JU
ligion sous l’empire de la souveraineté illimitée du
peuple? Une convention. La famille? Une conven-
tion. La propriété? Une convention. La richesse? la pauvreté? Conventions! et, il faut bien le dire, conventions éphémères, impuissantes, inférieures au dernier des contrats civils, puisqu’elles reposent sur une volonté toujours illimitée et toujours souveraine d’elle-même ! « La loi d’hier, dit Rousseau, « n’oblige pas aujourd’hui ; le peuple est toujours « en droit de la révoquer. » Voilà cinquante ans que la raison a proclamé ce principe et qu’elle se révolte contre ses conséquences; mais c’est en vain qu’elle est parvenue, à force de sacrifices, à en arrêter le suprême développement; dans cette lutte interminable la raison recule toujours, et tôt ou tard elle glissera dans l’abîme qu’elle a creusé elle-même. Si la France a été assez aveugle pour ne pas apercevoir depuis longtemps la pente natu-
relie qui conduit de la république démocratique
à la république socialiste, cet aveuglement n’est plus possible aujourd’hui. Les voiles ont été déchirés, la lumière s’est, faite, les républicains de
Jj. /;;♦ 01 J
; i Jb nu'Tw "/àfo) v ' "7
t ' c Y h /ju) v )juf\v-h ^
, Çé ‘ (M-tUanc. «j
dui ]
; {hjU. y L’î | ***»- L t/U/M ,
DE LA PREMIÈRE PARTIE
la veille, les vrais républicains ont renoncé à dissimuler les conséquences inévitables de la république de 1848;, les voici franchement et hautement avouées dans l’organe le plus sérieux de la république :
« Sans tendances sociales, ou pour parler plus net
et plus bref, sans socialisme, la république n’a pas en réalité de raison d’étre.
« Sans république, le socialisme ne peut pas môme exister. Tout lui manque à la fois , — levier et point d’appui , — souveraineté du peuple , suffrage universel.
« La république comme moyen ,
« Le socialisme comme but ,
« La république pour le socialisme,
«Le socialisme par la république,
« Voilà désormais la formule de la démocratie. »
Cette profession de foi du National était depuis longtemps celle de M. Proudhon.
Ainsi tous ceux qui ont accepté l’épreuve de la
république, ceux même qui l’ont appelée comme une expression nouvelle de la liberté et du progrès,
^ 'S } W J.'x»! \ &\j Vi * ' \
1 * JJ tS&fC Y>* i \* V t • - 4 >
CONCLUSION
sont avertis : le dernier mot de la république, c’est le socialisme ; le dernier mot du progrès, c’est le socialisme; la république est le moyen, la souveraineté illimitée du peuple est le levier, le suffrage universel est le point d’appui.
Est-ce à dire qu’il faut blâmer les efforts généreux qui ont été faits pour soutenir la république? Non, car ces efforts étaient impérieusement commandés par les circonstances. Il y a plus : ces efforts ont été utiles, ils ont permis que l’épreuve fût plus complète et plus sérieuse, ils ont appris à la France que la république ne pouvait être pacifiée que par les hommes et les principes monarchiques, et l’opinion publique a pu se convaincre que la république modérée, protectrice de la religion, de la famille et de la propriété, est une fiction à laquelle ils ne peuvent donner qu’une existence passagère ; la république véritable, la république des républicains éprouvés c’est la république démocratique et antisociale ; c’est-à-dire le règne légalisé de la force.
Il en est de la monarchie comme de la républi-
que : elle a eu, depuis cinquante ans , des phases
DE LA PREMIÈRE PARTIE. 173
diverses. Deux fois elle a été constituée en dehors
de son véritable principe, deux fois on a essayé, par une aveugle inconséquence, de faire de l’hérédité à priori y et deux fois ces essais de monarchie ont échoué sans même avoir obtenu de la Providence un seul fait d’hérédité. C’est qu’en effet la monarchie impériale et la monarchie de juillet étaient des expressions de la souveraineté élective et non de la souveraineté héréditaire. L’une a couvert de gloire nos drapeaux et a fait tomber à ses
pieds tous les rois de l’Europe, l’autre a développé Lindustrie et assuré le maintien de la paix dans des circonstances critiques; mais ni l’une ni l’autre n’a pu immobiliser à son profit le principe électif dans une dynastie nouvelle.
Youdrait-on faire de nouvelles tentatives d’empire et de monarchie élective ?
La monarchie impériale a été un beau rêve de la
révolution, une sorte d’apparition héroïque évoquée par la baguette d’un puissant enchanteur, mais ce n’était qu’une image de la monarchie. L’empereur a fait bonne et sévère justice des ré-
CONCLUSION
volutionnaires : il les a tous convertis, exilés ou enterrés dans de riches sinécures; mais il n’a pas détruit le principe de la révolution, il l’a déplacé. Le pouvoir irrésistible et sans limites que la révolution avait exercé est passé dans les mains de l’empereur; il n’a plus été permis de penser qu’à la guerre, à la gloire et à l’empire; c’était la souveraineté de la force personnifiée dans un grand homme, jusqu’au jour où elle quitterait cette forme pour en prendre une nouvelle.
Ce n’est pas la révolution qui a fait tomber l’empire en 1814, c’est la guerre; mais le jour où l’empire a voulu renaître, la révolution est revenue »
avec lui, et les Cent jours resteront dans la mémoire des hommes comme le souvenir d’un double crime : de celui d’avoir attiré sur la France les malheurs de l’invasion étrangère, et celui d’avoir ravivé l’esprit de la révolution. Il aurait fallu à l’empereur de nouvelles victoires pour absorber une seconde fois la révolution dans l’éclat de la gloire impériale ; mais une journée fatale a détruit ces dernières espérances de l’empire > et nous a montré la faiblesse
DK LA PREMIÈRE PARTIE. 175
do la force dans sa lutte contre les principes.
Recommencer aujourd’hui l’empire, demander à des mains moins puissantes que celles de Napoléon de porter le sceptre que celles-ci n’ont pas pu soutenir, ce serait une entreprise qui pourrait être, selon les circonstances, criminelle ou insensée. Criminelle si c’était par usurpation, et c’est l’héritier de l’empire qui a condamné lui-même toute tentative de ce genre, lorsqu’il a dit, dans son premier message : « Je verrai des ennemis de la pa- « trie dans tous ceux qui tenteraient de changer « par des voies illégales ce que la France entière a « établi. » En présence d’un engagement aussi solennel, il faut reconnaître quç l’usurpation est impossible, et que le président ne suivra pas les conseils des aventuriers qui l’invitent aux coups d’État, ou bien il faudrait supposer que l’hypocrisie se cache sous le nom glorieux de Bonaparte. En ce qui nous concerne, nous repoussons cette odieuse supposition. Mais il y a une autre route pour arriver à l’empire; il y a celle des voies qu’on appelle légales, celle du suffrage universel, et il y a des raisons
DE LA PREMIÈRE PARTIE. 183
l’entreprise n’en serait pas moins insensée. La dictature se comprend comme moyen, et non comme but; on peut passer par la dictature pour revenir à la république ou pour aller a la monarchie, mais on ne perpétue pas cette souveraineté de la force.
Aussi longtemps que Napoléon a usé de sa die-
tature pour relever les fondements de l’ordre social , pour rendre à la religion son autorité bienfaisante, pour forcer la démocratie à rentrer dans son lit, le succès a couronné ses efforts ; mais le jour où la dictature a été pour lui un but , le jour où il a voulu consolider à son profit le droit de la force, la force du droit l’a renversé.
C’est une grande erreur de croire que la révolution puisse être contenue par la révolution. Le génie de Napoléon avait bien compris cette erreur lorsqu’il regrettait de ne pas être son petit-fils. D’un autre côté, ce génie était trop puissant pour reculer dans la voie où il était entré; le général Bonaparte ne pouvait pas prendre le rôle du général Monk ; la Providence avait d’autres vues sur lui ;
CONCLUSION
il devait achever l’épreuve qu’il avait commencée, afin que le monde reçût un enseignement nouveau,
un témoignage éclatant de l’impuissance de la révolution dans les mains les plus capables de fonder un pouvoir politique. On peut toujours faire un trône avec quelques morceaux de charpente recouverts de velours ; mais on ne peut faire de la monarchie qu’avec un principe inviolable d’hérédité, avoc un pouvoir irrévocable, investi du droit de commander, et soumis, en môme temps, à des principes religieux, sociaux et politiques qui constituent la liberté de la nation.
C’est une autre erreur de croire que la révolution ait pour termes nécessaires la république ou les Cosaques. Le génie humilié d’un grand homme a pu nous envoyer, du rocher de Sainte-Hélène, ce fatal présage; mais la république et les Cosaques ne sont pas les deux termes de la question qui s’agite dans le monde; ils ne sont qu’un seul et même terme ; la république aujourd’hui c’est la république socialiste, et celle-ci est l’avant-coureur de l’invasion étrangère. L’Europe ne sera pas
I)E LA PREMIÈRE PARTIE
républicaine ou cosaque; elle sera monarchique ou républicaine , monarchique ou cosaque : tels sont aujourd’hui les véritables termes de la question.
La monarchie de 1830 serait-elle une meilleure contrefaçon de la monarchie héréditaire? L’épreuve dont nous avons été témoins doit-elle recommencer? Est-ce que le talent et l’expérience ont manqué à ceux qui l’avaient fondée et à ceux qui l’ont servie? Non, assurément; ce qu’il faut regretter, au contraire, c’est qu’ils aient sacrifié tant de lumières et tant d’efforts à l’accomplissement d’une œuvre impossible. Ils ont imposé un sursis plus ou moins long au droit de la souveraineté du peuple par la puissance de la forme monarchique, mais tôt ou tard le fond devait emporter la forme. Sans doute, ils ont ajourné la république en donnant le change aux passions, et en les tournant vers l’ambition des jouissances matérielles ; mais c’était en meme temps créer un nouveau danger, et préparer l’avénement do la république socialiste.
Il manquait, d’ailleurs, à la monarchie de 1830 co qui avait manqué à toutes les œuvres de la ré-
JW ^ T'*
180 CONCLUSION
volution française, et ce qui les avait rendues si fragiles; il lui manquait le ciment des principes religieux , sans lequel aucun établissement humain ne saurait être durable. Ceux qui prétendaient être les disciples de Guillaume III et de Washington, avaient oublié ou n’avaient pas compris que la révolution dynastique en Angleterre et la révolution politique aux États-Unis devaient leur succès au concours des principes religieux. En personnifiant, dans la monarchie de 1830, l’esprit de doute, on avait ouvert l’abime dans lequel elle devait s’engloutir. On avait donné à cet établissement un principe de faiblesse et de mort, qu’une restauration quelconque ne changerait jamais en un principe de
vie. On ne ressuscite pas la mort; on ne fait pas surtout, d’une monarchie qui s’est constituée en dehors de tout principe révélé , la sauvegarde des principes sociaux écrits dans la révélation.
La monarchie de 1830 nous a conduits au socialisme , parce qu’elle était la monarchie du principe révolutionnaire, le satellite obligé des libres penseurs et l’esclave des intérêts matériels. Elle serait
DE LA PREMIÈRE PARTIE
encore forcément le symbole de l’incrédulité et la préface du socialisme; autant vaudrait couronner Voltaire et Rousseau : ce serait moins royal , mais ce serait plus sincère. .
C’est une grande erreur de croire que nous ayons renouvelé en 1830 ce que l’Angleterre avait fait en 1688. Des analogies apparentes ont pu nous trom- . per, il n’y en avait pas de réelles, il n’y en avait pas qui pussent nous faire espérer le succès qu’a obtenu ce qu’on appelle la révolution de 1688. Si cette prétendue révolution a réussi, c’est parce que la révolution véritable a échoué. Il y a eu des troubles et des désordres affreux en Angleterre, il y a eu des faits révolutionnaires considérables, mais ils ont été passagers; en définitive, la vieille constitution a été restaurée et la royauté a retrouvé son inviolabilité ; si elle n’a pas retrouvé sa dynastie légitime , si les réformateurs religieux en ont demandé une autre, ils se sont efforcés de la légitimer en lui donnant une généalogie nouvelle.
En 1 830 , la royauté et la dynastie ont disparu , pour faire place à une autre royauté et à une autre
CONCLUSION
dynastie ; la royauté est devenue révocable et responsable, en dépit des stipulations contraires, par cela seul qu’elle avait été élue. C’est pour cela qu’elle ne pouvait pas réussir et qu’elle n’a pas réussi.
S’il arrivait aux hommes politiques de se méprendre sur les enseignements de l’expérience et de la logique, et de songer à une restauration de la royauté de 1830, il est permis de les avertir que cette entreprise rencontrerait cette fois un obstacle insurmontable, c’est-à-dire le refus probable, et même certain, que la maison d’Orléans opposerait à toute proposition de renouveler l’épreuve de
Lorsque Mgr le duc d’Orléans a accepté la périlleuse mission de conserver la monarchie, sans s’appuyer sur son principe, la situation des hommes et des choses était bien différente de celle qui se présente désormais.
En 1830, le chef de la maison d’Orléans, porté par une succession de faits inattendus à la lieutenance générale du royaume et légitimement appelé
DE LA PREMIÈRE PARTIE
à protéger une monarchie chancelante, a pu se mé-
prendre , dans ce grand péril, sur les moyens de la 0 .0 .";/^ (y
sauver. 11 a pu croire à la nécessité de saisir le^uvi^ 6 vtü 0 * pouvoir d’une main ferme pour arrêter le déborde- *v:o /,*
ment de l’anarchie, il a pu admettre la nécessité L ■'
non moins impérieuse d’offrir aux partis extrêmes ^ u ‘ v;> 11 une transaction entre la royauté qu’ils venaient de t AYvui\ « . vaincre et la république qu’ils voulaient proclamer.
Il a pu supposer qu’il entreprenait une œuvre réalisable, et que son intelligence des affaires était assez grande pour lui permettre de faire de l’ordre avec un principe de désordre. . •
Aujourd’hui l’expérience a prononcé sur toutes ces hypothèses; l’illusion n’est plus permise, elle serait criminelle ; il est évident que le jour où la France , fatiguée d’une révolution sans but et sans terme, voudra se réfugier dans la forme monarchique, elle ne pourra plus confier ses destinées à la monarchie qui nous a conduits au socialisme.'
La maison d’Orléans n’aurait plus aucun prétexte de se laisser imposer un rôle dans lequel tous les efforts de l’habileté, du courage et du dévouement
CONCLUSION
de ses princes ont été inutiles et impuissants.
La révolution est libre, sans doute, d’offrir une seconde fois la couronne à la maison d’Orléans; elle peut donner ce qu’elle a pris et reprendre ce qu’elle a donné, mais la maison d’Orléans est également libre aujourd’hui vis-à-vis de la révolution, et elle n’acceptera pas comme un présent ce qu’elle • s’était laissé imposer comme un fardeau ; on est ici du moins autorisé à le croire en regard des événements, et surtout en regard des explications qui ont eu lieu en 1830.
On a parlé quelquefois de ces explications , et on y a fait allusion sans les connaître ; nous sommes en mesure, et nous croyons utile en ce moment d’éclairer le public sur la portée et la forme de ces explications. Le récit qu’on va lire est le résumé fidèle des confidences que nous avons reçues des acteurs ou des témoins du drame secret que nous allons rappeler.
C’est dans la nuit du 31 juillet, vers une heure après minuit, queM. le duc d’Orléans fit appeler au Palais-Royal un personnage investi de toute la con-
DE LA PREMIÈRE PARTIE
fiance du roi Charles X et momentanément retiré au ^ ^
palais du Luxembourg; c’est dans un cabinet où
le lieutenant général du royaume avait fait jeter un matelas , pour prendre quelque repos , que les ex* plications ont été échangées. L’entrevue fut longue, elle dura plusieurs heures : l’avenir de la monarchie y fut examiné, la responsabilité de la maison d’Orléans, les éventualités d’un couronnement, tout fut prévu et discuté; et, en dernière analyse, M. le duc d’Orléans exprima ses résolutions dans une lettre qu’il adressa au roi Charles X , et qu’il confia au personnage qu’il avait fait appeler. Celui-ci, de retour au palais du Luxembourg, remit la lettre à un
*)v" )vi a?
serviteur fidèle , et le chargea de la porter secrète- v r . w v ment à Trianon , où le roi s’étàit retiré en quittant Saint-Cloud, avec recommandation expresse d’anéantir cette dépêche à tout prix, en cas d’arrestation pendant le trajet. La lettre portait pour suscription, Au roi , plus bas, le duc cT Orléans.
Au moment d’emporter ce précieux document ,
à travers des lignes ennemies, le fidèle serviteur en demanda une copie, afin de la transmettre au
CONCLUSION
roi , si les circonstances l’obligeaient à faire disparaître l’original. Cette précaution était justifiée par J rui} les circonstances, et on se mit en mesure de lui
ÎaTüTw vé i0ter contenu ^ ettr0 * Cependant, la cham-
bre où on se trouvait était située dans les combles du Luxembourg et dénuée de tout; une plume fichée dans un vieil encrier de verre formait le mobilier du bureau; le papier manquait absolument; toutefois la Providence , qui se plaît souvent à montrer son intervention dans ces grandes péripéties, avait permis qu’un ancien traité des ordres du Saint-Esprit et de Saint-Michel, égaré dans ce grenier, se trouvât là pour recevoir la copie des engagements de la maison d’Orléans et la rendre plus sacrée : le feuillet le plus blanc de ce livre , celui qui portait la table des matières, en fut arraché, et la copie de la lettre du lieutenant général du royaume y fut écrite
sous la dictée de celui qui l’avait apportée du Paj Jais-Royal*. *Ce feuillet, gardé pendant quinze ans
• / • dans une boîte de fer-blanc par celui qui l’a écrit,
i nous a été confié en- 1 84-5 , dans l’espoir que nous \v j w'u en f er j on g y usage le plus loyal et le plus profitable.
DE LA PREMIÈRE PARTIE. 187
Voici cette copie authentique de la lettre du
duc d’Orléans au roi Charles X. Le public jugera
si nous avons répondu à la conliance qu’on nous a
avait témoignéo. * , • ^ e ^ ’■»
« M. de *** dira à Votre Majesté comment l’on a m’a amené ici par force ; j’ignore jusqu’à quel a point ces gens-ci pourront user de violence à « mon égard, mais si dans cet affreux désordre il u arrivait que l’on m’imposât un titre auquel je vu n’ai jamais aspiré, que Votre Majesté soit bien « persuadée que je n’exercerais toute espèce de « pouvoir que temporairement et dans le seul inet térét de notre maison.
« J’en prends ici l’engagement formel envers « Votre Majesté. Ma famille partage mes sentiments
« à cet égard (1).
« Palais*Royal, 31 juillet 1830.
« Signé : (Fidèle sujet.)» * '
Nous savons positivement ce qu’est devenu l’original de cette lettre, le moment n’est pas arrivé
(I) On trouvera, à la fin de ce chapitre, le fac-similé de cette copie.
1 88 CONCLUSION
de le dire. Ce qui est digne de remarque, c’est que le langage de ce document est conforme de tous points au langage que l’on prête en ce moment au roi Louis-Philippe , et à celui qu’il a tenu dans ses relations avec les cabinets européens; il résume très-bien d’ailleurs ce que nous avons dit précédemment de la situation de la maison d’Orléans en présence des événements de i 830 , des motifs qui ont pu l’amener, malgré elle , et dans un jour de tempête , à jeter la monarchie sur un radeau pour l’empêcher de sombrer.
Ce que nous sommes fondé à dire , c’est qu’aujourd’hui la maison d’Orléans, en acceptant la couronne volontairement des mains de la révolution , trahirait les devoirs qu’elle n’a pas cru trahir en
Ce que nous sommes surtout en droit d’affirmer, c’est que la branche cadette des Bourbons est, comme la branche aînée, dépositaire d’un principe qui appartient à la France, et qu’aucun descendant de saint Louis n’a faculté pour répudier ce glorieux et saint héritage ; car ce serait déshé-
DE LA PREMIÈRE PARTIE. . 189
riter la France elle -môme d’un droit national, la liberté de sa meilleure sauvegarde, et l’ordre de sa plus précieuse garantie.
Il importe à l’honneur et à l’intérêt de tous que les situations soient nettes et loyales. On a trompé
les républicains en 1830, lorsqu’on leur a fait espérer que la monarchie nouvelle serait la meilleure des républiques; il ne faut pas tromper les royalistes aujourd’hui, en leur disant que la république héréditaire est la meilleure des monarchies* Il faut renoncer à déguiser les rois en présidents de république, et les présidents de république en rois. Si la France veut des chefs de république, elle trouvera les plus légitimes et les plus sincères en dehors des races royales ; si la France veut des chefs de monarchie, il ne faut pas qu’elle prenne . les cadets pour les aînés.
Ne nous laissons pas séduire par de trompeuses apparences ; renonçons, une fois pour toutes, aux chimères américaines et anglaises.
N’espérons pas que la révolution puisse faire une longue halte dans une république modérée,
CONCLUSION
gardienne de l’ancien ordre social. La plupart de ceux qui veulent la république en France, ne sont pas républicains; ils sont encore monarchiques en ce sens qu’ils veulent l ’ unité de pouvoir. Si le dévouement de ces quasi-royalistes à la république ’ modérée peut ajourner sa chute, il ne l’empêchera pas. Cette république n’est pas le but de la révolution : c’est pour celle-ci le moyen de renverser la vieille société et d’établir une dictature démocratique et socialiste.
N’espérons pas que Fère impérialo puisse renaître dans la situation où se trouvent la France et l’Europe. Il nous faudrait encore des guerres de géants pour établir une seconde fois la dictature de la victoire.
N’espérons pas non plus que le retour de la monarchie de 1830 puisse jamais nous donner ce que la constitution de 1G88 a donné à l’Angleterre. Il y a entre ces deux établissements la distance d’une restauration à une révolution.
La vraie monarchie, c’est la monarchie du principe héréditaire, inviolable et sacré. La vraie ré-
DE LA PREMIÈRE PARTIE
publique , c’est la république démocratique et so- { a* j ^ cialistc. La question est désormais posée entre ces deux solutions définitives; le devoir de tous les hommes d’État qui ne veulent pas livrer le peuple à des illusions nouvelles, sera de proposer loyalement et hautement la première ou la seconde ; hors de là il n’y a que des systèmes trompeurs de gouvernement, des fantômes de monarchie et des parodies de république.
«spfl 1 WW 4 )
cg!gg=afc=a =^^
Addition à la Table des Noms du Tome II.
* Avignon d’.
... 4oj Auront d*.
Agoultd'.
Aigremont.
403 Barliere la.
402 Barreau.
Aiguii d*.
Arcy d’.
ArennesdV / 401 Bdliere la.
Armoulind’. 403 Bilionierre.
Arnault d’ 402 Blanc le.
Arpentignyd’. 404 Borde la.
Artigue IV 414 Bordes des.
Aftier d! 402 Boulaye la.
' '• -V. ■ fy. *?£.%