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De la formation du blastoderme dans l'uf d'oiseau

jo Procédés d'étude. — Le présent mémoire a pour objet l'étude du développement du blastoderme dans l'œuf des oiseaux en général et de la poule en particulier, depuis la segmentation jusqu'à la formation des trois feuillets (externe, interne et moyen). Si les travaux relatifs à la segmentation sont peu nombreux (Goste, Œllacher, Gœtte, KoUiker), et tous concordant entre eux dans leurs résultats généraux, par contre ceux relatifs à la formation des feuillets blastodermiques dans les premières heures de l'incubation sont presque innombrables et aboutissent aux conclusions les plus opposées quant aux rapports d'origine du feuillet interne avec le feuillet externe, et surtout quant à l'origine du feuillet moyen. Une semblable étude ne peut prétendre à un résultat d'une valeur générale que si elle ne se borne pas à une ontogénie particulière, mais s'étend en considérations comparatives sur la formation des feuillets chez les divers types de Vertébrés. Aussi le présent mémoire sera-t-il bientôt suivi d'un travail sur le blastoderme de la grenouille, travail dont tous les matériaux sont dès maintenant entre nos mains.

Pour le moment, nous bornant à l'étude du blastoderme des oiseaux, nous allons exposer le résultat de nos recherches, avec cette pensée consolante que nous ne venons pas ajouter purement et simplement une nouvelle opinion aux opinions déjà émises et trancher la question en formulant une théorie

(Sa*

2 n. «ivAL.

en contradiction avec toutes celles déjà émises, lesquelles sont déjà toutes plus ou moins en contradiction les unes avec les autres. Gomme on le verra par la suite de ce travail, où nous examinerons successivement les opinions des divers auteurs, chacune de ces opinions est basée sur des observations exactes, c'est-à-dire sur des coupes microscopiques dont chacune trouvera son équivalent parmi celles que nous représentons d'après nos propres préparations; mais les auteurs en question ont malheureusement cru que, pendant sa formation, le blastoderme était partout semblable à lui-même, et qu'il suffisait de décrire une coupe quelconque d'un blastoderme d'un âge donné pour acquérir une idée complète de ce blastoderme à cet âge. Il n"en est rien, nous le verrons; et c'est pourquoi chaque auteur est arrivé à une conclusion particulière, selon la région où portait la coupe ayant servi à ses études, conclusion vraie pour cette région spéciale, mais qui cesse d'être juste quand on l'applique à la totalité de la formation blastodermique.

L'important est donc de déterminer exactement l'orientation des coupes. C'est au soin avec lequel nous nous étions attaché à fixer cette orientation que nous devons les résultats précis auxquels nous sommes arrivé dans un précédent mémoire sur la ligne primitive (1). A vrai dire, le présent travail n'a d'autre but que de déterminer la nature des processus qui précèdent l'apparition de la ligne primitive. Nous avions vu que, sur un blastoderme où la ligne primitive est bien visible, les connexions des trois feuillets sont très différentes dans la région postérieure, ou de la ligne primitive, et dans la région antérieure, dite zone tergale {op. cit., p. 4*2). Il s'agissait de rechercher comment s'établissent ces différences, si elles se produisent dans un blastoderme primitivement homogène, c'est-à-dire à composition identique dans sa future région antérieure et dans sa future région postérieure, ou bien si les-

(1) Mathias Duval, Etude sur la ligne primitive de l'embryon de poulet {Ann. des se. nat. et Biblioth. de l'École des hautes études, Section des se. nat., t. XVIII, article n" 6).

dites différences sont la conséquence et la continuation de différences distinguant, dès l'origine, les parties postérieures et antérieures du blastoderme. Il s'agissait, en un mol, d'étudier la formation du blastoderme sur des coupes bien orientées.

Mais, si cette orientation est facile sur un blastoderme où la ligne primitive est visible, elle paraît presque impossible sur la cicatricule d'un œuf fraîchement pondu et non incubé, ou sur un œuf incubé, avant l'apparition de la ligne primitive, c'est-à-dire, en moyenne, jusque vers la douzième ou quatorzième heure de l'incubation. Quand le blastoderme est assez formé pour qu'on puisse l'enlever, en excisant sous l'eau la partie correspondante du jaune, on arrive à le détacher, à le recueillir sur une plaque de verre, et on obtient ainsi une préparation transparente en son milieu, où, par l'examen à la lumière transmise, l'on reconnaît la ligne primitive sous forme d'un trait plus foncé, alors même que cette ligne primitive n'était pas visible sur le blastoderme examiné en place, et vu à la lumière réfléchie. Mais sur l'œuf non incubé on ne peut avec succès essayer d'isoler la cicatricule du jaune, et l'examen de cette cicatricule en place, par la lumière réfléchie, ne présente pas, au premier abord, des traits caractéristiques qui permettent de lui distinguer une région antérieure et une région postérieure. Nous verrons plus loin qu'avec beaucoup d'expérience on peut parvenir à établir cette distinction su. des cicatricules incubées depuis quelques heures. Mais toujours est-il qu'au début de nos recherches il nous fallait, sous peine de ne pouvoir les poursuivre dans les conditions de déterminisme, c'est-à-dire d'orientation sus-indiquées, il nous fallait trouver un moyen de reconnaître quelle partie du blastoderme en représente la future région antérieure et quelle partie la future région postérieure.

Nous avons tourné la difficulté en ayant recours à ce qu'on sait de l'orientation de l'embryon, sur le jaune, par rapport au gros et au petit bout de l'œuf. Balfour a fait remarquer, et Kôlliker a confirmé cette remarque, que l'embryon, alors

que son extrémité céphalique est bien reconnaissable (par exemple dès la fm du premier jour), se trouve couché sur le jaune de telle manière que le gros bout de l'œuf est à sa gauche et le petit bout de l'œuf à sa droite ; en d'autres termes, quand on ouvre un œuf incubé, au deuxième ou troisième jour, en le plaçant de telle sorte que son gros bout soit tourné vers la gauche et son petit bout vers la droite de l'opérateur, on trouve la région caudale ou postérieure de l'embryon dirigée vers l'opérateur, tandis que l'extrémité céphalique est du côté opposé. L'orientation est la même, nous nous en sommes assuré, lorsque l'embryon n'est encore représenté que par la ligne primitive. Il est donc permis de penser que cette orientation est chose tout à fait originelle et que, dans un œuf fraîchement pondu non incubé, la cicatricule homogène en apparence tourne, lorsqu'on tient l'œuf devant soi, avec la grosse extrémité à gauche et la petite à droite, tourne vers l'observateur la future région postérieure et à l'opposé la future région antérieure. Pour préciser notre pensée, nous représentons cette orientation dans la figure ci-jointe (schéma nM), où,

Schéma 1.

dans le contour de la coquille (G, gros bout; P, petit bout), se trouve indiqué le contour du jaune, dans celui-ci une cicatricule grossie; enfin dans celle-ci est tracée une petite croix latine qui, par sa forme même, rappelle l'aspect de l'embryon à la fin du second jour, alors que les vésicules oculaires primitives se détachent de chaque côté de la tête,

ABTICLE N" 5.

figuraul ainsi dans leur ensemble, par rapport au reste du corps, la petite branche d'une croix latine. Il va donc sans dire que, sur la figure 1, l'extrémité de la croix munie de la branche transversale indique schématiquement le côté où est dn'igée la tête de l'embryon, et, s'il s'agit d'une cicatricule homogène, la future région antérieure du blastoderme.

Nous ne pouvions cependant nous en tenir à la simple affirmation donnée par Balfour et Kôlliker, qui parlent seulement d'une disposition relativement constante sans préciser le nombre relatif des exceptions, sans donner une statistique de l'orientation de l'embryon sur la sphère vitelline. Attentif depuis plusieurs années à cette question, nous avons dressé nous-même à cet égard une petite statistique; ayant eu à recueillir beaucoup d'embryons des premiers jours de l'incubation pour une étude sur le développement du cœur, ayant eu à ouvrir un grand nombre d'œufs incubés pour les démonstrations du laboratoire, nous avons noté l'orientation de l'embryon chaque fois que l'œuf avait été ouvert avec des précautions suffisantes pour éviter tout écoulement d'albumine, tout déplacement des chalazes, c'est-à-dire toute rotation latérale de la sphère vitelline. Dans ces conditions nos observations sont venues confirmer entièrement la loi énoncée par Balfour, en précisant le nombre relatif des exceptions.

En effet, sur 166 œufs ouverts de la trente-neuvième heure au troisième jour de l'incubation, nous avons trouvé 1*24 fois (soit dans une proportion un peu plus forte que 3/4) l'orientation représentée par la figure 1 (schéma).

Dans 42 cas la tête est un peu inclinée à gauche ou à droite;

Schéma 2. Scliéma 3.

ces cas se décomposent ainsi : légère obliquité à gauche comme le représente le schéma 2, rencontrée 26 fois (soit dans

6 M. DIVAL.

la pi'oporlion de 4/6 sur le nombre total des observations); légère obliquité à droite, vers le petit bout, comme le représente le schéma 3, rencontrée 13 fois (proportion 1/12).

Enfin deux fois nous avons trouvé l'embryon couché transversalement, la tête vers le gros bout (schéma 4) , et, une

Schéma 4. Schéma 5.

fois seulement, nous l'avons trouvé complètement renversé (schéma 5).

On voit que, pour les coupes, les dispositions des figures 2 et 3 sont équivalentes à celle de la figure 1, car en somme dans tous ces cas, si des coupes sont faites dans une direction perpendiculaire à l'axe de l'œuf, nous trouverons, s'il s'agit d'un blastoderme en apparence homogène, nous trouverons, vers l'une des extrémités de la coupe, les futures régions antérieures, et vers l'autre extrémité, les futures régions postérieures de l'embryon. Nous ne trouvons donc, comme risquant de nous égarer, que les dispositions des figures 4 et 5, lesquelles ne forment ensemble que 3 cas sur \QQ, c'est-àdire une proportion moindre que 1/55. Nous pouvons donc nous considérer comme en possession d'un moyen suffisamment sur de reconnaître, sur un blastoderme d'aspect homogène, ce qui sera région antérieure et ce qui sera région postérieure.

Mais ce n'est pas tout que d'avoir ce moyen de fixer la valeur des diverses parties d'un blastoderme ou d'une cicatricule sur un œuf qu'on vient d'ouvrir avec soin, et qu'on examine en place, c'est-à-dire la sphère vitelline étant suspendue au milieu de l'albumine, et celle-ci contenue par la coquille, ouverte seulement dans sa partie supérieure. Cette cicatricule doit être durcie, pour être débitée en coupes ; il faut donc con-

ARTICt.R N° F).

F0R1\[ATI0N DU BLASTODERME. 7

server l'orientation qu'on vient d'établir en prenant, comme points de repère, le gros et le petit bout de l'œuf. Plonger l'œuf en entier, avec albumine et coquille, dans les liquides durcissants, ne serait pas pratique, n'amènerait même pas au but cherché, parce que pendant la manœuvre de l'immersion, et lorsqu'on renouvellerait le liquide, on serait exposé à produire des mouvements de rotation latérale de la sphère vitelline. Dégager la sphère vitelline et la plonger seule dans le liquide durcissant, ce serait se mettre dans l'impossibiUté de reconnaître ultérieurement l'orientation du blastoderme; il faut donc marquer sur la sphère vitelline des signes reconnaissables après durcissement, et qui permettent de distinguer la région antérieure d'avec la région postérieure, selon l'orientation établie en prenant primitivement le gros et le petit bout de l'œuf comme points de repère. Si nous n'avions pas affaire aux toutes premières phases du développement, dans lesquelles il ne saurait être question de séparer la cicatricule ou le blastoderme d'avec le reste de la sphère vitelline, on pourrait penser à détacher cette partie en découpant un fragment qui aurait la forme d'un triangle, dont la base correspondrait à la future région antérieure et le sommet à la future région postérieure; mais il est important de durcir la cicatricule en place, sur le vitellus, afin que les coupes nous donnent les rapports du blastoderme avec le vitellus. Dans ces conditions, nous avons opéré de manière à déterminer sur la sphère vitelline la formation d'un dessin triangulaire, orienté comme nous venons de dire, et persistant pendant et après le durcissement. Pour obtenir ce résultat nous avons opéré différemment, selon le procédé employé pour obtenir le durcissement.

Quand nous voulions durcir et fixer les éléments par l'acide osmique, nous faisions, avec une petite bande de papier, laroe de 5 millimètres et longue de 50 millimètres, une sorte de cuvette triangulaire sans fond, c'est-à-dire en se bornant à plier cette bandelette, de sorte qu'elle figure les bords d'une cuvette triangulaire (voy. schéma 6). Alors, l'œuf étant ouvert, on enlève avec une pi'^ette la mince couche d'albu-

mine qui recouvre le centre de l'hémisphère supérieur de la sphère vitelline, c'est-à-dire qu'on dégage la surface de la cicatricule et des parties circonvoisines, et, sur la surface ainsi dégagée, on applique le triangle de papier, en l'orientant de façon que sa base réponde à la future région antérieure, et son sommet à la future légion postérieure du blastoderme. En appuyant un peu sur le triangle de papier, de façon à bien le mettre en contact avec la surface du vitellus. on forme ainsi une petite cuvette triangulaire, dont les bords sont représentés par le triangle de papier, et le fond par la région de la surface vitelline qui renferme la cicatricule.

Avec une pipette on remplit cette cuvette de solution osmique, et, maintenant toujours le papier bien appliqué par une légère pression, on laisse agir la solution osmique pen-

Schéma 6. Schéma 7.

dant quelques minutes, car son action ne porte pas instantanément sur la cicatricule, parce que, à cette époque du développement, il est difficile de dépouiller complètement celle-ci de la couche d'albumine qui la recouvre (plus tard, dès la fin du premier jour de l'incubation, l'albumine est résorbée dans cette région, et le blastoderme se trouve naturellement à nu). Quand le fond de la petite cuvette commence à noircir, on dépose toute la pièce dans un large cristallisoir plein de solution chromique; le papier se détache; on isole de son albumine et de sa co(iuille toute la sphère vitelline, qui, à l'aide d'un verre de montre très creux, peut être transportée dans une nouvelle solution chromique, où s'achève le durcissement. Mais, grâce aux opérations précédentes, cette sphère

POKMATlOlN DU liLASTODEUME. 9

vilelliuc est marquée, en une certaine région, d'une surface triangulaire noire, et nous savons non seulement que la cicatricule est au milieu de ce triangle, où elle se révèle par des difïerences de nuances, mais encore que la future région antérieure correspond à la base, et la future région postérieure au sommet de ce triangle. Après quelques jours de séjour dans la solution chromique, les couches périphériques du vitellus sont durcies et forment une sorte de coque autour de la masse centrale demeurée molle : avec un scalpel bien tranchant, et en s'aidant aussi de fins ciseaux, on découpe, dans cette coque, un fragment triangulaire, au milieu duquel est le triangle noir dont la valeur vient d'être indiquée; on achève le durcissement de ce fragment triangulaire par quelques jours de macération dans la solution chromique, puis dans l'alcool, et, au moment d'en faire les coupes, on le monte d'après notre procédé au collodion, dont nous rappellerons dans un instant les principaux détails.

Dans le manuel opératoire qui précède, nous associons l'action de l'acide chromique à celle de l'acide osmique. Les avantages de ce procédé sont les suivants : D'abord l'immersion dans la solution chromique empêche que les éléments, atteints par l'acide osmique, ne prennent une teinte noire trop foncée, qui lendrait difficile l'étude des coupes. D'autre part, eu durcissant in iulu les couches périphériques du vitel- Uis par un séjour assez prolongé dans la solution chromique, nuus fixons l'ensemble du blastoderme et des parties circonvoisines du vitellus dans leurs rapports normaux. En n'employant que la solution chromique, sans action préalable de Facide osmique, ces rapports ne sont pas conservés, parce que, dans les premiers moments de l'inibibition, les échanges endosmo-exosmotiques sont tels que le blastoderme est soulevé par une accumulation de liquide entre sa face inférieure et le vitellus, comme le montre une figure donnée par Kôlliker, et dont cet auteur constate du reste la déformation, en signalant son origine (Kôlliker, EmùryoL, trad. fr., p. 66, fig. 14). J. Disse a attiré avec raison l'attention sur ces défor-

malions (i), qu'il exagère cependant quand il considère la cavité soHs-germinale comuie une production artificielle, car cette cavité, à une certaine époque, se retrouve même sur des pièces durcies uniquement par Tacide osmique, alors qu'on a poussé l'action de ce réactif jusqu'à donner à la préparation la couleur noire la plus intense, condition désavantageuse pour l'étude des éléments, mais précieuse pour déterminer rigoureusement les rapports d'ensemble de leur masse. Nous verrons du reste que la présence de la cavité sous-germinale à un certain moment du développement, et sa forme dilatée en certaines régions, sont des faits constants, et constituent des dispositions en rapport direct avec les aspects que prend successivement, dans les vues de face, à la lumière réfléchie, le blastoderme et notamment son aire transparente, lors de sa première apparition. Ajoutons que, si nous avons renoncé à faire usage de l'action de l'acide chromique seul sur la sphère vitelline in toto, à fortiori faut-il à jamais laisser de coté le procédé qui consiste à détacher de cette sphère, avant toute application de réactif, la cicatricule ou le blastoderme, pour placer ensuite dans la solution chromique le fragment ainsi isolé ; car alors il se produit dans cette membrane des plis et souvent des solutions de continuité, et il devient impossible de distinguer ce qui est disposition normale d'avec ce qui est production accidentelle et dislocation.

Le second procédé de durcissement que nous avons employé consiste dans l'action de l'alcool absolu, avec les pi'ccautions et conditions suivantes. Gomme précédemment, nous construisons, avec une bandelette de papier, le petit triangle destiné à former les bords d'une cuvelle ; l'œuf étant ouvert, avant toute manipulation, nous appliquons ce triangle sur la légion de la cicatricule, en observant l'orientation dont nous voulons conserver des traces. Aucune tentative n'ayant été faite pour enlever la couche d'albumine qui recouvre le centre

']) J. Disse, Die Entwicklung des mittleren Keimblattes im Huhnerei (Arch. f. mlkroskop. Anat., Bd 15, p. 68).

de l'hémisphère supérieur du vitellus, le petit triangle de papier, appliqué avec légère pression sur le vitellus, plonge dans cette albumine, de telle manière qu'une certaine quantité d'albumine est dans le petit triangle, ou, pour mieux dire, dans la cuvette que l'orme ce triangle, tout le reste de l'albumine étant en dehors de ladite cuvette. Alors avec une pipette, on arrose d'alcool absolu la cavité de la cuvette ; l'albumine s'y coagule rapidement et bientôt ne forme plus, avec le triangle de papier qui la circonscrit, qu'une seule masse adhérent fortement à la sphère vitelline, tandis que le reste de l'albumine, n'ayant pas été en contact avec l'alcool, est demeuré fluide; aussi peut-on maintenant sans danger se débarrasser de cette albumine en la faisant écouler au dehors, après section des chalazes contre la spGère vitelline, de manière à ne conserver en définitive que la sphère vitelline reposant sur le fond de la cavité de la coquille ouverte à sa partie supérieure. Cette coquille sert alors de récipient, dans Ie({uel on verse de l'alcool absolu, de manière que le jaune soit complètement immergé dans ce liquide. Au bout de quelques heures les couches périphériques du jaune sont assez durcies pour former une coque résistante dans laquelle on découpe et extrait la partie correspondant à la masse triangulaire formée par la cuvette de papier et son albumine. Pendant cette opération, il peut arriver que le triangle de papier se détache spontanément ou cède à quelques tractions faites pour l'enlever; il peut se faire aussi qu'il résiste, et qu'on doive renoncer îi son extraction de crainte de briser la pièce. Il n'y a aucun inconvénient à le laisser en place, car il se coupera facilement au rasoir quand on débitera ultérieurement la pièce. Dans tous les cas, on conçoit facilement que le fragment enlevé de la sphère du jaune portera, soit par la présence du papier, soit par la présence de la masse triangulaire d'albumine, une marque suffisante pour permettre l'orientation des coupes. Le durcissement de la pièce sera achevé par une immersion de vingt-quatre heures dans l'alcool absolu; puis la pièce sera conservée dans l'alcool à 36 degrés.

12 11. UUVAL.

Ces deux procédés de durcissement, l'un par l'action combinée de l'osmium et de l'acide chromique, l'autre par l'action seule de l'alcool absolu, ne présentent pas les mêmes avantages, mais se complètent mutuellement, de sorte qu'il faut absolument les employer tous deux parallèlement. En sffet, le premier a le grand avantage de conserver leurs formes aux éléments, et de fixer dans leurs rapports réciproques les masses distinctes formées par ces éléments; c'est grâce à lui seulement qu'on peut bien se rendre compte des connexions des feuillets blastodermiques entre eux et des connexions du feuillet interne avec certaines zones du vitellus blanc, connexions si importantes à déterminer, ainsi que nous le verrons. Mais ce procédé ne permet pas de constater les noyaux des sphères de segmentation, non plus que les noyaux qu'on trouve épars dans des couches périblastodermiques du vitellus. On sait, en effet, que les éléments fixés par l'acide osmique ne se colorent plus que peu ou pas par le carmin. Quant aux pièces durcies par l'alcool absolu, la cicatricule ou.le blastoderme y sont comme ratatinés, et ont subi une sorte de tassement qui nuit à l'étude des rapports ; mais, par contre, les éléments et notamment les noyaux possèdent une grande affinité pour le carmin, et prennent facilement ainsi une coloration ({ui les rend on ne peut plus évidents. L'un des résultats les plus signiticatifs auxquels nous sommes arrivé est relatif à la distribution de noyaux dans les couches superficielles du vitellus non segmenté, et ce résultat est du à l'étude de coupes pratiquées sur des pièces durcies uniquement par l'action de l'alcool absolu.

Dans ces derniers temps, alors que nous avions à peu près complètement réuni les matériaux du présent travail, nous avons essayé d'un autre procédé de durcissement, que sa simplicité a peut-être trop fait dédaigner, et dont les résultats ont été si heureux que nous avons cru devoir recommencer presque entièrement à nouveau une série de préparations. Celles-ci n'ont fait que confirmer, mais avec plus de précision encore, les résultats déjà obtenus. Ce procédé si simple est celui de la

coction ; mais nous l'avons toujours combiné avec d'autres actions, c'est-à-dire que nous traitions, comme dans le manuel opératoire employé en premier lieu, la cicatricule par l'acide osmique (en dilution très faible : ]/oOOou i/400), toujours, cela va sans dire, en opérant avec le petit triani^le de papier. Puis la sphère du jaune était plongée dans une solution chromique qu'on portait à l'ébullition aubain-marie. Après refroidissement, on pouvait aussitôt découper la région du triangle noir, et, après séjour du fragment pendant peu de jours dans l'acide chromique, et pendant vingt-quatre heures dans l'alcool, procédera la confection des coupes. Ce mode de durcissement est avantageux par sa rapidité; mais il nous a été surtout précieux comme moyen de contrôle des résultats obtenus sur d'autres préparations; en effet, d'une part, il nous a permis de nous assurer de l'existence et de la forme constante de la cavité sous-germinale, dans des conditions où il est impossible de craindre que des phénomènes d'imbibition soient intervenus dans la production de cette cavité; et, d'autre part, peut-être parce qu'alors nous n'avions employé qu'une solution osmique très diluée, ces pièces durcies par la coction permettent de donner aux noyaux une légère teinte de carmin, de sorte qu'alors les noyaux des sphères de segmentation, comme ceux qui sont épars dans le vitellus non segmenté, deviennent reconnaissables dans des éléments ayant rigoureusement conservé tous leurs rapports réels.

Avant de rappeler les autres détails de la technique que nous avons suivie, nous devons indiquer ce point essentiel, à savoir que la plupart des cicatricules ou blastodermes que nous avons préparés étaient, aussitôt mis au jour par l'ouverture de la coquille, dessinés tels qu'ils se présentaient, c'est-àdire comme des taches blanches plus ou moins bien délimitées , et présentant en certaines régions des variations de teintes qui étaient au premier abord énigmatiques. Plus tard, avec l'expérience acquise par l'interprétation des coupes, nous avons pu arriver à l'interprétation de la plupart de ces aspects. Lorsque l'acide osmique avait agi sur une cicatricule, celle-ci

H. ÉTUD. — se. NAT. XXIX. 1 i. — ART. N" 5.

14 M. OIVAL.

était de nouveau dessinée; l'image qu'on avait alors était en général, vis-à-vis de celle obtenue auparavant, avant l'action de tout réactif, ce qu'une épreuve positive est à une épreuve négative, c'est-à-dire que les parties précédemment blanches se peignentici en noir; et non seulement l'image noire est plus visible, plus nettement limitée, à détails plus accentués que l'image blanche, mais encore elle présente souvent des détails qu'on n'aurait su découvrir sur celle-ci; quiconque en effet s'est livré aux recherches d'embryologie a pu remarquer que souvent tel blastoderme qui, au premier aboi'd, ne laisse distinguer ni ligne primitive, ni gouttière médullaire, présente ces formations avec la plus grande évidence dès que l'acide osmique a commencé à y exercer son action. Ouoi qu'il en soit, les dessins ainsi obtenus recevaient un même numéro d'ordre, qui était aussi celui du segment triangulaire de sphère vitelline durci et conservé pour les coupes. Il devenait ainsi facile de comparer ultérieurement les résultats de l'étude des coupes avec la configuration extérieure de la cicatricule ou du blastoderme.

Quanta la pratique des coupes, notons d'abord que rien ne nous était plus facile, vu les dispositions ci-dessus indiquées, que de les orienter avec précision ; si nous coupions parallèlement à sa petite base le triangle en question, nous faisions des coupes perpendiculaires au futur axe de l'embryon ; si nous allions parallèlement à l'axe de ce triangle, au lieu de coupes transversales nous avions des coupes antéro-postérieures, c'est-à-dire parallèles au futur axe de l'embryon, et dans tous les cas il nous était facile de savoir de quel côté était l'extrémité postérieure du blastoderme. Ce procédé du petit triangle nous donnait môme un moyen simple de noter sur les plaques la signification des séries de coupes qui y étaient montées; il suffisait, en effet, et c'est ainsi qu'est étiquetée toute notre très nombreuse collection de préparations, il suffisait de tracer, sur l'étiquette placée à une extrémité de la plaque, un triangle vertical à sommet inférieur pour marquer qu'il s'agissait d'une série de coupes transversales échelonnées

AUTICLE N" 5.

en allant d'avant en arrière (schéma 8, en A) ; un triangle vertical (schéma 8, en B), avec sommet dirigé en haut, désignait une série découpes transversales faites successivement d'arrière en ayant; enfin, un triangle couché servait à reconnaître des coupes longitudinales, et selon que ce triangle était couché avec la petite base à gauche ou à droite, c'est que les coupes elles-mêmes étaient disposées de manière qu'à droite ou à gauche fût dirigée la région antérieure du blastoderme (schéma 8, en G et D). Remarquons en passant que, quant à la ligne primitive ou aux formations qu la précèdent, l'obliquité et la direction irrégulière de ces parties est telle, que les coupes longitudinales donnent des résultats non seulement comparables, mais souvent identiques à ceux des coupes transversales, la ligne primitive étant, sur certaines parties de son trajet, atteinte transversalement môme sur les coupes longitudinales les plus rigoureusement orientées.

C'est le collodion qui nous a toujours servi comme matière pour inclure et fixer sur un morceau de sureau les pièces qui étaient ensuite introduites dans la cavité du microtome. Dans divers autres mémoires nous avons indiqué les avantages du collodion sur toutes les autres substances à inclusion (1). Mais de plus nous avons pratiqué ce que nous avons appelé le coUodionage des surfaces de section^ c'est-à-dire qu'avant de faire chaque coupe, nous versons sur la surface de section quelques gouttes de collodion très liquide, lequel se solidifie en quelques secondes sur la surface en question, et sert ainsi, lorsque la coupe est pratiquée, à en fixer toutes les parties, de sorte qu'aucune dislocation ne peut se produire entre elles. Cette précaution est presque indispensable pour les coupes de cicatricules ou de blastodermes, et elle nous a donné pour

(I) Voy. De V emploi du collodion pour la pratique des coupes microscopiques [Société de biologie, l" février 1879, et Journ. de l'anatomie, 1879). — Des matières à inclusion en histologie {Revue des sciences nat.. Montpellier, 1879).

i6 M. DlIVAlr.

rœufd'oiseati des résultats aussi satisfaisants que pour l'œuf de grenouille, ainsi que nous l'avons signalé dès 1880 (1).

Il est indispensable de colorer les coupes, et il est également nécessaire de les monter en les disposant successivement sur une ou plusieurs plaques de verres, de façon qu'elles se succèdent exactement dans l'ordre où elles ont été obtenues. Il n'est donc pas possible de placer toutes les coupes dans une cupule pleine d'une faible solution de picro-carmin, car elles se mêleraient, et on ne pourrait rétablir leur ordre de succes-

(1) Dans un récent travail sur l'œuf des reptiles (Reifung und Furchang (les Reptilleneies; in Arbeiten aus der Zoologischzoolomischen Institut in Wuzburg, t. VI, p. 159), G. -F. Sarazin déclare que le collodionage des surfaces de section, dont il décrit très exactement la manœuvre, est le seul procédé qui lui ait permis d'obtenir des coupes suffisamment minces et intactes; mais il attribue ce procédé à Mason, qui l'aurait publié dans le Zoolog. Jahresbcricht. Nous croyons donc devoir rappeler ici succinctement les principaux points de la note que nous avons communiquée, dès 1880, sur ce sujet, à la Société de biologie {De quelques perfectionnements à l'emploi du collodion en technique histo logique, Société de biologie, 1880) : « Ce perfectionnement a trait aux coupes d'objets qui, par leur nature, semblent se soustraire à la pratique des coupes régulières. Les œufs de Batraciens, par exemple, lorsque la segmentation a donné les grosses cellules qui constituent le blastodenne, sont extrêmement difficiles à débiter en coupes, parce que les cellules, relativement grosses et pleines de grains ou tablettes vitellines, se vident de ces tablettes lorsque le rasoir les a ouvertes, à peu près comme se viderait un sac de blé éventré. Pour éviter cet inconvénient, il ne suffit pas d'avoir collodionné la pièce en niasse (l'œuf tout entier), il faut collodionner après chaifue coupe la surface de section de l'objet, de manière que les éléments qui vont faire partie de la coupe suivante se trouvent agglutinés à la face inférieure d'une lamelle de collodion. Ce procédé n'est pas aussi long qu'on pourrait le croire au premier abord, car le temps nécessaire pour monter et disposer sur la lame porte-objet la coupe qu'on vient de faire, suffit pour que le collodion déposé sur la surface de section se solidifie assez pour rendre possible la coupe suivante. (Gomme toujours, lorsqu'on manie le collodion en histologie, il ne faut pas le laisser sécher, mais l'arroser d'un peu d'alcool lorsqu'il s'est solidifié.) » Depuis cette époque, ce mode d'emploi du collodion est devenu une prali(iue courante dans notre laboratoire. M. G. Hervé l'a appliqué pendant toutes ces dernières années pour une série de recherches qu'il publiera bientôt sur le développement de l'extrémité céphalique de l'embryon, et nous nous sommes fait un plaisir de donner, à toute personne qui désirait avoir recours

cette technique, des renseignements pratiques plus explicites qu'on n'en peut l'ournii" dans une indication théorique. Nous ne douions pas que cet emploi du collodion ne devienne très général.

sioii. C'est pourquoi il faut, au fur et à mesure que les coupes sont faites, les recevoir successivement sur une plaque de verre, les y disposer et les y laisser d'une manière définitive. Il faut donc que les coupes soient colorées sur la lame de verre qu'elles ne doivent plus jamais quitter, pour éviter toute interversion dans leur disposition sériaire. A cet effet, nous employons une solution de picro-carmin étendue d'une forte proportion de glycérine ; quelques gouttes en sont déposées sur chaque coupe ou série de coupes, et on peut laisser les choses dans cet état pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures, temps suffisant pour la coloration.

On n'a pas à craindre, vu l'emploi de la glycérine, que la préparation se dessèche. Quand on juge la coloration suffisante, on incline légèrement la plaque de verre pour faire écouler la glycérine colorée, et avec une pipette on lave soigneusement les coupes, toujours laissées en place sur la lame de verre, en les arrosant à plusieurs reprises de quelques gouttes d'eau. Dans un mémoire précédent (l) nous avons indiqué comment par ce procédé on obtenait une bonne coloration des éléments anatomiques de la coupe, sans avoir à craindre que le coUodion conserve une coloration qui nuirait à la netteté de la pièce. Dans ce même mémoire nous avons dit comment on arrivait, après lavage à l'alcool ordinaire, puis à l'alcool absolu, à monter les pièces dans le baume du Canada, en renonçant à l'emploi de l'essence de térébenthine, et y substituant l'essence de girofle, afin d'éviter la production, dans la préparation , de taches blanches et de nuages en

magma.

Nous ajouterons donc ici seulement le détail technique suivant, qui constitue un perfectionnement assez important. Même par l'emploi de l'essence de girofle, même en chauffant légèrement la plaque porte-objet pendant les manipulations que nous venons de rappeler, il arrive encore trop souvent.

(1) Sur la Corne d'Ammon (morphologie el embryologie) (Airhivea de Ncxrologie, w" 6 et 7, 1881-188-2, p. 14 et 16).

18 11. DllVAL.

surtout si le temps est humide, que des nuages et taches blanches (vapeur d'eau condensée) se produisent dans la préparation. En recherchant un liquide qui put être substitué avec avantage à l'essence de girofle et qui put servir de dissolvant au baume du Canada, nous avons trouvé que la benzine satisfaisait à tous les desiderata. Le procédé que nous employons actuellement et qui nous a servi pour les préparations du blastoderme, est donc exactement celui que nous avons décrit à la page 16 de notre mémoire sur la corne d'Ammon, avec cette seule diftérence que la benzine est substituée à l'essence de girofle et au chloroforme. Les benzines qu'on trouve dans le commerce sont innombrables; nous en avons essayé diverses, et ce ne sont pas toujours les plus pures qui nous ont le mieux réussi; celle qui nous a donné des résultats absolument irréprochables est tout simplement la benzine Collas, qu'on trouve partout employée pour enlever les taches de graisse sur les étoffes.

2° Matériaux (F études, — Pour justifier et l'étendue du présent mémoire et la nature des matériaux que nous avons employés, il ne sera pas inutile d'indiquer ici comment nous avons été amené à recueillir ces matériaux dans des conditions spéciales qui nous ont fourni des objets d'étude beaucoup plus complets que nous ne l'aurions espéré tout d'abord. En précisant de plus le but comparatif et critique de cette étude, nous montrerons que nos résultats, quoique obtenus, pour ce qui est de la cicatricule en segmentation, dans des conditions assez difTérentes de celles où ont opéré la plupart des autres observateurs (Coste, Kôlliker, Œllacher, Gœtte, etc.), sont cependant comparables avec ceux-ci.

Notre projet primitif avait été d'étudier simplement la constitution du blastoderme sur l'œuf de poule fécondé, fraîchement pondu, non incubé, et de suivre les modifications qui s'y produisent jusqu'à l'apparition delà ligne primitive, c'està-dire pendant les douze ou quinze premières heures de l'incubation. Mais dès nos premières recherches nous avons été frappé de la grande variété d'état de développement du blas-

ARTir.f.E N» 5,

toderme sur ces œufs non couvés. Parfois, quoique rarement, nous y avons trouvé déjà la ligne primitive, très caractérisée sur les coupes, si toutefois elle n'était pas déjà apparente sur les vues en surface, soit avant, soit après l'action de l'acide osmique. Nous verrons ultérieurement pourquoi cette ligne primitive, quoique bien présente, peut n'être pas reconnaissable à l'examen en surface, à la lumière réfléchie; cela tient à l'état de développement de la cavité sous-germinale. D'autres fois le blastoderme était à peine formé ; il se compose alors d'une masse de sphères de segmentation, dont les superficielles seules sont disposées en une couche régulière, de sorte qu'alors, en fait de feuillets, il ne peut être encore question que d'un feuillet supérieur, dont les éléments ne sont même disposés en couche distincte que dans les régions centrales et non dans les parties périphériques.

Aussi constate-t-on un complet manque d'accord entre les auteurs au sujet de l'état type du blastoderme de l'œuf non incubé, état qui a cependant dû être le point de départ de leurs descriptions. Ainsi His et Waldeyer, comme le fait remarquer A. Gœtte (1), ont décrit, comme blastodermes non incubés, un état de développement notablement plus avancé que ne l'ont fait Gœtte lui-même, ainsi que Klein {^), Œllacher (3) et Peremeschko (4) : celui-ci notamment figure un blastoderme qui se présente en réalité comme une cicatricule dont les parties périphériques sont en voie de segmentation. Kôlliker, par contre, s'est attaché à prendre comme type de l'œuf non incubé des formes en général très avancées, et c'est

(1) Alexandre Gœtte, Beitrage zur Entwicklungsgeschichte der Wirbelthiere ; die Bildung der Keimbldtter und des Blutes in HiUtnerei {Archiv f. mikrosk. anat., Bel 10, p. 145).

(2) Klein, Das mittlere Keimblatt in seinen Beziehung zur Entwicklung der ersten Bhitge fasse {Sitzb . der matheni. naturw., t. LXIIl, 2" partie).

(3) Joseph Œllacher, Untcrsuchiingen ilber die Furchung und Blatterbildung ini Huhnereie {Studien ans dem Institiite fur experimentelle Pathologie in Wien., t. I, 1869, p. 54.). '

(4) Peremeschko, Ueber die Bildung der Keimbldtter im Hùhnerei {Sitzb. d. k. Akad. d. Wissensch., t. LVII, 1868).

peut-être là une des causes qui l'ont amené à méconnaître la vraie nature de ce qu'il appelle le bourrelet entodermùjue, qu'il considère comme présentant une même constitution à toutes les phases du développement. Sans entrer ici dans cette question de critique, qui sera traitée plus loin, examinons ce qui est relatif d'une part aux blastodermes très avancés, et d'autre part aux blastodermes très peu avancés pris sur des œuls non incubés.

Quant aux blastodermes très avancés, il est évident que leur état peut tenir en partie au temps qui s'est écoulé depuis la ponte de l'œuf, si celui-ci n'a pas été recueilli et préparé aussitôt après la ponte, condition que nous ne sommes pas toujours en état de réaliser. En effet, si la température extérieure est élevée, le développement se continue, très lentement, il est vrai, ce qui fait qu'au bout de trente-six ou quarante-huit heures on se trouve en présence d'un œuf semblable à celui qui aurait subi une incubation de six à huit heures. Parfois les choses vont plus loin, et on sait en effet que Malpighi, étudiant en Italie pendant les fortes chaleurs de l'été, se trouva, sur des œufs non incubés, en présence de blastodermes présentant déjà une gouttière médullaire, c'est-à-dire un rudiment embryonnaire bien caractérisé (1). Ces faits nous montrent combien il

(1) Ce furent même ces observations qui firent de Malpighi un partisan de la doctrine de la préexistence des germes, ainsi que nous avons eu occasion de le rappeler dans nos leçons à l'École d'anthropologie {De Vembryologie et de ses rapports avec l'anthropologie, in Revue d'anthropologie de P. Broca, 1881, p. 2G). « Pour vérilier la doctrine de la préexistence des germes, Malpighi examina des œufs non couvés; il crut y reconnaître, il y reconnut bien réellement, comme ses dessins en font foi, les premiers déliuéaments d'un embryon. Un anatomiste, un observateur consciencieux, ne pouvait guère, semblait-il, en demander davantage; il n'avait plus qu'à se rendre à la doctrine de la préexistence des germes, de la préformation de l'embryon dans l'œuf; c'est ce qu'il fit. Et cependant, si l'observation était exacte, la conclusion était erronée ; elle reposait sur un cas, dont, selon l'expression de notre illustre maître Cl. Bernard, le déterminisme n'avait pas été rigoureusement établi. Ce déterminisme du fait observé par Malpighi, on a pu le reconstituer aujourd'hui, en relisant le mémoire de Malpighi, en tenant compte des circonstances de son observation... En effet, comme l'avait déjà signalé Wolf, et, comme l'a fait remarquer plus récemment Dareste, l'œuf étudié par Malpighi était pondu depuis vingt-quatre AllTICLE N" 5.

serait puéril, pour élablii une série des états de développement dans les premières heures (aussi bien que dans les premiers jours) de l'incubation, de s'en tenir à la durée de l'incubation subie parchaque œuf, car, si avant toute action de la chaleurde la couveuse, deux blastodermes sont à des états très divers de développement, il est évident qu'après avoir séjourné ensemble quatre ou six ou quinze heures dans la couveuse, ces blastodermes conserveront encore la distance qui les séparait primitivement l'un de l'autre, quant à leur degré d'évolution. Et c'est ce qui a lieu en efïet; c'est pourquoi, dans les premiers jours du développement, quand on dit que tel stade correspond à tel âge d'incubation, on considère cette désignatiou seulement comme répondant à une moyenne générale, de laquelle les cas particuliers peuvent présenter les plus grands écarts. Dans ces conditions aussi nous n'avons pas à nous excuser d'avoir renoncé à faire usage de rincubation à des températures inférieures à 'ÎS degrés, puisque là nou plus nous ne trouverions pas une condition qui nous permît déjuger à coup sûr et à priori de l'état relatif de développement de divers blastodermes, d'après la durée de l'action de la température en question. Nous savons bien que Kôlliker a recommandé ce mode de recherche, comme propre à permettre de

heures, et l'observation était faite en Italie, au mois d'août, c'est-à-dire dans des conditions de température très élevée, puisque Malpighi lui-même note ce fait : magno vigente calore observabam, dit-il. Une chaleur qui est notée comme remarquable en Italie, au mois d'août, est, eu tout cas, supérieure à 28 degrés ou même à 30, et dès lors nous rentrons dans le cas vulgaire de développement par l'effet de la simple chaleur ambiante naturelle , fait qu'il a été donné à tout embryologiste ou à tout éleveur d'observer, sans que pour cela nous soyons tentés de faire retour vers la doctrine de la préexistence de l'embryon dans l'œuf. »

Il va sans dire que le temps écoulé entre la ponte et l'instant d'observation est la principale condition qui fait entrer en action l'influence de la température extérieure, comme le fait remarquer Kôlliker : « C'est ainsi, dit-il (trad. fr., p. 101), que His, opérant sur des œufs vraisemblablement pondus depuis longtemps, a trouvé des disques proligères de i millimètres l/"2 et même de G"'"',5; et, dans ce dernier cas, avec des traces de ligne àxile. J'ai moi-même rencontré plusieurs faits de ce genre p(Midaiit les fortes chaleurs de juillet i87i. »

22 il. DUVAL.

saisir plus facilement, en ralentissant leur marche, les phénomènes dont le processus est très rapide dans l'incubation normale, à 38 degrés. Mais en ouvrant un grand nombre d'œufs non incubés, on arrive au même résultat, puisque alors on trouve des blastodermes qui sont très développés sans avoir subi aucune incubation, et il est facile, d'après l'état de leurs feuillets, de déterminer lesquels de ces blastodermes doivent être considérés comme plus jeunes que tels autres. C'est donc uniquement par l'étude microscopique des blastodermes débités en coupes, que nous établissons leurs Ages et non en nous guidant sur ce que les uns sont non incubés, tandis que les autres auront subi quatre ou six heures d'incubation. Gela ne nous apasempôché,d'autrepart, de recueillir des blastodermes d'œufs à toutes les heures de l'incubation, depuis la première jusque vers la vingtième heure, afin d'établir une échelle générale chronologique du développement, c'est-à-dire de pouvoir assigner à telle heure de l'incubation tel stade de l'évolution, mais toujours avec cette restriction que les cas particuliers peuvent présenter, à ce point de vue, les écarts les plus considérables d'avec la forme considéré comme type moyen. Cette manière de procéder ne vise pas à faire parade d'une exactitude que ne comporte pas le sujet, et elle est pour le moins aussi sûre, chronologiquement, que celle qui consiste, comme l'a fait C. Kœller, à mettre en série des blastodermes dont le premier est d'un œuf ayant vingt-deux à vingt-quatre heures d'incubation à 27 degrés centigrades, le second douze heures à 81 degrés, le troisième dix-huit heures à 31 degrés, le quatrième douze heures à 38 degrés (1).

Quant aux œufs qui présentent, au moment de la ponte, un développement très peu avancé, il est plus difficile d'apprécier la cause de ce retard, qui fournit de si précieux objets d'étude, puisqu'il nous permet d'étudier les cicatricules telles qu'en

(1) Cari Kœller, Beitrdge zur Kenniniss des Hiïhnerkems im Beginne der Bebrutiing {Sitzb. d. Akad. d. Wissensch.. t. LXXX, 1879) (Voy. ci-après, o"" partie, l'analyse complète de ce travail). ARTICLE N" 5.

général on ne les trouve qu'en sacrifiant des poules pour recueillir l'œuf dans l'oviducte un certain nombre d'heures avant celle où il aurait dû être pondu. Œllacher, qui a été très frappé de ces diversités dans le degré de développement (I), et qui, chose très significative, les a retrouvées sur des œufs extraits de l'oviducte de poules sacrifiées, pense avec His qu'une certaine influence doit être attribuée à la saison dans laquelle est faite l'observation, car il a remarqué que des œufs examinés immédiatement après la ponte avaient présenté des stades de développement très divers , selon l'époque de l'année. Mais Œllacher pense qu'il faut encore et surtout attribuer une grande influence à ce qu'il appelle V individualité de l'œuf, hypothèse fort admissible, mais qui, actuellement, se dérobe à toute recherche. En lisant le mémoire d'Œllacher, nous nous sommes demandé si, en même temps que l'individualité de l'œuf, il n'y aurait peut-être pas aussi à tenir compte de l'individualité des parents, surtout de la poule, hypothèse qui cette fois se prêterait aux recherches de contrôle, qui consisteraient simplement à rechercher si tous les œufs d'une même poule présentent, à une même époque de l'année, le même état identique de développement. On vérifierait ainsi du même coup et l'influence des saisons et l'influence de l'individualité de la mère, en examinant, bien entendu, l'œuf aussitôt après la ponte. Nous n'avons pas fait cette recherche, un peu fastidieuse, si elle n'a qu'un but aussi restreint que celui énoncé ci-dessus, mais qui pourra être entreprise en l'associant à d'autres investigations plus larges. Cependant cette hypothèse nous a amené à en faire une autre, qui nous a mis sur une piste très fructueuse pour nos travaux. Si des poules peuvent, comme variété individuelle, pondre des œufs plus ou moins avancés dans leur développement, il est fort probable qu'en s'adressant à des oiseaux d'espèces différentes on trouvera, d'une espèce à l'autre, des différences

(1) J. Œllacher, Die Veranderung des Unbefruchtcten Keimes des Huhnereies hn Eileiter. T>eipzig, 1872 (voy. p. 19).

24 il. DDVAL.

encore plus grandes dans l'état de formation du blastoderme sur l'œuf au moment de la ponte. Nous étions encore fortifié dans cette idée par la pensée que peut-être chez les espèces de petite taille, à oviducte plus court, à œuf moins chargé d'albumine, l'œuf séjourne moins longtemps dans l'ovidncte et par conséquent doit se trouver, lors de la ponte, à des stades plus rapprochés du début de la segmentation.

Telle est l'hypothèse qui nous a fait porter nos recherches sur des œufs de moineau, de rossignol, de serin, de perroquet (perruche ondulée), de colins , etc. ; ces derniers oiseaux étaient apprivoisés et en cage, de sorte qu'il était facile de recueillir l'œuf et de le préparer aussitôt après la ponte. Notre espoir n'a pas été déçu; c'est sur ces œufs que nous avons pu retrouver des cicatricules en pleine segmentation et reconstituer, stade par stade, les toutes premières origines du blastoderme, alors que l'œuf de la poule ne nous avait donné que quelques rares états analogues.

C'est ainsi que le champ de notre travail s'est trouvé singulièrement élargi. Il ne s'agissait plus d'étudierseulement l'origine de la ligne primitive, mais bien d'examiner l'origine des feuillets du blastoderme aux dépens des sphères de segmentalion et de remonter jusqu'aux premiers stades de la segmentation, en recherchant toujours si, pendant ces premières périodes, les parties sont différemment disposées au niveau de la future région antérieure et au niveau de la future région postérieure.

A ce moment nous nous trouvions amené à désirer de reprendre, comme l'ont fait Œllacher et Kôlliker, l'étude d'œufs recueillis dans l'oviducte de poules sacrifiées. Mais un double doute se présentait cependant. Ou bien nous recueillerions des œufs arrivés dans la partie inférieure de l'oviducte, dans l'utérus, et déjà revêtus du dépôt calcaire constituant la coquille; ou bien nous recueillerions des œufs à l'état de sphère du jaune en train de se revêtir d'albumine. Dans le premier cas, l'œuf présentant un gros et un petit bout, nous pourrions nous orienter quant aux parties antérieure et posté-

rieure de la cicatricule, mais nous n'aurions en somme que les stades de développement déjà représentés par notre série de cicatricules d'œufs de petits oiseaux fraîchement pondus. Dans le second cas, nous serions en possession des matériaux que nous devions le plus rechercher, c'est-à-dire des premiers stades de la segmentation; mais, ignorant la future place du gros bout et du petit bout de l'œuf, nous ne saurions nous orienter quant à la cicatricule, et les résultats ainsi obtenus ne compléteraient pas dans le sens voulu la série de nos préparations. Heureusement une circonstance spéciale nous permit de poursuivre les recherches dans les conditions voulues d'orientation, en recueillant des matériaux qui, tout en paraissant à priori anormaux, devaient nous donner des résultats comparables avec ceux qu'on obtient dans les conditions normales.

Nous avions, en effet, au laboratoire une poule qui, ayant antérieurement servi à des expériences, était conservée isolée, loin de tout coq, et pondait régulièrement ses œufs; en ayant préparé quelques-uns pour voir quel pourrait bien être l'état de leur cicatricule, nous fûmes fort surpris de l'y trouver en pleine segmentation, sans qu'il y eût encore indication d'un feuillet blastodermique supérieur déjà distinct. A ce même moment, nous prîmes connaissance du mémoire de J. Œllacher(cité ci-dessus, 1872) sur les œufs nonfécondés de poule, et nous vîmes que cet embryologiste avait constaté que le développement de ces œufs non fécondés est la règle générale (développement qui ne dépasse pas les premiers stades et qui s'arrête au bout de peu d'heures lorsque ces œufs sont mis à la couveuse), et qu'en moyenne l'œuf non fécondé fraîchement pondu présente une cicatricule semblable à celle d'un œuf fécondé pris au milieu de ce que (El lâcher appelle la période in tramé traie du développement, c'est-à-dire entre la première et la seconde moitié de son séjour dans l'oviducte ; souvent ce développement est celui d'un œuf fécondé recueilli dans la partie toute supérieure de l'oviducte, c'est-à-dire présente les premières phases de la segmentation. Œllacher a donné de

26 M. «IIVAI,.

nombreuses ligures de ces cicatricules non fécondées, ligures qui nous suscitaient vivement à obtenir de semblables coupes sur de semblables œufs, mais en nous attachant à nous orienter sur la direction du blastoderme, c'est-à-dire à distinguer sa future région antérieure et sa future région postérieure, chose qui devenait dès lors très facile en opérant sur des œufs non fécondés fraîchement pondus, puisque alors nous avions pour points de repère le gros et le petit bout de l'œuf. Nous avons donc dès lors l'ecueilli un certain nombre d'œufs de poule non fécondés, et nous en avons préparé la cicatricule par les procédés du petit triangle ci-dessus exposés. Toujours nous avons trouvé ces cicatricules en voie de développement, c'est-à-dire de segmentation plus ou moins avancée (1). Œllacher lui-même déclare n'avoir trouvé qu'une seule fois un œuf non fécondé ne présentant pas de trace de développement, et encore cet œuf, dans sa cicatricule sans indice de segmentation, ne présentait-il plus de trace de la vésicule germinative (Œllacher, op. cit., p. 20). De plus, nous avons pu nous procurer, chez un marcliand d'oiseaux, bon nombre d'œufs non fécondés de serin, de colin et de perruche ondulée; ici encore nous avons toujours trouvé le germe en voie de développement, et dans des stades en général plus primitifs encore que sur l'œuf de poule dans les mêmes conditions.

Ce sont (îes matériaux, œufs non fécondés et fraîchement pondus de poules et divers petits oiseaux, qui nous ont servi pour l'étude des premières phases du développement. Sans doute, si les phénomènes de la segmentation du germe de

(]) Ce développement de l'œuf non fécondé représente un véritable cas de parthénogenèse. De l'ensemble des observations d'Œllacher, de celles de Molta- Maia, comme des nôtres, il résulte que ce développement parthénogénétique de l'oiseau va jusqu'au stade qui correspond à la lin de la segmentation, c'est-àdire au moment où le germe forme une masse segmentée lenticulaire, convexe à sa face inférieure. Soumis à l'incubation artificielle, ces blastodermes n'arrivent jamais à l'état caractérisé par l'étalement de leur masse entodermique primitive en un feuillet inférieur, c'est-à-dire qu'ils n'atteignent pas le stade de développement que nous décrirons ci-après comme type de l'oeuf fécondé fraîchement pondu.

l'oiseau étaient inconnus, nous ne saurions légitiraeinent prétendre à venir en révéler la nature à l'aide de matériaux du genre de ceux que nous avons employés. On pourrait toujours objecter que nous avons observé des faits anormaux, en dehors des circonstances nécessaires à un développement régulier, en l'absence de fécondation. Mais, depuis les travaux de Goste, l'étude microscopique de coupes du germe en segmentation a été faite par Kolliker et par Œllacher luimême dans un autre mémoire que celui cité ci-dessus (1). Œllacher a constaté que les œufs non fécondés fraîchement pondus sont semblables à des œufs fécondés recueillis avant la ponte. Toutes nos coupes sur des œufs non fécondés sont comparables à celles figurées par Kolliker et par Œllacher d'après des œufs fécondés pris sur l'oviducte. Nos résultats doivent donc être considérés comme relatifs à des faits normaux; seulement, comme ils ont été fournis par des œufs toujours pourvus de coquille, c'est-k-dire où l'orientation était facile, ces résultats viennent non pas seulement s'ajouter à ceux de Kolliker et d'Œllacher, mais les compléter en ce sens que nous avons pu toujours déterminer ladirection dans laquelle étaient pratiquées les coupes, et reconnaître les différences que présentent dès le début la future région antérieure et la future région postérieure du blastoderme. De plus, il nous paraît que nous avons pu plus régulièrement débiter chaque cicatricule en une série de coupes, dont toutes ont été conservées en série dans leur ordre naturel, de sorte que nous pouvons reconnaître si telle coupe d'une cicatriculc porte sur les parties périphériques ou sur les parties centrales de cette cicatriculc ('2). De ces deux conditions il résulte qu'il nous est de-

(1) Dans le mémoire auquel il est fait ici aWus'ion {Untersuchungen ûber die Furchung und Blatterbildung im Huhncrci. — Laborat. de Stricker, 18G9) et qui est antérieur de trois ans à celui consacré aux œufs non fécondés, Œllacher étudie la segmentation sur des œufs recueillis dans l'oviducte de poules sacrifiées entre deux pontes.

(2) C'est ce que n'a pas fait Œllacher, car à plusieurs reprises, dans son mémoire de 1869, il hésite à trancher certaines questions, déplorant à chaque fois de n'avoir pas conservé toutes les coupes d'une cicalricule donnée, et pen-

28 11. DIVAL.

venu possible, étant donnée une coupe figurée par l'un des auteurs en question, de dire et dans quelle direction, et dans quelle région de la cicatricule a été faite cette coupe, d'expliquer ainsi la signification des particularités qu'elle présente et de discuter la valeur de ces particularités, c'est-à-dire de juger la valeur des conclusions de l'auteur alors que celui-ci a généralisé à toute l'étendue du blastoderme ce qui n'est exact que pour une certaine région et pour une certaine direction. C'est là, dans notre pensée, le principal objectif du présent travail, qui, comme s'il s'agissait de recherches expérimentales, ne cherche nullement à produire de nouveaux résultats en contradiction avec ceux des auteurs antérieurs, encore moins à constater les contradictions qui existent entre ces auteurs, mais bien à établir le déterminisme des faits qui ont motivé les conclusions de ces auteurs, en montrant dans quelles mesures topographiques sont exactes ces conclusions.

saut que la solution du problème se trouverait peut-être dans l'une des coupes omises. Voyez notamment, pour ce qu'il dit de l'œuf ovarien, la page 58 du mémoire cité (1869), et pour ce qui est des sillons de segmentation, la page 61 . De plus, (Ellacher faisait ses préparations de la manière suivante (Stud. aus dem Institut e f. experim. Pathologie in Wien., 1869, p. 55) : l'œuf était placé pendant deux jours dans une solution chromique; il acquérait ainsi une couche périphérique solide, dont on pouvait, avec le rasoir, enlever un segment contenant la cicatricule en son centre. Ce segment était placé pendant quatre à six heures dans l'alcool absolu, puis dans de la térébenthine, oîi il demeurait jusqu'à parfaite imbibilion. 11 était alors inclus dans un mélange de cire et d'huile, pour être débité en coupes. On voit que ce procédé n'était guère favorable à la constatation des noyaux. Aussi, dans les éludes qui vont suivre décrirons-nous des noyaux qu'il n'a pas observés, et dont la présence et les dispositions sont de la plus haute importance pour comprendre la segmentation proprement dite, et ce que nous appelons la segmentation secondaire (dans le vitellus du plancher de la cavité sous germinale). De plus, le procédé d'Œllachor pourrait faire penser à la production de ruptures par retraits brusques dans la pièce, et faire interpréter les sillons de segmentation qu'il décrit comme des productions artificielles. C'est dans cette pensée qu'en 1877 Motta- Maia, au laboratoire de Sclienk, a repris l'étude des œufs non fécondés fraîchement pondus (AIolta-Maia, Einiges ilher den Bau der unhefruchtetengelcytcn Eier eincv Ttirteltaabe. Mittlicilungeii ans dem Embvgologischen Institutc in Wien., 1877, t. I, p. 85); il s'est servi d'œufs de tourterelle, et est arrivé à des résultats très comparables à ceux d'iKIlacher et à ceux que nous donnerons ci-après.

FORMATION DU BLASTODEllME. ^9

Nous devoiisajoulercependant que nous ne noussommespas contenté de l'étude des œufs non fécondés fraîchement pondus; dans ces derniers temps, nous avons sacrifié quelques poules pour recueillir l'œuf pendant sa migration dans l'oviducte. Les résultats obtenus dans les quelques recherches que nous avons faites ainsi ont été assez conformes avec ce que nous avions observé dans les autres conditions, pour que nous ayons cru inutile de poursuivre longuement ces sacrifices, pour lesquels nous n'avions du reste, à aucun égard, une installation suffisante.

Nous diviserons l'exposé qui va suivre en quatre parties : dans \?i première, nous étudierons l'état du blastoderme de l'œuf non incubé, et rechercherons quelles transformations successives ont amené cet état depuis le début de la segmentation.

Dans la seconde, nous étudierons les transformations du blastoderme dans les premières heures de l'incubation jusqu'à l'apparition de la ligne primitive. C'est ici que nous aurons à passer en revue les phénomènes les plus importants (bourrelet entodermo-vilellin, origines du mésoderme, etc.).

Dans la troisième, nous confirmerons les conclusions précédemment émises sur le mode de formation et la signification de la ligne primitive, en donnant une analyse complète de deux mémoires de Kœller sur ce sujet (mémoires qui aboutissent à une interprétation absolument opposée à la nôtre) et en montrant les causes qui ont amené cet auteur à cette interprétation erronée.

Enfin la quatrième partie comprendra nos conclusions générales, et à propos de quelques-unes de ces conclusions un exposé historique et critique des questions qu'elles nous paraissent venir trancher.

H. ÉTUDES. — se. NAT. XXIX. 15, — ART. N^ 5.

30 II. «UVAL.

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