‹ De la foudre, de ses formes, et de ses effets (volume 2)Chapitre 136 sur 156 · PARATONNERRE ACTUEL A TIGE POINTUE K · texte numérisé non relu

PARATONNERRE ACTUEL A TIGE POINTUE K

la tige, et par-dessus et en dessous, on fixe avec quatre boulons, ou deux étricrs boulonnés qui embrassent et serrent le laitage, deux plaques de fer de 2 centimètres d'épaisseur, portant chacune un trou correspondant à celui fait dans le bois. La tige s'appuie par un petit collet sur la plaque supérieure, contre laquelle on la presse fortement au moyen d'un écrou se vissant sur l'extrémité de la tige contre la plaque inférieure.

Si le paratonnerre devait être placé sur une voûte, on le terminerait par trois ou quatre empâtements ou par des contre-forts qu'on scellerait dans la pierre, comme d'ordinaire, avec du plomb.

La tige du paratonnerre, c'est-à-dire cette partie de l'appareil qui s'élève perpendiculairement sur le sommet du bâtiment, n'est pas toujours une simple barre métallique; quelquefois elle se compose d'une tige en bois surmontée d'une tige en métal. D'après le professeur Giorgi, le mât se compose d'une tige en chêne longue de cinq à six brasses (2,9 à 3,5 mètres) vernie à l'huile: elle est surmontée d'une verge conique en cuivre longue de 3 à 4 brasses, dorée à son extrémité supérieure et ayant sa pointe revêtue de platine. Inférieurement, cette verge offre un prolongement latéral auquel est fixé le conducteur. Au point de jonction de la tige métallique et du support en chêne est placé un capuchon en verre qui garantit le bois.

Suivant de Saussure, la pointe doit être assujettie à la perche, non avec des clous que la foudre pourrait détacher •en arrachant le bois, mais avec des anneaux qui embrassent ladite perche.

M. Guiot (1) a proposé de substituer à la tige pleine ordinaire des paratonnerres un cône creux en cuivre.

Quant à l'emplacement des tiges, il est fort important que la portion du bâtiment faisant face au côté d'où viennent le plus fréquemment les orages soit particulièrement armée. Rappelons en effet que l'angle sud-ouest du magasin à poudre de Bayonne frappé par la foudre était situé du côté d'oii

(i) Comptes rendus, t. XLIV (1857).

venait l'orage; que dans l'accident d'Heckingham, l'angle foudroyé fut le premier (jue la nuée rencontra; que des deux paratonnerres élevés sur la maison de M. Ilaller, à Villers-la- Garenne, c'est celui qui se trouvait du côté où s'était formé l'orage qui fut seul frappé; qu'enfin la maison de Richard Haffenden, à Tenterden, fut atteinte à l'extrémité qui faisait face à la région d'où venait l'orage et que malheureusement le paratonnerre s'élevait sur l'autre extrémité.

Communication entre les tiges. — Les tiges des paratonnerres doivent communiquer entre elles par leur base à l'aide de barres de fer courant le long des faîtières des toits et moins fortes que le conducteur proprement dit.

Guden conseille de placer entre les tiges un conducteur hérissé de pointes et maintenu à une petite distance du toit : cette disposition se rencontre quelquefois en Allemagne.

Tiges obliques et horizontales. — Les tiges de paratonnerres implantées horizontalement ou dans des directions très-inclinées sur l'entablement des édifices ou des maisons, nous paraissent fort utiles. Plusieurs fois, en effet, la foudre a frappé directement, non pas le sommet de ces bâtiments, mais leurs faces, à des hauteurs variables. Ainsi :

Alexandre Small écrivait de Londres à Franklin, en 1764, qu'il avait vu devant ses fenêtres un trait fulminant très-vif, très-délié et assez bas, se mouvoir sans zigzag dans une direction à peu près horizontale et aller frapper un clocher fort loin de son sommet.

Le 12 août 1783, la foudre atteignit directement le clocher de la cathédrale de Lausanne aux 2/3 de sa hauteur, surune barre de fer horizontale qui servait de lien à deux petites colonnes. Une personne digne de foi la vit directement s'élancer sur la barre; et M. Verdeil ne put découvrir au-dessus de cette barre le moindre indice de l'action du météore.

Le 24 août 1783, la foudre atteignit un balcon en fer situé au coin occidental du château de Dresde armé de paratonnerres. Le capitaine d'artillerie Ilarpenter la vit s'échapper d'un nuage assez éloigné et se diriger presque horizontalement vers le balcon (Kdhler et Bûcher).

Le 5 septembre 1838, elle tomba sur la caserne de Saint-

l'ARATONNERRIÎ ACTUKL A TK;!' l'OlNTUK .-iSl

Maurice, à Lillo, frappa (ruii cn[{\ sur la lace (!sL de rédilice cttlel'aulre elle entra dans les ehandjrcs pai- la l'ace nord (Poggiale).

En se()leml)rc 1780, clic Ina deux personnes au rez-deciiaussée de la maison de James Adair, à Easl-Bourn, el, [)éné- Ira par une Icnèlrc au i)rcmier éla^^c. Le Iroisième ôlage et le toil restèrent parlaitcmcnt intacts. Des personnes, qui se promenaient sur le bord de la mer, la virent se diriger sur le milieu de la laçade de la maison pour s'y diviser en plusieurs rayons.

Enfin, lorsqu'elle atteignit, en 1829, le moidin à vent de Thoolhill en Essex, elle frappa non i)as le sommet de l'aile verticale, mais son milieu qui portait un boulon en fer.

La foudre qui frappa le bâtiment de S. M. B., l'Oppossuiii, dans la Manche, en mars 18:25, atteignit les agrès, fendit le chouquet du mât de hune et ne tomba pas sur le haut du ' jnàt.

En novembre 18o*.3, le bâtiment le PUjue, in the S'- Laurence, fut frappé par la foudre sur son mât de misaine, juste au-dessous de la tète de ce màt qu"il endommagea gravement sur toute sa hauteur.

I \\\. — Conducteur. — Section-. — On n'a pas connaissance, dit ijarbier de ïinan, que des conducteurs de fer d'un demi-pouce de diamètre aient jamais souffert de la foudre : « On peut donc raisonnablement croire que cette dernière-dimension peut suHire ; et en poussant la chose jusqu'à un scrupule bien naturel dans une matière aussi importante, on peut, je crois, affirmer qu'un conducteur bien construit, d'un pouce de diamètre (;'27 millim.), ou plusieurs conducteurs réunis qui égaleraient cette dimension, pourront transmettre la plus forte explosion possible de la foudre, sans ((ue ni eux ni l'édifice auquel ils sont appliqués en reçoivent le moindre dommage. »

Le conducteur en ter doit avoir 1 pouce de diamètre suivant M. iionnin, et trois quarts de pouce suivant M. Marris.

Le conducteur et aussi la tige supérieure d'un paratonnerre, dit Arago, doivent être assez gros, assez massifs pour

qu'un coup de foudre ne puisse pas les fondre... On satisfera amplement à cette condition en employant des barres de fer ou de cuivre carrées ou cylindriques de 20 millimètres de côté ou de diamètre. Si les constructeurs donnent à la tige, surtout vers la base, une plus grande épaisseur, c'est afin qu'elle puisse résister à l'action du vent. (Voir tome i"', page 260 et suiv.)

Il n'y a pas d'exemple, dit M. le professeur Pouillet, que la foudre ait jamais été capable de mettre en fusion des tringles de fer de 2 centimètres de diamètre ou de 3 centimètres carrés de section ; et bien que le cuivre rouge soit beaucoup plus fusible que le fer, il peut être employé sous des dimensions encore plus réduites, parce qu'il est, avec l'or, l'argent et le palladium, un des meilleurs conducteurs de l'électricité.

•L'Instruction de l'Académie et son supplément fixent à deux centimètres carrés et un quart, c'est-à-dire à 15 millimètres de côté pour le fer carré, et à 17 millimètres de diamètre pour le fer rond, la dimension du conducteur. Ces dimensions sont suffisantes; les faits que nous avons signalés, relativement aux épaisseurs métalliques qui ont été fondues par la foudre ou qui lui ont résisté, en sont une preuve convaincante.

Le fer rond se prête mieux aux courbures des édifices; d'ailleurs, ne présentant pas d'angle, il est moins facilement attaqué par la décharge foudroyante.

jPorme. — Le conducteur présente des formes variées. Distinguons les conducteurs sous formes de barre, de corde, de chaîne, de tube ou de plaques disposées en ligne.

Conducteurs sous forme de barre. — En France, la barre est en fer carré de 15 à 20 millimètres (7 cà 8 lignes) de côté. Ses diverses parties sont réunies entre elles par plusieurs procédés : 1° par juxtaposition, étroitement maintenues à l'aide de 'vis,d'écrous, de boulons; 2° par soudure; 3" par soudure et par juxta-position combinées.

Bonnin, de Marseille, a proposé du fer passé à la filière, d'un pouce de diamètre; chaque morceau, de 6 à 7 pieds de lonîrueur, est terminé en bec de fiûte refoulé en forme d'ovoide,

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