‹ De la force du droit et du droit de la force ou De la restauration du droit divin dans l'ordre social et du droit national dans l'ordre politique E. de ValmyChapitre 31 sur 31 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

L’importance des questions soumises au congrès de Vienne se trouve expliquée par l’énumération même contenue dans un document intitulé : Note semi-officielle sur

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la marche des congrès . Nous y trouvons les détails suivants :

« Les congrès avaient eu pour but de terminer, par un traité de paix, des conflits prêts à éclater ou des luttes déjà engagées.

« Le congrès de Vienne a trouvé la paix faite, et les puissances qui y étaient représentées avaient à s’entendre sur des questions dont la solution avait été préparée d’avance. • t

« Les objets à traiter au congrès étaient :

« Le rétablissement général ou partiel de la Pologne comme État indépendant ;

« Le sort du royaume de Saxe et de quelques autres États d’Allemagne ;

« La constitution fédérative des Etats d’Allemagne et leurs constitutions particulières , principalement par rapport à l’établissement d’un système représentatif ;

« Le sort et les limites de la Belgique ;

« Le sort de divers États de l’Italie ;

« Les prétentions de l’Espagne aux duchés de Parme et de Plaisance;

« La restitution d’Olivença demandée par le Portugal ;

i< L’organisation de la Suisse ; ’

« L’abolition de la traite des nègres;

« Des mesures à prendre contre les pirateries des États barbaresques. »

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Traité conclu à Chaumont , le 1 er mars 4814.

S. M. I. Pt. R. A. l'empereur d’Autriche, roi de Hongrie et de Bohême; S. M. l’empereur de toutes les Russies; S. M. le roi du royaume-uni de la Bretagne et de l’Irlande,

et S. M. le roi de Prusse, ayant fait parvenir au gouverne-

ment français des propositions pour la conclusion d’une paix générale; et désirant, en cas que la France refusât les conditions de cette paix, resserrer les liens qui les unissent pour la poursuite vigoureuse d’une guerre entreprise dans le but salutaire de mettre fin aux malheurs de l’Europe, d’en assurer le repos futur par le rétablissement d’un juste équilibre des puissances; et voulant en même temps, si la Providence bénissait leurs intentions pacifiques , déterminer les moyens de maintenir contre toute atteinte l’ordre de choses qui aura été l’heureux résultat de leurs efforts, sont convenus de sanctionner par un traité solennel , signé séparément par chacune des quatre puissances avec les trois autres , ce double engagement :

Abt. 1 er . Les hautes parties contractantes s’engagent solennellement l’une envers l’autre, par le présent traité, et pour le cas où la France refuserait d’accéder aux conditions de la paix proposée , de consacrer tous les moyens de leurs États respectifs à la poursuite vigoureuse de la présente guerre contre elle , et de les employer dans un

parfait concert, afin de se procurer à elles-mêmes et à

l’Europe une paix générale, sous la protection de laquelle

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les droits de la liberté de toutes les nations puissent être établis et assurés.

Déclaration à Vitry du 25 mars 181 4.

t La déclaration du 25 mars 181-4, datée de Vitry, disait que les souverains étaient éloignés de toute vue d’ambition et dé conquête, animés du seul désir de voir l’Europe reconstruite sur une juste échelle de proportion entre les puissances... Qu’il était temps que les princes puissent, sans influence étrangère, veiller au bien-être de leurs peuples; que les nations respectent leur indépendance réciproque; que les institutions sociales soient à l’abri des bouleversements.

Traité de la Sainte*- Alliance.

Au nom de la très-sainte et indivisible Trinité :

LL. MM. l’empereur d’Autriche, le roi de Prusse et l’empereur de Russie, par suite des grands événements qui ont signalé en Europe le cours des trois dernières années , et principalement des bienfaits qu’il a plu à la divine Providence de répandre sur les États dont les gouvernements ont placé leur confiance et leur espoir en elle seule, ayant acquis la conviction intime qu’il est nécessaire d’asseoir la marche à adopter par les puissances dans leurs rapports

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mutuels sur les vérités sublimes que nous enseigne l’éternelle religion du Dieu sauveur :

Déclarent solennellement que le présent acte n’a pour objet que de manifester à la face de l’univers leur détermination inébranlable, de ne prendre pour règle de leur conduite , soit dans l’administration de leurs États respectifs, soit dans leurs relations politiques avec tout autre gouvernement , que les préceptes de cette religion sainte, préceptes de justice , de charité et de paix qui , loin d’être uniquement applicables à la vie privée, doivent au contraire influer directement sur les résolutions des princes, et guider toutes leurs démarches, comme étant le seul moyen de consolider les institutions humaines et de remédier à leurs imperfections.

En conséquence, LL. MM. sont convenues des articles suivants :

Art. 1 . Conformément aux paroles des saintes Écritures, qui ordonnent à tous les hommes de se regarder comme frères, les trois monarques contractants demeureront unis par les liens d’une fraternité véritable et indissoluble ; et, se considérant comme compatriotes, ils se prêteront, en toute occasion et en tout lieu , assistance, aide et secours ; se regardant envers leurs sujets et armées comme pères de famille, ils les dirigeront dans le même esprit de fraternité dont ils sont animés pour protéger la religion , la paix et la justice

2. En conséquence, le seul principe en vigueur, soit entre lesdits gouvernements , soit entre leurs sujets , sera celui de se rendre réciproquement service, de se témoigner par une bienveillance inaltérable l’affection mutuelle dont

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ils doivent être animés, de ne se considérer tous que

comme membres d’une même nation chrétienne , les trois

princes alliés ne s’envisageant eux-mêmes que comme délégués par la Providence pour gouverner trois branches d’une même famille, savoir, l’Autriche, la Prusse et la Russie; confessant ainsi que la nation chrétienne, dont eux et leurs peuples font partie , n’a réellement d’autre souverain que celui à qui seul appartient en propriété la puissance, parce qu’en lui seul se trouvent tous les trésors de l’amour, de la science et de la sagesse infinies, c’est-à-dire Dieu, notre divin Sauveur Jésus-Christ, le verbe du Très- Haut, la parole de vie. LL. MM. recommandent, en conséquence, avec la plus tendre sollicitude à leurs peuples, comme unique moyen de jouir de cette paix qui naît de la bonne conscience, et qui seule est durable, de se fortifier chaque jour davantage dans les principes et l’exercice des devoirs que le divin Sauveur a enseignés aux hommes.

3. Toutes les puissances qui voudront solennellement avouer les principes sacrés qui ont dicté le présent acte , et reconnaîtront combien il est important au bonheur des nations, trop longtemps agitées, que ces vérités exercent désormais sur les destinées humaines toute l’influence qui leur appartient, seront reçues avec autant d’empressement que d’affection dans cette sainte alliance.

Fait triple, et signé à Paris, l’an de grâce 1815, le $ septembre.

„ Signé François.

Fbédéric-Guillaume.

Alexandre.

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On ne connut ce traité que par la publication que lui donna l’empereur Alexandre le jour de Noël 1815 (6 janvier 1816), en le faisant imprimer avec cette formule : « Conforme à l’original. Alexandre. »

En définitive, il n’y eut de véritablement arrêté, entre les souverains et les diplomates assemblés avec tant de fracas sur l’Adige , que le projet d’envoyer des dépêches aux représentants des alliés à Madrid; ces dépêches devaient être mises sous les yeux du gouvernement espagnol. Dans le cas où elles seraient méprisées , les envoyés des puissances alliées auraient ordre de demander leurs passeports. C’est à cette démarche inoffensive , laquelle ne parait mener à rien , que se réduisit cette fameuse intervention du congrès de Vérone , dont on a fait tant de bruit.

(Voyez, pour le texte de ces dépêches, le Congrès de Vérone , 1. 1, p. 129 et suiv.)

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