ACTION DE LA FOUDHE SUR LES PARATONNERRES
enduit formé par les substances hétérogènes que la foudrn Iraiisporlc avec elle. Ainsi la pointe dorée du paratonnerre élevé sur une maison à Belzig était recouverte, le lendemain du coup, d'une mali&re visqueuse très-dure, de couleur ardoisée mêlée de vert, et dilïicile à enlever, sans cependant qu'il se l'ùt rien détaché de la dorure (Serno). Dans d'autres cas, la pointe est oxydée (1).
La fusion est la lésion la plus commune des pointes des paratonnerres. Les pointes dorées de la croix qui forme lextréniité supérieure du paratonnerre du phare de Gênes durent être renouvelées plus de vingt fois en cinquante ans pour cause de fusion (F. Elice).
Les pointes de platine ont été fondues fréquemment. (Voir tome 1", page 265.)
Après le coup de foudre qui frappa, le 10 juillet 1843, le paratonnerre de la cathédrale de Strasbourg, on constata que le cône de platine qui avait 8 centimètres de long et environ 1 centimètre d'épaisseur à sa base, avait été fondu vers la pointe sur une longueur de 5 à 6 millimètres au moins. Le métal s'était affaissé d'un côté et avait coulé comme de la cire qui aurait été ramollie au feu (Fargeaud)-
La fusion atteint la pointe dans une longueur et une épaisseur très-variables.
Gay-Lussac a vu plusieurs pointes qui étaient fondues jusqu'à une épaisseur de 3 à 4 millimètres (1,3 à 1,8 de ligne).
La foudre qui, le 2 mars 1839, tomba sur le grand mât du brigantin de l'État le Nisus et en suivit le conducteur, ne laissa d'autre trace de son passage que la fusion presque complète de l'extrémité en platine de la tige (2).
Le 4 mai 1843, dans le golfe de Guinée, la foudre frappa la flèche du paratonnerre de la Vigie, suivit le conducteur et n'occasionna aucun dégât; seulement la pointe de platine fut un peu fondue et l'on aperçut deux gouttes lumineuses de métal en fusion tomber dans la mer.
(d) Silv. Glierardi, Nov. Comm. Acad. se. Inst. Bononiens, t. V, p. 260 (184-2).
(2) Comptes readus, t. IX, p. 330 (1839).
Le lieutenant Leps ayant fait descendre la flèche, constata que sa pointe était fondue en biseau. Quelques gouttes du platine fondu étaient allongées sur la tige de cuivre. La chaîne conductrice et la tige étaient légèrement brûlées à leur point de contact.
La fusion est souvent plus considérable. Citons-en quelques exemples : une pointe en cuivre fut fondue dans l'étendue de 2 pouces et demi.
Au point où la fusion avait cessé, l'épaisseur de la pointe était de 2 lignes. Une partie du métal fondu s'était amassée en un point sous la forme de gouttes inégales. L'extrémité inférieure de cette même pointe présentait deux fissures indiquant ici une explosion partielle (1).
La pointe en laiton d'un paratonnerre de Boston fut fondue dans la longueur de 6 pouces et demi(Kinncrsley).
La pointe en fer dore d'un paratonnerre élevé sur une maison à Villers-la-Garenne était fondue dans la longueur de 7 à 8 pouces (Le Roy et Beyer).
Le paratonnerre que Franklin avait élevé sur sa propre maison ayant été frappé par la foudre, cet illustre physicien trouva que la pointe de cuivre qui avait, quand on la plaça, 9 pouces de long et environ 1/3 de pouce de diamètre dans sa partie la plus épaisse, avait été presque entièrement fondue, et qu'il en était resté fort peu attaché à la tige de fer (Gay-Lussac).
Il importe de remarquer que la fusion atteint quelquefois le métal de soudure qui unit la tige avec la pointe (monastère de Noresheim) (Reimarus).
Disons enfin que la pointe assez épaisse en enivre doré du paratonnerre élevé sur la maison du physicien Melloni fut entièrement fondue (2).
Une circonstance à noter, c'est que très-souvent, malgré les diverses lésions qui ont affecté la pointe des paratonnerres, l'appareil n'en a pas moins servi à conduire la foudre.
Une autre circonstance à signaler, c'est que parfois les
(1) Hemmer, Ad. Acad. Theod. Pal., t. VI, p. 523.
(2) Arago, Œuvres, p. 391.