‹ De la foudre, de ses formes, et de ses effets (volume 2)Chapitre 131 sur 156 · ÉLECTRIQUE · texte numérisé non relu

ÉLECTRIQUE

Les parafoudres des appareils de télégraphie électrique ont pour but de préserver ces appareils des effets de l'électricité atmosphérique transmise par les fils, de lui ouvrir, en

(1) Voir sur ce sujet : Ricliardot, Nouveaux appareils contre les dangers de la foudre.

(2) Comptes rendus, t. XLIV (1857).

PARATONNlîRRES DIVERS

dehors de la ligne télégraphique, une voie directe et assez facile pour être suivie de préférence par l'électricité de tension, et suffisamment résistante pour ne pas occasionner une déperdition de force de la part du courant.

Nous allons exposer les diiïérentes méthodes à l'aide desquelles on protège les appareils de télégraphie et ceux qui sont chargés de les mettre en œuvre.

En Suisse, les cônes qui isolent les fils sont en verre de bouteille : il en est généralement de même en Allemagne. La plupart des poteaux suisses sont en fer et portent des bras en nombre variable comme celui des fils, à l'extrémité de chacun desquels est un support en verre de bouteille. On comprend que les poteaux, dans ces conditions, ne puissent être aucunement altérés par la foudre; mais les lils n'en restent pas moins exposés à ses atteintes. Cette disposition a été figurée par M. de la Rive (4).

En Angleterre, chaque poteau est recouvert d'un toit et porte à son extrémité supérieure une rainure dans laquelle se trouvent fixés de doubles cônes en faïence brune qui donnent passage aux fils télégraphiques. Les poteaux sont surmontés d'une pointe qui communique avec le sol par un fil conducteur ; ces poteaux se trouvent ainsi préservés, mais les fils conducteurs ne le sont point, et la foudre qui les frappe peut les parcourir ou les détériorer sur une longueur parfois très-considérable (2).

Une première méthode consiste à isoler le poste ou tout au moins l'appareil, en mettant le fil conducteur en communication avec la terre.

Dans un cas observé à Philadelphie où l'induction dynamique faisait éclater de nombreuses et fortes étincelles dans la chambre de l'appareil, le directeur, alarmé pour la sûreté du bâtiment, mit le large file en communication avec les tuyaux à gaz de la ville (Henry).

Il importe que le fil conducteur à la terre soit placé de telle manière que des mains imprudentes ou malveil-

(1) Trailà de l'électricité, l. III, r- '^^S.

(2) Consultez le Manuel de télégraphie électrique de M. Walker. Pans, chez Rorel (i851).

PARAFOUURES POUR LA TÉTËGRAPIUK ÉLEGTRIQUH 583

lantes ne puissent pas le déranger ou l'endommager. Celle précaulion n'avait pas été prise dans un posle dont parle M. de Lalande; car il remarqua avec élonnement que ce m était placé à portée de la main, suivant l'angle du bâtiment depuis le haut du mur jusqu'en bas.

Dans les appareils, existent des boulons métalliques en communication avec le sol ; c'est sur eux qu'on place les deux commutateurs de ligne. De cette manière l'électricité atmosphérique passe directement dans la terre sans traverser l'appareil.

Si le poste, comme simple intermédiaire, est dépourvu de paratonnerre, il faut le mettre en communication directe, tandis que les postes extrêmes se mettent en communication avec la terre.

Une seconde méthode consiste dans l'emploi des parafoudres à plaques ou de disques séparés par de la soie et placés dans le circuit.

Parafoudre de M. Steinheil(i). — « Dans le système de » M. Sleinheil, les deux pignons de la cabane qui sert de » poste télégraphique sont munis de deux conducteurs en » pointe, communiquant avec le sol par un fd conducteur, » et c'est sur le haut du toit que se trouve installé leparay> fondre. Celui-ci consiste dans deux plaques de cuivre » carrées, d'environ six pouces de côté. Le tîl conducteur

> est brisé et se rattache de chaque côté normalement aux » deux plaques. Ces plaques, posées sur une base isolante » en faïence ou en porcelaine, sont séparées l'une de l'autre )> par plusieurs plis d'étoffe de soie. Une cloche la défend

> de la pluie Deux fils assez fins, soldés aux plaques, con- » duisent le courant à l'appareil télégraphique. Ce courant » a toujours trop peu de tension pour vaincre l'isolement » des plaques et passer d'une plaque à l'autre directement; » il viendra donc par un fil aux appareils et retournera par » l'autre au fil conducteur. L'électricité atmosphérique, au » contraire, ne trouvera pas assez d'issue par ces fils fins

(1) Exposé des applications de l'électricité, par Th. du Moncel, in-8°, p. 246 (1853).

» et sautera directement d'une plaque à l'autre. Les appareils » et les employés seront donc à l'abri de tout danger. En » effet, dans les lieux où cette disposition a été prise, on » n'a jamais vu, même pendant les plus grands orages et V les coups de tonnerre les plus effrayants, ni étincelle, ni » bruit se produire dans les fils qui mettent en jeu les » indicateurs (1). >

La plupart des parafoudres employés maintenant ont comme éléments dérivatifs deux lames de cuivre dentelées placées l'une vis-à-vis de l'autre, et un fil de fer fin, de cinq centimètres de longueur, interposé dans le circuit de la ligne. Ces éléments permettent à la foudre de s'écouler dans le sol et de couper le circuit par la fusion du fil de fer avant que de pénétrer dans les appareils télégraphiques. Un commutateur permet même de disposer le circuit avec ou sans paratonnerre.

MM. Mouilleron et Gossin, au lieu d'employer deux éléments dérivatifs, en emploient trois : 1° un déchargeur armé de 600 pointes de cuivre disposées sur deux disques de cuivre placés l'un devant l'autre ; 2° deux tubes de verre, verticaux, renfermant chacun un fil de fer fin tendu, de bas en haut, par un fort ressort boudin adapté à une pièce mobile de cuivre. Cette pièce de cuivre est placée au-dessus d'un appendice métallique en communication directe avec le sol ; mais en temps normal le contact n'a pas lieu entre ces deux pièces, parce que le fil de fer. en comprimant le boudin, éloigne la pièce mobile de cuivre à laquelle il est attaché (2).

Parafoudre de M. Meismer. — « L'appareil employé par » M. Meismer sur la figne du grand-duché de Brunswick est » à peu près le même, sauf quelques détails de construction, » que celui de M. Steinheil ; seulement, au lieu d'être placé )> sur le haut du toit du poste télégraphique, il se trouve

(1) Celle disposilion est figurée dans le Trailc d'clectricilé de M. de la Rive,

l. III, p. 427. . ,„.,,.

(2) Pour le dolail du mécanisme, voir la Revue des ojiphcnlwns de l electricile, par iM. du Moncel, p. 305 (1859), où l'on trouvera (p. 30S) de nouveaux perfoclionnemenls apportes au déchargeur à pointes.

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