

sur la catégorisation des diverses oeuvres du concours, entre elles, et leur catégorisation dans les différents prix, (voir p. 138.)

De la distribution des prix, ayant pour effet l'acquisition des oeuvres couronnées.

Une des dispositions essentielles de ce plan, que nous avons motivées dans les pages précédentes, consiste à ne point seulement accorder une simple récompense honorifique aux ouvrages les plus marquants du concours ouvert le 28 Août, mais à en assurer la possession à la Fondation- Goethe dont le chef- lieu sera Weimar. Cette disposition peut se réaliser par la proportion élevée des sommes qui seront données en prix, et qui représenteront, pour l'artiste, l'acquisition de son oeuvre.

Le couronnement et l'acquisition d'une oeuvre seront donc choses identiques.

La Fondation- Goethe acquerra droit de propriété sur les oeuvres couronnées, dès l'instant où le prix en sera décerné et accepté par leur auteur. De la sorte, les tableaux et les sculptures, les ouvrages de littérature et de musique, formeront peu à peu un musée avec une bibliothèque qui portera le nom de Musée-Goethe, où les oeuvres appartenant à la Fon-

dation-Goethe seront exclusivement déposées, et la publication des ouvrages de littérature et de musique, sera à sa charge et à son profit. Chacun des exemplaires qui en sera jamais imprimé portera, sur le titre, le sceau de l'Institution.

Par cette disposition, le Comité- Directeur, guidé dans son jugement et influencé dans son vote, par les trois littérateurs ou artistes appartenant à la branche spéciale mise au concours, après avoir statué en premier lieu sur la valeur comparative des ouvrages qui lui seront présentés, devra ensuite déterminer la valeur d'acquisition de celui qu'il jugerait le plus digne d'obtenir un prix. Il en résulte la nécessité d'établir des prix d'un chiffre progressif. Nous recommanderions le nombre et la gradation de prix suivants:

un prix de 500 Thalers

un prix de 1 000 Thalers

un prix de 2000 Thalers

un prix de 3000 Thalers.

Le prix accordé par la Fondation- Goethe formera à la fois une acquisition pour elle, et une récompense honorifique offerte au génie et au talent. Mais, afin de conserver à cette institution le caractère

de royale libéralité qu'il importe de lui imprimer, comme pour éviter les tristes marchandages et les déplorables aigreurs qui résulteraient du débat des prix, la tâche du Comité-Directeur se bornera à catégoriser l'ouvrage dans l'une des catégories de prix établis, sans s'arrêter à des différences intermédiaires. Son auteur devra se trouver si largement rétribué, qu'en toute probabilité, un autre acquéreur ne lui en offrirait pas un prix supérieur.

Les ouvrages arrivés au concours seront d'abord examinés par les membres réunis du Comité- Directeur, et ses trois adjoints, dans une séance à huis clos, tenue dans le local habituel lorsqu'ils auront à prendre connaissance des ouvrages de musique et de littérature, ou dans la salle d'exposition lorsque ce seront des ouvrages de peinture et de sculpture. Ces objets ne porteront point les noms de leurs auteurs, et seront simplement marqués d'un signe particulier, ou d'une devise.

Dans une séance subséquente, également à huis clos, le Comité- Directeur et ses trois adjoints (lesquels, à cette occasion seulement, auront chacun droit de triple vote), fixeront leur choix, et, en môme temps , la catégorie du prix , en lui adju-

géant, soit celui de 500 soit celui de 1000 Thalers, etc.

Le secrétaire sera chargé de faire connaître à l'auteur la décision du Comité- Directeur. Si celui-ci ne consentait point à ce que son oeuvre fût rangée dans la catégorie du prix fixé, il aurait le droit de la retirer du concours, et le Comité- Directeur procéderait immédiatement, et dans le mode déjà employé, au choix d'une autre production, et à sa catégorisation également communiquée à l'auteur de l'oeuvre.

Dans le cas où la valeur de l'oeuvre reconnue comme prééminente à toutes les autres, dépassât, de l'avis même du Comité-Directeur, la somme du prix de 3000 Thalers, le Comité-Directeur, avant de traiter avec son auteur, présenterait un rapport au Prince régnant de Weimar, pour lui faire connaître cette circonstance. Si S. A. Royale, l'État, ou la ville attachait assez de prix à la possession du chef-d'oeuvre, pour ajouter la somme suffisante à son acquisition par la Fondation- Goethe , il y aurait lieu d'espérer qu'elle ne serait point privée de cette production distinguée, par manque de ressources. Lorsque la réponse faite à ce rapport se trouvera être favorable, le résultat en sera communiqué à

l'auteur, et la procédure suivant son cours habituel, l'oeuvre couronnée appartiendra à la Fondation- Goethe. Cette largesse sera mentionnée dans le diplôme remis à l'auteur, et publiée dans les journaux à la date du 15 septembre (voir p. 138). Lorsque, au contraire, la réponse sera négative, le Comité- Directeur sera tenu de rédiger une appréciation motivée de cette oeuvre, et de la remettre à l'auteur en forme de diplôme, ainsi que de la faire publier dans les journaux.

Si, par la suite, les fonds de l'établissement devaient s'accroître notablement, ou bien qu'une fondation particulière de mille Thalers subvînt aux dépenses d'une médaille en or, il serait souhaitable qu'à ce diplôme on ajoutât un exemplaire en or, de la médaille composée par M Cornélius et exécutée par M Fischer, à l'occasion des fêtes de Goethe célébrées en 1849. Il serait souhaitable encore, que cette médaille pût être distribuée tous les ans, tantôt en or, tantôt en argent, selon la décision du Comité-Directeur, soit à l'auteur de l'oeuvre couronnée, soit à d'autres artistes dont les productions, sans obtenir le prix de la Fondation-Goethe, mériteraient toutefois son encouragement.

Ce projet étendrait d'une manière imposante la sphère des travaux, de l'activité et du revirement

de fonds de la Fondation-Goethe. Il n'y a pas, que nous sachions, d'antécédent dont l'exemple puisse être invoqué pour ou contre. L'acquisition de beaux ouvrages, car dans ces conditions il est à présumer que les talents de premier ordre prendront part au concours, offrirait à l'établissement des avantages qu'il est aisé d'entrevoir, et pour l'art une centralisation, un point de réunion particulièrement désirables pour l'Allemagne, selon les paroles de l'appel du 5 juillet, qui fondaient sur cette réunion l'espoir de voir se cimenter dans le domaine de la poésie et des arts, l'unité du génie germanique. Le but des combinaisons réunies dans cette disposition de plan, serait d'allier un stimulant h l'émulation des artistes et des écoles diverses qu'ils représentent, avec un placement assuré et flatteur, pour leurs meilleures oeuvres. Nous nous attendons aux objections qui ne manqueront point de s'élever autour de notre idée, tant par suite de ce qu'elle a d'inaccoutumé, qu'à cause des difficultés réelles qui, dans une certaine mesure, peuvent y être attachées. Quelle est donc l'entreprise humaine qui n'en souffre point? quelle est donc celle qui fut jamais fondée sans avoir des difficultés à tourner, des obstacles à vaincre, des mauvais vouloirs à concilier, des embarras à surmonter? Mais quelle est celle aussi qui, conçue sur des bases acceptables à la raison, poursuivie avec persistance, habileté et bonne volonté, ne

vint point à bout de déblayer les décombres, ou les haies d'épines qu'il lui fallut traverser? . . .

Des règlements relatifs au Concours des arts divers.

A) Le concours de littérature devra successivement admettre les genres les plus distincts. A l'exception des ouvrages rigoureusement scientifiques, il n'en est point qui en puisse être systématiquement exclu.

La poésie épique, lyrique et dramatique, ces expressions les plus élevées des grandes passions et des nobles sentiments; le roman, qui tient une si grande place dans nos moeurs, et constitue de nos jours, une si bonne partie des connaissances historiques généralement répandues; la critique philosophique et esthétique, les recherches sérieuses qui ont l'art pour objet, les études particulières sur le passé, ou les apperçus sur l'avenir des lettres et des arts, considérés, soit dans leur ensemble, soit dans leurs branches spéciales, et leurs rapports avec l'Allemagne, devront tour à tour fixer l'attention du Comité -Directeur qui indiquera dans ses programmes, laquelle de ces riches

sources d'inspiration et d'intérêt sera mise au concours telle ou telle année.

Toute oeuvre couronnée appartenant nécessairement à la Fondation-Goethe, chaque manuscrit littéraire, qui aura obtenu le prix, deviendra sa propriété, et elle sera en droit et en devoir de procéder à sa publication.

11 serait assurément à souhaiter que la Fondation-Goethe possédât une imprimerie spéciale. Elle ne serait tenue, en ce cas, qu'à prendre soin d'expédier successivement un certain nombre d'exemplaires, aux libraires des diverses villes de l'Allemagne, avec lesquelles elle aurait à se mettre en rapport, par l'intermédiaire de son trésorier. Toutefois, comme il faudrait tendre à ce que ces publications fussent d'une typographie modèle, on pourrait, au moins dans les premières années, confier l'impression de ces ouvrages à l'ancienne et respectable maison Breitkopf et Hartel à Leipzig, justement renommée pour la solidité, la beauté, et l'élégance de ses matériaux, tels que papier, types, planches, embellissements, etc. La Fondation-Goethe pourrait commencer ses opérations en cédant à cette maison la propriété de la première édition des premiers ouvrages qu'elle aurait couronnés; mais la Fondation-Goethe n'aura point la faculté de

jamais concéder à personne, la propriété absolue d'aucun des ouvrages de littérature ou de musique, couronnés par elle. Qu'il soit sorti de ses presses, ou édité ailleurs, il sera d'obligation que chaque exemplaire porte le sceau de l'Institution.

Dans l'année où les ouvrages dramatiques auront été mis au concours, celui qui aura été couronné sera communiqué à l'intendance du Théâtre de Weimar et représenté, pour la première fois, le soir du 28 Août de l'année suivante, à moins d'une disposition particulière du Comité -Directeur à cet égard.

Alors qu'on mettra au concours des oeuvres épiques ou des ouvrages en prose, le Comité -Directeur fera choix d'un certain nombre de vers, ou de pages qui seront déclamés ou lues, à la séance du couronnement de l'oeuvre. La déclamation des vers sera confiée à un des artistes du théâtre de Weimar, et les lectures en prose, soit à un des orateurs invités au concours, soit à un des membres du Comité-Directeur, lequel, dans l'un ou l'autre cas, aura à le désigner.

Les années où des ouvrages littéraires pouvant embrasser quelques volumes seront appelés au concours, on annoncera dans le programme que les manuscrits devront être parvenus au secrétaire jusqu'à la date du 1 5 Juin. Le programme fixera les noms des trois membres du Comité- Directeur, auxquels ils seront distribués, et qui devront en présenter leur avis aux séances du Comité - Directeur ouvertes le 1 5 août.

B) Au concours de musique, devra être réuni un grand festival musical qui, sous une autre forme, vu la différence des temps,' rappellerait les Sangerfeste du moyen-âge, de même que l'ensemble des fêtes de la Fondation- Goethe pourrait être considéré, comme un renouvellement des antiques Olympiades.

Mais, à moins d'une disposition exceptionelle du Comité - Directeur , ces festivals ne se confondront nullement, de manière à s'y substituer, avec le concours lui-même, pour lequel il importe de favoriser les ouvrages dont le débit est difficile , et les exécutions rares : tels que Symphonies de tout genre, tantôt purement instrumentales, tantôt avec choeurs ou déclamation, Oratorios, Messes ou Psaumes, etc, afin d'élever toujours davantage, par cet

encouragement, le niveau des régions supérieures de l'art.

L'ouvrage couronné devra toujours être exécuté au soir du 28 Août de l'année suivante, sous la direction de l'auteur, ou d'un maître de chapelle que le Comité-Directeur désignera, par l'orchestre et le personnel du théâtre de la Cour de Weimar.

Toutes les dispositions relatives à la publication des ouvrages de musique couronnés, devront être exactement les mêmes que celles qui ont été indiquées pour la publication des ouvrages littéraires.

Dans les mois qui précéderont les séances où l'on fixera le programme du concours de musique, le secrétaire se mettra en rapport avec des musiciens distingués, pour présenter au Comité-Directeur, lorsque celui-ci s'occupera du programme, les noms de plusieurs d'entre eux qui accepteraient la tâche de diriger le festival de musique destiné à en faire partie intégrante, quoique accessoire. Le Comité- Directeur fixera son choix sur un de ces musiciens, auquel il en sera immédiatement donné communication par écrit, et au nom dudit Comité-

Directeur qui désignera simultanément au secrétaire, un autre nom auquel il devra s'adresser dans le cas où un événement empêcherait L'artiste, d'abord choisi, de remplir son engagement.

Ce directeur du festival musical aura à s'occuper à l'avance des apprêts exigés. Le programme des chants ou des grandes oeuvres musicales qui y seront exécutés dépendra de lui.

Le Comité- Directeur ne lui indiquera, dans sa lettre, que la pensée générale qu'il voudrait manifester dans ce programme, et déterminera s'il doit être plus particulièrement rempli par des chants nationaux, par des morceaux de musique ancienne, historique, ou de grandes oeuvres contemporaines qui se produisent sous un jour toujours nouveau lorsqu'elles sont exécutées par des forces extraordinaires, et un nombre très -considérable de musiciens.

Dans ces occasions, on ne pourrait songer à rassembler moins de 500 personnes, pour conserver à ces festivals un caractère de grandeur, que ne surpasseraient point les belles fêtes qui ont fréquemment lieu sur le Rhin, et dans d'autres parties de l'Allemagne. Il faudrait spécialement faire appel

à toutes les forces musicales de la Thuringe, cette antique patrie des combats de chanteurs qui, dans ces dernières années, a si bien prouvé l'énergique vitalité de ses ressources musicales.

Le directeur du festival convoquera, au nom de la Fondation- Goethe, les Sociétés de chant (Gesang-Vereine), les Liedertafel, et les artistes chanteurs ou instrumentistes nécessaires en surplus de ceux que possèdent la ville et le théâtre de Weimar, à la date convenable pour que les préparatifs et répétitions exigées puissent avoir lieu avant le 28 Août. Dans le cas où la journée du 28 Août aurait été suffisamment remplie par la séance du couronnement, des représentations dramatiques, ou des exécutions d'oeuvres couronnées, le festival ne commencera que le 29 Août.

Le directeur du festival sera rétribué par la Fondation - Goethe , d'une somme de 100 Thalers. Lors de son arrivée à Weimar, ainsi que les cinq membres étrangers du Comité-Directeur et les trois artistes spéciaux, invités par le secrétaire, il sera logé et desservi. Le Comité-Directeur lui désignera dans sa lettre d'invitation la somme allouée par lui aux dépenses de ce festival, et que le trésorier de la Fondation devra acquitter entre ses mains après lo festival, sur la présentation d'un compte détaillé.

Il est impossible de songer aux rassemblements dont nous parlons, sans faire un appel direct à l'hospitalité des habitants de Weimar, pour les individus qui en feraient partie, et dont un certain nombre serait dépourvu des moyens pécuniaires qui leur permettraient de supporter les dépenses de leur séjour, dans une ville étrangère. Mais pourrions-nous douter que Weimar fût moins hospitalière qu'Eisenach, où des festivals remarquables ont eu lieu il y a peu d'années? Weimar qui trou verait des avantages si évidents et si considérables dans l'affluence de tant d'étrangers, dans la réunion annuelle de noms illustres et brillants en Allemagne, dans celle de tant d'hommes cultivés, d'artistes intéressés et de curieux attirés à leur suite, Weimar pourrait- elle refuser d'accepter la charge de ses bénéfices, en faisant quelques sacrifices qui lui seraient payés au centuple?

C) Les tableaux couronnés resteront exposés dans le local du Musée. Les frais des cadres convenables seront à la charge de l'Etablissement.

D) Les matériaux de la sculpture et l'exécution de ses grands monuments occasionnant des frais, souvent énormes, les artistes sculpteurs no

seront tenus de présenter au concours, que des modèles en plâtre et leurs dessins achevés. La Fondation- Goethe gardera comme propriété, les modèles et les dessins couronnés, lesquels feront partie de son Musée, et réservera à l'artiste sculpteur, le droit de les exécuter pjus tard, selon sa convenance.

Comme tous les objets de concours devront être envoyés à la Fondation- Goethe francs de port, il est à espérer que les gouvernements allemands leur accorderont un privilège postal. A partir du 1er août, le secrétaire mettra à la disposition des candidats, le local destiné à l'exposition de leurs oeuvres. Il aura en outre à décider du rang et de l'ordre dans lequel ils seront placés.

Des règlements ultérieurs fixeront beaucoup d'autres détails, qu'il sera nécessaire de prévoir, relativement aux concours des arts différents, du jugement et de l'appréciation de leurs oeuvres de formes si diverses; nous nous sommes bornés à indiquer les principales mesures qui seraient à prendre à ce sujet.

Du local de la Fondation- Goethe.

Comment s'arrêter à un plan semblable, sans comprendre la nécessité d'une construction spécialement destinée à la Fondation- Goethe qui lui offrît les salles et les localités indispensables pour ses séances publiques et particulières, ses festivals de musique, ses expositions, son musée, sa bibliothèque, ses archives, etc, etc.

Nous confions à l'avenir, l'exécution de ce bâtiment dont le plan architectural seul, peut être l'objet d'un concours spécial, que le Comité - Directeur aurait la faculté de fixer par exception, à une année où le concours serait destiné soit à la peinture, soit à la sculpture,

En attendant, la généreuse hospitalité de la maison* régnante de Weimar, autorisera qu'il soit mis à la disposition de la Fondation- Goethe les localités qui se trouvent dans les édifices publics, tels que la Bibliothèque, la Maison-de-Ville, le Gymnase, etc., offrant, même avec munificence, la grande salle de la Wartburg pour les festivals, qui y feraient résonner de nouveau, après tant de siècles, les accords de la poésie et du chant.

Des prix accessoires.

Il est à espérer, nous dirons même à présumer, que, lorsque la Fondation- Goethe aura donné des preuves et des garanties suffisantes de sa vitalité et de ses forces, pour inspirer au publie une confiance quelle justifierait, il se trouvera en Allemagne, comme dans d'autres pays où nous en voyons des exemples si beaux, et si dignes d'être suivis, de généreuses contributions qui viendront une à une, étendre la sphère et le rayonnement de cette Institution, susceptible de voir adjoints à ses principales artères, beaucoup de veines accessoires. Ainsi, l'architecture serait la première à mériter un concours spécial. Quiconque serait persuadé de l'importance que pourrait avoir, pour le pays, des prix qui favoriseraient non-seulement l'essor de la pensée inspirée, mais aussi les recherches qui faciliteraient et rendraient plus généraux les bâtiments bien distribués, bien aérés, pour ces immenses réunions d'ouvriers, pressés parfois, dans des salles si humides, si obscures, si malsaines! — Quiconque, disons-nous, voudrait protéger l'architecture dans son côté poétique ou dans son côté utile, pourra, en déposant un capital à cet effet, en faire servir les intérêts au prix d'architecture, qui serait alors

définitivement adjoint au concours de peinture, ou à celui de sculpture.

Le Comité-Directeur aurait à fixer, telle ou telle année, le sujet ou le genre de dessins appelés à ces concours, en se conformant au but général que se sera proposé d'obtenir le fondateur de ce prix particulier, qui portera toujours son nom.

Ce que nous disons de l'architecture, pourra s'appliquer à d'autres branches des beaux-arts.

Quiconque trouverait une noble satisfaction à favoriser les oeuvres de la gravure, de l'art des médailles, aussi bien que les recherches archéologiques et historiques, concernant la littérature ou les arts, pourra fonder un de ces prix particuliers, qui auront droit égal avec les prix fondamentaux de l'Institution, à la sollicitude et aux dispositions actives du Comité- Directeur. Un diplôme sera également remis aux auteurs des oeuvres couronnées à ces prix accessoires, comme aux artistes distingués dans les grands concours. Leurs textes seraient également imprimés dans les journaux. Le programme de ce 'concours ferait partie intégrante, pour les années où il aurait lieu, du programme publié dans les journaux, comme il a été dit, et en toutes choses, ces prix partageraient tous les avantages et tous les honneurs des grands prix.

Chacun d'eux portera à jamais, le nom de celui qui les aura institués.

Si des villes, ou une réunion de plusieurs personnes en Comité, ou une intendance de théâtre, qui souhaiteraient protéger spécialement l'art de la déclamation ou du chant, fondaient un prix de ce genre, ils auraient le droit de donner à ce prix le nom de leur choix; et le leur, serait inscrit dans ses annales, comme celui de chaque bien faiteurde la Fondation- Goethe (voir p. 157).

Ces fondateurs de prix particuliers auraient aussi, leur vie durant, le droit d'envoyer, lorsque ces prix seraient mis au concours, un délégué de leur choix, qui aurait un triple vote dans l'appréciation des oeuvres de ce concours spécial.

Il s'entend que la réunion de plusieurs personnes fondant un prix ne donnera toujours droit qu'à un seul délégué.

De l'organisation financière de la Fondation- Goethe.

Le plan qui vient d'être exposé nécessitera un capital de 60,000 Thalers minimum, et de 100,000 maximum, pour être exécuté avec l'ampleur de ressources, convenable à une grande pensée, grandement réalisée.

Le moyen le plus simple et en même temps le plus efficace de réunir ce capital, nous semble consister à ouvrir à Weimar, une souscription générale sous les auspices de S. A. le Prince héréditaire, Président du Comité-Directeur.

Cette souscription sera ouverte par la publication succincte du plan de la Fondation- Goethe adoptépar lui, dans les principaux journaux de l'Allemagne et de l'étranger. Il y sera ajouté le nom du trésorier auquel devront être envoyées les souscriptions, et la notification du chiffre déjà atteint par les sommes versées jusqu'à cette date, dans la caisse de la Fondation-Goethe. Chaque année il sera publié dans les mêmes journaux, en même temps que le compte rendu de l'oeuvre couronnée au con-

cours, la liste des personnes, des intendances, et directions de théâtre, des Comités particuliers, etc., qui auront contribué à la souscription, avec le chiffre des sommes envoyées par chacun.

Aussitôt le chiffre de 100,000 Thalers atteint, la souscription sera fermée, et la liste de tous les souscripteurs, avec le chiffre des sommes données par chacun, sera gravée en lettres d'or sur une table de marbre placée dans le local de la Fondation- Goethe.

Les dépenses de la Fondation se répartiront ainsi:

A) Le Prix offert annuellement . . 1000 Thalers (Espérant que le capital de la Fondation-Goethe s'élèvera, en dix ans, à 100,000 Thalers, S. A. le Gd Duc régnant daignerait accorder la promesse d'ajouter durant ce temps, 1 000 ou 2000 Thalers, lorsque se présentera le cas où le Comité-Directeur aura rangé l'oeuvre à couronner dans les prix de 2000 ou 3000 Thalers.)

Transport 1 000 Thalers B) Pour les cinq membres du Comité- Directeur et les trois artistes ou littérateurs qui lui seront adjoints, une rétribution de 1 00 Thalers à chacun, comme frais de voyage . . Total 800 Thalers G) Pour les émoluments du secrétaire 500 Thalers

D) Pour ceux du trésorier 300 Thalers

Restent pour frais d'administation, etc. 400 Thalers

Total 3000 Thalers

Les années où il ne serait distribué que des prix de 500 Thalers, le restant du prix serait adjoint au capital de la Fondation- Goethe, aussi longtemps qu'il n'aura point atteint le chiffre de 100000 Thalers, afin de diminuer, aussi promptement que possible, les charges que la maison régnante de Weimar voudrait bien prendre sur elle.

Lorsque le chiffre de 100,000 Thalers sera atteint, il appartiendra au Comité- Directeur de décider chaque année, ou une fois pour toutes, de l'emploi qui sera fait des sommes restantes des prix.

Les années où la sculpture sera mise au concours, il est présumable, qu'à moins de cas exceptionnels où les artistes présenteraient des compo-

sitions déjà exécutées en marbre ou en bronze, et que leur beauté fût frappante, on n'adjugera que des prix de 500 Thalers, vu que l'artiste gardera le droit d'exécuter plus tard son oeuvre, et qu'il ne livrera à la Fondation- Goethe que son plâtre et son dessin.

Aux concours de poésie, il est possible que tel volume lyrique ou telle autre oeuvre, serait largement rémunérée par un prix de 500 Thalers.

Il est également probable qu'aux concours de musique, les oeuvres couronnées n'excéderont point d'habitude, la catégorie des 500 Thalers, vu le chiffre peu élevé, que les auteurs d'oeuvres sérieuses obtiennent de leurs éditeurs; mais les dépenses occasionnées par les festivals, la rétribution de l'artiste chargé de les organiser, etc, etc, absorberont sans doute les 500 Thalers restants.

Les revenus que la Fondation- Goethe trouvera dans la vente des ouvrages de littérature ou de musique, devront se capitaliser pour subvenir constamment à la publication des ouvrages couronnés plus tard, lorsque la Fondation- Goethe sera en mesure de les éditer elle-même.

Ces revenus formeront peu à peu un capital flottant, toujours destiné, s'il s'agrandit, à augmenter la beauté et le luxe des publications de la Fonda-

tion- Goethe, lesquelles deviendraient une cause d'émulation indirecte, pour la librairie allemande.

Nous n'osons point prévoir encore, et toutefois il est à espérer que la prospérité de la Fondation- Goethe lui permettra de posséder un jour son imprimerie, ses graveurs, tout un établissement, en un mot, dont la création exigera des règlements subséquents, et dont la comptabilité rélèvera du trésorier.

Le trésorier sera chargé de toutes les affaires pécuniaires aussi bien que de l'entretien du local de la Fondation- Goethe, de même que de tous les préparatifs matériels nécessités par les séances du Comité- Directeur et les concours du 28 Août. C'est lui qui touchera les fonds, remettra les sommes et paiemens aux ayant-droits, sur la signification du secrétaire, et défraiera les dépenses locales. Il tiendra les registres des finances de la Fondation-Goethe, et en présentera tous les ans l'état, les revenus et les dépenses au Comité- Directeur qui, après révision faite, devra formuler ses observations et le ratifier.

Les capitaux delà Fondation- Goethe seront places à 5 % aux banques nationales, garanties par les gouvernements. Le Prince-Président aura spéciale-

ment à approuver ou à changer le choix qui en sera fait dans le rapport particulier que le trésorier aura à lui présenter à chaque placement ou déplacement

de fonds.

Le trésorier sera chargé de conclure les contrats avec les libraires-éditeurs, pour le droit de débit des premières éditions d'ouvrages couronnés, de même que des éditions suivantes, ce qui ferait toujours l'objet de contrats ultérieurs, la Fondation- Goethe ne pouvant jamais aliéner la propriété absolue d'un de ces ouvrages.

Le prix que le trésorier en aura obtenu sera capitalisé par lui, selon les vues exprimées ci-dessus. Ces sommes ne pourront être détournées de ce but, que par une détermination expresse du Comité- Directeur, signée de tous les membres présents aux séances.

Le trésorier sera chargé de veiller à ce que l'ouvrage couronné ait paru dans les quatre mois qui suivent le concours, et dans le cas d'empêchement dont il aura à justifier, dans le courant de huit mois.

En calculant les sommes énormes affectées dans tous les pays civilisés, à l'entretien des Académies,

Instituts, Conservatoires, etc, etc., ayant pour but de protéger, favoriser, augmenter, provoquer et activer l'essor de la Pensée et de l'Imagination qui crée les lettres et les arts, il serait difficile de ne pas trouver les prétentions financières de ce plan, aussi modestes qu'elles peuvent l'être, en conservant à l'intention émise dans l'appel du 5 juillet, sa grandeur et sa dignité.

Nous espérons que les hommes de bonne foi et de bonne volonté verront, dans ce projet qui ne peut se réaliser que puissamment vivifié par le secours de la maison régnante de Weimar, un sincère et fervent désir de concilier, avec les appels les moins onéreux aux populations haletantes encore sous le choc des derniers événements, l'exécution des voeux que l'Allemagne doit considérer comme une des inspirations de son génie national dont elle a le plus à s'enorgueillir!

Imprimerie île F. A. Brockhaus à Leipzig

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