‹ De la formule "Translata de sordentibus locis"Chapitre 1 sur 5 · TROUVÉE SUR DES MONUMENTS DE CHERCHEL · texte numérisé non relu

TROUVÉE SUR DES MONUMENTS DE CHERCHEL

Dans les fouilles de Cherchel que dirigent M. Waille, professeur à l’École des lettres d’Alger, et M. le capitaine Boutron Damazy, on a mis à jour un certain nombre de monuments portant, en caractères de très basse époque, la formule singulière : translata de sordentibus locis i.

Que signifie cette formule? Quels sont ces sordentia local M. J. Schmidt, dans YEphemerîs epicj ., se contente de renvoyer à deux inscriptions du Corpus inscriptionum , VIII, 1648 et 5290. Le premier de ces textes rappelle que la statue de G. Cassius Capito, qui a racheté de ses deniers l’impôt de l’annone pesant sans doute sur Sicca Veneria, a été déplacée en vertu d’un décret des décurions; le second dit qu’une Fortune victorieuse a été, à Calama, transportée ex infrequenti et incul to loco in ist.a se de sous le proconsulat d’Aurélius Aristobulus (294-295).

En somme, ces rapprochements nous apprennent peu de chose. Pour moi, je crois que les sordentia loca de Cherchel sont les temples païens, et que les objets transportés, qui paraissent avoir tous un caractère religieux, ont été déposés au lieu où on les a trouvés après la désaffectation définitive qui eut lieu sous Ilonorius et Arcadius.

On sait que le triomphe du christianisme et la suppression de tout ce qui se rattachait au culte païen ne se fit pas sans rencontrer de vives résistances. La longue série de constitutions impériales que nous offre le Gode Théodosien (liv. XVI, tit. 10) en est la meilleure preuve. A la fin du règne de Théodose, c’est-à-dire

1. Cf. Waille, Comptes rendus de l' Acad, des inscr. et belles-lettres , 1887, p. 54 ; Ephemeris epigr., VU, 510-511.

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