ACTION DE LA FOUDRE SUR LES PARATONNERRES 40'J
lésions les plus graves des pointes ont été observées sur les paratonnerres vicieux, soit dans leurs conducteurs, soit dans l'emplacement de leur pied.
Tige. — Les lésions de la tige du paratonnerre sont beaucoup plus rares que celles de sa pointe.
En 1785, la foudre atteignit le paratonnerre élevé sur la tour de Saint-Reinold, à Trémone, en Westpbalie. On trouva la tige du sommet incurvée et comme onduleuse et s'éloignant en un point jusqu'à un pied de la ligne droite. « Partem ejus (conductoris) imdarum in modum ità flexam reperit ut sinus maximus a linea recta pedem fore recederet (1).
Parfois la partie supérieure de la tige est ramollie à un tel point que, par son propre poids, elle se courbe en forme de crosse.
D'autres fois, la pointe et une longueur plus ou moins considérable de la tige sont fondues et tombent en globules enflammés.
Enfin la pointe et la tige du paratonnerre élevé sur la tour de Sainte-Anne d'Auray disparurent.
C. Conducteur. — Les lésions les plus fréquentes des conducteurs sont la rupture et la fusion ; ces deux lésions se combinent souvent enR'e elles, en sorte que les extrémités des fragments présentent des traces de fusion. Citons quelques exemples :
La corde métallique du paratonnerre de l'Hôtel des Invalides fut rompue au-dessus du point où elle formait une sorte de nœud.
Les conducteurs de l'église de Saint-Charles, à Plymoutli, et ceux du magasin à poudre de Saint-Philippe, à Carthagène, furent rompus en plusieurs endroits.
Le conducteur du château de Torring-Seefeld, composé de fils minces en laiton, fut brisé perpendiculairement à son axe en un très-grand nombre de fragments d'une longueur moyenne de trois pieds qui furent lancés jusqu'à la distance de 600 pieds. Une partie de ce fil fut même volatilisée.
Le conducteur du phare de Gênes était rompu à 14 mètres
(i) Hemmer, Aei. Acad. Theod. Pal., t. VI, p. 516.
<!e son extromilé inférieure; une de ses parties, longue de C mètres, était divisée en six fragments; l'un d'eux fut trouvé à 12 mètres de là. Les extrémités de tous ces tronçons étaient plus ou moins fondues.
Les deux observations suivantes sont du plus haut intérêt. Le paratonnerre du paquebot le New-York se composait d'une baguette de fer conique ayant un mètre vingt centimètres environ de longueur, 11 millimètres de diamètre à la base et d'une chaîne d'arpenteur longue d'environ 40 mètres, établissant la communication entre le pied de la tige et la mer. Cette chaîne se composait de tringles droites de 45 centimètres (18 pouces) de longueur et de 6 millimètres de diamètre terminées en boules, et unies par des anneaux intermédiaires et ronds. , . ^
Le 19 avril 1827, le New-York reçut deux coups de tondre à quelques heures d'intervalle. Au premier coup, n'ayant point de paratonnerre, il éprouva de graves degats. Au deuxième coup, le paratonnerre était étabh; il tut suivi, mais presque entièrement détruit par la foudre. Le conducteur-chaîne fut dispersé de toutes parts en fragments ou en dobules gros comme des balles, qui brûlèrent le bois et les lisses en cinquante endroits différents^, quoique la pluie tombât et que le pont fût inondé de grêlons à une hauteur de trois à quatre pouces. De la totalité de cette chaîne on ne recueillit sur le pont qu'un bout long de deux pieds dix pouces, portant des boursouflures qui accusaient 1 action du feu- on recueillit aussi deux yeux et un anneau formant la jonction d'un des chaînons et une partie de la tringle détachée du milieu du chaînon.
La tige était fondue sur une longueur de 30 centimètres a
partir de sa pointe. . , • • . .i
Le paratonnerre du New-York avait plusieurs vices d( construction: sa tige était trop mince et trop effilée; son conducteur avait une section beaucoup trop petite; de plus la forme de chaîne donnée au conducteur doit être regardée comme mauvaise et à tout jamais proscrite
Le 13 juin 1854, dans la baie de Baltchick, a / heuies du soir, le tonnerre est tombé sur le vaisseau a deux ponts le