OU EST LE REMÈDE
ces esprits si patriotiques, ces cœurs si éprouvés, ne sont dévoués en commun qu’à une stérile négation. Ils s’entendent bien quand il s’agit d’exposer leur poitrine aux coups de l’ennemi, mais quand il s’agit de soutenir la propriété et la famille par des doctrines positives, iis cessent d’être d’accord, et chacun prétend avoir le droit de professer des principes opposés.
Toutefois, ne soyons pas trop sévères à l’égard de notre génération. Égarée par les leçons des écrivains les plus éminents , flattée par tous ceux qui ont voulu la dominer, comment aurait^elle résisté à ces perpétuelles séductions? Chacun de nous , appuyé sur une raison déclarée souveraine , n’avait-il pas le droit de faire un choix entre les gouvernements qui ont promis tour à tour de servir les intérêts de la patrie ?
Si la Providence est venue renverser inopinément les constitutions auxquelles une aveugle confiance avait promis de longues destinées, la rapidité même avec laquelle les essais de tant de formes politiques ont été interrompus a per-
OU EST LE MAL
mis de dire qu’ils étaient inachevés. D’un autre côté, la France elle-même, en se soumettant à un nouvel essai des principes et des formes de gouvernement que l’histoire avait le plus sévèrement condamnés, a encouragé les esprits à renier les leçons de l’expérience, et, par cette condescendance inouïe, elle a donné aux partisans des principes qui ont laissé des souvenirs moins douloureux, quelque droit d’attendre, avec une infatigable persévérance , le jour de tenter eux-mêmes une nouvelle éprouve.
Le mai n’est pas dans ces espérances excusables , ni même dans la division trop naturelle des partis , il est dans les principes qui sont la raison fatale de ces espérances et de ces divisions , c’est-à-dire dans les doctrines que la philosophie rationaliste a répandues et dans les séduisantes utopies que l’infatuation du dernier siècle a opposées aux vérités reconnues par les siècles précédents; il est, en un mot, dans le principe le plus cher à notre orgueil, dans le principe de l’infaillibilité de la raison, de cette infaillibilité honteuse qui n’ose