‹ De la formation du mode mineur par l'évolution, la transformation et la fixité. Préf. par le marquis d'IvryChapitre 19 sur 32 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Ti)ut à l'attente des grandes choses <|iii se préparaient et avaient été prédites, voyons-les s'accomplir,

Kn voici la preuve irrécusable uiise au tableau des pro-

grès réalisés.

Fig. bi.

Voici le bémol annoncé, mis au rang des quintes justes et indiquant un pas fait dans une autre voie. Placé sur si, quinte inférieuie de /"a, ou quarte supérieure, ce qui revient au même, ce bémol va servir à constituer le grand appareil mineur que nous emploierons désormais pour en tirer le majeur relatif. Nous rappelant que neuf quintes (dix termes) sont nécessaires à la formation du mode mineur, nous prendrons possession des dix termes par la ligne qui s'étend de l'un à l'autre, de si bémol à do dièze, puis, partant de ce dernier terme et revenant au point de départ

c4 CHAPITRE QUATRIEME

en tierces prises à gauche, nous formerons en ajoutant ces tierces les unes aux autres^ l'accord mineur par excellence, la septième de sensible, formée de trois tierces mineures. Cet accord (l'accord de neuvième moins sa fondamentale) contient les trois centres attractifs du mode mineur, lesquels, se résolvant sur l'accord parfait tonal, affirment ainsi le mode par la tierce mineure de Taccord parfait.

Ces deux acc(jrds, à eux seuls, contiennent toutes les notes de la gamme mineure 1er type. Le majeur étant contenu dans le grand appareil mineur, retournons-y pour en déduire ce majeur au moyen des six quintes (sept notes) toujours nécessaires à la formation de la gamme majeure. Partant du second terme des sept notes, nous indiquerons ainsi la gamme, comme nous

avons fait pour toute

Fis:. 53.

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^ .. o ^'^<^~^^ ~~ gamme majeure et réu-

nissant cette double ^^^- ^^'' création, nous obtien-

drons les deux gammes de ré mineur et de fa majeur.

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Fifr. iif).

Voilà donc créées du même coup, deux gammes nuu-

velles dont l'installation doit avoir lieu. Le ton de fa majeur^ mettant à la clé son signe glorieux d'abaissement devenu signe de progrès, est présenté par sa gamme relative mineure.

Toutes deux à la gauche de do majeur et de la mineur forment le commencement de la série des créations nouvelles. Ces gammes magnifiques prises séparément, ou s'enchainant dans des modulations successives, inspirent les plus charmantes compositions. Leur registre est favorable aux voix. Les femmes et les enfants y chantent à l'aise, avec une force tempérée par une expression de douceur ; les compositions y abondent. Mais n'oublions pas que ré majeur est seul et que c'est à lui, en quelque sorte, que l'on doit l'extension et la légitimité officielle du mode mineur. Il réclame donc son égale mineure à sa droite pour moduler, et se laisser absorber en elle si ce bonheur lui est donné. La demande étant juste, linstallation a lieu et la fête est des plus brillantes. L'ordre progressif par dièze a pour pendant Tordre progressif bémol en ses deux représentants fa naturel et ré mineur. Cette gamme, sans quitter sa place et par ce don d'ubiquité acquis à l'heureux monde des sons, va se placer en ces deux types, à côté de ré majeur, ce que nous montre le tableau suivant de l'assemblée o'énérale des tons réunis en cette occasion.

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