CHAPITRE PREMIER
Le mode mineur n'apparaît pas le premier, dans le système moderne des sons musicaux et dans leur ordination particulière. Il faut un développement préalable du mode majeur, s'affirmant seul et se reproduisant lui-môme dans un certain nombre de tonalités successives. Quatre gammes 'majeures ou tons différents sont nécessaires pour que le mode mineur puisse apparaître. C'est dire que ce mode, plus compliqué que le majeur, a besoin pour se manifester dans sa forme propre et dans son indépendance, d'éléments que la succession des quatre tons majeurs doit seule amener. Puisque du mode majeur provient ce mode mineur qui contiendra en soi, lorsqu'il sera créé, le mode majeur lui-même, voyons d'abord la formation de celui-ci.
Le mode majeur, nous dit Barbereau, s'obtient par la succession de six quintes.
2 CUA PITRE PHEMIER
En les écrivant alternativement par quintes en montant et par quartes en descendant, ce qui revient au même (1), on obtient ]e>^ éléments naturels de la gamme de do. Les voici :
Fii
En commençant, par la seconde note pour écrire successivement les sons du haut, do, ré, mi, puis ceux du bas,
^ fa, sol, la, si, on
jn^ ^ r» o <* ^^ obtient la o^am-
xr
Fig. 3.
me de do.
La première note nommée tonique, détermine toujours le nom donné à la gamme. Ces quintes (fig. 2) sont pour nous des pas, espèce de pèlerinage dans lequel le point de recul ne revenant jamais au point de départ, assure au progrès son développement régulier en dégageant, à chaque pas, un élément nécessaire à la constitution de la gamme, ordre de choses définitif oii le sentiment musical s'affirme, se meut et se développe. C'est à Guy d'Arezzo, bénédictin du ne siècle, que remonte la découverte des notes de la gamme et leur fixation dans l'ordre sériaire, lequel succéda aux neumes, groupe de lettres assez confus mis sur la portée d'une seule ligne. — L'art musical, si téné-
(1) \.ii (juinle, par son rciiver- = 1 sonK'iit. donne la quarte, comme I.i quarte donne lu quinte ; la ligure ci-contre le démontre.