TESTAMENTS MYSTIQUES
Il ne faudrait pas croire que c'était le testament mystique tel qu'on l'entend aujourd’hui en France. Le testateur remettait ses volontés écrites aux notaires ou autres officiers publics et ceux-ci faisaient apposer le sceau de la Prévoté.—Test. d’Imbert de Boisy, Président au Parlement de Paris, 11 sept. 1408 No. 36 p. 470. La formule notariée du début est en français alors que le testament lui-même est en latin. Il en est ainsi du testament de Pierre d'Auxon, 8 août 1410 No. 31 p. 504.
Les dernières dispositions de Renaud de Trie, amiral de France, sont reçues le 12 mai 1406 par un seul tabellion qui les présente à Pierre de la Mare ‘‘garde des seaulx de la chastellerie de Chaumont”.
Marguerite de Bruyères remet son testament scellé à Guillaume Saquier, prévot de Mont Lehery, qui y fait apposer le sceau de la dite prévoté par Loys du Bouis (30 juin 1416 No. 41 P: 577). —V. aussi test. de Jean Guiot, 16 Juin 1404, No. 14 p. 372.—
Il TESTAMENTS PAR ACTE PUBLIC,
Ils sont recus Par (a) deux notaires au Châtelet, (4) un notaire apostolique ou (c) un curé.-
(a) Deux notaires au Châtelet. —Vingt testaments du recueil de Tuetey et cinq codicilles sont reçus par deux notaires au Châtelet.—Le sceau de la prévoté de Paris était nécessaire à la validité de ces actes, qui débutent généralement ainsi (la formule Pouvait varier dans les termes, .nais demeurait toujours la même quand au fond) ‘A tous ceulx qui ces lettres verront... .N... Garde de la Prévosté de Paris salut. Savoir faisons que Par devant N. et N. clercs notaires du roy nostre dit seigneur, de par lui establiz en son chastellet de Paris, fut présent"... La fin est ordinairement celle-ci : en tesmoin de ce nous à la relacion des diz notaires avons mis à ces lettres le seel de la prévosté de Paris. Ce fu fait et passé l'an de grâce....le..., Ainsi signé N. et N.
(b) Notaire apostolique. — Les testaments reçus par cet officier sont peu nombreux. Le notaire s’'institule “ publi- Cus apostolica auctoritate notarius ” ou ‘‘apostolica et imperiali auctoritatibus notarius ”’ ou ‘‘arastolica et imperiali auctoritate notarius.”" Ces actes &: ient reçus en présence de témoins dont le nombre variait. Le codicille de Pierre Boschet. Président au Parlement de Paris (No. 12 p. 359) est Passé par un notaire apostolique assisté de sept témoins. Le test, de Jean d’Essoves, secrétaire d’Isabeau de Bavière est reçu par un notaire et trois témoins (28 Mars 1403, No. 11 P. 345); le testament de Denise la Jourdine Par un notaire en présence de trois
témoins (dont deux femmes) et pluribus aliis (15 Nov. 1407 No. 24 p. 462.) Les témoins du testament de Dauphine, femme de Philippe Vilate, aussi reçu par un notaire apostolique, sont une femme et son propre mari, Philippe Vilate (25 mars 1409. No. 27 p. p. 481) Le test. de Jean Salais a été passé devant cinq témoins (10 Nov. 1402, No. K p. 320.
Ce dernier document contient une disposition curieuse: un legs ayant été fait à un des témoins celui sortit pendant la lecture de la clause de libéralité ainsi à lui faite ‘* praesentibus...... et dicto Johanne Boulangerii, clerico dicto testatoris (quem quidem clericum suum voluit idem testator recedere dum exponeretur dictum legatum eidem clerico relictum.)"" Le testament d'Adam de Baudribosc a été reçu par un notaire spostolique assisté de quatre témoins (10 août 1418, No. 43 p 2X9).
(ce) Testaments reçus par le curé de la paroisse du testateur en présence de témoins. —[Le curé signe et appose le sceau de la paroisse: Test. de Guillaume de Lirois, 2 mars 1397, No. 1, p. 267 (plusieurs témoins): test. d'Etienne Poissonnat, 16 août 1407, No. 22 p. +1, 7
témoins, parmi lesquels se trouvent les quatre executeurs testamentaires ; codicille du même Etienne Poissonnat, par Jean Boussard, chapelain du curé et quatre témoins (20 aout 1407).—
Un testament assez curieux est celui de Jean Angelin, fait en ‘‘son hotel séant en la grant rue St.-Denis à Paris, au coing de la rue Trousse Vache” le 11 sept. 1412 (No. 36 p. 547) en présence du chapelais du curé de ‘l'église parocchial de Saint Jaques de {a Boucherie À Paris ”’ et de plusieurs témoins. —
Test. d'Alix de Cournon reçu par le curé de ‘{ Sancti Petri ad Boves ’’ en présence de cinq témoins. 1 fev 1410 p 500, No. 30.—
Le testament de Jean du Drac, Président au Parlement de Paris, a été passé le 28 février 1413 No. 3x p. 563) à Espineul Par le ‘‘ chapellain des cheveciers de l'église parocchial de Saint Merry à Paris’ devant sept témoins. Le “ sce] de nostre dessus dicte chevecerie "* a été apnosé. —