CONCLUSIONS
La prédominance de tel ou tel élément pathologique chez les ascendants préside à la formation du type chez les descendants. 11 en résulte que les individus appartenant aux variétés maladives dans l’espèce présentent en général des caractères de l’ordre intellectuel, physique et moral qui révèlent leur origine et permettent leur classement.
Le type rachitique des crétins s’explique par la prédominance du tempérament cachectique et scrofuleux des ascendants, qui, le plus ordinairement, sont goitreux.
Les enfants nés sous l’influence de l’état d’alcoolisme des parents subissent les conséquences de l’état convulsif suivi de stupeur que détermine l’alcool chez ceux qui en font abus. L'épilepsie, l’hystérie, l’imbécillité et les infirmités, suite d’affections convulsives du jeune âge, se rencontrent fréquemment chez les enfants des alcoolisés. L’abaissement profond de l’intelligence, les tendances le plus instinctivement mauvaises ne s’observent que trop souvent chez ces êtres dégénérés, qui se signalent encore par de vicieuses conformations du crâne, par un front bas et déprimé, par des lèvres lippeuses (planche II).
La cachexie déterminée par la misère et par l’insuffisance de la nourriture se révèle chez les descendants par des arrêts de développement dans l’organisme, en général, et dans certains appareils organiques, en particulier. La puberté est tardive et incomplète. Dans quelques cas, la stérilité est le fait final qui indique l’extinction de la race (planche III).
Les grandes dissemblances de l’ordre intellectuel , physique et moral, entre enfants nés du même père et de la même mère, fixeront l’attention dans l’étude de la formation du type chez les variétés dégénérées.
Les parents névropathisés sont soumis à des phases d’excitation et de dépression; la nature de leur affection comporte des évolutions morbides d’unenature déterminée; aussi les enfants qui naissent sous des influences maladives aussi variées, seront très différents les uns des autres (planche I).
Lorsque dans une famille on rencontrera des organisations d’élite
faisant contraste avec des organisations défectueuses, on devra se tenir en garde contre certaines conditions d’hérédité morbide léguées par les ascendants.
Les excentricités de caractère, les aptitudes spéciales mais limitées, certaines formes vicieuses de la tête, les bizarreries, les originalités, les tics particuliers sont en général l’indice de conditions névropathiques chez les ascendants susceptibles à leur tour de se transformer chez les descendants, lorsqu’il n’existe aucun élément régénérateur capable de modifier l’hérédité dans une évolution progressive.
Au contraire, lorsqu’une variété maladive dans l’espèce s’est constituée, grâce à l’accumulation de l’hérédité, on peut affirmer qu’un des caractères essentiels des conditions qui composent cette variété, est la similitude du type physique. Le niveau intellectuel est à peu près le meme chez les individus. Ils ont les mêmes tendances, les mêmes instincts plus ou moins dépravés. Ils sont unis par les liens d’une même parenté pathologique (planche III).
On observe des faits du même genre dans les races inférieures de l’espèce humaine. Il existe chez les individus qui les composent des caractères qui, évidemment, ne sont pas le résultat des influences climatériques auxquelles Buffon et d’autres naturalistes ont fait jouer un si grand rôle. Mais ce n’est pas là un motif d’infirmer l’idée de l’unité de l’espèce.
L’anthropologie morbide est destinée à donner la raison de ces différences. Il est très probable que la loi, qui préside à la formation du type dans les variétés dégénérées, est la même en vertu de laquelle se sont constituées à grand peine des races misérables, qui se propagent avec difficulté et qui, en raison de leur fécondité bornée, sont destinées à disparaître.